La IIIe République est une période importante de l'histoire de France. Elle débute en 1870 et s'installe après la chute du Second Empire. Ce chapitre explique comment la République a été proclamée, a surmonté des crises graves comme la Commune de Paris, et a réussi à s'imposer face à ceux qui voulaient le retour d'un roi.
Second Empire
Régime politique dirigé par l'Empereur Napoléon III, de 1852 à 1870. Il était autoritaire mais a connu une phase plus libérale vers la fin.
Commune de Paris
Gouvernement révolutionnaire et populaire qui a dirigé Paris pendant quelques mois en 1871, après la défaite contre la Prusse. Il a été violemment réprimé.
Restauration monarchique
Tentative de rétablir un roi à la tête de la France après la chute du Second Empire. Les monarchistes étaient divisés sur le choix du roi.
Suffrage universel masculin
Droit de vote accordé à tous les hommes majeurs. Il est rétabli en 1848 et devient un pilier de la IIIe République.
Lois constitutionnelles de 1875
Ensemble de trois lois qui ont organisé le fonctionnement de la IIIe République. Elles ont mis en place un régime parlementaire.
Les Héritages du Passé 
Avant la IIIe République, la France a connu de nombreux régimes politiques. Le Second Empire de Napoléon III (1852-1870) était un régime autoritaire. Il a apporté une certaine stabilité mais a aussi réprimé les libertés. Les Français se souvenaient aussi de la Révolution Française de 1789, qui avait proclamé la souveraineté du peuple et les idées de liberté et d'égalité. Ces souvenirs étaient parfois source de divisions.
Plusieurs courants politiques existaient : les bonapartistes, qui voulaient un chef fort comme Napoléon ; les monarchistes, qui rêvaient du retour d'un roi ; et les républicains, qui défendaient la démocratie et les libertés. Ces groupes avaient des visions très différentes de l'avenir de la France.
La Naissance Difficile de la République (1870-1871) 
En 1870, la France entre en guerre contre la Prusse. L'armée française subit de lourdes défaites, notamment à Sedan. L'Empereur Napoléon III est fait prisonnier. Suite à cette défaite, le peuple de Paris envahit le Palais Bourbon et proclame la IIIe République le 4 septembre 1870. Un gouvernement de Défense nationale est mis en place.
La guerre continue et Paris est assiégée par les Allemands. La famine et le froid rendent la situation très difficile. En janvier 1871, la France doit signer l'armistice. Les conditions sont dures : la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine, et doit payer une forte somme d'argent à l'Allemagne. C'est le Traité de Francfort.
Après la guerre, une insurrection éclate à Paris : la Commune de Paris (mars-mai 1871). Les Parisiens refusent les conditions de paix et veulent une République plus sociale. Le gouvernement, dirigé par Adolphe Thiers, envoie l'armée pour réprimer la Commune. C'est la « Semaine sanglante », qui fait des milliers de morts et marque durablement la mémoire de la gauche française.
La Consolidation Face aux Monarchistes (1871-1879) 


Après la Commune, l'Assemblée nationale est majoritairement monarchiste. Elle nomme Adolphe Thiers « chef du pouvoir exécutif ». Thiers pense qu'une République conservatrice est le meilleur régime pour la France. Les monarchistes tentent de restaurer la royauté, mais le Comte de Chambord, prétendant au trône, refuse d'abandonner le drapeau blanc au profit du drapeau tricolore. Cette division empêche le retour de la monarchie.
En 1875, l'Assemblée vote les Lois constitutionnelles. Elles organisent un régime parlementaire avec un Président de la République et deux chambres (Assemblée et Sénat). Ces lois sont un compromis entre monarchistes et républicains. En 1877, le Président Mac Mahon, un monarchiste, tente de dissoudre la Chambre des députés pour imposer ses vues. Mais les élections donnent de nouveau la majorité aux républicains. Mac Mahon doit démissionner en 1879. C'est la victoire définitive des républicains.
Les Grandes Réformes Républicaines (1879-1889) 

Une fois au pouvoir, les républicains, souvent appelés « opportunistes », mettent en place de grandes réformes. Ils établissent les libertés publiques : liberté de la presse (1881), liberté de réunion (1881) et liberté syndicale (1884). Ces lois permettent aux citoyens de s'exprimer et de s'organiser plus facilement.
Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique, met en place les lois sur l'école. L'école devient gratuite (1881), obligatoire (1882) et laïque (1882). Le but est de former des citoyens instruits et attachés aux valeurs de la République. C'est une œuvre majeure qui transforme la société française.
La IIIe République est aussi une période d'expansion coloniale. La France cherche à étendre son influence dans le monde, notamment en Afrique (Tunisie, Afrique subsaharienne) et en Asie (Indochine). Cette politique est justifiée par des raisons économiques et de prestige national.
Les Défis et Crises de la République (1885-1899) 
La République connaît des périodes de crise. La crise boulangiste (1885-1889) est un mouvement populaire autour du général Boulanger. Il promet de réformer la République et de prendre sa revanche sur l'Allemagne. Son mouvement, qui mêle nationalisme et autoritarisme, inquiète les républicains. Boulanger finit par fuir et son mouvement s'effondre.
Le scandale de Panama (1892) révèle des affaires de corruption impliquant des hommes politiques. Cela fragilise la confiance des Français envers leurs élus. Puis, l'affaire Dreyfus éclate en 1894. Un capitaine juif, Alfred Dreyfus, est accusé à tort d'espionnage. Cette affaire divise profondément la France entre ceux qui défendent Dreyfus au nom de la justice (dreyfusards) et ceux qui défendent l'honneur de l'armée et de la patrie (anti-dreyfusards). L'affaire révèle un fort antisémitisme dans la société.
A retenir :
- La IIIe République est proclamée en 1870 après la défaite contre la Prusse et la chute du Second Empire.
- Elle doit faire face à la Commune de Paris, une insurrection populaire violemment réprimée en 1871.
- Les monarchistes tentent de rétablir un roi, mais leurs divisions et la détermination des républicains empêchent ce retour.
- Les Lois constitutionnelles de 1875 organisent un régime parlementaire.
- La crise du 16 mai 1877 confirme la victoire des républicains et le fonctionnement parlementaire.
- La République met en place des libertés publiques (presse, réunion, syndicats) et l'école laïque, gratuite et obligatoire (lois Jules Ferry).
- Elle mène une politique d'expansion coloniale.
- La République est confrontée à des crises comme le boulangisme et l'affaire Dreyfus, qui divisent la société française.
