Dès les années 1990, le psychanalyste Jacques Lévine a réfléchi au problème de la santé psychique de la jeunesse dans les sociétés démocratiques modernes :
Selon Jacques Lévine, dans le bilan que chaque nation doit faire de son état de santé, les statistiques, les indications et les propositions constructives concernant l’état de santé de la jeunesse doivent, non seulement tenir une place égale aux données économiques (chômage, emploi, PNB, inflation...) mais doivent être prioritaires.
Le sentiment d'être démuni face à la vie se construit d'abord dans le contexte familial. Pourquoi maintenant cela s’est-il aggravé ? Sans doute par la fréquence des séparations conjugales, de l’absence des pères, et peut-être aussi, sous un certain aspect, parce que les enfants sont très tôt confiés à la crèche, à des nourrices, à la maternelle avec l’entrée précoce dans le système scolaire. La scolarité peut parfois se dérouler avec le sentiment d’avoir été transplanté dans un monde qui n’était pas pour soi, mais pour les autres. Certains jeunes s'interrogent? sur le pourquoi de leur échec : « Une partie de moi veut étudier, une autre partie ne veut pas. »
Ils se lancent alors dans du chahut, par désir de défier les adultes, et dans la formation de groupes marginaux. Ils parlent de certains professeurs intolérants, mais aussi l'agressivité des jeunes peut aller jusqu’aux pires cruautés sadiques à l’égard des professeurs faibles qui leur rappellent les parents non fiables, leur rage à l’égard des professeurs injustes ou qui ne cherchent pas à les connaître, le besoin d’aimer, voire de quasi sacraliser ceux qui, au contraire, savent les respecter tout en se faisant respecter.
Jacques Lévine retirait? trois idées et trois réponses à la question : Dans quelles directions aller pour lutter contre les dysfonctionnements qui font que tant de jeunes ont la haine ?
cesse d’être un tabou et qu’on s’y penche avec toute l’attention désirable. Les jeunes parents qui sont la plupart du temps dans une grande solitude, dans un besoin de parents pour eux-mêmes, ont non seulement besoin d’une amélioration de leurs conditions économiques mais de personnes-soutien et de personnes-références qui leur permettent de retrouver quelque chose d’équivalent à ce qu’apportait autrefois la famille élargie.
démocratique au meilleur niveau, conduit à des exclusions. Pour que le langage écrit soit, au contraire, mieux intégré par tous, il faut une politique de la diversification dans le cadre d’une pédagogie de l’échange. C’est pourquoi il préconise « l’école des quatre langages » : le cognitif, le réalisationnel, le relationnel, les talents personnels.
arrivé, tout en trouvant devant eux des adultes toniques qui laissent ouvertes les perspectives d’avenir, même quand elles sont compromises. Car derrière les conduites d’arrogance se cachent souvent des complexes d’infériorité et une grande peur de la vie.
Sur le même registre, les enseignants devraient être invités et formés à pratiquer, avec les jeunes, la relation d’identification réciproque, c’est-à-dire une relation qui fasse, dans un premier temps, l’effort de comprendre et de verbaliser la logique qui anime les conduites de chacun et mette, dans un deuxième temps, en travail de co-réflexion, la façon dont les rapprochements pourraient s’effectuer.
En fait, c’est d’une autre conception de l’exercice de la fonction paternelle chez les enseignants et les adultes qu’il s’agit. Probablement, le problème de la solidarité entre les générations devrait-il être traité autrement, car beaucoup de problèmes à affronter sont communs.
Dès les années 1990, le psychanalyste Jacques Lévine a réfléchi au problème de la santé psychique de la jeunesse dans les sociétés démocratiques modernes :
Selon Jacques Lévine, dans le bilan que chaque nation doit faire de son état de santé, les statistiques, les indications et les propositions constructives concernant l’état de santé de la jeunesse doivent, non seulement tenir une place égale aux données économiques (chômage, emploi, PNB, inflation...) mais doivent être prioritaires.
Le sentiment d'être démuni face à la vie se construit d'abord dans le contexte familial. Pourquoi maintenant cela s’est-il aggravé ? Sans doute par la fréquence des séparations conjugales, de l’absence des pères, et peut-être aussi, sous un certain aspect, parce que les enfants sont très tôt confiés à la crèche, à des nourrices, à la maternelle avec l’entrée précoce dans le système scolaire. La scolarité peut parfois se dérouler avec le sentiment d’avoir été transplanté dans un monde qui n’était pas pour soi, mais pour les autres. Certains jeunes s'interrogent? sur le pourquoi de leur échec : « Une partie de moi veut étudier, une autre partie ne veut pas. »
Ils se lancent alors dans du chahut, par désir de défier les adultes, et dans la formation de groupes marginaux. Ils parlent de certains professeurs intolérants, mais aussi l'agressivité des jeunes peut aller jusqu’aux pires cruautés sadiques à l’égard des professeurs faibles qui leur rappellent les parents non fiables, leur rage à l’égard des professeurs injustes ou qui ne cherchent pas à les connaître, le besoin d’aimer, voire de quasi sacraliser ceux qui, au contraire, savent les respecter tout en se faisant respecter.
Jacques Lévine retirait? trois idées et trois réponses à la question : Dans quelles directions aller pour lutter contre les dysfonctionnements qui font que tant de jeunes ont la haine ?
cesse d’être un tabou et qu’on s’y penche avec toute l’attention désirable. Les jeunes parents qui sont la plupart du temps dans une grande solitude, dans un besoin de parents pour eux-mêmes, ont non seulement besoin d’une amélioration de leurs conditions économiques mais de personnes-soutien et de personnes-références qui leur permettent de retrouver quelque chose d’équivalent à ce qu’apportait autrefois la famille élargie.
démocratique au meilleur niveau, conduit à des exclusions. Pour que le langage écrit soit, au contraire, mieux intégré par tous, il faut une politique de la diversification dans le cadre d’une pédagogie de l’échange. C’est pourquoi il préconise « l’école des quatre langages » : le cognitif, le réalisationnel, le relationnel, les talents personnels.
arrivé, tout en trouvant devant eux des adultes toniques qui laissent ouvertes les perspectives d’avenir, même quand elles sont compromises. Car derrière les conduites d’arrogance se cachent souvent des complexes d’infériorité et une grande peur de la vie.
Sur le même registre, les enseignants devraient être invités et formés à pratiquer, avec les jeunes, la relation d’identification réciproque, c’est-à-dire une relation qui fasse, dans un premier temps, l’effort de comprendre et de verbaliser la logique qui anime les conduites de chacun et mette, dans un deuxième temps, en travail de co-réflexion, la façon dont les rapprochements pourraient s’effectuer.
En fait, c’est d’une autre conception de l’exercice de la fonction paternelle chez les enseignants et les adultes qu’il s’agit. Probablement, le problème de la solidarité entre les générations devrait-il être traité autrement, car beaucoup de problèmes à affronter sont communs.