Introduction
L’éthologie est utilisée comme démarche. Elle sert de fondement méthodologique à l’ethnographie de la communication.
C’est l’étude du comportement dans son écologie naturelle (Cosnier, 1998). Le comportement doit être spontané. C’est une démarche de terrain.
La méthode naturaliste est fondée sur l’observation et la description.
Dans un premier temps, on utilise tous le principe du « sit and watch » qui signifie capter le maximum d’informations avec le minimum d’idées préconçues.
Dans un deuxième temps, on créé des situations d’observation semi-naturelles, des situations d’observation orientées
On décrit des répertoires d’unités comportementales et on observe les combinaisons préférentielles de ces unités. On note et comptabilise des récurrences dans l’apparition des attitudes communicatives.
Selon la théorie de la « biologie du comportement », pour objet de compréhension l’individu et son rapport à l’espèce (phylogénèse), son rapport au milieu physique, la régulation des systèmes, le développement des notions telles que l’attachement, etc.
Elle permet de comprendre les spécificités des groupes humains, comme notre évolution, relation avec d’autres créatures, traits culturels et les représentations (valeurs) et les histoires individuelles singulières.
II. La proxémique
La notion de territorialité : territoire – distance(s)
Permet de comprendre comment l’homme structure inconsciemment ses espaces (exemple :installation dans l’amphi, frontière avec l’autre = on marque sa place, c’est notre espace à nous le temps du cours).
1. La notion de territorialité
Recherches éthologiques sur les oiseaux (cf. E.Howard « Territory in Bird Life »).
Cette notion a été largement étendue à de nombreuses espèces et l’on distingue des animaux territoriaux et des animaux non territoriaux.
Ces références éthologiques sont intéressantes dans le sens où :
o elles ont été appliquées à l’éthologie humaine
o elles nous permettent de distinguer deux dimensions intriquées dans la proxémique :
? L’espace comme enveloppe psycho-corporelle, une entité psycho-corporelle en soit, qui est mobile, une bulle imaginaire donc qui entoure chacun et
permet de se repérer.
? Le territoire comme périmètre d’action, objets et lieux, on se dit que c’est plutôt fixe et donc en rapport avec un support matériel.
A partir de ces repères, de nombreuses nuances existent selon les cultures
2. La notion de distance liée à l’espace
Pénétration sociale : distance à la fois physique et affective qu’une personne établit dans sa relation avec autrui.
- Dans le monde nord-occidental, Hall propose une classification selon quatre distances :
3. La notion de place et d’extension du territoire
Le territoire est une zone marquée par un ou plusieurs individus.
A côté des lieux on va avoir des extensions de territoires liées à une personne de manière symbolique (son briquet, sa clé USB, son livre etc…) C’est un ensemble de choses dont on dispose pour limiter un territoire.
Notion de momentané avec la « place ». On utilise des objets personnels qui sont des prolongements du « moi » pour faire sa place (son sac, sa veste, son mug, etc). On cherche à préserver notre espace personnel et se toucher est accordé à certains individus seulement (bulle invisible). On lutte contre
l’invasion de son territoire.
4. Violation et intrusion du territoire ou de l’espace
? Intrusion corporelle : être touché physiquement (choc)
? Intrusion sensorielle : sonnerie, odeur, look d’une personne
? Intrusion temporelle : rendez-vous imprévu, téléphone, …
? Intrusion du territoire propre : se faire prendre sa place …
? Violation des réserves : matérielles, intellectuelle, affectives
Il existe beaucoup de situations qui nous touchent, agressent ou déstabilisent. Cela se met en scène dans nos façons de communiquer.
? Mesures compensatoires : regard, distance, tensions corporelles, détournement, attention…
Intégrer la proxémique dans les observations de la communication interpersonnelle.
III. La kinésique « Kinesics » (Birdwhistell, 1968)
1. Une grammaire des gestes
c'est une science de la gestualité communicante.
Birdwhistell a appliqué des méthodes de la linguistique structurale à l’étude des gestes et conçoit la gestualité comme un système. En observant une manière de boire, manger, etc, on reconnait l’appartenance sociale d’un individu.
2. Une classification fonctionnelle des gestes de la communication (COSNIER)
Selon Cosnier (1982), toutes les cultures ont un système significatif de communication gestuelle.
Les unités gestuelles précèdent, accompagnent, parfois même remplacent le discours pour véhiculer certains messages.
Classification fonctionnelle des gestes.
?Les gestes sont réunis dans un ensemble codifié qui règle nos expressions dans certaines situations sociales et manifeste notre appartenance à un groupe, tout comme notre intonation, ou nos expressions verbales.
Les gestes servent à définir des rôles et des situations sociales (marque de faiblesse, timidité), etc.
Son équilibre, la rigidité de la colonne vertébrale, la position des épaules ,muscles du visage, l’allure générale trahissent notre état affectif (tension ou relaxation).
Il traduit la face cachée des pensées, des émotions, et confère la vie aux messages. Le développement du langage et de la communication passe bien évidemment par le regard et le langage qui sont liés dans leur psychogénèse, ils se construisent et se développent en complémentarité. Différences culturelles sont très importantes
Un métalangage de la gestualité sur trois niveaux (Vaysse, Soin et Communication, 1992, p. 100)
posture: macro-signaux (corporels/plusieurs partie du corps)
gestes
mimique
I. Gestes communicatifs
A. Quasi linguistiques : emblématiques
B. Syllinguistiques
1. Phonogènes
2.Co-verbaux
3.Synchronisateurs : co-pilotage
II. Gestes extra communicatifs :
A. auto-centrés
B.Ludiques
C.de confort
Le but est d’intégrer la kinésique dans les observations de la communication interpersonnelle.
III. Approche développementale
L’émergence des compétences pragmatiques est mieux comprise si on observe les moyens de communication gestuels.
o Hochement de tête assertif pour dire
o Pointage directif de désignation pour faire-faire
o Mimique expressive pour signaler son état interne
o Hochement de tête promissif pour accepter une proposition
Les gestes=intention de communication.
Vers 16 mois: acquiescement non verbal.
Dans le développement langagier, on repère diverses fonctions des gestes :
La gestualité adulte et la gestualité enfant présentent des points communs :
Est-ce que les gestes peuvent accompagner / remplacer / anticiper la parole ?
simultanée.
La parole est multimodale et décomposable en 2 niveaux :
Chez les enfants, parole et de langage du corps s'entrelacent (rythme et prosodie) en lien avec la gestualité.
« La parole est un comportement qui associe des sons articulés à des mouvements corporels ». (Colletta)
À quel âge apparaît la gestualité co-verbale ?
Revue littérature gestualité et premières visualisations
Le bébé a un répertoire de signaux posturo-mimo-gestuels pour exprimer ses émotions, désigner avec son regard ou un geste, refuser de la tête,… Le début des gestes de pointage indique l’entrée dans la communication référentielle.
Combinaison gestes-mots précédant la combinaison mots-mots:
-combinaison gestes – mots avec une information redondante
-combinaison gestes – mots avec une information distincte.
La communication corporelle est TRES IMPORTANTE, on peut aussi voir l’établissement et le maintien de contact, les conduites affiliatives et affectives, la sollicitation d’un partenaire, des comportements de menace ou d’agressions…
il est intéressant d'observer comment les enfants se comportent les uns envers les autres, comment ils se rapprochent : la micro-gestualité est importante. Une étude a été menée sur des enfants observés en situation de jeu :
v La production verbale augmente avec l'âge, entre 2 et 3 ans, les énoncés sont multipliés par 3
v De 18 à 23 mois, les combinaisons d’éléments non verbaux augmentent
v Avant 2 ans, les combinaisons plurimodales (gestes-mots) augmentent fortement
v Vers 24 mois, les productions sont majoritairement multimodales
v A partir de 24 mois, les énoncés sont majoritairement mixtes ou bimodaux (geste + mot), en faveur des combinaisons non redondantes et comportent plus de 3 éléments verbaux= étape de transition qui prépare la combinaison de mots. Cela a un rôle moteur dans le développement du langage.
v Vers 3 ans on observe une diversification des énoncés gestuels qui ne disparaissent pas, des énoncés mixtes qui gagnent en longueur et en complexité, ainsi qu'un allongement des verbalisations.
Pour décrire le développement précoce de l’enfant, les conduites bimodales et les énoncés mixtes apportent une dimension prédictive à l’évaluation du langage.
Précision : les conduites bimodales concernent le mélange de gestes avec la parole ; les énoncés mixtes désignent un mélange moins précis.
IV. Une approche langagière « intégrée » : le modèle Speaking (Hymes)
Les normes de tout acte communicatif sont plus d'ordre sociologique que d'ordre linguistique.
Le modèle SPEAKING recense les huit principales composantes d'une situation de communication.
1) Le cadre physique et psychologique [setting] : temps, lieu et atmosphère attachée à ce lieu
2) Tous les participants [participants] qu'ils prennent la parole ou non
3) La finalité [ends] dissociée en buts (intention) et résultats de la communication (effets)
4) Les actes [acts] qui recouvrent à la fois le contenu (thème) des messages et la forme (style) 5
5) La tonalité [key] relative à l'évolution de "l'ambiance" de l'interaction
6) Les instruments [instruments] : tous les moyens de communication mobilisés dans la situation
7) Les normes [norms] d'interaction et d'interprétation,au sens d'habitudes
8) Le genre [genre] : le type d'activité de langage
Introduction
L’éthologie est utilisée comme démarche. Elle sert de fondement méthodologique à l’ethnographie de la communication.
C’est l’étude du comportement dans son écologie naturelle (Cosnier, 1998). Le comportement doit être spontané. C’est une démarche de terrain.
La méthode naturaliste est fondée sur l’observation et la description.
Dans un premier temps, on utilise tous le principe du « sit and watch » qui signifie capter le maximum d’informations avec le minimum d’idées préconçues.
Dans un deuxième temps, on créé des situations d’observation semi-naturelles, des situations d’observation orientées
On décrit des répertoires d’unités comportementales et on observe les combinaisons préférentielles de ces unités. On note et comptabilise des récurrences dans l’apparition des attitudes communicatives.
Selon la théorie de la « biologie du comportement », pour objet de compréhension l’individu et son rapport à l’espèce (phylogénèse), son rapport au milieu physique, la régulation des systèmes, le développement des notions telles que l’attachement, etc.
Elle permet de comprendre les spécificités des groupes humains, comme notre évolution, relation avec d’autres créatures, traits culturels et les représentations (valeurs) et les histoires individuelles singulières.
II. La proxémique
La notion de territorialité : territoire – distance(s)
Permet de comprendre comment l’homme structure inconsciemment ses espaces (exemple :installation dans l’amphi, frontière avec l’autre = on marque sa place, c’est notre espace à nous le temps du cours).
1. La notion de territorialité
Recherches éthologiques sur les oiseaux (cf. E.Howard « Territory in Bird Life »).
Cette notion a été largement étendue à de nombreuses espèces et l’on distingue des animaux territoriaux et des animaux non territoriaux.
Ces références éthologiques sont intéressantes dans le sens où :
o elles ont été appliquées à l’éthologie humaine
o elles nous permettent de distinguer deux dimensions intriquées dans la proxémique :
? L’espace comme enveloppe psycho-corporelle, une entité psycho-corporelle en soit, qui est mobile, une bulle imaginaire donc qui entoure chacun et
permet de se repérer.
? Le territoire comme périmètre d’action, objets et lieux, on se dit que c’est plutôt fixe et donc en rapport avec un support matériel.
A partir de ces repères, de nombreuses nuances existent selon les cultures
2. La notion de distance liée à l’espace
Pénétration sociale : distance à la fois physique et affective qu’une personne établit dans sa relation avec autrui.
- Dans le monde nord-occidental, Hall propose une classification selon quatre distances :
3. La notion de place et d’extension du territoire
Le territoire est une zone marquée par un ou plusieurs individus.
A côté des lieux on va avoir des extensions de territoires liées à une personne de manière symbolique (son briquet, sa clé USB, son livre etc…) C’est un ensemble de choses dont on dispose pour limiter un territoire.
Notion de momentané avec la « place ». On utilise des objets personnels qui sont des prolongements du « moi » pour faire sa place (son sac, sa veste, son mug, etc). On cherche à préserver notre espace personnel et se toucher est accordé à certains individus seulement (bulle invisible). On lutte contre
l’invasion de son territoire.
4. Violation et intrusion du territoire ou de l’espace
? Intrusion corporelle : être touché physiquement (choc)
? Intrusion sensorielle : sonnerie, odeur, look d’une personne
? Intrusion temporelle : rendez-vous imprévu, téléphone, …
? Intrusion du territoire propre : se faire prendre sa place …
? Violation des réserves : matérielles, intellectuelle, affectives
Il existe beaucoup de situations qui nous touchent, agressent ou déstabilisent. Cela se met en scène dans nos façons de communiquer.
? Mesures compensatoires : regard, distance, tensions corporelles, détournement, attention…
Intégrer la proxémique dans les observations de la communication interpersonnelle.
III. La kinésique « Kinesics » (Birdwhistell, 1968)
1. Une grammaire des gestes
c'est une science de la gestualité communicante.
Birdwhistell a appliqué des méthodes de la linguistique structurale à l’étude des gestes et conçoit la gestualité comme un système. En observant une manière de boire, manger, etc, on reconnait l’appartenance sociale d’un individu.
2. Une classification fonctionnelle des gestes de la communication (COSNIER)
Selon Cosnier (1982), toutes les cultures ont un système significatif de communication gestuelle.
Les unités gestuelles précèdent, accompagnent, parfois même remplacent le discours pour véhiculer certains messages.
Classification fonctionnelle des gestes.
?Les gestes sont réunis dans un ensemble codifié qui règle nos expressions dans certaines situations sociales et manifeste notre appartenance à un groupe, tout comme notre intonation, ou nos expressions verbales.
Les gestes servent à définir des rôles et des situations sociales (marque de faiblesse, timidité), etc.
Son équilibre, la rigidité de la colonne vertébrale, la position des épaules ,muscles du visage, l’allure générale trahissent notre état affectif (tension ou relaxation).
Il traduit la face cachée des pensées, des émotions, et confère la vie aux messages. Le développement du langage et de la communication passe bien évidemment par le regard et le langage qui sont liés dans leur psychogénèse, ils se construisent et se développent en complémentarité. Différences culturelles sont très importantes
Un métalangage de la gestualité sur trois niveaux (Vaysse, Soin et Communication, 1992, p. 100)
posture: macro-signaux (corporels/plusieurs partie du corps)
gestes
mimique
I. Gestes communicatifs
A. Quasi linguistiques : emblématiques
B. Syllinguistiques
1. Phonogènes
2.Co-verbaux
3.Synchronisateurs : co-pilotage
II. Gestes extra communicatifs :
A. auto-centrés
B.Ludiques
C.de confort
Le but est d’intégrer la kinésique dans les observations de la communication interpersonnelle.
III. Approche développementale
L’émergence des compétences pragmatiques est mieux comprise si on observe les moyens de communication gestuels.
o Hochement de tête assertif pour dire
o Pointage directif de désignation pour faire-faire
o Mimique expressive pour signaler son état interne
o Hochement de tête promissif pour accepter une proposition
Les gestes=intention de communication.
Vers 16 mois: acquiescement non verbal.
Dans le développement langagier, on repère diverses fonctions des gestes :
La gestualité adulte et la gestualité enfant présentent des points communs :
Est-ce que les gestes peuvent accompagner / remplacer / anticiper la parole ?
simultanée.
La parole est multimodale et décomposable en 2 niveaux :
Chez les enfants, parole et de langage du corps s'entrelacent (rythme et prosodie) en lien avec la gestualité.
« La parole est un comportement qui associe des sons articulés à des mouvements corporels ». (Colletta)
À quel âge apparaît la gestualité co-verbale ?
Revue littérature gestualité et premières visualisations
Le bébé a un répertoire de signaux posturo-mimo-gestuels pour exprimer ses émotions, désigner avec son regard ou un geste, refuser de la tête,… Le début des gestes de pointage indique l’entrée dans la communication référentielle.
Combinaison gestes-mots précédant la combinaison mots-mots:
-combinaison gestes – mots avec une information redondante
-combinaison gestes – mots avec une information distincte.
La communication corporelle est TRES IMPORTANTE, on peut aussi voir l’établissement et le maintien de contact, les conduites affiliatives et affectives, la sollicitation d’un partenaire, des comportements de menace ou d’agressions…
il est intéressant d'observer comment les enfants se comportent les uns envers les autres, comment ils se rapprochent : la micro-gestualité est importante. Une étude a été menée sur des enfants observés en situation de jeu :
v La production verbale augmente avec l'âge, entre 2 et 3 ans, les énoncés sont multipliés par 3
v De 18 à 23 mois, les combinaisons d’éléments non verbaux augmentent
v Avant 2 ans, les combinaisons plurimodales (gestes-mots) augmentent fortement
v Vers 24 mois, les productions sont majoritairement multimodales
v A partir de 24 mois, les énoncés sont majoritairement mixtes ou bimodaux (geste + mot), en faveur des combinaisons non redondantes et comportent plus de 3 éléments verbaux= étape de transition qui prépare la combinaison de mots. Cela a un rôle moteur dans le développement du langage.
v Vers 3 ans on observe une diversification des énoncés gestuels qui ne disparaissent pas, des énoncés mixtes qui gagnent en longueur et en complexité, ainsi qu'un allongement des verbalisations.
Pour décrire le développement précoce de l’enfant, les conduites bimodales et les énoncés mixtes apportent une dimension prédictive à l’évaluation du langage.
Précision : les conduites bimodales concernent le mélange de gestes avec la parole ; les énoncés mixtes désignent un mélange moins précis.
IV. Une approche langagière « intégrée » : le modèle Speaking (Hymes)
Les normes de tout acte communicatif sont plus d'ordre sociologique que d'ordre linguistique.
Le modèle SPEAKING recense les huit principales composantes d'une situation de communication.
1) Le cadre physique et psychologique [setting] : temps, lieu et atmosphère attachée à ce lieu
2) Tous les participants [participants] qu'ils prennent la parole ou non
3) La finalité [ends] dissociée en buts (intention) et résultats de la communication (effets)
4) Les actes [acts] qui recouvrent à la fois le contenu (thème) des messages et la forme (style) 5
5) La tonalité [key] relative à l'évolution de "l'ambiance" de l'interaction
6) Les instruments [instruments] : tous les moyens de communication mobilisés dans la situation
7) Les normes [norms] d'interaction et d'interprétation,au sens d'habitudes
8) Le genre [genre] : le type d'activité de langage