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Analyse et lecture linéaire « Rêvé pour l’hiver », de Rimbaud

Définition

Sonnet
Un poème composé de quatorze vers, répartis en deux quatrains et deux tercets. Le sonnet traditionnel suit un schéma précis de rimes et de mètre, ici Rimbaud utilise des alexandrins et des hexasyllabes.
Hétérométrique
Se dit d'un poème dont les vers ont des longueurs variées.

Intro

 Poème écrit lors du trajet de retour de sa seconde fugue qui a mené Rimbaud à Bruxelles. Le

poème porte la mention « en wagon, le 7 octobre 1870 »

 Les thèmes convoqués sont ceux du voyage et du bonheur de retrouver la femme aimée.

Rimbaud imagine une scène de badinage amoureux.

 Poème est un sonnet hétérométrique (alexandrins et hexasyllabes), Rimbaud s’ancre toujours

dans un cadre poétique classique mais le réécrit totalement, s’émancipant ainsi peu à peu du

formalisme.

Un cadre protecteur (premier quatrain)

Le choix du verbe « rêver » dans le titre et l'utilisation du futur montre que Rimbaud entame une rêverie pendant son voyage. Les vers alternant entre alexandrins et hexasyllabes peuvent mimer le mouvement du train. Dès le début, le poète offre un cadre chaleureux : l'opposition entre l'hiver froid et la couleur chaude « rose » du wagon, et le « bleu » des coussins. L'adjectif « petit » ajoute une notion d'intimité, ce qui fait du wagon un espace protecteur, loin du froid et des regards indiscrets. Il développe une atmosphère de confort par les « coussins », une métaphore de « nid de baisers » et l'adjectif « moelleux ». Le vers 3 insiste sur le bien-être du couple par l'utilisation du pronom « nous » et « baisers fous », indiquant clairement un badinage amoureux.

Un univers extérieur menaçant (deuxième quatrain)

Ce quatrain introduit un contraste avec le registre fantastique. L'extérieur menace la bulle de confort, illustré par « la glace ». Le poète se fait protecteur, voulant préserver sa rêverie amoureuse avec le conseil au futur « tu fermeras », adouci par l'utilisation d'une négation « pour ne point voir ». Les figures fantastiques, retardées par l'enjambement, montrent la menace qu'elles représentent. Le choix de mots péjoratifs comme « hargneuses » et « populace » accentue le sentiment de peur enfantine : l'obscurité et les loups, symboles de l'enfance, rendant poignant l'idée que le voyage éloigne le poète de ces peurs.

Un badinage sensuel (deux tercets)

Le poète compare le transport aux transports amoureux par un jeu ludique et sensuel, où l'usage du connecteur temporel « puis » marque une avancée dans la rêverie. Il se concentre sur les zones sensuelles, illustrées par l'analogie d'une « folle araignée ». L’iconographie vive est renforcée par le rythme accéléré grâce à la ponctuation, créant un jeu à connotations suggestives. La jeune femme, les yeux fermés depuis le vers 5, laisse le poète continuer son jeu. L'image de l'araignée, associée au cauchemar, signale un tournant érotique du poème. Dans le deuxième tercet, le jeu devient réciproque avec l'impératif « cherche », couplé au gérondif « en inclinant », indiquant une séduction durable. Le futur « nous prendrons du temps » et la métaphore voyageuse impliquent une découverte érotique.

A retenir :

Dans « Rêvé pour l’hiver », Rimbaud crée une évasion poétique illustrant le thème de la sensualité en s’appuyant sur des contrastes entre le confort intime du wagon et l’extérieur menaçant. Le poème mêle tendrement le songe amoureux à une scène de badinage empreinte de sensualité, grâce à une structure classique réinventée par le dynamisme des images et le rythme varié, reflet du mouvement et de l’émotion. Ainsi, l'auteur offre une vision personnelle et novatrice de la rêverie, éloignée du formalisme, préfigurant une poésie modernisée et libératrice.

Analyse et lecture linéaire « Rêvé pour l’hiver », de Rimbaud

Définition

Sonnet
Un poème composé de quatorze vers, répartis en deux quatrains et deux tercets. Le sonnet traditionnel suit un schéma précis de rimes et de mètre, ici Rimbaud utilise des alexandrins et des hexasyllabes.
Hétérométrique
Se dit d'un poème dont les vers ont des longueurs variées.

Intro

 Poème écrit lors du trajet de retour de sa seconde fugue qui a mené Rimbaud à Bruxelles. Le

poème porte la mention « en wagon, le 7 octobre 1870 »

 Les thèmes convoqués sont ceux du voyage et du bonheur de retrouver la femme aimée.

Rimbaud imagine une scène de badinage amoureux.

 Poème est un sonnet hétérométrique (alexandrins et hexasyllabes), Rimbaud s’ancre toujours

dans un cadre poétique classique mais le réécrit totalement, s’émancipant ainsi peu à peu du

formalisme.

Un cadre protecteur (premier quatrain)

Le choix du verbe « rêver » dans le titre et l'utilisation du futur montre que Rimbaud entame une rêverie pendant son voyage. Les vers alternant entre alexandrins et hexasyllabes peuvent mimer le mouvement du train. Dès le début, le poète offre un cadre chaleureux : l'opposition entre l'hiver froid et la couleur chaude « rose » du wagon, et le « bleu » des coussins. L'adjectif « petit » ajoute une notion d'intimité, ce qui fait du wagon un espace protecteur, loin du froid et des regards indiscrets. Il développe une atmosphère de confort par les « coussins », une métaphore de « nid de baisers » et l'adjectif « moelleux ». Le vers 3 insiste sur le bien-être du couple par l'utilisation du pronom « nous » et « baisers fous », indiquant clairement un badinage amoureux.

Un univers extérieur menaçant (deuxième quatrain)

Ce quatrain introduit un contraste avec le registre fantastique. L'extérieur menace la bulle de confort, illustré par « la glace ». Le poète se fait protecteur, voulant préserver sa rêverie amoureuse avec le conseil au futur « tu fermeras », adouci par l'utilisation d'une négation « pour ne point voir ». Les figures fantastiques, retardées par l'enjambement, montrent la menace qu'elles représentent. Le choix de mots péjoratifs comme « hargneuses » et « populace » accentue le sentiment de peur enfantine : l'obscurité et les loups, symboles de l'enfance, rendant poignant l'idée que le voyage éloigne le poète de ces peurs.

Un badinage sensuel (deux tercets)

Le poète compare le transport aux transports amoureux par un jeu ludique et sensuel, où l'usage du connecteur temporel « puis » marque une avancée dans la rêverie. Il se concentre sur les zones sensuelles, illustrées par l'analogie d'une « folle araignée ». L’iconographie vive est renforcée par le rythme accéléré grâce à la ponctuation, créant un jeu à connotations suggestives. La jeune femme, les yeux fermés depuis le vers 5, laisse le poète continuer son jeu. L'image de l'araignée, associée au cauchemar, signale un tournant érotique du poème. Dans le deuxième tercet, le jeu devient réciproque avec l'impératif « cherche », couplé au gérondif « en inclinant », indiquant une séduction durable. Le futur « nous prendrons du temps » et la métaphore voyageuse impliquent une découverte érotique.

A retenir :

Dans « Rêvé pour l’hiver », Rimbaud crée une évasion poétique illustrant le thème de la sensualité en s’appuyant sur des contrastes entre le confort intime du wagon et l’extérieur menaçant. Le poème mêle tendrement le songe amoureux à une scène de badinage empreinte de sensualité, grâce à une structure classique réinventée par le dynamisme des images et le rythme varié, reflet du mouvement et de l’émotion. Ainsi, l'auteur offre une vision personnelle et novatrice de la rêverie, éloignée du formalisme, préfigurant une poésie modernisée et libératrice.