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IFSI
1ère année

Anthropologie de la santé et des pratiques médicales

1.1 Anthropologie et Sociologie

Definition

Santé
un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » (Préambule de la constitution de l’OMS – 1946).

La médecine traditionnelle = fonction intégratrice, c’est-à-dire qu’elle va restituer le sujet, la maladie et le soin dans le clan, la communauté, la société..

Les recherches anthropologiques ont mis l’accent sur l’efficacité symbolique et sur la dimension collective qui sous-tendent le dispositif thérapeutique traditionnel.


Maladie = signifiant social, signal d'alarme ou une remise en question d'une situation sociale explosive,

Cure = tentative de suppression du désordre social, réconciliation du malade avec son entourage et réinstauration autour de lui d'un tissu social.


Les épidémies constituent un phénomène collectif. Elles engendrent des paniques, des refus de soigner, des abandons. Les malades sont mis à l’écart, exclus, bannis. Il y a émergence d'un fatalisme, une colère, une désignation d’un bouc émissaire (=cristallisation des peurs collectives sur un individu ou un

groupe, permettant ainsi de renforcer les liens du groupe accusateur, qui se sent plus fort, vainqueur sur la malédiction, la maladie), d'un fautif => rite expiatoire.

Rite expiatoire = rachat de la faute par un sacrifice.

Bouc émissaire = sacrifié.


Il est intéressant de remarquer comment certaines maladies prennent une part considérable dans l’imaginaire collectif. Idée reçues sur les personnes touchées ou les origines de la maladie.

Exemple d'imaginaire : alcool (bon vivant / alcoolique, prix et classe sociale, boire pour oublier ses soucis / plaisir, etc...)

sida (viendrait punir les désordres sexuels)


Pour les anciens, il existe quatre humeurs qui correspondent aux tempéraments :

  • le sang : produit par le foie et reçu par le cœur (caractère sanguin ou jovial, chaleureux) ;
  • la pituite ou phlegme ou lymphe : rattachée au cerveau (caractère lymphatique) ;
  • la bile jaune : venant également du foie (caractère bilieux, plutôt enclin à la violence. Ils dégagent une impression de force et de contrôle ;
  • la bile noire ou atrabile : venant de la rate (caractère mélancolique/anxieux).


Ces humeurs correspondent aux quatre éléments, eux-mêmes caractérisés par leurs propres qualités :

  • le feu : chaud et sec
  • l'air : chaud et humide
  • la terre : froide et sèche
  • l'eau : froid et humide.


Selon leur prédominance, ils vont déterminer les quatre tempéraments fondamentaux :

  • le bilieux (feu, chaud et sec), est « enclin à la colère »;
  • L'atrabilaire (terre, froid et sec), « se dit de celui qu'une bile noire et aduste rend triste et chagrin. »
  • Le flegmatique (eau, froid et humide), se dit de l'homme calme et imperturbable, qui garde son sang-froid. Presque apathique ;
  • Le sanguin (air, chaud et humide), « Il est d'humeur gaie, parce qu'il est sanguin, d'un tempérament sanguin »

--> A l'origine de certaines de nos expressions actuelles (se faire de la bile).


Médecine moderne :

  • Hôpital publique : lieu de la recherche médicale et du développement technique de pointe
  • Psychanalyse infantile
  • 1945 : pédopsychiatre
  • Années 70, on assiste à une généralisation du « psy », mais aussi orthophoniste, ergothérapeute. En réaction à ce « tout psy » et à la violence de certaines pratiques se met en place le courant antipsychiatrique.
  • Les avancées en matière de recherche médicale ont modifié nos rapports à la naissance, à la mort.


Ainsi, les pratiques médicales sont liées aux progrès de la recherche et de la médecine et nécessitent une réflexion en termes d’éthique médicale, de notion de risques, de responsabilité.

Il y a également une redéfinition des pratiques médicales en termes de missions et de territoires : réduction en termes de moyens, mutualisation, développement de l’ambulatoire, traçabilité. Mais aussi en termes d'évolutions sociétales avec le développement des médecines douces.


Maladie et lien social

GOFFMAN : 1922-82, les individus jouent des rôles sociaux. Selon lui les asiles sont des institutions totalitaires (lieu d'enfermement avec du personnel et des "reclus").

Il établit 5 catégories d’institutions totalitaires :

  • Les foyers pour aveugles, vieillards ou orphelins…
  • Les sanatoriums, les hôpitaux psychiatriques, les léproseries (lépreux)…
  • Les prisons, établissements pénitentiaires, camps de prisonniers, camps de concentration…
  • Les casernes, navires, internats, camps de travail…
  • Les abbayes, monastères, couvents et autres communautés religieuses.


Il va relever des stratégies d’adaptation de la part des « reclus » :

  • Repli sur soi
  • Refus de collaborer avec personnel
  • Essayer de s’adapter à l’institution pour vivre mieux
  • Se mettre entièrement à la disposition du personnel (stratégie de séduction), asservissement (perte de dignité, d’amour propre, de sa fierté)
  • Se protéger en permanence des autres, du personnel et de soi-même (démarche permanente d’autoprotection)


MAUSS --> le non-respect des règles sociales par un individu peut le conduire à la mort ; le sentiment d’être exclus de la communauté, entraine l’idée que l’individu doit mourir.


Maladie et culture

Il y a des interprétations culturelles et sociales de la santé et de la maladie.

Ainsi, diverses études montrent que des états physiologiques comme la faim ou la douleur ne sont pas des données totalement objectives. Ils sont interprétés en fonction des contextes sociaux car ne sont pas identiques selon l’origine ethnique, culturelle.


Le poids des représentations est important face à la maladie, au handicap.

Exemple : mise à distance de malades mentaux dans leur famille. Ainsi, il n’était pas recommandé de laver leur linge avec celui de la famille par peur

de la souillure, de la contagion. Il s’agit d’une mise à distance symbolique.


La maladie mentale et l’ethnopsychiatrie

Michel Foucault repère quatre éléments d’exclusion du fou :

1) Le système d'exclusion par rapport au travail, à la production économique.

2) \\ par rapport à la reproduction de la société

3) Il existe donc une marginalité par rapport au discours ou par rapport au système de production des symboles.

4) Il y a enfin un dernier système d'exclusion : celui qui fonctionne par rapport au jeu.


Maladie et religion

  • la maladie apparait parfois comme une des étapes conduisant au salut (pour emporter les péchés).
  • comme une punition, une grande épreuve à traverser.


Maladie et représentation :

  • la question du normal et du pathologique.
  • la question de l'homme sain et de l'homme malsain.
  • s'appuie sur l'imaginaire ou le symbolique


Concernant la santé > trois représentations de celle-ci :

  • Absence de maladie
  • Capital santé, capital de robustesse permettant de lutter contre la maladie
  • Equilibre, bien être psychologique et physique.


A retenir :

> Grande peste ou peste noire : 1347 à Messine --> +26 millions de victimes 1665 à Londres 1720 à Marseille > Lèpre : 6ème au 13ème siècle (les lépreux devaient utiliser une clochette pour se signaler) > Syphilis : fin du 15ème siècle > Variole : Moyen Age au 18ème siècle > Tuberculose : 18ème siècle > Choléra : 1832 en France --> 100 000 morts mais encore la malaria, la coqueluche, la rougeole (alors très meurtrière), le typhus, la typhoïde, la dysenterie, la diphtérie, etc…
Info : Loi de modernisation du système santé (s’articule autour de trois axes : la prévention, l’accès aux soins et l’innovation) --> 26 JANVIER 2016
IFSI
1ère année

Anthropologie de la santé et des pratiques médicales

1.1 Anthropologie et Sociologie

Definition

Santé
un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » (Préambule de la constitution de l’OMS – 1946).

La médecine traditionnelle = fonction intégratrice, c’est-à-dire qu’elle va restituer le sujet, la maladie et le soin dans le clan, la communauté, la société..

Les recherches anthropologiques ont mis l’accent sur l’efficacité symbolique et sur la dimension collective qui sous-tendent le dispositif thérapeutique traditionnel.


Maladie = signifiant social, signal d'alarme ou une remise en question d'une situation sociale explosive,

Cure = tentative de suppression du désordre social, réconciliation du malade avec son entourage et réinstauration autour de lui d'un tissu social.


Les épidémies constituent un phénomène collectif. Elles engendrent des paniques, des refus de soigner, des abandons. Les malades sont mis à l’écart, exclus, bannis. Il y a émergence d'un fatalisme, une colère, une désignation d’un bouc émissaire (=cristallisation des peurs collectives sur un individu ou un

groupe, permettant ainsi de renforcer les liens du groupe accusateur, qui se sent plus fort, vainqueur sur la malédiction, la maladie), d'un fautif => rite expiatoire.

Rite expiatoire = rachat de la faute par un sacrifice.

Bouc émissaire = sacrifié.


Il est intéressant de remarquer comment certaines maladies prennent une part considérable dans l’imaginaire collectif. Idée reçues sur les personnes touchées ou les origines de la maladie.

Exemple d'imaginaire : alcool (bon vivant / alcoolique, prix et classe sociale, boire pour oublier ses soucis / plaisir, etc...)

sida (viendrait punir les désordres sexuels)


Pour les anciens, il existe quatre humeurs qui correspondent aux tempéraments :

  • le sang : produit par le foie et reçu par le cœur (caractère sanguin ou jovial, chaleureux) ;
  • la pituite ou phlegme ou lymphe : rattachée au cerveau (caractère lymphatique) ;
  • la bile jaune : venant également du foie (caractère bilieux, plutôt enclin à la violence. Ils dégagent une impression de force et de contrôle ;
  • la bile noire ou atrabile : venant de la rate (caractère mélancolique/anxieux).


Ces humeurs correspondent aux quatre éléments, eux-mêmes caractérisés par leurs propres qualités :

  • le feu : chaud et sec
  • l'air : chaud et humide
  • la terre : froide et sèche
  • l'eau : froid et humide.


Selon leur prédominance, ils vont déterminer les quatre tempéraments fondamentaux :

  • le bilieux (feu, chaud et sec), est « enclin à la colère »;
  • L'atrabilaire (terre, froid et sec), « se dit de celui qu'une bile noire et aduste rend triste et chagrin. »
  • Le flegmatique (eau, froid et humide), se dit de l'homme calme et imperturbable, qui garde son sang-froid. Presque apathique ;
  • Le sanguin (air, chaud et humide), « Il est d'humeur gaie, parce qu'il est sanguin, d'un tempérament sanguin »

--> A l'origine de certaines de nos expressions actuelles (se faire de la bile).


Médecine moderne :

  • Hôpital publique : lieu de la recherche médicale et du développement technique de pointe
  • Psychanalyse infantile
  • 1945 : pédopsychiatre
  • Années 70, on assiste à une généralisation du « psy », mais aussi orthophoniste, ergothérapeute. En réaction à ce « tout psy » et à la violence de certaines pratiques se met en place le courant antipsychiatrique.
  • Les avancées en matière de recherche médicale ont modifié nos rapports à la naissance, à la mort.


Ainsi, les pratiques médicales sont liées aux progrès de la recherche et de la médecine et nécessitent une réflexion en termes d’éthique médicale, de notion de risques, de responsabilité.

Il y a également une redéfinition des pratiques médicales en termes de missions et de territoires : réduction en termes de moyens, mutualisation, développement de l’ambulatoire, traçabilité. Mais aussi en termes d'évolutions sociétales avec le développement des médecines douces.


Maladie et lien social

GOFFMAN : 1922-82, les individus jouent des rôles sociaux. Selon lui les asiles sont des institutions totalitaires (lieu d'enfermement avec du personnel et des "reclus").

Il établit 5 catégories d’institutions totalitaires :

  • Les foyers pour aveugles, vieillards ou orphelins…
  • Les sanatoriums, les hôpitaux psychiatriques, les léproseries (lépreux)…
  • Les prisons, établissements pénitentiaires, camps de prisonniers, camps de concentration…
  • Les casernes, navires, internats, camps de travail…
  • Les abbayes, monastères, couvents et autres communautés religieuses.


Il va relever des stratégies d’adaptation de la part des « reclus » :

  • Repli sur soi
  • Refus de collaborer avec personnel
  • Essayer de s’adapter à l’institution pour vivre mieux
  • Se mettre entièrement à la disposition du personnel (stratégie de séduction), asservissement (perte de dignité, d’amour propre, de sa fierté)
  • Se protéger en permanence des autres, du personnel et de soi-même (démarche permanente d’autoprotection)


MAUSS --> le non-respect des règles sociales par un individu peut le conduire à la mort ; le sentiment d’être exclus de la communauté, entraine l’idée que l’individu doit mourir.


Maladie et culture

Il y a des interprétations culturelles et sociales de la santé et de la maladie.

Ainsi, diverses études montrent que des états physiologiques comme la faim ou la douleur ne sont pas des données totalement objectives. Ils sont interprétés en fonction des contextes sociaux car ne sont pas identiques selon l’origine ethnique, culturelle.


Le poids des représentations est important face à la maladie, au handicap.

Exemple : mise à distance de malades mentaux dans leur famille. Ainsi, il n’était pas recommandé de laver leur linge avec celui de la famille par peur

de la souillure, de la contagion. Il s’agit d’une mise à distance symbolique.


La maladie mentale et l’ethnopsychiatrie

Michel Foucault repère quatre éléments d’exclusion du fou :

1) Le système d'exclusion par rapport au travail, à la production économique.

2) \\ par rapport à la reproduction de la société

3) Il existe donc une marginalité par rapport au discours ou par rapport au système de production des symboles.

4) Il y a enfin un dernier système d'exclusion : celui qui fonctionne par rapport au jeu.


Maladie et religion

  • la maladie apparait parfois comme une des étapes conduisant au salut (pour emporter les péchés).
  • comme une punition, une grande épreuve à traverser.


Maladie et représentation :

  • la question du normal et du pathologique.
  • la question de l'homme sain et de l'homme malsain.
  • s'appuie sur l'imaginaire ou le symbolique


Concernant la santé > trois représentations de celle-ci :

  • Absence de maladie
  • Capital santé, capital de robustesse permettant de lutter contre la maladie
  • Equilibre, bien être psychologique et physique.


A retenir :

> Grande peste ou peste noire : 1347 à Messine --> +26 millions de victimes 1665 à Londres 1720 à Marseille > Lèpre : 6ème au 13ème siècle (les lépreux devaient utiliser une clochette pour se signaler) > Syphilis : fin du 15ème siècle > Variole : Moyen Age au 18ème siècle > Tuberculose : 18ème siècle > Choléra : 1832 en France --> 100 000 morts mais encore la malaria, la coqueluche, la rougeole (alors très meurtrière), le typhus, la typhoïde, la dysenterie, la diphtérie, etc…
Info : Loi de modernisation du système santé (s’articule autour de trois axes : la prévention, l’accès aux soins et l’innovation) --> 26 JANVIER 2016