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lecture linéaire

Thérèse Desqueyroux Mauriac, 1927


En quoi ce retour en arrière(analepse) dévoile-t-il le piège social et psycologique qui s'est refermé sur Thérèse?

-premier mouvement:

apostrophe rhétorique: l.1 "Bernard, Bernard", Thérèse s'adresse à un mari absent, répétition traduit son désespoir

antithèse: "comment t'introduire dans ce monde confus, toi qui appartient à la race aveugle, à la race implacable des simples"l.1-2 opposition entre un monde confus et simples crée un gouffre entre les époux

l'expression "la race aveugle": vocabulaire déterministe pour figer Bernard dans son incapacité à comprendre le tourment de sa femme

question rhétorique l.3: "pourquoi m'avez-vous épousé"

-deuxième mouvement

L'anaphore « elle l'a voulu, elle l'a voulu, elle l'a voulu » (l. 7). Cette répétition insistante montre la mauvaise foi de la belle-mère qui cherche à dédouaner son fils de toute responsabilité.

La comparaison : « elle fume comme un sapeur » (l. 8). Cette expression montre le décalage de Thérèse face aux codes stricts de la bourgeoisie provinciale, qui s'arrête aux apparences.

L'euphémisme et la litote (le secret de famille) : « la grand-mère Bellade... on peut à peine dire qu'il y ait eu scandale, tellement ça a été bien étouffé » (l. 10-11). La métaphore de l'étouffement révèle l'obsession bourgeoise du secret et du paraître.

L'oxymore ironique : « c'est un saint laïque » (l. 12) pour désigner le père de Thérèse. Mauriac se moque des arrangements moraux de la famille : on accepte un homme qui « pense mal »parce qu'il a du pouvoir (« il a le bras long » : métaphore

L'antithèse et la chute matérialiste : « Enfin, il faut bien passer sur quelque chose. Et puis [...] elle est plus riche que nous. » (l. 13-14). Tout le discours moral s'effondre devant l'argument financier. L'argent est le véritable moteur du mariage, ce qui rend l'idéal bourgeois profondément cynique.

-Troisième mouvement (l. 16-21) : La comédie du mariage et la vanité

La métaphore : Thérèse évoque sa « science d'emplir [ses yeux] de candeur amoureuse » (l. 17-18). Le mot « science » est une hyperbole qui transforme le sentiment en calcul : Thérèse a joué la comédie de la soumission pour être acceptée.

L'inversion des rôles (métaphore animalière) : « Une telle proie à ses pieds flattait le garçon » (l. 18). Thérèse se qualifie de « proie », mais c'est une proie consciente qui piège le prédateur par sa flatterie.

La métaphore : « Ne joue pas avec elle, elle se ronge » (l. 20). Le verbe « se ronger » fonctionne comme une métaphore de l'autodestruction. C'est une prolepse (une annonce de l'avenir) : le lecteur comprend que cette souffrance intérieure invisible va mener Thérèse au crime (l'empoisonnement).

Conclusion

En répondant à notre problématique, on voit que ce texte fonctionne comme un piège à double détende. Grâce à l'utilisation de l'ironie et des métaphores , Mauriac dresse le procès d'une bourgeoisie provinciale cupide et aveugle. Thérèse, piégée par sa propre « comédie » amoureuse et par le cynisme de sa belle-famille, apparaît déjà, dès le début du mariage, comme une femme condamnée à l'asphyxie psychologique.






lecture linéaire

Thérèse Desqueyroux Mauriac, 1927


En quoi ce retour en arrière(analepse) dévoile-t-il le piège social et psycologique qui s'est refermé sur Thérèse?

-premier mouvement:

apostrophe rhétorique: l.1 "Bernard, Bernard", Thérèse s'adresse à un mari absent, répétition traduit son désespoir

antithèse: "comment t'introduire dans ce monde confus, toi qui appartient à la race aveugle, à la race implacable des simples"l.1-2 opposition entre un monde confus et simples crée un gouffre entre les époux

l'expression "la race aveugle": vocabulaire déterministe pour figer Bernard dans son incapacité à comprendre le tourment de sa femme

question rhétorique l.3: "pourquoi m'avez-vous épousé"

-deuxième mouvement

L'anaphore « elle l'a voulu, elle l'a voulu, elle l'a voulu » (l. 7). Cette répétition insistante montre la mauvaise foi de la belle-mère qui cherche à dédouaner son fils de toute responsabilité.

La comparaison : « elle fume comme un sapeur » (l. 8). Cette expression montre le décalage de Thérèse face aux codes stricts de la bourgeoisie provinciale, qui s'arrête aux apparences.

L'euphémisme et la litote (le secret de famille) : « la grand-mère Bellade... on peut à peine dire qu'il y ait eu scandale, tellement ça a été bien étouffé » (l. 10-11). La métaphore de l'étouffement révèle l'obsession bourgeoise du secret et du paraître.

L'oxymore ironique : « c'est un saint laïque » (l. 12) pour désigner le père de Thérèse. Mauriac se moque des arrangements moraux de la famille : on accepte un homme qui « pense mal »parce qu'il a du pouvoir (« il a le bras long » : métaphore

L'antithèse et la chute matérialiste : « Enfin, il faut bien passer sur quelque chose. Et puis [...] elle est plus riche que nous. » (l. 13-14). Tout le discours moral s'effondre devant l'argument financier. L'argent est le véritable moteur du mariage, ce qui rend l'idéal bourgeois profondément cynique.

-Troisième mouvement (l. 16-21) : La comédie du mariage et la vanité

La métaphore : Thérèse évoque sa « science d'emplir [ses yeux] de candeur amoureuse » (l. 17-18). Le mot « science » est une hyperbole qui transforme le sentiment en calcul : Thérèse a joué la comédie de la soumission pour être acceptée.

L'inversion des rôles (métaphore animalière) : « Une telle proie à ses pieds flattait le garçon » (l. 18). Thérèse se qualifie de « proie », mais c'est une proie consciente qui piège le prédateur par sa flatterie.

La métaphore : « Ne joue pas avec elle, elle se ronge » (l. 20). Le verbe « se ronger » fonctionne comme une métaphore de l'autodestruction. C'est une prolepse (une annonce de l'avenir) : le lecteur comprend que cette souffrance intérieure invisible va mener Thérèse au crime (l'empoisonnement).

Conclusion

En répondant à notre problématique, on voit que ce texte fonctionne comme un piège à double détende. Grâce à l'utilisation de l'ironie et des métaphores , Mauriac dresse le procès d'une bourgeoisie provinciale cupide et aveugle. Thérèse, piégée par sa propre « comédie » amoureuse et par le cynisme de sa belle-famille, apparaît déjà, dès le début du mariage, comme une femme condamnée à l'asphyxie psychologique.