Selon Robert Castel (1995), la révolution industrielle a vu l'émergence
progressive du salariat, devenu majoritaire sous le Second Empire. En effet, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, on assiste à un développement spectaculaire du salariat, qui est d'abord porté par la classe ouvrière. Il faut y ajouter aussi tous les emplois tertiaires qui se développent nettement : banques, assurances, commerce, comptabilité... Leur développement est tiré par les progrès de l'industrie avant tout, mais ils contribuent à grossir les rangs des salariés. Par la suite, des innovations juridiques vont progressivement voir le jour, dont la plus marquante est celle que contient la loi du 9 avril 1898. Celle-ci prévoit un régime spécial de responsabilité : un salarié victime d'un accident du travail peut recevoir une indemnisation, sans avoir à prouver la faute de son employeur et lui faire de procès. Fondée sur la notion des risques professionnels, elle prévoit donc une présomption de la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail puis une réparation forfaitaire possible du dommage, à la charge de l’employeur par une assurance publique (l'employeur peut souscrire à cette assurance facultative auprès des compagnies privées). Loi du 31 mars 1905 : elle instaure définitivement l’obligation aux employeurs de s’assurer contre le risque d’accident du travail. Mais l’organisation de cette assurance obligatoire est laissée au marché jusqu’en 1946.
Ainsi, en 1898, on crée une assurance publique qui évite bien des conflits
et permet de réguler les relations entre salariés et employeurs : c'est à partir de ce nouveau régime
assurantiel que seront créés les tableaux de maladies professionnelles, qui permettent, selon la
même logique, à un salarié de se voir indemnisés dès lors qu'il est atteint d'une maladie reconnue
comme professionnelle (amiante), et pour laquelle son employeur (avec d'autres) a cotisé.
Selon François Ewald, la loi de 1898 instaure une gestion socialisée du risque
en lieu et place d'une gestion individuelle de la faute (Ewald, 1986).
Selon Robert Castel (1995), la révolution industrielle a vu l'émergence
progressive du salariat, devenu majoritaire sous le Second Empire. En effet, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, on assiste à un développement spectaculaire du salariat, qui est d'abord porté par la classe ouvrière. Il faut y ajouter aussi tous les emplois tertiaires qui se développent nettement : banques, assurances, commerce, comptabilité... Leur développement est tiré par les progrès de l'industrie avant tout, mais ils contribuent à grossir les rangs des salariés. Par la suite, des innovations juridiques vont progressivement voir le jour, dont la plus marquante est celle que contient la loi du 9 avril 1898. Celle-ci prévoit un régime spécial de responsabilité : un salarié victime d'un accident du travail peut recevoir une indemnisation, sans avoir à prouver la faute de son employeur et lui faire de procès. Fondée sur la notion des risques professionnels, elle prévoit donc une présomption de la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail puis une réparation forfaitaire possible du dommage, à la charge de l’employeur par une assurance publique (l'employeur peut souscrire à cette assurance facultative auprès des compagnies privées). Loi du 31 mars 1905 : elle instaure définitivement l’obligation aux employeurs de s’assurer contre le risque d’accident du travail. Mais l’organisation de cette assurance obligatoire est laissée au marché jusqu’en 1946.
Ainsi, en 1898, on crée une assurance publique qui évite bien des conflits
et permet de réguler les relations entre salariés et employeurs : c'est à partir de ce nouveau régime
assurantiel que seront créés les tableaux de maladies professionnelles, qui permettent, selon la
même logique, à un salarié de se voir indemnisés dès lors qu'il est atteint d'une maladie reconnue
comme professionnelle (amiante), et pour laquelle son employeur (avec d'autres) a cotisé.
Selon François Ewald, la loi de 1898 instaure une gestion socialisée du risque
en lieu et place d'une gestion individuelle de la faute (Ewald, 1986).