L'adaptation intellectuelle est une mise en équilibre entre un mécanisme assimilateur et une accommodation complémentaire. L'assimilation se réalise lorsque les structures cognitives ont la capacité d'incorporer les éléments du milieu. L'accommodation est nécessaire lorsque les structures se transforment en fonction des modifications du milieu.
Un objet peut résister aux structures existantes ; trois hypothèses possibles :
– aucune interaction antérieure avec des objets proches de celui-ci, il y a déséquilibre qui sera peut- être un jour surmonté, une rééquilibration étant alors source de progrès ;
– l'interaction avec l'objet, prenant appui sur des interactions antérieures, modifie les structures de l'activité cognitive pour assimiler l'objet, c'est l'accommodation ;
– les structures déjà en place permettent « d'absorber » l'objet, c'est l'assimilation.
Les stades chez Piaget
Des critères les définissent, les délimitent :
– l'ordre de leur succession est invariant ;
– ils sont intégratifs, le stade antérieur étant intégré dans le suivant ;
– chaque stade est modélisé par une structure ;
– chaque stade achève le précédent et prépare le suivant.
– Le stade sensori-moteur (0-2 ans) – Le stade de l’intelligence symbolique (2-7 ans) – Le stade des opérations concrètes (7-12 ans) – Le stade des opérations formelle (12-16 ans)
« Nous appellerons schèmes d'actions ce qui, dans une action, et ainsi transposable, généralisable ou différenciable d'une situation à la suivante, autrement dit ce qu'il y a de commun aux diverses répétitions ou applications de la même action.
Les schèmes sensori-moteurs sont des organisations susceptibles d'être appliquées à un ensemble de situations analogues, elles autorisent des assimilations reproductrices (répétition de mêmes activités) , recognitives (reconnaître des objets en leur attribuant une signification) et généralisatrices en fonction de situations nouvelles.
Ces schèmes, comme structures d'actions sont coordonnés entre eux par d'autres schèmes, nous retrouvons l'évolution des schèmes grâce aux principes d'assimilation et d'accommodation. • L'assimilation consistera à incorporer une situation, un objet, un contexte à un schème existant ; l'accommodation permettra d'adapter plus finement ou de créer un schème.
Dès le début des équilibres se réalisent par structurations successives grâce aux deux invariants fonctionnels : l'assimilation et l'accommodation. • Les premiers processus d'assimilation, étant essentiellement répétitifs, consolident les schèmes.
correspond à la caractéristique principale des systèmes opératoires selon Jean Piaget
Nous appellerons réversibilité la capacité d'exécuter une même action dans les deux sens de parcours mais en ayant conscience qu'il s'agit de la même action
Piaget admet aussi que les actions de déplacement des objets matériels dans l'espace sensori-moteur atteignent la réversibilité dès les débuts de la fonction symbolique, ce qui se traduit par l'acquisition de la permanence de l'objet chez l'enfant de 18 mois environ
une caractéristique du fonctionnement cognitif de l’enfant intervenant à chacun des grands paliers de développement de l’intelligence
L’égocentrisme cognitif peut être également l’une des raisons de l’égocentrisme moral* (l’égocentrisme intellectuel intervenant dans des échanges intersubjectifs entraîne forcément un égocentrisme moral dans ces échanges ; mais tout égocentrisme moral n’est pas forcément basé sur une incapacité de coordonner intellectuellement les points de vue en jeu)
une longue période de transition entre le stade sensori-moteur (0-2 ans) et le stade des opérations concrètes (7-12 ans) celui de la préparation des opérations concrètes
permet d’une part de se représenter l’objet (= signifié) et d’autre part de désigner cet objet par autre chose que l’objet lui-même (= signifiant
)
trois sortes de signifiants :
- l'indice qui est une partie du signifié lui même
- le symbole qui implique un lien de ressemblance entre le signifiant et le signifié
- le signe, où le signifiant est complètement détaché du signifié, le lien entre eux est arbitraire, conventionnel, culturel (langage, écriture, notations mathématiques, etc.).
– l'imitation différée, preuve d’une représentation mentale du modèle absent, – le jeu symbolique, par exemple l’enfant qui joue au téléphone avec une banane, – le dessin, – le langage.
Ce passage de l'intelligence sensori-motrice à l'intelligence représentative est dû selon Piaget aux conduites d'imitation différée. « Sa fonction consiste, en effet, à satisfaire le moi par une transformation du réel en fonction des désirs
Piaget offre une théorie du développement intellectuel fondée sur de très nombreux faits originaux et contre intuitifs, montre : – que la pensée de l’enfant se caractérise bien par un changement profond et général à partir de 4 ans – mais qu’elle reste néanmoins prélogique et ne parvient pas à élaborer de vrais concepts jusqu’à 7 ou 8 ans.
la réversibilité logique est acquise, les opérations de classification et de sériation s'élaborent ainsi que les invariants de substance. Toutefois, toutes ces structures intellectuelles ne fonctionnent que dans le contexte d'une relation du sujet à l'objet concret, sans possibilité de raisonner sur de simples hypothèses.
• Les schèmes de conservation sont les invariants indispensables aux actions de transformation réversibles car si les transformations modifiaient tout à la fois elles seraient sans retour possible
identité : « c'est la même chose, on n'a rien enlevé, ni rien ajouté » ; – compensation : « c'est plus long, mais c'est plus mince » ; – inversion : « si on refaisait la boule, on aurait la même chose qu'avant, on aurait les deux mêmes boules, donc c'est la même chose de pâte ».
Les classifications sont aussi des structurations cognitives à caractère logicomathématique. Il s'agit de grouper des objets selon leurs critères communs.– sa compréhension, énumération des caractères communs à tous les individus qui la composent (ou des différences spécifiques distinguant ses propres membres de ceux d'autres classes) ; – son extension, l'ensemble des individus qu'elle qualifie.
Il s'agit de maîtriser un ensemble de relations de ressemblances et de différences
es relations (sériations ou structures d'ordre) sont mises en évidence par des groupements d'objets selon leurs différences ordonnées.
nécessitent plusieurs classifications et plusieurs sériations à la fois.
- La place essentielle de l'action du sujet est une des conclusions importantes de la genèse des connaissances pendant cette période des opérations concrètes.
• Le figuratif, les images sont nécessaires mais tout à fait insuffisants, c'est l'opératif qui génère les structures cognitives.
Le terme action désigne ce que fait le sujet, son comportement observable, le terme opération désigne une activité cognitive du sujet, ce sont des actions intériorisées, réversibles et coordonnées en structure d'ensemble (groupements). Quant à l'importance du langage, Piaget la relativise en indiquant qu'il n'est pas toujours la source des apprentissages
Au cours des stades du développement piagétien le sujet change son rapport au monde : perceptif, symbolique, opératoire concret.
• Le stade de l'intelligence opératoire formelle se caractérise par une pensée hypothético-déductive avec des opérations qui peuvent porter sur des propositions sans contenu, sans référence à des objets physiques.
– le groupe INRC (inversions, réciprocités, corrélativisés et identités) permettant la construction de schèmes opératoires (proportions, probabilités, compensations multiplicatives...).
Le rapport au réel est nouveau, il y a d'abord synthèse du possible et du nécessaire, travail sur l'hypothèse avant de rejoindre le réel. La pensée de l'adolescent est caractérisée par le fait que le succès immédiat de l'action peut passer au second plan, contrairement aux plus jeunes enfants essentiellement « pragmatiques ». L'adolescent tente de dépasser la réussite vers la compréhension.
- Le possible selon Piaget peut être envisagé d'un point de vue physique : un sujet observant l'équilibre d'une balance peut prendre en compte virtuellement toutes les actions possibles qui réaliseraient d'autres formes d'équilibres. Le sujet ne se contente pas des données directement observables, il les insère dans l'ensemble de celles qui sont possibles
- Le possible d'un point de vue logique est lié au nécessaire : l'implication inférentielle « si... alors... » relie une hypothèse, « si... », c'est-à-dire une affirmation simplement possible, à une conséquence nécessaire, c'est-à-dire nécessairement vraie d'un point de vue formel
- Devient alors possible tout ce qui n'est pas contradictoire (logique interne du discours scientifique)
La pensée opératoire formelle combine les données du réel selon les exigences d'une logique des propositions, c'est-à-dire d'une logique de toutes les combinaisons possibles (logique propositionnelle régie par une combinatoire, alors que la logique opératoire portait sur des objets).
Les essais empiriques demandent un travail de classement, de sériation, laborieux et qui risque d'aboutir à des erreurs. Le raisonnement hypothético-déductif prend en compte tous les facteurs en faisant en sorte de ne laisser varier qu'un facteur à la fois Pour maîtriser la variation des facteurs il faut une logique combinatoire
Toutes les notions de logique utilisées par Piaget ne signifient pas que le psychologique se réduit au logique. C'est plutôt la psychologie qui est amenée à recourir à un instrument d'expression, à une traduction symbolique offrant des possibilités de calcul, c'est-à-dire un modèle scientifique décrivant une réalité cognitive inobservable