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Le krach boursier de 1929 et ses effets aux États-Unis

Krach boursier
Chute brutale et massive des cours des actions à la bourse, entraînant des pertes financières considérables pour les investisseurs et souvent le début d'une crise économique.
Spéculation boursière
Pratique consistant à acheter des actifs financiers (actions, obligations) non pas pour les conserver à long terme, mais dans l'espoir de les revendre rapidement avec un profit suite à une hausse de leur prix.
Déflation
Baisse généralisée et durable des prix, ce qui réduit la consommation et l'investissement, car les agents économiques reportent leurs achats en espérant des prix encore plus bas. Cela peut entraîner une spirale de récession et de chômage.
New Deal
Ensemble de politiques économiques et sociales mises en place aux États-Unis par le président Franklin D. Roosevelt à partir de 1933 pour lutter contre les effets de la Grande Dépression.

🏛️ Le contexte des années 1920 aux États-Unis

Les années 1920, souvent appelées les « Roaring Twenties » (les Années Folles), sont une période de prospérité économique et de confiance aux États-Unis. Après la Première Guerre mondiale, le pays connaît une croissance industrielle rapide, stimulée par l'innovation technologique (production de masse, développement de l'automobile, de l'électroménager) et une forte consommation. C'est l'ère de l'« American Way of Life », symbolisée par l'accès à de nouveaux biens de consommation et le développement du crédit.
Cette euphorie se reflète également à la Bourse de New York, située à Wall Street. De nombreux Américains, attirés par la perspective de gains rapides, investissent massivement dans les actions. La spéculation devient monnaie courante : beaucoup achètent des actions non pas pour la valeur réelle des entreprises, mais parce qu'ils s'attendent à ce que leur prix augmente encore, pour les revendre ensuite avec profit. Il est même possible d'acheter des actions à crédit, ce qui amplifie le phénomène.

📉 Les causes et le déroulement du krach de 1929

Plusieurs facteurs expliquent la fragilité de cette prospérité apparente : la surproduction agricole et industrielle (l'offre dépasse la demande), une répartition inégale des richesses (les salaires n'augmentent pas aussi vite que les profits), et surtout, une spéculation boursière excessive et déconnectée de la valeur réelle des entreprises.
Le point de rupture survient en octobre 1929. Dès le jeudi 24 octobre, le « Jeudi noir », une panique s'empare des investisseurs. Sentant que les prix des actions sont surévalués, beaucoup cherchent à vendre. Cette ruée à la vente provoque une chute spectaculaire des cours. La situation s'aggrave le mardi 29 octobre, le « Mardi noir », où près de 16 millions d'actions sont vendues en une seule journée, faisant s'effondrer la Bourse. Le marché boursier s'effondre, entraînant avec lui les fortunes de millions d'Américains, des petits épargnants aux grands industriels.

🌪️ Les conséquences du krach aux États-Unis : la Grande Dépression

Le krach boursier n'est pas seulement une crise financière ; il est le point de départ de la plus grave crise économique que les États-Unis aient connue : la Grande Dépression (Great Depression). Ses effets sont dévastateurs et s'étendent à tous les secteurs de l'économie américaine :
  • Crise bancaire : Les banques, qui avaient prêté massivement pour l'achat d'actions ou qui avaient elles-mêmes spéculé, se retrouvent en faillite. Leurs clients paniquent et retirent leurs dépôts, provoquant une vague de fermetures de banques. Cela bloque le crédit et l'investissement.
  • Crise industrielle et agricole : La baisse de la consommation, la perte de confiance et le manque de crédit entraînent une chute de la production. Les usines ferment, le chômage explose (atteignant jusqu'à 25% de la population active). Les agriculteurs sont également touchés par la baisse des prix de leurs produits (surproduction) et n'arrivent plus à rembourser leurs dettes.
  • Crise sociale : Des millions d'Américains perdent leur emploi, leur logement et leurs économies. La pauvreté se généralise, avec l'apparition de bidonvilles (surnommés « Hoovervilles » en référence au président Herbert Hoover, jugé inefficace). La faim et la misère touchent de larges couches de la population.
  • Crise psychologique et politique : La confiance dans le système économique et politique est ébranlée. Le président Hoover est critiqué pour son inaction.
Face à l'ampleur de la crise, le nouveau président Franklin D. Roosevelt, élu en 1932, met en place le « New Deal » à partir de 1933. Ce programme de réformes vise à relancer l'économie, réduire le chômage et réformer le système financier. Il marque une intervention beaucoup plus forte de l'État dans l'économie, rompant avec la tradition libérale américaine. Le New Deal met en place des grands travaux, soutient l'agriculture, régule la finance et instaure des mesures de protection sociale (assurance chômage, retraites).

A retenir :

Résumé des notions clés :

  • Les années 1920 aux États-Unis sont marquées par une forte croissance économique et une spéculation boursière intense.
  • Le krach boursier de Wall Street commence le « Jeudi noir » (24 octobre 1929) et se poursuit avec le « Mardi noir » (29 octobre), marquant l'effondrement des cours des actions.
  • Ce krach est dû à la surévaluation des actions, la surproduction et une spéculation excessive, souvent à crédit.
  • Il déclenche la Grande Dépression, une crise économique et sociale majeure aux États-Unis.
  • Les conséquences sont une crise bancaire (faillites), une crise industrielle (chômage de masse), une crise agricole et une pauvreté généralisée.
  • Le président Roosevelt y répond par le « New Deal », un programme d'intervention de l'État pour relancer l'économie et apporter des réformes sociales.
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