La Plasticité Cérébrale : Apprentissage et Récupération
A. L'apprentissage et les remaniements du cortex moteur
Le cortex cérébral, et en particulier le cortex moteur, est une zone clé pour la commande volontaire des mouvements. Bien que son organisation générale soit similaire chez tous les individus, des études par IRM fonctionnelle révèlent des variations significatives d'activité selon les personnes et les tâches. Cette variabilité témoigne de la plasticité du cortex moteur.
L'apprentissage de nouveaux gestes ou un entraînement régulier induisent des remaniements synaptiques. Ces modifications se traduisent par un accroissement des territoires de l'aire motrice primaire alloués aux organes sollicités, permettant une meilleure coordination et une plus grande efficacité des mouvements.
B. La récupération après lésion
La plasticité cérébrale est également essentielle pour la récupération des fonctions après une lésion, comme un accident vasculaire cérébral (AVC) affectant une partie du cortex moteur. Le cerveau est capable de déplacer les fonctions des territoires endommagés vers des zones proches, en formant de nouvelles synapses ou en renforçant des connexions existantes. Cette capacité de remaniement diminue cependant avec l'âge et le nombre de cellules nerveuses, soulignant l'importance de préserver et d'entretenir ce capital.
La Neurotransmission et sa Fragilité
A. Le message nerveux et la synapse
Le message nerveux est d'abord électrique (potentiel d'action) le long du neurone, puis chimique au niveau de la synapse. Les synapses sont des zones de jonction où l'information est transmise d'un neurone à un autre (synapses neuro-neuroniques) ou d'un neurone à une cellule musculaire (synapses neuro-musculaires ou plaques motrices). La fente synaptique, un espace infranchissable pour le signal électrique, nécessite la libération de neurotransmetteurs.
Le motoneurone, qui commande le muscle, intègre les informations nerveuses qu'il reçoit par différentes synapses. Il réalise une sommation spatiale (addition des infos de synapses différentes) et une sommation temporelle (addition des infos d'un même neurone à différents moments). Si la somme dépasse un seuil, un message nerveux moteur unique est généré.
B. Impact des substances exogènes et addiction
La communication chimique au niveau des synapses rend le système nerveux particulièrement sensible aux substances exogènes (drogues, alcool, certains médicaments). Ces substances peuvent agir comme :
- Agonistes : elles miment l'action des neurotransmetteurs naturels, déclenchant ou amplifiant la réponse (ex: nicotine).
- Antagonistes : elles bloquent l'action des neurotransmetteurs, empêchant ou réduisant la réponse (ex: curare, qui provoque une paralysie).
Ces perturbations peuvent altérer gravement la transmission des messages nerveux. De plus, certaines de ces substances activent le circuit de la récompense dans le cerveau, entraînant des comportements addictifs et une dépendance physique ou psychologique, compromettant ainsi la santé et les capacités d'adaptation du cerveau.
A retenir :
- La plasticité cérébrale est la capacité du cerveau à se modifier, essentielle pour l'apprentissage et la récupération.
- L'apprentissage et l'entraînement induisent des remaniements synaptiques, augmentant l'efficacité des aires motrices.
- Après une lésion (ex: AVC), le cerveau peut récupérer des fonctions en déplaçant les tâches vers des zones voisines via de nouvelles synapses.
- Le message nerveux est électrique le long du neurone (potentiel d'action) et chimique au niveau de la synapse (neurotransmetteurs).
- Les synapses sont des points de communication fragiles, où les neurotransmetteurs transmettent l'information.
- Les substances exogènes (drogues, alcool) peuvent perturber la neurotransmission en agissant comme agonistes ou antagonistes.
- Ces perturbations peuvent entraîner des dysfonctionnements et, par l'activation du circuit de la récompense, des comportements addictifs et une dépendance.
