Cette fiche de révision explore une période agitée de la Troisième République française, de la fin du XIXe siècle au début du XXe. Elle analyse les tensions politiques et sociales, la montée de nouvelles idéologies, et l'impact majeur de l'Affaire Dreyfus qui a profondément divisé la France, menant à la défense de la République et à la loi de séparation des Églises et de l'État.
Antisémitisme
Haine ou préjugé très fort contre les personnes de confession juive, souvent basé sur des stéréotypes.
Laïcité
Principe qui assure la séparation de l'État et des organisations religieuses. L'État est neutre face aux religions et garantit la liberté de conscience de chacun.
Ralliement
Action de se joindre à un parti politique ou une cause. Ici, il s'agit des catholiques qui, à l'appel du Pape, acceptent de soutenir la République.
Socialisme
Idéologie politique qui vise à une plus grande égalité sociale et économique, souvent par la nationalisation des moyens de production et une meilleure protection des travailleurs.
Anarchisme
Doctrine politique qui rejette toute forme d'autorité, d'État et de gouvernement, prônant une société sans hiérarchie.
La République des Modérés et les forces politiques
Après la chute du Second Empire en 1870, la Troisième République s'installe. Elle est d'abord dirigée par des Républicains modérés, aussi appelés Opportunistes. Ils veulent consolider la République sans brusquer la société, en mettant en place des réformes progressives.
Face à eux, les monarchistes (légitimistes et orléanistes) perdent peu à peu de leur influence. Le ralliement des catholiques à la République, encouragé par le Pape Léon XIII (notamment avec le « Toast d'Alger » en 1890 et l'encyclique « Au milieu des sollicitudes » en 1892), affaiblit encore davantage la cause monarchiste en France.
Pendant ce temps, de nouvelles idéologies montent en puissance. Le socialisme gagne du terrain, porté par des figures comme Jules Guesde et Jean Jaurès, qui défendent les droits des ouvriers et une plus grande justice sociale. L'anarchisme, qui rejette l'État et prône des actions directes, connaît aussi une vague d'attentats à la fin du XIXe siècle.
Les grandes crises de la République
La République est confrontée à plusieurs crises qui testent sa solidité. Le boulangisme (1885-1889) est un mouvement populaire autour du Général Boulanger, qui critique le régime parlementaire et attire les mécontents de tous bords, menaçant la stabilité du gouvernement.
En 1892 éclate le scandale de Panama. Des hommes politiques sont accusés d'avoir été corrompus pour voter une loi favorable à la compagnie du canal de Panama, qui finit par faire faillite. Ce scandale révèle la corruption et fragilise la confiance des Français envers leurs élus.
L'Affaire Dreyfus : une France déchirée
L'Affaire Dreyfus est la crise la plus grave de cette période. En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, un officier juif, est accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne. Il est condamné à la déportation à vie sur l'île du Diable, en Guyane.
Cette affaire révèle un antisémitisme très présent dans la société et l'armée française. Rapidement, la France se divise en deux camps : les Dreyfusards, qui défendent l'innocence de Dreyfus et les valeurs de justice et de vérité (avec des intellectuels comme Émile Zola et son célèbre article « J'accuse »), et les Anti-Dreyfusards, qui soutiennent l'armée et l'honneur de la nation, souvent par antisémitisme.
L'Affaire Dreyfus a des conséquences majeures : elle renforce l'anticléricalisme (l'idée que l'Église ne doit pas avoir d'influence sur l'État) et l'antimilitarisme (l'opposition à l'influence de l'armée dans la politique). Elle pousse la République à défendre ses valeurs de justice et d'égalité.
État et Églises : la loi de Séparation
Le renforcement de l'anticléricalisme après l'Affaire Dreyfus conduit à la volonté de séparer clairement l'État et les Églises. En 1905, la loi de séparation des Églises et de l'État est votée. Cette loi établit la laïcité en France.
Elle garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, mais l'État ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Les biens des Églises deviennent propriété de l'État, mais sont mis à disposition d'associations cultuelles pour leur usage. Malgré des tensions, notamment lors des inventaires des biens, cette loi pacifie les relations entre l'État et les religions.
A retenir :
- La Troisième République s'est établie progressivement, portée par les Républicains modérés.
- Le ralliement des catholiques, encouragé par le Pape, a affaibli les monarchistes.
- Le socialisme et l'anarchisme ont émergé comme de nouvelles forces politiques et sociales.
- Des crises comme le boulangisme et le scandale de Panama ont montré les fragilités du régime.
- L'Affaire Dreyfus a divisé la France et a renforcé l'anticléricalisme et l'antimilitarisme.
- La loi de 1905 a instauré la laïcité, séparant l'État des Églises et garantissant la liberté de culte.
