Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement

états, nation, nationalisme

Dans cette dynamique d'autonomisation, il est question de dépersonnalisation ; ainsi, que se de s’interroger comment se distingue la personne du roi et sa fonction. Le lien d'allégeance nationale participe aussi à la séparation progressive de la personne qui exerce le pouvoir politique. 


 État-nation : une forme d'état dont l'autorité politique s'exerce sur une population qui se reconnaît dans une apparence commune -> Fusion entre deux entités (l'état et la nation) qui ne coïncident pas nécessairement. + les revendications nationalistes peuvent laisser penser que les nations préexistent aux États. MAIS, le retour historique montre que les nations sont le produit de l'état autant que les États sont le produit des nations. 


 


I – L’intervention de la notion nation :  


La notion de nation n'a pas toujours eu la même signification. 


  •  Jusqu’au 17e siècle le mot « nation » désigne plutôt la partie supérieure de la société, celle qui a accès au roi. 
  •  Ce n'est que vers la fin du 18e siècle que le mot « nation » acquiert le sens plus moderne qui est lié à des événements, qui visent à installer un nouveau pouvoir politique.  

Exemple :  


- Révolution américaine : fait émerger l'enjeu de l'émancipation par rapport au pouvoir colonial britannique. Une affirmation d'une nation étatsunienne pour appuyer et légitimer la revendication à un pouvoir propre et indépendant du Royaume-Uni.  


- Révolution française : la souveraineté qui appartient à la nation permet de justifier le désir d'émancipation par rapport au pouvoir Royal et aristocratique. 


 - Guerre antinapoléonienne des princes allemands : s'oppose à l'occupation napoléonienne et vont revendiquer en mettant en avant l'existence d'une nation allemande ; une émancipation par rapport au pouvoir Royal = il revendique un pouvoir propre et autonome.  


= dans ces trois cas, il est affirmé qu'une nation à la liberté de disposer du pouvoir d'état. Ainsi, on voit l'affirmation de l'idée de nation qui va avec l'idée de liberté et de construction des états. 


A. Les différentes conceptions de la nation  


1) Conception dite « allemande » : choix de critères objectifs  


Le philosophe Johann Gottfried von Herder (1744 – 1803) : il va mettre l'accent sur les particularismes linguistiques et historiques qu'ils voient comme une expression authentique du « génie national » et de « l'esprit du peuple ».  


Cette idée est reprise par Johann Gorrlieb Fichte (1762 – 1814) : ces discours visent à éveiller un sentiment national, la promotion d'un état national allemand qui naîtrait des ruines de l'empire germanique et se libèrerait de l'occupation française.  


 Discours à la nation allemande : ce discours montre bien une conception objective de la nation fondée sur la langue. Pour lui, le sol c'est celui de la naissance ; il est question aussi du sang qui se transmet, ainsi que la langue maternelle = on comprend que c'est par sa naissance qu'un individu va devenir membre d'une nation.  


2) Conception dite « française » : choix de critères subjectifs Ernest Renan (1823 – 1892) :  


- Qu’est-ce qu’une nation ? 

  •   Il a une conception « élective » de la nation c'est-à-dire ce qui fait la nation c'est le choix d'appartenir à une communauté et non la ressemblance entre les individus. Elle s'inscrit alors en opposition à la conception allemande.  
  •  Il s'oppose aussi à l'utilisation du critère de la langue car pour lui « la langue invite à se réunir mais elle ne force pas ». Il définit alors la nation comme un accord volontaire entre individus désireux d'unir leurs destinées autour d'un projet commun. Une conception volontariste justifiant un droit de la nationalité qui est celui dit « du sol ». À cet élément volontariste on retrouve un élément plus spirituel, dans le sens où la nation est une conscience morale, où on trouve un rapport avec l'histoire et le passé. 

 


La nation est une réalité historiquement construite.  


1) « L’intervention de la tradition » (Hobsbawm et Ranger) Ouvrage collectif par Eric Hobsbawm et Terence Ranger, L’invention de la tradition en 1983  


 Tradition inventées, rituels institués récemment. Ces traditions essayent de gagner en légitimité en se réclamant du passé. En effet, cette invention de la tradition leur permet de symboliser une forme de cohésion sociale et de marquer l'apparence à des groupes. Ces traditions inventées permettent une forme de socialisation, d'inculcation de certaines croyances, de code de conduite. 


 


2) Nationalisme comme invention des nations (Gellner) 


 Ernest Gellner : « le nationalisme n’est pas l’éveil à la conscience des nations : il invente des nations là où il n’en existe pas ». Il parle du nationalisme comme une forme d’invention, il va expliquer les facteurs expliquant ce processus de construction et d’invention des nations. Selon lui le sentiment national est le produit d’une construction historique qui passe par des actions volontaristes qui se déploient en particulier dans le contexte de la révolution industrielle. + la société industrielle a besoin d’individus qui partage les mêmes choses pour être immédiatement apte à se fondre dans des unités industrielles. Ce besoin d’éducation commune pris en charge par l’État, qui détient le « monopole de l’éducation légitime ». Selon Gellner, ce monopole de l’éducation légitime permet l’invention et la construction de la Nation par son action éducative l’état va aussi diffuser un sentiment d’appartenance partager à l’échelle de son territoire


 3) Nation comme « communauté imaginée » (Anderson) 


 Benedict Anderson, il définit la nation comme une communauté imaginaire. Pour lui la nation est : - Nation comme produit de la pensée, un construit symbolique - Existence de la nation du fait d’un sentiment subjectif partagé d’appartenance (elle réunit des individus qui ne se connaissent pas, mais malgré tout peuvent ressentir un sentiment d’appartenance commune). 


 


II – L’état et la nation en France Comment s’est faire la nationalisation de la société française ?  


Selon Anne-Marie Thiesse l'histoire de la formation d'une nation ne se résume pas à la violence des guerres ou à la domination dictatoriale d'un homme mais à la volonté d'un petit nombre d'individus souhaitant vivre ensemble et qui sont prêts à le prouver aux autres nations par la création d'un nouvel héritage commun. Elle relève trois éléments majeurs : 


 - Identification d’ancêtre, mythes fondateurs  


 - Fabrication de la langue nationale 


  - Folklore et culture de masse 


 


. Le rôle de l’État dans l’entreprise de « nationalisation » : 


1) La pédagogie nationale 

 L’école est un moyen d'inculquer la langue nationale et l'histoire de la nation. Il y a un enjeu de la généralisation de l'usage du français ; prouvée par deux événements :  


- Une volonté d'imposition par François premier et son ordonnance du Villiers-Cotterêt, 1539 


 - Une politique de généralisation du français au 19e siècle : enjeu pour le service public ; un lien avec l'alphabétisation. Il est alors question du rapport aux langues régionales. 


 2) Les politiques symboliques  


La France est représentée par plusieurs symboles ; tout d'abord l'instauration d'une fête nationale : elle permet de rappeler les valeurs de la France et construit une date comme symbole (14 juillet). Il existe plusieurs autres emblèmes nationaux : 


 - Drapeau tricolore 


 - Coq, Marianne 


 - Marquage espace public 


 


B. Rôle du droit pour définir la communauté nationale 


 1) L’étatisation des identités individuelles 


 L'état participe à la définition de l'identité des individus, ainsi que leur reconnaissance et leur nationalité. La laïcisation et l'étatisation de l'état civil ont pour signification l'appartenance à la communauté nationale.  


 Identifier les individus circulant sur son territoire ; Gérard Noiriel = son étude sur le passeport 


 2) Petite histoire du droit de la nationalité 


 Droit de la nationalité : les enfants nés d'au moins un parent français et ceux qui bénéficient du double droit du sol se voient attribuer la nationalité française à la naissance. Les autres personnes peuvent acquérir cette nationalité au terme d'une démarche volontaire. Le droit de la nationalité a évolué suivant quelques événements : 


 - Révolution française : citoyenneté et services à la République  


- 1850 – 1851 : double droit du sol 


 - Loi de 1889 : droit du sol simple 


- Loi de 1927 : faciliter l'obtention de la nationalité  


- Régime de Vichy : révision naturalisation et déchéance 


Le droit de la nationalité reflet une conception élective de la nation : 


  Pas d'exclusion d'emblée des individus qui ne sont pas de filiation nationale, mais pas de droit du sol simple donnant la nationalité à toute personne née en France.  


 Individus nés en France de parents étrangers = la nationalité ne s'acquiert qu’à la majorité, si pas de refus et succès aux épreuves de la cérémonie dite d'accueil 


 

Cette fiche a été publiée par un utilisateur de Partielo, qui déclare en détenir les droits. Partielo agit en qualité d'hébergeur.