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SCIENCE POLITIQUE
3ème année

La crise contemporaine du gouvernement représentatif (XXIème siècle)-Défiance à l’égard des représentants

Histoire de la représentation politique

Definition

La crise de la représentation au XXIe siècle
2 dimensions de la crise de la représentation : Crise de légitimité du régime et crise de la capacité de cette forme de gouvernement à résoudre les problèmes qui lui sont posés. -> Dans un contexte de transformations sociales et techniques (internet, communication) et environnementales.

A. Une participation politique inégalement distribuée


Lester Milbrath - Univers de la participation comparable à une pyramide.

  • Les gladiateurs (5% de la pop) se consacrent à la vie politique.
  • À la base, des individus qui s’informent, discutent, votent éventuellement..

Hors de cette pyramide -> Fraction d’indifférents et d’externes.

L’élection est la participation la plus simple et la moins coûteuse. On observe une baisse significative sauf pour les présidentielles qui mobilisent encore beaucoup.


Facteurs de l’abstention électorale = facteurs politiques et sociologiques.

  • Participation électorale comme intégration à la société -> phénomène d’aggravation des inégalités sociales au regard de la participation = Les catégories pop et les jeunes s’abstiennent, devient la prérogative d’une petite fraction.
  • Corrélation entre le vote, le statut social et le niveau d’éducation qui a des effets sur la représentation politique de ces catégories populaires dès lors que ces groupes sociaux qui ne votent plus deviennent invisibles de la représentation, les partis politiques n’ayant plus véritablement intérêt à représenter leurs intérêts sociaux.

= On observe donc un biais de représentation.

Larry Bartels et Martin Gilens - les démocraties représentatives ne sont plus représentatives que des intérêts de la fraction la plus riche de la population dans le cadre de démocraties inégalitaires qui s’apparentent de plus en plus à des oligarchies.

- Conséquence pour les catégories pop = Soit l’indifférence, soit des formes de contestations, électorales ou non (émeutes, violences).

Cette abstention renvoie à la perte de centralisme de l’élection, affaiblissement structurel du politique qui est considéré comme incapable d’interférer avec le destin de la pop.


B. Une critique de la représentation politique


Déclin de la croyance et de la confiance dans les institutions, dans les partis politiques et dans les acteurs du jeu politique. Cette remise en cause de leur légitimité est amplifiée par une critique de leur absence de représentativité.

Critique de l’absence de femmes dans la représentation + Critique également de l’absence de diversité ethnique de cette population - Assemblées parlementaires non représentatives.

=> Limites de ces critiques - Pippa Norris, The Democratic Phoenix, les gouvernants plus que les institutions elles-mêmes qui font l’objet de la critique la plus virulente. Les institutions de la démocratie représentative ne sont pas vraiment remises en cause.

John Hibbins et Elizabeth Theiss-Morse - Différence entre une volonté de démocratie directe (demande trop d’efforts et de temps pour la plupart des citoyens) et la volonté de pouvoir être entendu des gouvernants lorsqu’ils ont des intérêts à défendre.

-> Indifférence à l’élection ? Désintéressement total = Les enjeux locaux témoignent d’une disponnibilité des citoyens.

Par ailleurs, les enquêtes d’opinion montrent que l’intérêt pour la politique ne baisse pas de manière aussi radicale que le vote. Les citoyens déclarent être intéressés par la politique mais tout se passe comme si c’était les formes classiques de la politique qui ne parvenaient plus à les intéresser.


C. Une contestation de l’expertise


Bruno Latour - Double processus de délégation :

  • Délégation des affaires politiques de la cité au représentant politique (trop sérieux pour que le citoyen s’en occupe).
  • Délégation de la connaissance et de la maîtrise aux scientifiques et experts.

= Double processus de la représentation, de la société et des humains d’une part, de la nature et des choses d’autre part, double processus reposant sur une même logique d’autonomisation, de professionnalisation, de mise à distance du profane.

Ces deux systèmes se renforcent par une boucle de légitimation = le pouvoir d’Etat certifiant et sponsorisant le pouvoir des experts, et les experts venant instruire et éclairer les choix politiques.

Aujourd’hui, les deux piliers de cette sainte alliance sont fragilisés. Défiance envers les experts, scandales qui montrent que les experts sont sous influence = Mise en échec de la relation science/société.

Deux processus qui conduisent à déplacer la frontière entre experts et profanes dans les controverses ayant pour objet la technique :

  • Pierre Lascoumes, Callon, Yannick Barthe ont appelé « l’expertise profane » - renvoie à la manière dont des présumés profanes accumulent et produisent des connaissances, fondée sur l’expérience personnelle ou collective de ces acteurs plus que sur l’expérience de laboratoire (collectifs de malades sur le SIDA).
  • Revendication par les mouvements sociaux de la possibilité de mener des contre-expertises dans certains domaines dans lesquels les expertises publiques ou universitaires pourraient entrer en conflit d’intérêt avec les expertises privées, d’entreprise. On assiste certainement aujourd’hui à une crise de la science publique.




A retenir :

On a donc au regard de la sociologie politique, deux hypothèses qui se complètent plutôt qu’elles ne s’affrontent véritablement : La 1ère qui considère que, dans l’ensemble, les citoyens des démocraties contemporaines, resteraient attachés aux institutions de la démocratie représentative, sans vouloir s’investir au delà (thèse Hibbins Theiss Morse) La 2nde insistant sur les capacités de mobilisation, le potentiel d’investissement mais dans des formes alternatives de participation (Russel Dalton).
SCIENCE POLITIQUE
3ème année

La crise contemporaine du gouvernement représentatif (XXIème siècle)-Défiance à l’égard des représentants

Histoire de la représentation politique

Definition

La crise de la représentation au XXIe siècle
2 dimensions de la crise de la représentation : Crise de légitimité du régime et crise de la capacité de cette forme de gouvernement à résoudre les problèmes qui lui sont posés. -> Dans un contexte de transformations sociales et techniques (internet, communication) et environnementales.

A. Une participation politique inégalement distribuée


Lester Milbrath - Univers de la participation comparable à une pyramide.

  • Les gladiateurs (5% de la pop) se consacrent à la vie politique.
  • À la base, des individus qui s’informent, discutent, votent éventuellement..

Hors de cette pyramide -> Fraction d’indifférents et d’externes.

L’élection est la participation la plus simple et la moins coûteuse. On observe une baisse significative sauf pour les présidentielles qui mobilisent encore beaucoup.


Facteurs de l’abstention électorale = facteurs politiques et sociologiques.

  • Participation électorale comme intégration à la société -> phénomène d’aggravation des inégalités sociales au regard de la participation = Les catégories pop et les jeunes s’abstiennent, devient la prérogative d’une petite fraction.
  • Corrélation entre le vote, le statut social et le niveau d’éducation qui a des effets sur la représentation politique de ces catégories populaires dès lors que ces groupes sociaux qui ne votent plus deviennent invisibles de la représentation, les partis politiques n’ayant plus véritablement intérêt à représenter leurs intérêts sociaux.

= On observe donc un biais de représentation.

Larry Bartels et Martin Gilens - les démocraties représentatives ne sont plus représentatives que des intérêts de la fraction la plus riche de la population dans le cadre de démocraties inégalitaires qui s’apparentent de plus en plus à des oligarchies.

- Conséquence pour les catégories pop = Soit l’indifférence, soit des formes de contestations, électorales ou non (émeutes, violences).

Cette abstention renvoie à la perte de centralisme de l’élection, affaiblissement structurel du politique qui est considéré comme incapable d’interférer avec le destin de la pop.


B. Une critique de la représentation politique


Déclin de la croyance et de la confiance dans les institutions, dans les partis politiques et dans les acteurs du jeu politique. Cette remise en cause de leur légitimité est amplifiée par une critique de leur absence de représentativité.

Critique de l’absence de femmes dans la représentation + Critique également de l’absence de diversité ethnique de cette population - Assemblées parlementaires non représentatives.

=> Limites de ces critiques - Pippa Norris, The Democratic Phoenix, les gouvernants plus que les institutions elles-mêmes qui font l’objet de la critique la plus virulente. Les institutions de la démocratie représentative ne sont pas vraiment remises en cause.

John Hibbins et Elizabeth Theiss-Morse - Différence entre une volonté de démocratie directe (demande trop d’efforts et de temps pour la plupart des citoyens) et la volonté de pouvoir être entendu des gouvernants lorsqu’ils ont des intérêts à défendre.

-> Indifférence à l’élection ? Désintéressement total = Les enjeux locaux témoignent d’une disponnibilité des citoyens.

Par ailleurs, les enquêtes d’opinion montrent que l’intérêt pour la politique ne baisse pas de manière aussi radicale que le vote. Les citoyens déclarent être intéressés par la politique mais tout se passe comme si c’était les formes classiques de la politique qui ne parvenaient plus à les intéresser.


C. Une contestation de l’expertise


Bruno Latour - Double processus de délégation :

  • Délégation des affaires politiques de la cité au représentant politique (trop sérieux pour que le citoyen s’en occupe).
  • Délégation de la connaissance et de la maîtrise aux scientifiques et experts.

= Double processus de la représentation, de la société et des humains d’une part, de la nature et des choses d’autre part, double processus reposant sur une même logique d’autonomisation, de professionnalisation, de mise à distance du profane.

Ces deux systèmes se renforcent par une boucle de légitimation = le pouvoir d’Etat certifiant et sponsorisant le pouvoir des experts, et les experts venant instruire et éclairer les choix politiques.

Aujourd’hui, les deux piliers de cette sainte alliance sont fragilisés. Défiance envers les experts, scandales qui montrent que les experts sont sous influence = Mise en échec de la relation science/société.

Deux processus qui conduisent à déplacer la frontière entre experts et profanes dans les controverses ayant pour objet la technique :

  • Pierre Lascoumes, Callon, Yannick Barthe ont appelé « l’expertise profane » - renvoie à la manière dont des présumés profanes accumulent et produisent des connaissances, fondée sur l’expérience personnelle ou collective de ces acteurs plus que sur l’expérience de laboratoire (collectifs de malades sur le SIDA).
  • Revendication par les mouvements sociaux de la possibilité de mener des contre-expertises dans certains domaines dans lesquels les expertises publiques ou universitaires pourraient entrer en conflit d’intérêt avec les expertises privées, d’entreprise. On assiste certainement aujourd’hui à une crise de la science publique.




A retenir :

On a donc au regard de la sociologie politique, deux hypothèses qui se complètent plutôt qu’elles ne s’affrontent véritablement : La 1ère qui considère que, dans l’ensemble, les citoyens des démocraties contemporaines, resteraient attachés aux institutions de la démocratie représentative, sans vouloir s’investir au delà (thèse Hibbins Theiss Morse) La 2nde insistant sur les capacités de mobilisation, le potentiel d’investissement mais dans des formes alternatives de participation (Russel Dalton).
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