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Lycée
Terminale

La liberté

Philosophie

Définition

Liberté individuelle (définition générale) :
La liberté individuelle désigne le droit et la capacité d'un individu à agir selon sa propre volonté, sans être soumis à des contraintes ou des restrictions arbitraires imposées par d'autres, notamment par l'État ou la société.
Libre-arbitre :
Liberté simplement relative, de s’affranchir d’une dépendance particulière. Par exemple : l’adolescent qui devient adulte prend son indépendance vis-à-vis de ses parents, mais il n’est pas pour autant absolument libre au sens du libre-arbitre, ni absolument indépendant
L’autonomie
Capacité, pour un individu ou un groupe, de décider librement de la loi qu’il s’obligera à respecter par la suite.
La licence
Liberté jugée excessive et chaotique, de faire absolument tout ce que l’on veut
Illusion
Perception ou opinion erronée sur la réalité, ayant la propriété de ne pas se dissiper lorsqu’on l’identifie comme telle
Erreur
jugement faux qui peut être dissipé, rectifié par confrontation avec la vérité, la réalité

Jean-Jacques Rousseau

A retenir :

Pour Rousseau, l’homme se distingue de l’animal par la conscience de sa liberté :

• L’animal est comparable à une « machine ingénieuse », dont le comportement est le résultat nécessaire

du jeu de ses instincts (il ne ferait que réagir instinctivement à ce que la nature a décidé pour lui).

• Seul l’être humain serait un « agent libre », car il aurait toujours une liberté d’indépendance à l’égard

de ses instincts, et pourrait décider d’y obéir ou non.

• Pour preuve : l’homme, conscient de la liberté, est parfois capable de désobéir à son corps par des

excès qui peuvent lui causer maladie, voire mort.

Spinoza

A retenir :

• L’homme se croît libre car il a conscience de ses volontés et de ses actions,

mais ignore les causes qui l’ont déterminé à vouloir et à agir nécessairement

comme il le fait.

• C’est pourquoi il a l’impression illusoire d’être le point départ absolu, sans

causes antérieures, de ses actions.

• En réalité, il n’y a rien en dehors de la totalité de la Nature (ou de Dieu) :

l’homme n’est pas une exception, il n’est pas « un empire dans un empire ». Il

est une partie du Tout, et il obéit nécessairement aux mêmes règles (lois de la

Nature).

Nietzsche

A retenir :

• La conviction que nous sommes absolument libres a été entretenue, et même inventée,

pour donner une légitimité à punir les individus qui n’obéissaient pas aux premiers

chefs de tribus.

• En effet, si je suis toujours libre d’agir comme je le fais, je suis aussi pleinement

responsable (puisque j’aurais pu agir autrement) : le châtiment est donc légitime.

• Il y a en chacun de nous un instinct de juger et de punir qui cherche à s’exprimer

lorsque quelqu’un nous a fait du tort : c’est pourquoi nous sommes poussés

instinctivement à estimer autrui comme libre (donc responsable).

Spinoza 2.0

• Pour Spinoza, si nous ne saurions posséder un libre-arbitre, la connaissance

rationnelle de l’ordre du monde permet malgré tout une double libération :

Du côté de nos ACTIONS:

Plus nous connaitrons les choses du

monde et nous-même, plus nous ferons

des choix en connaissance de causes,

donc EFFICACES et conforme à notre

intérêt bien compris.

• L’ignorance nous conduit à être le

jouet passif des circonstances.

• La raison augmente notre puissance

d’agir, elle nous ACTIF.


Du côtés de nos PASSIONS

Plus nous aurons à l’esprit que TOUT

ARRIVE NÉCESSAIREMENT dans le

monde, plus nous nous libérerons des

passions qui nous entravent (sentiment

d’injustice, colère, jalousie, angoisse,

reproche etc.). La connaissance du fait

que tout arrive nécessairement apaise

nos passions.

Quelles sont les 3 grandes métamorphoses de

l’esprit selon Nietzsche, et leurs caractéristiques ?

Le chameau

A retenir :

L’esprit attend docilement, passivement, de l’extérieur,

les règles morales et les vérités qu’il doit connaitre, endosser et respecter.

• Échelle historique : hégémonie du christianisme, dictant à la fois des vérités (créationnisme,

existence de Dieu, du paradis etc.) et des règles morales (péchés capitaux, rites à respecter

etc.).

• Échelle individuelle : l’enfance, où l’on considère spontanément comme vrai et moralement

juste ce que nous disent nos parents, nos maîtres d’école, et plus généralement la société.

Le lion

A retenir :

L’esprit affirme un premier degré, négatif et relatif, de liberté : son indépendance !

Devant les « Tu dois » (savoir ceci, faire cela), le Lion répond « Je veux ! ».

• Échelle historique : siècle des Lumières (Voltaire, Diderot, Rousseau), qui estiment que la raison et les

sciences ont le pouvoir de s’affranchir, voire de détruire la superstition religieuse.

• Échelle individuelle : l’adolescence, où l’individu cherche à s’affirmer par son refus de l’autorité

parentale, scolaire etc.

L'enfant

A retenir :

L’enfant accède à un degré supérieur de liberté : celle, à la manière d’un enfant qui joue en

autonomie, d’inventer ses propres règles/valeurs qui correspondent à ses besoins propres.

• Échelle historique : cette étape, pour Nietzsche, n’est pas encore arrivée. Nous avons encore,

collectivement, besoin de Vérité et de Valeurs prétendument universelles, c’est-à-dire qui nous

dépassent individuellement (Science et Morale).

• Échelle individuelle : l’immense majorité des individus n’ont ni la force ni le courage d’accéder à

ce stade. Beaucoup d’adultes, après l’adolescence, redeviennent des chameaux : ils quittent le

moule parental… pour entrer dans le moule de la société. Ils adhèrent à ses valeurs, par confort et

par intérêt.