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Séance 6 – Villes et avants-gardes : foi dans le progrès et l’industrie

INTRODUCTION

La ville moderne se rêve verticale (projets à Paris par les frères Rosental, Perret, Le Corbusier).

Le Corbusier propose une ville fonctionnelle avec tours dégageant le sol, séparant flux piétons/voitures, dans un esprit d’ordre et de monumentalité moderne.

Perret veut ceinturer Paris de "maisons-tours", projet non réalisé.

Les progrès techniques (préfabrication, béton) permettent d’envisager de nouvelles formes urbaines.

Mais certains projets échouent (ex. Pruitt-Igoe, Yamasaki), remettant en question le fonctionnalisme pur.

a) La ville moderne : les rêves d’une ville verticale


  • concours pour Porte Maillot à Paris :
  • proposition des frères Rosental = grand carrefour divisé en 2 tours et un espace parc d’attractions.
  • autres prop des frères Perret ; Viret (inspiré des gratte-ciel américains) ; Le Corbusier.

Pour Le Corbusier, la tour répond aux problèmes urbains (insalubrité, circulation, fluidité) :

  • Circulation fluide grâce à des niveaux séparés (circulation/parkings)
  • Gratte-ciel structurés, bien orientés, esthétiques.
  • Émergence d’une "Ville Verte" : séparation nette entre rues et habitations.
  • Une esthétique monumentale nouvelle intégrée au paysage urbain.
  • Son projet de 50 à 60 étages dégage le sol pour bien séparer piétons//voitures.


  • 1931, André Granet propose une allée de tours, de La Défense = réponse verticale dans tissu urbain existant.
  • Auguste Perret, veut ceinturer Paris d'une double rangée de "maisons-tours" pour dédensifier et assainir la ville, projet non réalisé.


--> Ces visions s’inscrivent dans un urbanisme fonctionnaliste rendu possible par la préfabrication et les progrès techniques.


b) L’architecture et la ville selon le fonctionnalisme


Le projet Pruitt-Igoe (Minoru Yamasaki) = échec du fonctionnalisme extrême : cité d'hab détruite en 1972 à cause de son insalubrité.

I. AVANTS-GARDES EUROPÉENNES ET VILLES MODERNES

Arts and Crafts : retour au savoir faire manuel/artisanal contre l’industrialisation massive. Nostalgie du savoir faire médiéval. On retrouve Morris, John Ruskin etc. Parce que des gens ont peur de la période qui suit la 2nd Rev Indu.


a) Les Futuristes (Italie) : machine, vitesse et foules modernes


  • Opposés à Arts & Crafts
  • Y'a : Marinetti, Sant'Elia, Chiattone : glorifient la machine et la modernité industrielle. Ils rejettent l’ancien (Rome et Florence) et célèbrent les villes indus' (Turin, Milan).

Ils valorisent :

  • La vitesse, les foules, la verticalité.
  • Des bâtiments fonctionnels, aérés et tournés vers la mobilité --> hygiène
  • Sant’Elia propose une architecture futuriste radicale dans ses dessins.
  • L’exposition universelle de Milan 1906 sur les transports illustre cet engouement.
  • Disparition du mvt après la 1ère GM.


b) Le Bauhaus (Allemagne) : art et industrie réconciliés


Fondée par Walter Gropius en 1919, union entre art / artisanat / industrie.

Bauhaus répond à la crise du logement par le fonctionnalisme.

  • 1920's, mythe que l’industrie va sauver le travail non qualifié & les forces ouvrières = ainsi Gropius est partisan d’intégrer l’industrie au travail manuel et aux arts = pr que tout le monde ai accès aux objets du quotidien utiles par exemple


  • « Form follows function » selon Sullivan.


Hannes Meyer, second directeur :

  • Approche socio, chantiers participatifs pédagogiques
  • dit que les formes industrielles répondront mieux aux contraintes des programmes architecturaux et urbains.

--> lotissement Freidorf de Muttenz (1919–21), en rupture avec le profit.

II. LE LOGEMENT STANDARDISÉ DANS LE PROJET URBAIN DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES

a) Les HBM à Paris : une ceinture de logements pour la capitale


À partir de 1919, l’enceinte de Thiers est détruite et remplacée par des logements :

  • L’avant-projet de L. Bonnier prévoit une ceinture verte à l’extérieur et une ceinture d’habitations vers l'intérieur.
  • Objectif : 40k logements, 120k habitants.
  • Construction de HBM (Habitations à Bon Marché) entre 1920 et 1940
  • ex = Porte de Vanves, Groupe Bessières-Garnier
  • Structure : poteau-dalle en béton armé, briques en façade, densification pour réduire les coûts.
  • 58 500 logements construits en 20 ans.


b) Le Weissenhof à Stuttgart : vitrine des nouveautés


Réalisé en 1927 par le Deutscher Werkbund, sous la direction de Mies Van Der Rohe.

  • Vitrine internationale du mouvement moderne.
  • 17 architectes (Le Corbusier, Behrens...) construisent 63 logements en 21 semaines.
  • Refus des ornements classiques, place à la radicalité fonctionnelle : Pts de l'archi moderne : pilotis, fenêtres en bande, plan libre, toit-terrasse, façade libre.
  • → Exposition très visitée, succès immense.
  • Les CIAM proclament en 1927 l’universalité de ce langage architectural, construisible partout.

III. LA VILLE EN VOIE DE DISPARITION : FRANK LLOYD WRIGHT

a) Le modèle américain


Face aux gratte-ciel néo-historicistes des grandes villes, Wright développe une approche vernaculaire, ancrée dans le réel.

  • Disciple de Sullivan, il rejette les styles historicistes.
  • Il conçoit des maisons standardisées, préfabriquées, pour différents budgets et résoudre pb du logement.
  • Projet interrompu par la guerre et les usines perquiz' pour l'armement.


Wright critique la ville verticale et propose un modèle alternatif :

  • Vision d’une ville dispersée, plus humaine.
  • Il mobilise ses étudiants pour réaliser une maquette à grande échelle.


L’exposition Futurama (1939, par Norman Bel Geddes) montre une ville futuriste organisée autour de la voiture, avec piétons relégués sur pilotis.

→ Triomphe du fonctionnalisme et de l’imaginaire industriel.


b) Contexte et critiques de Wright


Wright s’oppose à la ville congestionnée et polluée.

→ Défend l’expression individuelle et la qualité de vie.

→ Il pense la ville comme un espace en voie de disparition.

Crise économique après 1929 : situation ecoK difficile pr la population


c) Broadacre City : ville réconciliée avec la nature


Projet de FLW. Chaque famille disposerait de 0,4 ha pour vivre, cultiver, et avoir accès aux services urbains.

  • Ville étalée, intégrée à la nature.
  • Usage des transports modernes, véhicules volants.
  • Ville anti-urbaine mais rendue possible par le progrès technique.

→ Wright tourne le dos à la ville traditionnelle et propose un autre avenir urbain progressiste.

A retenir :

Conclu :

La ville moderne fascine encore certains comme les Futuristes, qui la voient verticale et dynamique.

D’autres, comme Wright, la jugent invivable.

Les débats et visions émergent dans un contexte de crises économiques et politiques, face au capitalisme triomphant des grandes métropoles américaines.

Cette période est marquée par une recherche intense de modèles alternatifs, tant dans l’esthétique que dans la pensée urbaine.