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Stylistique de la poésie

Définition du genre poétique

Dès l'Antiquité

1) C'est un art, une technique que l'on peut apprendre, avec des codes et des règles (Poiein).

  • Donc cela peut se transmettre, s'apprendre.
  • C'est à l'origine des arts poétiques.

Cela appui le fait que la poésie est une technique de mémorisation pusiqu'elle a une forme stricte, avec des règles, des caractéritistique formelles.


Roger Caillois: “Il n’y a pas de domaine propre à la poésie, mais simplement un mode obligatoire d'expression permettant d'immobiliser le discours. elle et la sorte de discours ou l’expression, elle-même, elle surtout est immuable, une parole si bien fixée qu’elle ne s’envole pas, mais demeure.”

  • Défend une définition minimale, sans considération du contenu.
  • Les seuls critères qui fondent la parole sont la répétition, la symétrie, ce qui favorise la mémorisation. 
  • On voit bien que sa définition est polémique est qu’elle dirige vers une idée qui cintre l’inspiration.  


2) L'inspiration

Platon expose cela dans son dialogue à Ion.

Un poète traversé par une parole qu'il ne maitrise pas.

  • Représentations du poète en transe, en proie à l'enthousiasme.
  • La pléiade défend cette idée
  • Certains combinent artisanat et inspiration (langage destiné à s'adresser a Dieu)
  • Surréalisme = écriture automatique.


3) Comme mimésis

  • Art poétique d'Aristote

Une représentation/imitaiton de la réalité. Pour lui, ce n'est pas la forme versifiée qui défini la poésie. Implique un récit / une diégèse.

  • Paul Ricoeur: Pour lui la mimésis relève de la figuration, c'est dire mettre en figure, figurer la réalité, lui donner une forme signifiante, un ordre = figures de style.


Approche structuraliste

Ces théoriciens proposent une nouvelle définition qui dégage la spécificité du langage poétique, l’idée est d’isoler la spécificité du langage poétique. Cette définition a tendance à faire de la poésie un discours autoréférentiel.

  • Schéma de la communication de Jackobson = tous ces pôles sont en jeu dans un acte de communication mais à des degrés divers.

Le code: langue utilisée ou le type de langage utilisé. 

Le contact: support matériel qui permet de construire le message. 

Destinateur (je) : dominant dans le texte lyrique et autobio

Destinataire (tu) : influence, convaincre....

Contexte (il) : l’acte de discours sert à donner des indications sur le contexte, c’est l'information qui prime (délivrer de façon neutre les infos).  

Fonction métalinguistique: (ex: dictionnaire). 

Contact : hallo = le canal fonctionne, la personne derrière nous entend bien)


La fonction poétique du langage: l’accent est mis sur la totalité du message qu’on adresse (sens et consitution). Quand le langage n’a pas qu’une seule fonction de communication, mais qu’il devient un matériau esthétique/palpable.

Saussure : “ un mot est composé d’un signifié (une pomme) et d’un signifiant (le mot pomme), ils ont une relation arbitraire, sauf que la poésie cherche justement à donner du sens au signifiant, il prend part au poème. Tout cela agit sur le sens.



XVI-XX ème

Le vers

La différence prose vers: le latin a ces deux termes bien précis 

  • Prorsus : ce qui avance tout droit 
  • Versus : ce qui tourne et revient selon un rythme régulier 

Chez les latin et les grecs on parle d’une versification quantitative : fondée sur le principe de syllabes longues et de syllabes brèves et leur combinaison s’appelle un pied = s'affaiblit dans le temps.

On perçoit beaucoup moins nettement les syllabes longues et les brèves. Ce système disparaît et est remplacé par la versification syllabique au moment où on passe du latin au français.

Définition

Syllabe
groupe de sons ou phonèmes qui se prononcent en une seule émission de voix et dont le centre est vocalique. (il y a des sons consonantiques et des sons vocaliques).

Le statut du “e”:

  • On ne prononce pas le “e” en finale, c’est l'apocope du “e” (ni prononcé, ni compté).
  • En AF français on les prononçait (“j’ai du bon tabac dans ma tabatière).
  • A l’intérieur du vers, il peut être suivi d’une voyelle il est donc élidé,
  • S’il est suivi d’une consonne on le prononce (numéraire).
  • L'enchaînement “e” + consonne est impossible à la césure à l’époque classique car on ne peut pas accentuer un “e”, il est élidé = engendre les licences poétiques


La situation diérèse/synérèse:

  • (Palier = synérèse/ Pali-er = diérèse).
  • Pour choisir il faut faire attention au fait que la prononciation poétique peut différer de la prononciation courante (“On est pas séri-eux quand on a 17 ans”) (“d’un trait meurtrier empourpré de son sang”).


Le hiatus: juxtaposition de deux sons vocaliques (voyelles) (“A l’heur passé avec toi”). A partir du XVII c’est interdit car cela n’était pas beau. Sauf dans les cas suivants où il y a tolérance :

- Lorsque le premier son vocalique est une nasale (in, en, on)

 -Lorsqu’il y a une ponctuation.

- Lorsqu'il y a une consonne muette.


Les mètres:

  • l'octosyllabe: 10eme siècle, on l'utilise massivement au MA. Poèmes narratifs il va être concurrencé par d’autres vers, il va donc se réfugier dans des genres mineurs/légers (chansons..).
  • Le décasyllabes lui c’est la CDG, l’épique, il va devenir le vers de la poésie lyrique jusqu'à l'arrivée de l’alexandrin au XVI.
  • Le nom de l’alexandrin vient du roman d’alexandre, popularisé au XVI par la pléiade qui renoue avec l’Antiquité (d’ou la ref à Alexandre legrand). = Référence, le vers noble. Il va ensuite devenir une cible d’attaques a partir du milieu du XIV. 


La scansion

1) Accents fixes

Tout vers de plus de 8 syllabes, il y a deux accents fixes. 

  • Alexandrin: 6 et 12. Il y a des scansions plus rares. Parfois l’Alexandrin est en 4, 8, 12
  • Décasyllabes: ce n’est pas 5, 5 il est en 4, 6 ou 6,4.

A partir de là on retrouve les syllabes à la césure qui ne peuvent pas être “e” + consonne.


2) Accents mobiles

Ils interviennent plus aléatoirement. En général chaque hémistiche comprend un accent mobile en plus de l’accent fixe. 

  • Il tombe toujours sur la fin d’un mot plein, qui a une importance sémantique.

Groupement de vers

Définition

Rime
Homophonie de la dernière voyelle accentuée du vers ainsi que des phonèmes qui éventuellement la suivent et en outre de tous les phonèmes communs comme le “m”.

L’assonance:  En AF et globalement à partir du XX on retrouve ces types de rimes atypiques = le même son vocalique mais la consonne qui suit est différente (Vitre/Chypre). 

La contre assonance: Même consonne mais voyelle différente (Argentine/Fortune).


3 règles:

La richesse: Il s’agit de mesurer le nombres de phonèmes communs. Un phonème étant consonantique ou vocalique. 

  • Rime pauvre: une seule homophonie
  • Rime suffisante: deux homophonies
  • Rime riche: trois homophonies 
  • Très riche: + de 3 
  •  Rime léonine = 2 syllabes ou plus (transporte/apporter)
  • Rime pour l’oeil à l’époque classique (traître/maître, = liaison supposée)


La disposition: Elles sont aussi graphiques. = règle de la liaison supposée s’applique à l’époque classique.  

  • Rimes plates: appelées aussi rimes suivies, aa, bb, cc, se rencontre dans le théâtre classique  
  • Rimes croisées: abab
  • Rimes embrassées: qui repose sur un axe de symétrie, abba.   
  • Rimes mêlées. 


L'alternance: Masculin/féminin. Cette règle apparaît au XVeme dans les traités de versification et va perdurer jusqu'au milieu XIV.

  • masculine: terminaison sans “e” caduc.
  • féminine: celles qui comportent un “e” suivis ou non de “s” ou “nt”.

Il faut noter que les poètes vont exploiter sémantiquement cette alternance.

Attention: les formes verbales en “aient” et “oient”( subj, imp, cond) étaient masculines. 


Rimes complexes: 

  • Equivoquée: “par chemin” / “Parchemin”
  • Batelée: Le son final revient au milieu du vers


Allitération et assonance: retours de consonnes et voyelles


Concordance, discordance

Relation entre l’unité métrique et l'unité syntaxique. La métrique c’est la découpe du vers, et syntaxique la découpe de la phrase. 


La concordance: Ou l’un est l’autre s’accorde si la phrase et ses propositions se moulent dans le vers. = domine à l'époque classique. (cf: Boileau)


La discordance: débordement de la phrase ou de la proposition par rapport au moule du vers. Manifeste à l’époque romantique pour libérer le vers. Détonateur de la bataille d’Hernani. 


  • Discordance externe: concerne la frontière de la fin du vers. 
  • Discordance interne: concerne la césure.  


L’enjambement externe: débordement des groupements de la phrase par rapport à ceux du vers sans mise en vedette d’aucun élément particulier. 


Le rejet externe: fragment rejeté en tête du vers suivant (1, 2, 3 syllabes)


Le contre rejet externe:  Bref fragment de phrase isolé en fin de vers et se poursuivant au vers suivant 

 

Enjambement interne:  même définition que l’autre mais à la frontière de la césure

Rejet interne: Même définition mais à la frontière de la césure 

Contre rejet interne: même définition mais à la frontière de la césure  

Définition

Strophe
Action de tourner Généralement une unité de sens mais surtout un système clos et déterminé de rimes. La plan ne définit pas la strophe. Il n’y a pas de strophe en dessous de 4 vers.
  • Le distique
  • Le tercet : souvent sont accrochés les uns aux autres à partir de leur rime orpheline. Le cas de la terza rima qui vient de l’italie aba, bcb, cdc. 


Les strophes simples: 

  • quatrains: réguliers (croisées, embrassées)
  • quintil: (abaab, ababa aabab) 
  • sizain: sur 3 rimes, un distique et un quatrain (à rime croisées ou embrassées)
  • septain: cas particulier à l'époque romantique  ababccb (comme une fusions) deux quatrains partageant une rime commune.  



Les strophes complexes:

  • Huitain: deux quatrains le plus souvent sur 3 rimes. Ex: ababbcbc
  • Neuvain: un quatrain et un quintil. Ex: abbacdccd
  • Dizain: La formule de Maurice Scève (2 quintils. Ex: abaabcdccd) et la formule la plus courante (deux quatrains reliées par un distique)


Cas particulier: rapport entre le nombre de vers et le nombre de syllabes

  • strophe carré : par exemple un huitain d’octosyllabe ou dizain de décasyllabes
  • strophe verticale : par exemple un dizain de hexasyllabes
  • strophe horizontale: par exemple un quatrain d’alexandrins


Les formes fixes: 

MA et Renaissance ont constitué des poèmes à formes fixes. 

  • Les formes médiévales : rondeau, ballade, virelai, lai… 
  • Les formes de la Renaissance avec comme inspiration: -l’Antiquité : épigramme / élégie; -et l’Italie : terza rima et sonnet. 


Le sonnet: 

Né en Italie avec Pétrarque au XIV importé en France au début du XVI. La première à le codifier c’est Marot (avant la pléiade).

  • Français (abba abba ccd ede)
  • Italien (abba abba ccd eed).
  • Shakespearien: Amené par Baudelaire en France (abab cdcd efe fgg).  

Il revient à l’époque romantique XIV. Il y a des variantes dans les Fleurs du mal par exemple: 43 sonnets sous 34 formes différentes. 

L'image poétique

  • La notion de mimésis: figure/ informe le monde pour qu’on le comprenne davantage 
  • Depuis l’origine, l’image est un trait distinctif du genre poétique
  • Évolution: depuis le XIX au moment où les règles de versifications s’affaiblissent ou disparaissent, l’image prend le relai du vers comme critère de définition du poème.  


Eléments de définition:

Les images opèrent un détournement du sens pour que l ‘expression soit plus évocatrice. Elles le font au moyen d’un second terme qui va enrichir le sens du premier. Elles sont de deux ordres, substitution et analogie. Distinction qui tient à la relation entre les deux termes.


Substitution: mettent en relation ces deux termes selon une relation de contiguité ou d’inclusion. 

  • contiguïté: métonymie 
  • inclusion: synecdoque


Analogie: relation entre les deux termes qui repose sur la ressemblance

  • outils différents 

 

La comparaison:

Métaphore avec un outil comparatif. Elle repose sur le rapprochement de deux éléments demeurant distincts entretenant une relation de ressemblance. 


La métaphore: 

Fondée sur la transformation d’un élément en un autre dont deux réalités rapprochées tendent à se confondre, à verser l’une dans l’autre.

in praesentia: Les deux termes de la métaphores sont présents. On a le comparé et le comparant.

in absentia: Le comparé est absent, seul le comparant est présent.



Fonctions et effets

  • ornementale et analogique

L’image va embellir le référent et enrichir l’expression. Mais l’image entre aussi dans le cadre de la conception analogique de la nature à la Renaissance c'est-à -dire l’homme comme microcosme dans le macrocosme de la nature et les deux entre en relation permanente par l’image qui les met en relation (par exemple la femme 🌸). Triomphe à la Renaissance. 

 

  • Didactique et heuristique

L'image donne à comprendre, elle permet d'expliciter une idée, une notion, de rendre plus clair le propos, c’est la fonction qui l’emporte à l’époque ou la poésie doit être claire à l’époque classique (la clarté de l’esprit). C’est souvent la comparaison ou la métaphore stéréotypée, presque un cliché. 


  • Herméneutique

L’image donne à voir un monde autre, une exploration de l’inconnu, de l’obscur. La métaphore permet de déchiffrer l’inconnu. et va triompher à l’époque romantique dans les poésies visionnaires.


  • Cas particuliers: 

La synesthésie: consiste à croiser dans l’image deux domaines sensoriels. Elle est à la base de la théorie des correspondances chez Baudelaire, une analogie généralisée, tout se correspond aussi bien entre les réalités sensibles (horizontal) qu’entre le visible et l’invisible (vertical).


Le dépaysement: L’image peut mettre à distance la réalité, nous arracher à la réalité. Triomphe dans l'esthétique surréaliste. Le principe est que l’image repose sur l'écart maximal entre le comparé et le comparant. L’idée est empruntée au court-circuit électrique.  L’image est purement arbitraire/fortuite et non fondée sur l’analogie. 

L’Union libre de Breton est bâti sur l’usage exacerbé de la métaphore, chaque partie du corps de la femme est batit sur une métaphore. 

Enonciation poétique

Composante essentielle en poésie à la source de son expressivité. Elle définit tout entièrement le genre lyrique qui est une parole adressée/offerte. La tradition du don du poème. Cette poésie lyrique regroupe un ensemble de situations affectives: la célébration, l’éloge, l’élégie, la déploration, l’adresse funèbre…. 


« Je vous envoie un bouquet que ma main

  Vient de trier de ces fleurs épanouies » 

(Ronsard)

Définition

Situation d'énonciation
Un acte de production d’un énoncé par un locuteur dans une situation de communication. Elle est à l’origine de l’actualisation de l’énoncé, dans l’inscription de la situation d’énonciation (espace, temps, locuteur…).

Discours et récit

Le discours peut être ancré ou détaché de la situation d’énonciation. Cette distinction est à la base de deux sous genres épique et lyrique….   

  • Distinctions:
  • Discursif
  • Narratif

⚠️il y a des séquences narratives parfois dans certains textes lyriques

Exemple:

« Je te donne ces vers afin que si mon nom… » (Baudelaire) => discursif

« (…)

Mais voilà qu’en rasant la côte d’assez près

Nous vîmes que c’était un gibet à trois branches » (Baudelaire, « Un voyage à Cythère », Les Fleurs du Mal) => narratif



Les indices de l’énonciation

  • Les déictiques ou embrayeurs

Le texte discursif présente massivement cette catégorie. Il ne prennent sens que par rapport à la situation d’énonciation. Ils assurent l’actualisation de l’énoncé. 

  • Pronoms personnels, déterminants et pronoms possessifs 1ère et 2ème personne.
  • Déterminants et pronoms démonstratifs, mais ⚠️ aux démonstratifs anaphorique ou déictique, pour le discours on parle de déictiques. Ex. : « J’ai lu un livre ; ce roman » / « Regarde ce château là-bas »)
  • Certains compléments de lieux et de temps: Ex. « ici », « là-bas » / « à Caen »/ « aujourd’hui », « il y a une heure », « dans dix ans » / « Le 20 janvier », « pendant la Révolution ».


  • Les modalités subjectives

Exprime l’attitude du locuteur par rapport à ce qu’il dit. 

  • modalités épistémiques: relèvent du savoir, le locuteur exprime son degré de certitude sur ce qu’il dit. 

 

  • modalités appréciatives: Lorsque le locuteur évalue la valeur de son énoncé en exprimant ses sentiments. 


Les marqueurs de l’énonciation lyrique 


 Ô Beauté, dur fléau des âmes, tu me veux !

Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,

Calcine ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes !


  • 1ere et 2eme personne
  • apostrophe ou adresse
  • invocation lyrique
  • temps verbaux
  • modalités impérative
  • modalité exclamative


  • Le statut de la 1ere personne:
  • Le “je” renvoie à l’auteur ou non? Est-il référentiel ou universel? Lorsqu’on a un roman à la première personne on fait la distinction entre auteur, narrateur et personnages. La notion de sujet lyrique c’est l’instance d’énonciation du poème et il est distinct du sujet référentiel (auteur). Le sujet lyrique est une forme vie/universelle qui va susciter un effet de présence et qui favorise l’identification du lecteur. 


Son emploi en poésie moderne, ses effets, ses enjeux: Dans la poésie du XXème la situation d’énonciation est très flottante, l’énonciateur est incertain…etc.    



Stylistique de la poésie

Définition du genre poétique

Dès l'Antiquité

1) C'est un art, une technique que l'on peut apprendre, avec des codes et des règles (Poiein).

  • Donc cela peut se transmettre, s'apprendre.
  • C'est à l'origine des arts poétiques.

Cela appui le fait que la poésie est une technique de mémorisation pusiqu'elle a une forme stricte, avec des règles, des caractéritistique formelles.


Roger Caillois: “Il n’y a pas de domaine propre à la poésie, mais simplement un mode obligatoire d'expression permettant d'immobiliser le discours. elle et la sorte de discours ou l’expression, elle-même, elle surtout est immuable, une parole si bien fixée qu’elle ne s’envole pas, mais demeure.”

  • Défend une définition minimale, sans considération du contenu.
  • Les seuls critères qui fondent la parole sont la répétition, la symétrie, ce qui favorise la mémorisation. 
  • On voit bien que sa définition est polémique est qu’elle dirige vers une idée qui cintre l’inspiration.  


2) L'inspiration

Platon expose cela dans son dialogue à Ion.

Un poète traversé par une parole qu'il ne maitrise pas.

  • Représentations du poète en transe, en proie à l'enthousiasme.
  • La pléiade défend cette idée
  • Certains combinent artisanat et inspiration (langage destiné à s'adresser a Dieu)
  • Surréalisme = écriture automatique.


3) Comme mimésis

  • Art poétique d'Aristote

Une représentation/imitaiton de la réalité. Pour lui, ce n'est pas la forme versifiée qui défini la poésie. Implique un récit / une diégèse.

  • Paul Ricoeur: Pour lui la mimésis relève de la figuration, c'est dire mettre en figure, figurer la réalité, lui donner une forme signifiante, un ordre = figures de style.


Approche structuraliste

Ces théoriciens proposent une nouvelle définition qui dégage la spécificité du langage poétique, l’idée est d’isoler la spécificité du langage poétique. Cette définition a tendance à faire de la poésie un discours autoréférentiel.

  • Schéma de la communication de Jackobson = tous ces pôles sont en jeu dans un acte de communication mais à des degrés divers.

Le code: langue utilisée ou le type de langage utilisé. 

Le contact: support matériel qui permet de construire le message. 

Destinateur (je) : dominant dans le texte lyrique et autobio

Destinataire (tu) : influence, convaincre....

Contexte (il) : l’acte de discours sert à donner des indications sur le contexte, c’est l'information qui prime (délivrer de façon neutre les infos).  

Fonction métalinguistique: (ex: dictionnaire). 

Contact : hallo = le canal fonctionne, la personne derrière nous entend bien)


La fonction poétique du langage: l’accent est mis sur la totalité du message qu’on adresse (sens et consitution). Quand le langage n’a pas qu’une seule fonction de communication, mais qu’il devient un matériau esthétique/palpable.

Saussure : “ un mot est composé d’un signifié (une pomme) et d’un signifiant (le mot pomme), ils ont une relation arbitraire, sauf que la poésie cherche justement à donner du sens au signifiant, il prend part au poème. Tout cela agit sur le sens.



XVI-XX ème

Le vers

La différence prose vers: le latin a ces deux termes bien précis 

  • Prorsus : ce qui avance tout droit 
  • Versus : ce qui tourne et revient selon un rythme régulier 

Chez les latin et les grecs on parle d’une versification quantitative : fondée sur le principe de syllabes longues et de syllabes brèves et leur combinaison s’appelle un pied = s'affaiblit dans le temps.

On perçoit beaucoup moins nettement les syllabes longues et les brèves. Ce système disparaît et est remplacé par la versification syllabique au moment où on passe du latin au français.

Définition

Syllabe
groupe de sons ou phonèmes qui se prononcent en une seule émission de voix et dont le centre est vocalique. (il y a des sons consonantiques et des sons vocaliques).

Le statut du “e”:

  • On ne prononce pas le “e” en finale, c’est l'apocope du “e” (ni prononcé, ni compté).
  • En AF français on les prononçait (“j’ai du bon tabac dans ma tabatière).
  • A l’intérieur du vers, il peut être suivi d’une voyelle il est donc élidé,
  • S’il est suivi d’une consonne on le prononce (numéraire).
  • L'enchaînement “e” + consonne est impossible à la césure à l’époque classique car on ne peut pas accentuer un “e”, il est élidé = engendre les licences poétiques


La situation diérèse/synérèse:

  • (Palier = synérèse/ Pali-er = diérèse).
  • Pour choisir il faut faire attention au fait que la prononciation poétique peut différer de la prononciation courante (“On est pas séri-eux quand on a 17 ans”) (“d’un trait meurtrier empourpré de son sang”).


Le hiatus: juxtaposition de deux sons vocaliques (voyelles) (“A l’heur passé avec toi”). A partir du XVII c’est interdit car cela n’était pas beau. Sauf dans les cas suivants où il y a tolérance :

- Lorsque le premier son vocalique est une nasale (in, en, on)

 -Lorsqu’il y a une ponctuation.

- Lorsqu'il y a une consonne muette.


Les mètres:

  • l'octosyllabe: 10eme siècle, on l'utilise massivement au MA. Poèmes narratifs il va être concurrencé par d’autres vers, il va donc se réfugier dans des genres mineurs/légers (chansons..).
  • Le décasyllabes lui c’est la CDG, l’épique, il va devenir le vers de la poésie lyrique jusqu'à l'arrivée de l’alexandrin au XVI.
  • Le nom de l’alexandrin vient du roman d’alexandre, popularisé au XVI par la pléiade qui renoue avec l’Antiquité (d’ou la ref à Alexandre legrand). = Référence, le vers noble. Il va ensuite devenir une cible d’attaques a partir du milieu du XIV. 


La scansion

1) Accents fixes

Tout vers de plus de 8 syllabes, il y a deux accents fixes. 

  • Alexandrin: 6 et 12. Il y a des scansions plus rares. Parfois l’Alexandrin est en 4, 8, 12
  • Décasyllabes: ce n’est pas 5, 5 il est en 4, 6 ou 6,4.

A partir de là on retrouve les syllabes à la césure qui ne peuvent pas être “e” + consonne.


2) Accents mobiles

Ils interviennent plus aléatoirement. En général chaque hémistiche comprend un accent mobile en plus de l’accent fixe. 

  • Il tombe toujours sur la fin d’un mot plein, qui a une importance sémantique.

Groupement de vers

Définition

Rime
Homophonie de la dernière voyelle accentuée du vers ainsi que des phonèmes qui éventuellement la suivent et en outre de tous les phonèmes communs comme le “m”.

L’assonance:  En AF et globalement à partir du XX on retrouve ces types de rimes atypiques = le même son vocalique mais la consonne qui suit est différente (Vitre/Chypre). 

La contre assonance: Même consonne mais voyelle différente (Argentine/Fortune).


3 règles:

La richesse: Il s’agit de mesurer le nombres de phonèmes communs. Un phonème étant consonantique ou vocalique. 

  • Rime pauvre: une seule homophonie
  • Rime suffisante: deux homophonies
  • Rime riche: trois homophonies 
  • Très riche: + de 3 
  •  Rime léonine = 2 syllabes ou plus (transporte/apporter)
  • Rime pour l’oeil à l’époque classique (traître/maître, = liaison supposée)


La disposition: Elles sont aussi graphiques. = règle de la liaison supposée s’applique à l’époque classique.  

  • Rimes plates: appelées aussi rimes suivies, aa, bb, cc, se rencontre dans le théâtre classique  
  • Rimes croisées: abab
  • Rimes embrassées: qui repose sur un axe de symétrie, abba.   
  • Rimes mêlées. 


L'alternance: Masculin/féminin. Cette règle apparaît au XVeme dans les traités de versification et va perdurer jusqu'au milieu XIV.

  • masculine: terminaison sans “e” caduc.
  • féminine: celles qui comportent un “e” suivis ou non de “s” ou “nt”.

Il faut noter que les poètes vont exploiter sémantiquement cette alternance.

Attention: les formes verbales en “aient” et “oient”( subj, imp, cond) étaient masculines. 


Rimes complexes: 

  • Equivoquée: “par chemin” / “Parchemin”
  • Batelée: Le son final revient au milieu du vers


Allitération et assonance: retours de consonnes et voyelles


Concordance, discordance

Relation entre l’unité métrique et l'unité syntaxique. La métrique c’est la découpe du vers, et syntaxique la découpe de la phrase. 


La concordance: Ou l’un est l’autre s’accorde si la phrase et ses propositions se moulent dans le vers. = domine à l'époque classique. (cf: Boileau)


La discordance: débordement de la phrase ou de la proposition par rapport au moule du vers. Manifeste à l’époque romantique pour libérer le vers. Détonateur de la bataille d’Hernani. 


  • Discordance externe: concerne la frontière de la fin du vers. 
  • Discordance interne: concerne la césure.  


L’enjambement externe: débordement des groupements de la phrase par rapport à ceux du vers sans mise en vedette d’aucun élément particulier. 


Le rejet externe: fragment rejeté en tête du vers suivant (1, 2, 3 syllabes)


Le contre rejet externe:  Bref fragment de phrase isolé en fin de vers et se poursuivant au vers suivant 

 

Enjambement interne:  même définition que l’autre mais à la frontière de la césure

Rejet interne: Même définition mais à la frontière de la césure 

Contre rejet interne: même définition mais à la frontière de la césure  

Définition

Strophe
Action de tourner Généralement une unité de sens mais surtout un système clos et déterminé de rimes. La plan ne définit pas la strophe. Il n’y a pas de strophe en dessous de 4 vers.
  • Le distique
  • Le tercet : souvent sont accrochés les uns aux autres à partir de leur rime orpheline. Le cas de la terza rima qui vient de l’italie aba, bcb, cdc. 


Les strophes simples: 

  • quatrains: réguliers (croisées, embrassées)
  • quintil: (abaab, ababa aabab) 
  • sizain: sur 3 rimes, un distique et un quatrain (à rime croisées ou embrassées)
  • septain: cas particulier à l'époque romantique  ababccb (comme une fusions) deux quatrains partageant une rime commune.  



Les strophes complexes:

  • Huitain: deux quatrains le plus souvent sur 3 rimes. Ex: ababbcbc
  • Neuvain: un quatrain et un quintil. Ex: abbacdccd
  • Dizain: La formule de Maurice Scève (2 quintils. Ex: abaabcdccd) et la formule la plus courante (deux quatrains reliées par un distique)


Cas particulier: rapport entre le nombre de vers et le nombre de syllabes

  • strophe carré : par exemple un huitain d’octosyllabe ou dizain de décasyllabes
  • strophe verticale : par exemple un dizain de hexasyllabes
  • strophe horizontale: par exemple un quatrain d’alexandrins


Les formes fixes: 

MA et Renaissance ont constitué des poèmes à formes fixes. 

  • Les formes médiévales : rondeau, ballade, virelai, lai… 
  • Les formes de la Renaissance avec comme inspiration: -l’Antiquité : épigramme / élégie; -et l’Italie : terza rima et sonnet. 


Le sonnet: 

Né en Italie avec Pétrarque au XIV importé en France au début du XVI. La première à le codifier c’est Marot (avant la pléiade).

  • Français (abba abba ccd ede)
  • Italien (abba abba ccd eed).
  • Shakespearien: Amené par Baudelaire en France (abab cdcd efe fgg).  

Il revient à l’époque romantique XIV. Il y a des variantes dans les Fleurs du mal par exemple: 43 sonnets sous 34 formes différentes. 

L'image poétique

  • La notion de mimésis: figure/ informe le monde pour qu’on le comprenne davantage 
  • Depuis l’origine, l’image est un trait distinctif du genre poétique
  • Évolution: depuis le XIX au moment où les règles de versifications s’affaiblissent ou disparaissent, l’image prend le relai du vers comme critère de définition du poème.  


Eléments de définition:

Les images opèrent un détournement du sens pour que l ‘expression soit plus évocatrice. Elles le font au moyen d’un second terme qui va enrichir le sens du premier. Elles sont de deux ordres, substitution et analogie. Distinction qui tient à la relation entre les deux termes.


Substitution: mettent en relation ces deux termes selon une relation de contiguité ou d’inclusion. 

  • contiguïté: métonymie 
  • inclusion: synecdoque


Analogie: relation entre les deux termes qui repose sur la ressemblance

  • outils différents 

 

La comparaison:

Métaphore avec un outil comparatif. Elle repose sur le rapprochement de deux éléments demeurant distincts entretenant une relation de ressemblance. 


La métaphore: 

Fondée sur la transformation d’un élément en un autre dont deux réalités rapprochées tendent à se confondre, à verser l’une dans l’autre.

in praesentia: Les deux termes de la métaphores sont présents. On a le comparé et le comparant.

in absentia: Le comparé est absent, seul le comparant est présent.



Fonctions et effets

  • ornementale et analogique

L’image va embellir le référent et enrichir l’expression. Mais l’image entre aussi dans le cadre de la conception analogique de la nature à la Renaissance c'est-à -dire l’homme comme microcosme dans le macrocosme de la nature et les deux entre en relation permanente par l’image qui les met en relation (par exemple la femme 🌸). Triomphe à la Renaissance. 

 

  • Didactique et heuristique

L'image donne à comprendre, elle permet d'expliciter une idée, une notion, de rendre plus clair le propos, c’est la fonction qui l’emporte à l’époque ou la poésie doit être claire à l’époque classique (la clarté de l’esprit). C’est souvent la comparaison ou la métaphore stéréotypée, presque un cliché. 


  • Herméneutique

L’image donne à voir un monde autre, une exploration de l’inconnu, de l’obscur. La métaphore permet de déchiffrer l’inconnu. et va triompher à l’époque romantique dans les poésies visionnaires.


  • Cas particuliers: 

La synesthésie: consiste à croiser dans l’image deux domaines sensoriels. Elle est à la base de la théorie des correspondances chez Baudelaire, une analogie généralisée, tout se correspond aussi bien entre les réalités sensibles (horizontal) qu’entre le visible et l’invisible (vertical).


Le dépaysement: L’image peut mettre à distance la réalité, nous arracher à la réalité. Triomphe dans l'esthétique surréaliste. Le principe est que l’image repose sur l'écart maximal entre le comparé et le comparant. L’idée est empruntée au court-circuit électrique.  L’image est purement arbitraire/fortuite et non fondée sur l’analogie. 

L’Union libre de Breton est bâti sur l’usage exacerbé de la métaphore, chaque partie du corps de la femme est batit sur une métaphore. 

Enonciation poétique

Composante essentielle en poésie à la source de son expressivité. Elle définit tout entièrement le genre lyrique qui est une parole adressée/offerte. La tradition du don du poème. Cette poésie lyrique regroupe un ensemble de situations affectives: la célébration, l’éloge, l’élégie, la déploration, l’adresse funèbre…. 


« Je vous envoie un bouquet que ma main

  Vient de trier de ces fleurs épanouies » 

(Ronsard)

Définition

Situation d'énonciation
Un acte de production d’un énoncé par un locuteur dans une situation de communication. Elle est à l’origine de l’actualisation de l’énoncé, dans l’inscription de la situation d’énonciation (espace, temps, locuteur…).

Discours et récit

Le discours peut être ancré ou détaché de la situation d’énonciation. Cette distinction est à la base de deux sous genres épique et lyrique….   

  • Distinctions:
  • Discursif
  • Narratif

⚠️il y a des séquences narratives parfois dans certains textes lyriques

Exemple:

« Je te donne ces vers afin que si mon nom… » (Baudelaire) => discursif

« (…)

Mais voilà qu’en rasant la côte d’assez près

Nous vîmes que c’était un gibet à trois branches » (Baudelaire, « Un voyage à Cythère », Les Fleurs du Mal) => narratif



Les indices de l’énonciation

  • Les déictiques ou embrayeurs

Le texte discursif présente massivement cette catégorie. Il ne prennent sens que par rapport à la situation d’énonciation. Ils assurent l’actualisation de l’énoncé. 

  • Pronoms personnels, déterminants et pronoms possessifs 1ère et 2ème personne.
  • Déterminants et pronoms démonstratifs, mais ⚠️ aux démonstratifs anaphorique ou déictique, pour le discours on parle de déictiques. Ex. : « J’ai lu un livre ; ce roman » / « Regarde ce château là-bas »)
  • Certains compléments de lieux et de temps: Ex. « ici », « là-bas » / « à Caen »/ « aujourd’hui », « il y a une heure », « dans dix ans » / « Le 20 janvier », « pendant la Révolution ».


  • Les modalités subjectives

Exprime l’attitude du locuteur par rapport à ce qu’il dit. 

  • modalités épistémiques: relèvent du savoir, le locuteur exprime son degré de certitude sur ce qu’il dit. 

 

  • modalités appréciatives: Lorsque le locuteur évalue la valeur de son énoncé en exprimant ses sentiments. 


Les marqueurs de l’énonciation lyrique 


 Ô Beauté, dur fléau des âmes, tu me veux !

Avec tes yeux de feu, brillants comme des fêtes,

Calcine ces lambeaux qu'ont épargnés les bêtes !


  • 1ere et 2eme personne
  • apostrophe ou adresse
  • invocation lyrique
  • temps verbaux
  • modalités impérative
  • modalité exclamative


  • Le statut de la 1ere personne:
  • Le “je” renvoie à l’auteur ou non? Est-il référentiel ou universel? Lorsqu’on a un roman à la première personne on fait la distinction entre auteur, narrateur et personnages. La notion de sujet lyrique c’est l’instance d’énonciation du poème et il est distinct du sujet référentiel (auteur). Le sujet lyrique est une forme vie/universelle qui va susciter un effet de présence et qui favorise l’identification du lecteur. 


Son emploi en poésie moderne, ses effets, ses enjeux: Dans la poésie du XXème la situation d’énonciation est très flottante, l’énonciateur est incertain…etc.