La personnalité juridique est la capacité reconnue à une personne d'avoir des droits (comme le droit d'avoir un nom, des biens) et des devoirs (comme l'obligation de respecter la loi). C'est ce qui fait d'un individu un sujet de droit, capable d'agir en justice.
Personnalité juridique
La capacité d'être titulaire de droits et d'être soumis à des devoirs. C'est ce qui fait d'une personne un sujet de droit.
Droit subjectif
Un droit particulier reconnu à une personne, comme le droit d'avoir une propriété ou le droit de voter.
Viabilité
La capacité d'un enfant à vivre seul après sa naissance, grâce à des organes formés et fonctionnels.
Infans conceptus
Expression latine signifiant 'l'enfant conçu'. Elle permet à un enfant d'acquérir des droits avant sa naissance, à condition qu'il naisse vivant et viable.
Acte d'état civil
Un document officiel qui prouve un événement important de la vie d'une personne, comme la naissance, le mariage ou le décès.
Il existe deux grandes idées sur le moment où la personnalité juridique commence :
- Certains pensent qu'elle débute dès la conception de l'enfant (théorie protectrice). C'est une idée qui vise à protéger l'enfant très tôt, mais il est difficile de savoir précisément quand la conception a eu lieu.
- D'autres pensent qu'elle commence à la naissance (théorie pragmatique). C'est cette idée qui est majoritairement retenue par le droit français car elle est plus facile à appliquer.
Pour qu'un enfant obtienne la personnalité juridique en France, il doit remplir deux conditions au moment de sa naissance :
- Naître vivant : L'enfant doit avoir respiré et avoir une vie propre, même si c'est pour un court instant.
- Naître viable : L'enfant doit avoir des organes suffisamment développés pour pouvoir survivre seul en dehors du ventre de sa mère.
La naissance d'un enfant est un événement important qui doit être déclaré.
- Où et quand ? La déclaration doit être faite à la mairie (officier d'état civil) du lieu de naissance, dans les 5 jours qui suivent l'accouchement (Article 55 du Code Civil).
- Qui déclare ? C'est généralement l'un des parents. Si les parents ne peuvent pas, le personnel médical (médecin, sage-femme) qui a assisté à l'accouchement peut le faire.
- Contenu de l'acte : L'acte de naissance est un document officiel qui contient des informations essentielles : le jour, l'heure et le lieu de naissance, les prénoms et le nom de famille de l'enfant, ainsi que des informations sur les parents. Il indique aussi le sexe de l'enfant. Depuis 2021, un délai de 3 mois est accordé pour déclarer le sexe en cas de variations de développement sexuel (Article 57-2 du Code Civil).
Même si la personnalité juridique commence à la naissance, le droit français reconnaît une exception importante : l'enfant déjà conçu peut bénéficier de certains droits avant de naître.C'est la règle de l'« Infans conceptus » qui signifie : « l'enfant conçu est tenu pour né chaque fois qu'il y va de son intérêt ».Cela veut dire que si un enfant est conçu, il peut, par exemple, hériter ou recevoir des dons, à condition qu'il naisse ensuite vivant et viable. Cette règle est considérée comme un principe général du droit par la Cour de Cassation.
Un enfant qui naît mort-né ou qui n'est pas viable (c'est-à-dire qui ne peut pas survivre) n'acquiert pas la personnalité juridique. Il n'est donc pas considéré comme une personne au sens du droit.Cependant, pour aider les parents dans leur deuil, une loi de 1993 (Article 79-1 du Code Civil) a créé l'« acte d'enfant sans vie ». Ce document permet une reconnaissance symbolique de l'enfant. Grâce à cet acte, les parents peuvent :
- Faire mentionner l'enfant sur leur livret de famille.
- Organiser des obsèques pour l'enfant.
A retenir :
- La personnalité juridique commence à la naissance, si l'enfant est vivant et viable.
- La naissance doit être déclarée à la mairie dans les 5 jours pour établir un acte de naissance.
- L'acte de naissance enregistre les informations essentielles de l'enfant.
- Un enfant conçu peut acquérir des droits avant sa naissance (règle « Infans conceptus »), à condition de naître vivant et viable.
- Un enfant mort-né ou non viable n'a pas la personnalité juridique, mais un acte d'enfant sans vie peut être établi pour les parents.
- L'homicide involontaire d'un fœtus n'est pas puni par le droit pénal.
