La jurisprudence n’a pas adopté une théorie ou l’autre : elle a détaché des caractères. Les arrêts
classiques (les + anciens) sont enclins à resserrer la chaîne des événements sur 1 cause, ou quelques unes :
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Les causes les + immédiates,
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Ou les causes les + proches du dommage dans le temps.
Toutefois, les arrêts les plus récents retiennent plus largement la causalité en retenant des
causes plus lointaines du dommage. Ex. :
Cass. 2e ch. civ., 27 janvier 2000
Qualifie l’accident de circulation de cause d’une lésion à l'œil d’un patient internat à la suite
d’une opération chirurgicale.
Il est difficile de voir une évolution dans la jurisprudence. C’est le souci du pragmatisme, mu par
l’objectif indemnitaire qui explique des arrêts différents, voire opposés sur le lien de causalité.
La jurisprudence a dégagé 2 caractères qui déterminent le lien de causalité. Ces caractères
doivent être prouvés :
1. Que la causalité est certaine : la causalité est certaine lorsque le fait à l’origine du
dommage a été nécessaire à sa production. La certitude est ici l’opposé du doute. Le juge qui n’est donc pas certain de la causalité d’un fait (=de son rôle causal), doit l’écarter.
2. Que la causalité est directe : la causalité est directe lorsque le fait à l’origine du dommage
doit avoir directement produit ce dernier ⇒ cela conduit à retenir une conception de la causalité, selon les 2 théories de la doctrine. C’est à travers ce caractère direct que la jurisprudence oscille entre la causalité adéquate et l’équivalence des conditions.
Lorsque plusieurs causes interviennent dans la production du dommage, 2 problèmes peuvent se
manifester pour déterminer le lien causal :
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Le problème de la pluralité des causes (SOUS-SECTION 2)
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La preuve du lien de causalité (SOUS-SECTION 3)