Les objectifs de la peine sous l'Ancien Régime 
Sous l'Ancien Régime, les peines avaient plusieurs buts. D'abord, il y avait le châtiment, c'est-à-dire faire payer au coupable le mal qu'il avait fait. Mais la justice cherchait aussi à protéger la société en éliminant les criminels dangereux ou en les éloignant. Enfin, l'idée d'amendement existait : on espérait que le condamné puisse changer et devenir meilleur, surtout sous l'influence de l'Église, qui prônait le pardon et la réinsertion.
L'exemplarité et la peine de mort 
La justice de l'époque voulait surtout servir d'exemple. Les peines étaient souvent publiques et dures pour faire peur aux autres et les empêcher de commettre des crimes. La peine de mort était la plus sévère et servait à montrer la puissance de la justice. Elle était appliquée de différentes manières (pendaison pour les gens du peuple, décapitation pour les nobles) et visait à marquer les esprits. L'idée de "peine miroir" était importante : la punition devait rappeler le crime, comme couper la main d'un voleur ou percer la langue d'un blasphémateur.
La diversité des peines 
Les juges avaient une large "palette" de peines. On trouvait des peines corporelles qui touchaient le corps du condamné : les amputations (pour les récidivistes), le bannissement (éloignement forcé du territoire), les galères (ramer sur des bateaux) ou le bagne (travaux forcés). Il y avait aussi des peines infamantes qui humiliaient en public : le pilori ou le carcan (exposition sur la place publique), l'amende honorable (demander pardon publiquement à Dieu, au roi et à la victime), le blâme. Enfin, les peines patrimoniales touchaient les biens : les amendes (souvent préférées par les seigneurs car lucratives) et la confiscation des biens du coupable.
La modulation des peines 
Le juge pouvait adapter la peine en fonction de plusieurs éléments. Certaines situations pouvaient atténuer la peine : l'âge (les enfants et les jeunes étaient moins sévèrement punis), la démence (la folie), le sexe (les femmes recevaient souvent des peines moins dures, sauf pour certains crimes comme l'adultère), la légitime défense ou l'état de nécessité. À l'inverse, des facteurs pouvaient aggraver la peine : la condition sociale (les nobles étaient parfois plus sévèrement punis pour servir d'exemple), la récidive (commettre le même crime plusieurs fois) ou l'atrocité de l'infraction.
A retenir :
- L'Ancien Droit pénal (XIIe-XVIIIe siècle) visait à châtier, protéger la société et, parfois, amender les coupables.
- L'exemplarité était primordiale : les peines étaient publiques et souvent violentes pour dissuader les autres.
- La peine de mort était la sanction la plus grave, appliquée différemment selon le statut social.
- Il existait une grande variété de peines : corporelles (amputations, bannissement, galères), infamantes (pilori, amende honorable) et patrimoniales (amendes, confiscation).
- Les juges pouvaient moduler les peines en fonction de l'âge, du sexe, de la folie (atténuation) ou de la récidive et de la gravité du crime (aggravation).
