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IFSI
1ère année

Sociologie - Anthropologie

Sociologie / Anthropologie

Definition

Sciences humaines
sciences ayant pour objet d’étude l’homme dans sa relation aux autres, mais également dans sa relation au monde. Sciences évolutives puisque liées à la connaissance et que la connaissance n’est pas une vérité définitive
  • Notre mode de penser est un processus où se tissent l’imaginaire et le symbolique pour venir impacter notre réel, c’est-à-dire la réalité.
  • "L’homme ne peut exister sans les autres, sans être en lien"
  • Selon Hans-Georg GADAMER, philosophe allemand, "l’activité humaine essentielle est herméneutique, c’est-à-dire que les hommes vont passer leur vie à chercher le sens, à l’interroger, à l’interpréter, à le perdre, à le retrouver."
  • L’humanité, les sociétés ne sont pas des entités définitivement clôturées, achevées, mais en évolution continue. Ce sont les valeurs qui évoluent et façonnent un modèle de société.
  • Des choix sociétaux, naissent certains courants. Ainsi, le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.
  • Georg SIMMEL (1859-1918) sociologue, a élaboré une théorie de la forme en disant que les formes sociales étaient mouvantes, qu’elles évoluaient, se transformaient, fusionnaient, disparaissaient dans le temps, parce qu’elles sont liées à la nature humaine, à l’activité humaine, à la vie… Nous pouvons dire que nos valeurs, nos représentations sont des formes sociales.


Les sciences humaines se construisent autour de trois pôles :

- Un pôle empirique : càd que les sciences humaines procèdent par observation, description, recueil de données.

- Un pôle théorique : passage des faits à la compréhension. C’est la construction du modèle d’analyse, la délimitation du périmètre de recherche, l’élaboration d’hypothèses, les propositions.

- Un pôle méthodologique : démarche retenue. Elle peut être inductive indicateur au modèle), déductive (du modèle aux indicateurs). Elle peut être globale, expérimentale, complexe, systémique…

--> Elles prennent naissance avec les philosophes et les penseurs de l’Antiquité.


Les normes sociales = rôle « d’indicateur » des comportements. Peuvent prendre la forme de lois, de règlements, ou relever des mœurs, des habitudes.


Les grands domaines de la sociologie : Les pères fondateurs:

  • Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859) : pour lui les notions d’éthique et de politique sont étroitement liées. Réflexion sur la démocratie, l'individualisme, la liberté. Il pense également que le lien social peut souffrir d’une société individualiste, il préconise donc des associations, et dit que la tyrannie peut être évitée par la participation active des citoyens aux affaires publiques.
  • Karl MARX (1818-1883) : fonde le courant du matérialisme historique. Pour lui, une société se définit par son mode de production et c’est ce mode de production qui détermine les classes sociales et donc les relations sociales. Réflexion sur l'aliénation, le conflit. Il a une pensée idéologique. Il développe des théories déterministes.
  • Emile DURKHEIM (1858-1917) : s'intéresse aux représentations mentales collectives. trois ouvrages principaux :
  • De la division du travail social (1893) : Durkheim va réfléchir sur les formes possibles de solidarité (solidarité mécanique = dans ces sociétés, les individus ont des pratiques similaires et partagent les mêmes valeurs, croyances et sentiments. Conscience collective max. Solidarité maintenue par la sanction pénale ; solidarité organique = repose sur la division du travail rendant les individus économiquement dépendants les uns des autres. La conscience collective devient plus indéterminée laisse place au libre arbitre. Le lien social, c’est ce qui fait ciment, c’est ce qui fait tenir ensemble les individus et les sociétés.
  • Le suicide (1897) : démontre qu'il s'agit d'un fait social. Pour lui, la perte du lien social engendre l’anomie (pertes de repères, absences de normes, de règles) qui engendre elle-même le suicide. 3 types de suicide : suicide égoïste : Le moi individuel s’affirme avec excès face au moi social, individualisation exagérée ; suicide altruiste : cas d’une intégration sociale trop forte (ex : militaires de carrière qui n’hésitent pas à mettre leur vie en péril pour défendre celles des autres ou un pays) ; suicide anomique : il rupture d’équilibre entre l’individu et le groupe. Il y a une perte des repères, des liens affectifs, une solitude extrême)
  • Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912) : dans cet ouvrage, DURKHEIM va faire la différence entre le sacré et le profane. DURKHEIM cherche l’origine du lien social et émet l’hypothèse qu’elle se trouve dans la religion, qui est une forme du sacré, de communion.
  • Max WEBER (1864-1920) : Il considère que la sociologie doit avoir une démarche compréhensive et explicative. Il distingue quatre types d’actions : traditionnelle, affective ou émotionnelle, rationnelle par rapport à une valeur (par honnêteté, loyauté, honneur), rationnelle par rapport à un but. Concernant les valeurs, il distingue jugements de valeurs et rapports aux valeurs. Weber va aussi s’intéresser aux conflits de valeurs, au concept de pouvoir et au concept de domination ; le concept de neutralité axiologique = impartialité dans les sciences sociales. Les concepts ne sont pas un but en soi mais un instrument d’intelligibilité du réel visant à organiser l’enchevêtrement des faits, ce sont des constructions nécessaires mais ne se suffisent à eux-mêmes.
  • Georg SIMMEL (1859-1918) : Il considère que les interactions sociales sont à l’origine des phénomènes sociaux qui, en s’institutionnalisant, orientent ensuite les rapports entre les individus. La société est la résultante des interactions individuelles, l’échange est la relation la plus élémentaire et détermine la valeur (morale, monétaire, …) des choses, la société oriente les comportements des individus et l’argent est devenu une source de corruption/l’instrument de l’affaiblissement des valeurs.



Les grands domaines de l'anthropologie :

  • Marcel MAUSS (1872-1950) est souvent considéré comme le père de l’anthropologie française.

L’un des concepts majeurs forgés par Marcel MAUSS est celui de « phénomène social total », consistant dans l’intégration des différents aspects (biologique, économique, juridique, historique, religieux, esthétique…) constitutifs d’une réalité sociale donnée qu’il convient de saisir dans son intégralité. Pour MAUSS, le phénomène de la Kula (échange des colliers et des bracelets de coquillages dans les archipels mélanésiens) n’est pas seulement un processus d’échange symbolique, mais l’existence de lois de la réciprocité (don et contre-don) et de la communication (qui sont les bases de toute culture).

  • Claude LEVI-STRAUSS avait d’ailleurs nommé cette multitude de plans distincts comme une « totalité feuilletée » et ne peut être appréhendée que dans l’expérience des individus. Pour atteindre le sens et la fonction d’une situation il faut l’appréhender dans sa totalité. Il faut donc comprendre du « dehors » en tant qu’observateur, et du « dedans » en tant que participant.


L’anthropologie se définit en 5 grands domaines ou pôles théoriques :

  • L’anthropologie des système symboliques : elle s’est attachée à montrer la logique précise des systèmes de pensée mythologiques, théologiques, cosmologiques, qui sont ceux des sociétés qualifiées de « traditionnelles ». Pratiques symboliques et rituelles liées au patrimoine du groupe ne pouvant être comprises que de dedans. Pour certains anthropologues le mythe est fondateur « de la vie et l’action de l’homme et de la société ».

Pour aller au-delà, on peut dire évoquer, dans la relation de soin, la « bonne distance » (ni trop loin, ni trop près).

  • L’anthropologie sociale : elle met en évidence la cohésion des institutions, le caractère intégratif de la famille, de la morale et surtout de la religion. Si elle continue à s’intéresser aux systèmes de représentation (mythologie, magie, religion…), c’est pour montrer leur place dans un système plus global qu’est la société.
  • L’anthropologie culturelle : elle étudie les caractères distinctifs des conduites des êtres humains appartenant à une même culture, considérée comme une totalité irréductible à une autre. Observation directe des comportements des individus tels qu’ils s’élaborent en interaction avec le groupe. Elle cherche à comprendre les processus d’acquisition et de transmission des modes culturels.

Elle va également étudier le social dans son évolution, notamment en termes de diffusion, d’interaction et d’acculturation, c’est-à-dire d’adoption (ou d’imposition) par une culture des normes appartenant à une autre culture.

  • L’anthropologie structurale et l’anthropologie systémique : elles sont appréhendées et traités comme des systèmes. Ce courant regroupe l’anthropologie de la communication (Gregory BATESON), l’ethnopsychiatrie (Georges DEVEREUX), le structuralisme français (Claude LEVI-STRAUSS).

Il va s’accorder sur plusieurs principes :

? La confrontation des différentes disciplines (ethnologie, mathématiques, psychanalyse, linguistique…) et s’intéresser au passage d’un mode de connaissance à un autre, à la question du transfert des modèles.

? Le modèle orchestral de communication : la communication est permanente, continue. LACAN s’appuiera sur le courant du structuralisme pour élaborer sa théorie psychanalytique et notamment la question de la chaîne des signifiants. C’est aussi la question du verbal et du non verbal.

? L’expérience ethnologique est avant tout l’expérience d’une rencontre, qui se joue dans l’inconscient. Pour DEVEREUX, il ne faut pas se contenter d’une approche « en surface » d’une situation, d’une problématique, d’une personne.

? L’approche humaine est prééminente à l’approche sociale ;

? L’approche de la totalité et non une approche parcellaire

  • L’anthropologie dynamique ou « anthropologie de la modernité » : elle opère une rupture avec les quatre courants précédents et élargit son champ d’investigation. Elle va s’intéresser aux changements de nos sociétés modernes, aux conflits, aux nouveaux défis – sans oublier la place de l’homme dans cette nouvelle approche.



Les grands courants ou écoles de pensée :


  • Le courant de L’école de Chicago :

Créé en 1892, il s’est d’abord attaché à comprendre comment les individus vivaient dans cette ville afin d’améliorer leurs conditions de vie. Il a étudié la socialisation des migrants, l'influence des vagues de migrants sur l’urbanisation, la sectorisation urbaine. Pour ce courant, la déviance et la criminalité sont les signes d’une difficulté d’intégration. La sociologie de l’Ecole de Chicago est une démarche compréhensive (Max Weber), elle utilise une méthode qualitative. Le concept « d’interaction symbolique » est issu de l’Ecole de Chicago.


  • Le culturalisme :

Un des courants ayant dominé la sociologie américaine des années 30 jusqu’aux années 50. Il emprunte la notion de culture (langage, normes, valeurs) aux anthropologues et cherche à rendre compte de l’intégration sociale. Pour eux, comme pour DURKHEIM, il existe un système culturel caractéristique de chaque société. Toutefois, les sociétés sont non homogènes, il existe des appartenances sociales multiples des individus = notion de sous-culture (ou de subculture). Le culturalisme permet de comprendre la socialisation des individus et décrit des individus intégrés dans des groupes sociaux stables et permet de comprendre cette intégration. Mais comporte des limites (libre arbitre, processus de sociabilisation plus complexe.


  • Le fonctionnalisme :

Talcott PARSONS (1902-1979) a cherché à construire une théorie sociologique globale visant à comprendre le fonctionnement de la société). Pour cela, il s’interroge sur le rôle joué par les actions individuelles dans la société. La société est ici considérée comme un système dont la fonction principale est d’intégrer les individus. Ce système peut évoluer mais sans cesser de remplir ses fonctions.

Le fonctionnalisme relativisé de R.K. MERTON : il relativise la théorie de PARSONS. Pour lui, certaines pratiques religieuses peuvent être sources de conflit et non d’intégration. Par ailleurs, toutes les pratiques sociales n’ont pas une fonction intégratrice. Il introduit d’autres concepts : fonction manifeste (action à la fois visible et souhaitée par les individus) et fonction latente (échappe à leur perception immédiate). Il a approfondi les concepts de rôle et de statut, a fait une distinction entre le groupe d’appartenance et le groupe de référence.


  • L’interactionnisme :

Courant développé aux Etats-Unis dans les 60's. Opposé du fonctionnalisme. L’interactionnisme part de l’hypothèse selon laquelle les individus sont des sujets conscients et il se propose d’expliquer le social par les actions individuelles. La vie sociale se résume en une multitude d’interactions qui correspond à la relation sociale de base.

Les normes et les rôles sociaux ne sont pas des données qui s’imposent aux individus, mais ce sont des constructions qui apparaissent, perdurent ou se transforment au cours des multiples interactions. Les comportements sociaux semblent obéir à des règles. La personnalité d’un individu se forme au contact des autres.


  • L’analyse stratégique de Michel CROZIER (1922-2013) :

Il étudie comment les individus agissent à l’intérieur d’organisations caractérisées par des relations de pouvoir. Il en ressort que moins un individu sera soumis à des règlementations, moins il sera prévisible et plus il aura de pouvoir. L’individu met en place des stratégies pour accroître sa marge de manœuvre. Basé sur la neutralisation des comportements de chacun.


  • L’Ecole de Francfort :

Créée en 1913 par Théodor Adorno et Max Horkheimer, courant de pensée né et a été marqué par les deux guerres mondiales, et les totalitarismes nazi et stalinien. Son ambition est de fonder une théorie critique favorisant l’émancipation des hommes en leur dévoilant les mécanismes de la domination sous toutes ses formes. Elle part du postulat selon laquelle la raison peut aider à l’émancipation.

Ebranlés par l’utilisation faite de l’intelligence et de la réflexion par les sociétés totalitaires (exil américain en 1933), Horkheimer et Adorno abandonnent le projet révolutionnaire. Adorno et Horkheimer vont alors conclure que la raison est totalitaire, car elle produit un système clos, ne laissant pas de place au hasard.

Jünger Habermas est le principal héritier et rénovateur de cette Ecole. Il oppose la domination à la détermination rationnelle.


  • L’individualisme méthodologique de Raymond Boudon :

Sa pensée est en opposition de ce qu’il appelle le « paradigme déterministe » incarné aux Etats-Unis par le culturalisme puis le fonctionnalisme, et, en France, par le structuralisme et par la théorie de l’habitus.

L’individualisme méthodologique repose sur deux axiomes fondamentaux : phénomènes sociaux --> dépendent des individus, leurs motivations et actions, et les individus sont rationnels. Pour Boudon, le changement est indéterminé, il nécessite un contexte "favorable".

« effets pervers » = sont des effets, des conséquences qui ne correspondent pas aux intentions originelles des individus.


  • La sociologie de l’habitus de Pierre Bourdieu :

L’habitus est à l’origine des actions des agents. C’est l’ensemble des goûts et aptitudes acquis par un individu au cours du processus de socialisation (classe sociale, culture). C’est un système de préférence mais aussi un système générateur de pratiques. Une classe sociale réunit l’ensemble des personnes dotées du même habitus.

Les individus (agents) ne sont pas identiques et interchangeables. De plus, ils sont dotés de capitaux (économique, culturel, social, symbolique)

Pour Bourdieu, la société est divisée en champs sociaux (l’école, la politique, le religieux, la culture…). Un champ social est un lieu d’échange de biens spécifiques. Ces champs sociaux sont des espaces de domination et de luttes.


  • La sociologie d’Alain TOURAINE :

Deux grands principes :

1) La société se produit elle-même : définit l'historicité, la capacité qu'à la société d’agir sur elle-même. Les hommes créent la société, les organisations sociales. S’ils créent la société, les hommes ont donc le droit de la transformer, de bousculer l’ordre social, l’ordre établi – contrairement aux sociétés primitives qui considèrent que l’ordre social est donné par les dieux ou la nature, qu’elle entre donc dans le cosmos et que l’action de l’homme ne doit pas la modifier (sous peine de grands malheurs, de malédictions…).

L'historicité dépend de trois éléments, selon TOURAINE :

- Du mode de connaissance qui offre aux membres de la société une représentation de cette dernière

- Du mode d’accumulation et du sens de l’accumulation (connaissances, capital financier, …)

- Du modèle culturel, càd la posture des individus face au changement. (primitives =traditions/mythes fondateurs, modernes = changement/innovation).

2) Pour TOURAINE, chaque individu est potentiellement un acteur social.

A retenir :

L’anthropologie : étude de l’homme dans sa totalité, sa diversité et dans tous les aspects de son existence (comportementale, biologique, communicative, politique, historique, etc..) , comme un être singulier et particulier. L'individu doit être observé et étudié dans son environnement ; il ne peut être séparé de son contexte culturel, des rites et des coutumes qui ont entouré son existence depuis sa naissance. La sociologie : étude des rapports sociaux entre les individus, du fonctionnement et de l’organisation d’une société. Elle analyse les faits sociaux et dégage les mécanismes et les lois qui en assurent la régulation. La psychologie : étude l’individu dans son développement affectif et intellectuel. La psychanalyse : étude de la dynamique profonde de l’être humain à savoir l’inconscient. La psychologie sociale : étude des interactions entre les individus et le groupe.
IFSI
1ère année

Sociologie - Anthropologie

Sociologie / Anthropologie

Definition

Sciences humaines
sciences ayant pour objet d’étude l’homme dans sa relation aux autres, mais également dans sa relation au monde. Sciences évolutives puisque liées à la connaissance et que la connaissance n’est pas une vérité définitive
  • Notre mode de penser est un processus où se tissent l’imaginaire et le symbolique pour venir impacter notre réel, c’est-à-dire la réalité.
  • "L’homme ne peut exister sans les autres, sans être en lien"
  • Selon Hans-Georg GADAMER, philosophe allemand, "l’activité humaine essentielle est herméneutique, c’est-à-dire que les hommes vont passer leur vie à chercher le sens, à l’interroger, à l’interpréter, à le perdre, à le retrouver."
  • L’humanité, les sociétés ne sont pas des entités définitivement clôturées, achevées, mais en évolution continue. Ce sont les valeurs qui évoluent et façonnent un modèle de société.
  • Des choix sociétaux, naissent certains courants. Ainsi, le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.
  • Georg SIMMEL (1859-1918) sociologue, a élaboré une théorie de la forme en disant que les formes sociales étaient mouvantes, qu’elles évoluaient, se transformaient, fusionnaient, disparaissaient dans le temps, parce qu’elles sont liées à la nature humaine, à l’activité humaine, à la vie… Nous pouvons dire que nos valeurs, nos représentations sont des formes sociales.


Les sciences humaines se construisent autour de trois pôles :

- Un pôle empirique : càd que les sciences humaines procèdent par observation, description, recueil de données.

- Un pôle théorique : passage des faits à la compréhension. C’est la construction du modèle d’analyse, la délimitation du périmètre de recherche, l’élaboration d’hypothèses, les propositions.

- Un pôle méthodologique : démarche retenue. Elle peut être inductive indicateur au modèle), déductive (du modèle aux indicateurs). Elle peut être globale, expérimentale, complexe, systémique…

--> Elles prennent naissance avec les philosophes et les penseurs de l’Antiquité.


Les normes sociales = rôle « d’indicateur » des comportements. Peuvent prendre la forme de lois, de règlements, ou relever des mœurs, des habitudes.


Les grands domaines de la sociologie : Les pères fondateurs:

  • Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859) : pour lui les notions d’éthique et de politique sont étroitement liées. Réflexion sur la démocratie, l'individualisme, la liberté. Il pense également que le lien social peut souffrir d’une société individualiste, il préconise donc des associations, et dit que la tyrannie peut être évitée par la participation active des citoyens aux affaires publiques.
  • Karl MARX (1818-1883) : fonde le courant du matérialisme historique. Pour lui, une société se définit par son mode de production et c’est ce mode de production qui détermine les classes sociales et donc les relations sociales. Réflexion sur l'aliénation, le conflit. Il a une pensée idéologique. Il développe des théories déterministes.
  • Emile DURKHEIM (1858-1917) : s'intéresse aux représentations mentales collectives. trois ouvrages principaux :
  • De la division du travail social (1893) : Durkheim va réfléchir sur les formes possibles de solidarité (solidarité mécanique = dans ces sociétés, les individus ont des pratiques similaires et partagent les mêmes valeurs, croyances et sentiments. Conscience collective max. Solidarité maintenue par la sanction pénale ; solidarité organique = repose sur la division du travail rendant les individus économiquement dépendants les uns des autres. La conscience collective devient plus indéterminée laisse place au libre arbitre. Le lien social, c’est ce qui fait ciment, c’est ce qui fait tenir ensemble les individus et les sociétés.
  • Le suicide (1897) : démontre qu'il s'agit d'un fait social. Pour lui, la perte du lien social engendre l’anomie (pertes de repères, absences de normes, de règles) qui engendre elle-même le suicide. 3 types de suicide : suicide égoïste : Le moi individuel s’affirme avec excès face au moi social, individualisation exagérée ; suicide altruiste : cas d’une intégration sociale trop forte (ex : militaires de carrière qui n’hésitent pas à mettre leur vie en péril pour défendre celles des autres ou un pays) ; suicide anomique : il rupture d’équilibre entre l’individu et le groupe. Il y a une perte des repères, des liens affectifs, une solitude extrême)
  • Les formes élémentaires de la vie religieuse (1912) : dans cet ouvrage, DURKHEIM va faire la différence entre le sacré et le profane. DURKHEIM cherche l’origine du lien social et émet l’hypothèse qu’elle se trouve dans la religion, qui est une forme du sacré, de communion.
  • Max WEBER (1864-1920) : Il considère que la sociologie doit avoir une démarche compréhensive et explicative. Il distingue quatre types d’actions : traditionnelle, affective ou émotionnelle, rationnelle par rapport à une valeur (par honnêteté, loyauté, honneur), rationnelle par rapport à un but. Concernant les valeurs, il distingue jugements de valeurs et rapports aux valeurs. Weber va aussi s’intéresser aux conflits de valeurs, au concept de pouvoir et au concept de domination ; le concept de neutralité axiologique = impartialité dans les sciences sociales. Les concepts ne sont pas un but en soi mais un instrument d’intelligibilité du réel visant à organiser l’enchevêtrement des faits, ce sont des constructions nécessaires mais ne se suffisent à eux-mêmes.
  • Georg SIMMEL (1859-1918) : Il considère que les interactions sociales sont à l’origine des phénomènes sociaux qui, en s’institutionnalisant, orientent ensuite les rapports entre les individus. La société est la résultante des interactions individuelles, l’échange est la relation la plus élémentaire et détermine la valeur (morale, monétaire, …) des choses, la société oriente les comportements des individus et l’argent est devenu une source de corruption/l’instrument de l’affaiblissement des valeurs.



Les grands domaines de l'anthropologie :

  • Marcel MAUSS (1872-1950) est souvent considéré comme le père de l’anthropologie française.

L’un des concepts majeurs forgés par Marcel MAUSS est celui de « phénomène social total », consistant dans l’intégration des différents aspects (biologique, économique, juridique, historique, religieux, esthétique…) constitutifs d’une réalité sociale donnée qu’il convient de saisir dans son intégralité. Pour MAUSS, le phénomène de la Kula (échange des colliers et des bracelets de coquillages dans les archipels mélanésiens) n’est pas seulement un processus d’échange symbolique, mais l’existence de lois de la réciprocité (don et contre-don) et de la communication (qui sont les bases de toute culture).

  • Claude LEVI-STRAUSS avait d’ailleurs nommé cette multitude de plans distincts comme une « totalité feuilletée » et ne peut être appréhendée que dans l’expérience des individus. Pour atteindre le sens et la fonction d’une situation il faut l’appréhender dans sa totalité. Il faut donc comprendre du « dehors » en tant qu’observateur, et du « dedans » en tant que participant.


L’anthropologie se définit en 5 grands domaines ou pôles théoriques :

  • L’anthropologie des système symboliques : elle s’est attachée à montrer la logique précise des systèmes de pensée mythologiques, théologiques, cosmologiques, qui sont ceux des sociétés qualifiées de « traditionnelles ». Pratiques symboliques et rituelles liées au patrimoine du groupe ne pouvant être comprises que de dedans. Pour certains anthropologues le mythe est fondateur « de la vie et l’action de l’homme et de la société ».

Pour aller au-delà, on peut dire évoquer, dans la relation de soin, la « bonne distance » (ni trop loin, ni trop près).

  • L’anthropologie sociale : elle met en évidence la cohésion des institutions, le caractère intégratif de la famille, de la morale et surtout de la religion. Si elle continue à s’intéresser aux systèmes de représentation (mythologie, magie, religion…), c’est pour montrer leur place dans un système plus global qu’est la société.
  • L’anthropologie culturelle : elle étudie les caractères distinctifs des conduites des êtres humains appartenant à une même culture, considérée comme une totalité irréductible à une autre. Observation directe des comportements des individus tels qu’ils s’élaborent en interaction avec le groupe. Elle cherche à comprendre les processus d’acquisition et de transmission des modes culturels.

Elle va également étudier le social dans son évolution, notamment en termes de diffusion, d’interaction et d’acculturation, c’est-à-dire d’adoption (ou d’imposition) par une culture des normes appartenant à une autre culture.

  • L’anthropologie structurale et l’anthropologie systémique : elles sont appréhendées et traités comme des systèmes. Ce courant regroupe l’anthropologie de la communication (Gregory BATESON), l’ethnopsychiatrie (Georges DEVEREUX), le structuralisme français (Claude LEVI-STRAUSS).

Il va s’accorder sur plusieurs principes :

? La confrontation des différentes disciplines (ethnologie, mathématiques, psychanalyse, linguistique…) et s’intéresser au passage d’un mode de connaissance à un autre, à la question du transfert des modèles.

? Le modèle orchestral de communication : la communication est permanente, continue. LACAN s’appuiera sur le courant du structuralisme pour élaborer sa théorie psychanalytique et notamment la question de la chaîne des signifiants. C’est aussi la question du verbal et du non verbal.

? L’expérience ethnologique est avant tout l’expérience d’une rencontre, qui se joue dans l’inconscient. Pour DEVEREUX, il ne faut pas se contenter d’une approche « en surface » d’une situation, d’une problématique, d’une personne.

? L’approche humaine est prééminente à l’approche sociale ;

? L’approche de la totalité et non une approche parcellaire

  • L’anthropologie dynamique ou « anthropologie de la modernité » : elle opère une rupture avec les quatre courants précédents et élargit son champ d’investigation. Elle va s’intéresser aux changements de nos sociétés modernes, aux conflits, aux nouveaux défis – sans oublier la place de l’homme dans cette nouvelle approche.



Les grands courants ou écoles de pensée :


  • Le courant de L’école de Chicago :

Créé en 1892, il s’est d’abord attaché à comprendre comment les individus vivaient dans cette ville afin d’améliorer leurs conditions de vie. Il a étudié la socialisation des migrants, l'influence des vagues de migrants sur l’urbanisation, la sectorisation urbaine. Pour ce courant, la déviance et la criminalité sont les signes d’une difficulté d’intégration. La sociologie de l’Ecole de Chicago est une démarche compréhensive (Max Weber), elle utilise une méthode qualitative. Le concept « d’interaction symbolique » est issu de l’Ecole de Chicago.


  • Le culturalisme :

Un des courants ayant dominé la sociologie américaine des années 30 jusqu’aux années 50. Il emprunte la notion de culture (langage, normes, valeurs) aux anthropologues et cherche à rendre compte de l’intégration sociale. Pour eux, comme pour DURKHEIM, il existe un système culturel caractéristique de chaque société. Toutefois, les sociétés sont non homogènes, il existe des appartenances sociales multiples des individus = notion de sous-culture (ou de subculture). Le culturalisme permet de comprendre la socialisation des individus et décrit des individus intégrés dans des groupes sociaux stables et permet de comprendre cette intégration. Mais comporte des limites (libre arbitre, processus de sociabilisation plus complexe.


  • Le fonctionnalisme :

Talcott PARSONS (1902-1979) a cherché à construire une théorie sociologique globale visant à comprendre le fonctionnement de la société). Pour cela, il s’interroge sur le rôle joué par les actions individuelles dans la société. La société est ici considérée comme un système dont la fonction principale est d’intégrer les individus. Ce système peut évoluer mais sans cesser de remplir ses fonctions.

Le fonctionnalisme relativisé de R.K. MERTON : il relativise la théorie de PARSONS. Pour lui, certaines pratiques religieuses peuvent être sources de conflit et non d’intégration. Par ailleurs, toutes les pratiques sociales n’ont pas une fonction intégratrice. Il introduit d’autres concepts : fonction manifeste (action à la fois visible et souhaitée par les individus) et fonction latente (échappe à leur perception immédiate). Il a approfondi les concepts de rôle et de statut, a fait une distinction entre le groupe d’appartenance et le groupe de référence.


  • L’interactionnisme :

Courant développé aux Etats-Unis dans les 60's. Opposé du fonctionnalisme. L’interactionnisme part de l’hypothèse selon laquelle les individus sont des sujets conscients et il se propose d’expliquer le social par les actions individuelles. La vie sociale se résume en une multitude d’interactions qui correspond à la relation sociale de base.

Les normes et les rôles sociaux ne sont pas des données qui s’imposent aux individus, mais ce sont des constructions qui apparaissent, perdurent ou se transforment au cours des multiples interactions. Les comportements sociaux semblent obéir à des règles. La personnalité d’un individu se forme au contact des autres.


  • L’analyse stratégique de Michel CROZIER (1922-2013) :

Il étudie comment les individus agissent à l’intérieur d’organisations caractérisées par des relations de pouvoir. Il en ressort que moins un individu sera soumis à des règlementations, moins il sera prévisible et plus il aura de pouvoir. L’individu met en place des stratégies pour accroître sa marge de manœuvre. Basé sur la neutralisation des comportements de chacun.


  • L’Ecole de Francfort :

Créée en 1913 par Théodor Adorno et Max Horkheimer, courant de pensée né et a été marqué par les deux guerres mondiales, et les totalitarismes nazi et stalinien. Son ambition est de fonder une théorie critique favorisant l’émancipation des hommes en leur dévoilant les mécanismes de la domination sous toutes ses formes. Elle part du postulat selon laquelle la raison peut aider à l’émancipation.

Ebranlés par l’utilisation faite de l’intelligence et de la réflexion par les sociétés totalitaires (exil américain en 1933), Horkheimer et Adorno abandonnent le projet révolutionnaire. Adorno et Horkheimer vont alors conclure que la raison est totalitaire, car elle produit un système clos, ne laissant pas de place au hasard.

Jünger Habermas est le principal héritier et rénovateur de cette Ecole. Il oppose la domination à la détermination rationnelle.


  • L’individualisme méthodologique de Raymond Boudon :

Sa pensée est en opposition de ce qu’il appelle le « paradigme déterministe » incarné aux Etats-Unis par le culturalisme puis le fonctionnalisme, et, en France, par le structuralisme et par la théorie de l’habitus.

L’individualisme méthodologique repose sur deux axiomes fondamentaux : phénomènes sociaux --> dépendent des individus, leurs motivations et actions, et les individus sont rationnels. Pour Boudon, le changement est indéterminé, il nécessite un contexte "favorable".

« effets pervers » = sont des effets, des conséquences qui ne correspondent pas aux intentions originelles des individus.


  • La sociologie de l’habitus de Pierre Bourdieu :

L’habitus est à l’origine des actions des agents. C’est l’ensemble des goûts et aptitudes acquis par un individu au cours du processus de socialisation (classe sociale, culture). C’est un système de préférence mais aussi un système générateur de pratiques. Une classe sociale réunit l’ensemble des personnes dotées du même habitus.

Les individus (agents) ne sont pas identiques et interchangeables. De plus, ils sont dotés de capitaux (économique, culturel, social, symbolique)

Pour Bourdieu, la société est divisée en champs sociaux (l’école, la politique, le religieux, la culture…). Un champ social est un lieu d’échange de biens spécifiques. Ces champs sociaux sont des espaces de domination et de luttes.


  • La sociologie d’Alain TOURAINE :

Deux grands principes :

1) La société se produit elle-même : définit l'historicité, la capacité qu'à la société d’agir sur elle-même. Les hommes créent la société, les organisations sociales. S’ils créent la société, les hommes ont donc le droit de la transformer, de bousculer l’ordre social, l’ordre établi – contrairement aux sociétés primitives qui considèrent que l’ordre social est donné par les dieux ou la nature, qu’elle entre donc dans le cosmos et que l’action de l’homme ne doit pas la modifier (sous peine de grands malheurs, de malédictions…).

L'historicité dépend de trois éléments, selon TOURAINE :

- Du mode de connaissance qui offre aux membres de la société une représentation de cette dernière

- Du mode d’accumulation et du sens de l’accumulation (connaissances, capital financier, …)

- Du modèle culturel, càd la posture des individus face au changement. (primitives =traditions/mythes fondateurs, modernes = changement/innovation).

2) Pour TOURAINE, chaque individu est potentiellement un acteur social.

A retenir :

L’anthropologie : étude de l’homme dans sa totalité, sa diversité et dans tous les aspects de son existence (comportementale, biologique, communicative, politique, historique, etc..) , comme un être singulier et particulier. L'individu doit être observé et étudié dans son environnement ; il ne peut être séparé de son contexte culturel, des rites et des coutumes qui ont entouré son existence depuis sa naissance. La sociologie : étude des rapports sociaux entre les individus, du fonctionnement et de l’organisation d’une société. Elle analyse les faits sociaux et dégage les mécanismes et les lois qui en assurent la régulation. La psychologie : étude l’individu dans son développement affectif et intellectuel. La psychanalyse : étude de la dynamique profonde de l’être humain à savoir l’inconscient. La psychologie sociale : étude des interactions entre les individus et le groupe.
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