Thème principal : Période marquée par une révision critique de la modernité et une recherche de diversité architecturale et de singularité face aux bouleversements politiques et sociaux (Mai 68, guerre froide, révolution chinoise, indépendances du Maghreb).
Introduction
Avec Haussmann, l'urbanisme devient plus structuré et hiérarchisé.
Paris, en pleine expansion (1M+ d'habitants), fait face aux défis de salubrité, de fluidité urbaine et d'ambitions sociales. L'État veut remodeler la ville pour incarner ses vives.
Les architectes prennent de l'importance, notamment via la Revue Générale de l'Architecture et des Travaux Publics (1840), qui structure les débats.
Pour Marcel Roncayolo , la ville est un espace d'échanges façonné par ses acteurs, rendant chaque époque unique.
I. FONDEMENTS DE L'HAUSSMANNISATION
a) Penser à neuf la ville : les fouriéristes et l'urbanisme
- Victor Considérant, polytechnicien, veut une approche plus scientifique de la ville.
- Perreymond, ingénieur et fouriériste, propose des réformes ambitieuses : percement de rues, élargissement des quais, mise en valeur des 5 sens dans l'environnement urbain.
- Il prône une refonte totale plutôt qu'une modernisation progressive. Ses idées, bien que théoriques, influencent les planifications futures.
b) Moderniser Paris : premières infrastructures
Avant Haussmann, des projets émergents déjà :
- Enceintes de Thiers (1840) : protection contre les menaces extérieures et contrôle intérieur en cas de révolte.
- Gares (Saint-Lazare, 1837) : situées en périphérie pour articuler la ville et justifier de nouvelles percées.
- Victor Baltard et ses Halles centrales : projet initial (1853) détruit sur ordre de Napoléon III. Nouveau concept en acier et verre, hygiénique, adapté au commerce moderne.
- les lampes à gaz , facilitant le travail de nuit.
II. LOGEMENT AU CŒUR DES TRANSFORMATIONS
a) L'insalubrité, un problème législatif
L'épidémie de choléra pousse à faire des lois. Loi du 13 avril 1850 sur le logement insalubre (par Vicomte de Melun qui pense que les logements insalubres influencent la productivité des ouvriers) :
- Définition vague de l'insalubrité à l'époque, mais incite les villes à enquêter et agir.
- Forte opposition des propriétaires bourgeois pcq c'est eux le proprio.
b) Réformer la ville via le logement
- Palais de famille (Victor Calland) : logements collectifs inspirés de Fourier, pour pacifier la société et améliorer la productivité ouvrière.
- Cité Napoléon (1849-1853) : logements ouvriers avec commodités (chauffoir, médecin gratuit, épicerie solidaire, bains, crèche), en 4 bât.
- Idée : mieux loger pour éviter les révoltes.
- Mais : contrôle strict (portail fermé à 22h pour éviter qu'ils sortent se soûler et parler), donc refus des ouvriers .
- Maisons populaires (années 1860, Napoléon III) : maisons mitoyennes pr 3 familles, modèle modeste mais accessible.
- Concours de 1867 pr l'expo universelle : cherche le modèle idéal pour les ouvriers → projet retenu = 2 bât linéaires économiques avec contrôle d'entrée.
c) Le Familistère de Godin : utopie sociale appliquée
- Jean-Baptiste Godin (industriel inspiré de Fourier) crée un modèle de logement social à Guise.
- Investit 1/3 de sa fortune ds projet de Considérant au Texas mais ça échoue.
- son projet: FAMILISTERE = 3 bâtiments, 2k habitants, logements égalitaires avec eau courante, chauffage, écoles, commerces.
Objectif : améliorer la vie des ouvriers pour une meilleure productivité et ascension sociale.
Succès : en 1888, 1800 habitants, système fonctionnant comme une copropriété.
III. PARIS, VILLE NOUVELLE SOUS LE SECOND EMPIRE ?
a) Un nouveau Paris ?
- Baron George Eugene Haussmann perce les rues et redessine la ville.
- pour Joseph Ragon l'haussmannisation matérialise la ville bourgeoise.
- Parcs à l'anglaise, nouvelles voiries, urbanisme en réseaux.
- Paris devient le centre du pouvoir impérial et doit être maîtrisable en cas de révolte.
b) Les moyens urbains et architecturaux de la réforme
- Grandes percées essentielles dépendant des points stratégiques.
- Voies en étoile autour des grandes places créées. Nouvelles places (République, Étoile, Trocadéro), souvent bordées de casernes.
- Voies secondaires.
- Effet domino : embellissement localisé → transformation des quartiers.
- Réaménagement souterrain : 600 km d'égouts modernisés (par Eugène Belgrand), aussi important que les percées de surface.
A retenir :
CONCLUSION
Haussmann transforme Paris en profondeur : monumentalité, hygiène, circulation, contrôle. Mais les expropriations massives et l'exclusion des classes populaires vers la périphérie suscitent des critiques.
Paris devient néanmoins un modèle mondial , influençant l'urbanisme moderne.
