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La liberté de procréer


Toute personne a le droit de devenir parent, mais ce droit est soumis à certaines règles. Il faut notamment avoir atteint la majorité sexuelle (âge à partir duquel on peut légalement consentir à une relation sexuelle). En FR, un mineur de - de 15 ans ne peut pas donner ce consentement à un adulte, même sans contrainte. Et même au-delà de 15 ans, une relation est interdite si l’adulte exerce une autorité sur le mineur (ex: enseignant, entraîneur).


Il existe plusieurs manières de concevoir un enfant: naturellement ou grâce à la médecine (procréation médicalement assistée (PMA)). Ce droit à la procréation est libre : personne ne peut y être forcé ou en être privé.

A – L’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP)

AMP regroupe des techniques comme l’insémination artificielle ou la fécondation in vitro. À l’origine, l’AMP visait uniquement un objectif thérapeutique (réservé aux couples hétérosexuels infertiles ou porteurs de maladies héréditaires)


Mais la loi de bioéthique du 2 août 2021 (art. L. 2141-2 CSP) a élargi ce cadre :

  • AMP est ouverte aussi aux couples de femmes et aux femmes seules au-delà des limites médicales -> pas couples d'hommes car sinon font recours à la GPA (interdite)
  • les enfants nés d’un don de gamètes peuvent accéder à l’identité du donneur (si ya consentement donneur à la communication de ses informations perso aux enfants issus du don),
  • l’autoconservation des gamètes est autorisée pour les femmes de 29 à 37 ans et les hommes jusqu’à 45 ans, même sans raison médicale -> CEDH, 4 déc. 2007, Dickson c. R.-U = L’article 8 protège le choix de devenir parent.

avant 2021 = AMP permise que lorsqu’une personne entreprenait un traitement médical qui venait à altérer sa fertilité.


En revanche, certaines limites sont maintenues :

  • la procédure est interdite en cas de décès d’un des membres du couple, de séparation ou sans le consentement des deux parties.
  • le CC a validé le fait que les hommes transgenres ou les couples d’hommes n’y aient pas accès, car cela impliquerait le recours à une GPA, toujours interdite en FR. Cette différence de traitement est jugée conforme à la C°, car elle repose sur une différence de situation en lien direct avec l’objet de la loi.


accès à l’AMP des personnes transgenres? -> loi bioéthique n’aborde pas cette question. 


B – L’interdiction en France de la GPA

La GPA est formellement interdite en FR, en vertu de l’article 16-7 du Code civil qui la déclare nulle pour contrariété à OP, et des articles 227-12 et 227-13 du Code pénal qui en répriment les dérives.


À l’inverse, certains pays comme les États-Unis (GPA rémunérée) ou le Royaume-Uni (GPA altruiste) l’autorisent, ce qui a parfois conduit à des abus économiques. L’Inde, après avoir légalisé la GPA, a fini par la restreindre aux résidents pour limiter le « tourisme procréatif ».


En France, malgré des propositions de loi visant à renforcer l’interdiction même pour les GPA réalisées légalement à l’étranger, aucune réforme n’a abouti. Le débat actuel se concentre sur la reconnaissance et la transcription des actes d’état civil étrangers issus de GPA.

C – Les incidences sur le droit de la filiation

Sous l’influence de la Cour EDH, le droit FR a dû évoluer concernant la reconnaissance de la filiation d’enfants nés par GPA à l’étranger:


  • Dans Mennesson c. FR (2014), la Cour EDH a condamné la France pour avoir refusé de reconnaître la filiation d’enfants nés par GPA à l’étranger, plus précisément aux États-Unis car elle violait leur droit au respect de la vie privée (art. 8 CEDH).
  • Par la suite, la Cour, dans un avis de 2019, a précisé que la filiation avec la mère d’intention devait être reconnue, sans imposer nécessairement la transcription, laissant place à d'autres moyens comme l’adoption. La cassation a finalement opté pour la transcription directe, solution étendue aux couples d’hommes.
  • En parallèle, la Commission euro a proposé un règlement pour harmoniser la reconnaissance de la filiation dans toute l’UE, notamment pour les familles homoparentales.


La position actuelle de la France (depuis 2020) :

Désormais, la France :

  • reconnaît la filiation avec le père biologique par transcription automatique.
  • pour la mère d’intention, elle permet la reconnaissance via l’adoption simplemais refuse toujours la transcription directe de l’acte étranger.


= compromis, car elle maintient l’interdiction de la GPA en FR tout en respectant les exigences européennes sur les droits des enfants.