- à partir du XIIIe siècle, on a une distinction claire entre le monde religieux (des clercs) et celui des laïcs. Les universités, dominées par l'Eglise, forment essentiellement des clercs (même si la plupart rejoignent le monde des laïcs après leurs études. Le monde des laïcs s'intéresse moins à la théologie, marquant une séparation entre la culture savante (en latin) et la culture populaire (en langue vernaculaire)
- la langue vernaculaire gagne de l'importance au XIIIe et XIVe siècle, l'italien devient la première langue d'éloquence grâce à Dante, tandis que le français, notamment la langue d'oil, se développe aussi dans cet usage.
- l'Humanisme, né à cette époque, bouleverse la pensée dominante : on passe d'une réflexion centrée sur Dieu à une réflexion centrée sur l'Homme. Pétrarque et Boccace mettent en avant la notion d'"humanitas" : l'être humain deviens le sujet principal. Même si Dieu reste présent, l'homme, avec ses qualités et ses défauts, est désormais au cœur des réflexions, on a donc l'émergence d'une société plus laïque.
L'humanisme
un nouveau statut de l'auteur
- L'invention de l'imprimerie ≈ 1450 permit une baisse du prix des livres dont la production explose (recopier une Bible prenait plus de 6 ans). On a donc l'apparition de bibliothèques privées, et les humanistes ouvrent aussi des bibliothèques publiques rendant la lecture + accessible. Au XIVe siècle, la bibliothèque du roi de France compte ≈ 10 000 ouvrages. En 1500, on compte ≈ 15 000 titres (dont 75% en latin et 25% en langue vernaculaire) et même la bibliothèque du Vatican est ouverte au publique par le pape Sixte IV.
- En Europe,, les invasions barbares et l'arrivée des écrits arabes provoquent une dispersion des textes. Beaucoup de manuscrits sont donc mal attribués (pour attirer les lecteurs, certains écrits médiévaux se font passer pour antique). C'est pourquoi les humanistes développent un travail rigoureux d'analyse des styles et des auteurs pour authentifier les oeuvres.
- les langues se multiplient et se forment en parallèle au latin, il faut donc avoir le même degré d'exactitude que le latin (d'où Toscan, la langue de Dante).
les thèmes développés par les humanistes
de nouvelles méthodes de travail issues d'une soif de connaissance et de vérité
- à la fin du XVe, des sciences nouvelles apparaissent :
l'archéologie,
l'épigraphie (science des inscriptions, datation des textes),
la philologie (science des lettres), c'est l'analyse des textes anciens pour retrouver l'auteur. Elle permet de repérer les erreurs de copies, les mauvaises attributions. Lorenzo Valla, 1407-1457, invente cet art et montre que la donation de Constantin (affirmant que le pape est le chef de l'occident) est fausse (latin ≠ latin antique), de +, Poggio met au point l'écriture humaniste (un format d'écriture qui permet de réaliser des progrès en imprimerie : lisible car séparation en 2 d'une page).
le retour à l'enseignement des 3 arts du lanage
- les trois arts du langages sont le Trivium (grammaire, rhétorique, dialectique)
- les humanistes ont un enseignement qui cherche à connaître toutes les matières (cela tient d'une valeur antique, il faut donc mettre en avant le trivium). Lorenzo Valla disait :
"Combien la vertu persuasive de l'éloquence qui fait surgir les arguments et les sentiments capables d'agir sur l'âme est étroitement lié à l'enseignement éthique et π"
- Il faut donc une capacité à avoir une unité de vie , avoir une vie cohérente entre sa foi, ce qu'on pense être bon, sa conscience et sa vie sur Terre (entre ce que je crois, dit, pense, fait, il faut avoir une armature). L'Homme peut s'améliorer grâce à ses études, il peut agir dans sa vie civile, π, l'humanisme guide l'action publique.
l'humanisme et la π
- Tétrarque place l'histoire au 1er rang de l'étude pour l'Homme (puisqu'elle permet d'enseigner sur ce qui a été fait). L'histoire est un récit π et non plus providentiel car on a une vision cohérente, sécularisé et convaincante de l'histoire des hommes grâce à la rhétorique.
- on ne peut donc pas associer de π particulière à l'humanisme (en effet, plusieurs courants contradictoires se croisent). Machiavel est républicain (Le Prince, 1513, essai π où il valorise le peuple face au prince), Jean Bodin est monarchiste (Les six livres de la République, 1576).
- on a un retour des mémoires (avait disparu à l'époque médiéval). Michel de l'Hospital (chancelier de Catherine de Médicis, a essayé d'empêcher les guerres de religions) a fait, en 1568, ses mémoires.
- Histoire de Florence par Machiavel : le respect des lois naturels + des vertus ne conduit pas au bonheur, les moyens justes ne produisent pas des effets justes, donc la République seul peux assurer le bonheur de chacun.
une influence inégal de l'humanisme en Europe
- l'humanisme a touché tous les milieux (clercs, artisans, bourgeois...) et eût une grande influence dès la fin du XIVe siècle. L'optimisme est une caractéristique forte, cette conception fut maintenu par Léonard de Vinci. Ce courant s'est maintenu d'abord à Florence puis à Rome mais s'estompera au milieu du XVIe siècle puis disparaîtra entre 1560 et 1566.
- en France, l'humanisme est très influent, en particulier à la cour de Charles V, avec de grands lettrés tel que son conseiller : Philippe de Mégière ou encore : Christine de Pisant (fin XIVe, début XV) qui, venant pourtant de de Pise, est la première femme écrivaine (écrivant en français), elle remercia son père (médecin du roi) de lui avoir imposé des études de lettres. Mais le mouvement disparaît à cause de la guerre de Cent ans (folie du roi, catastrophe militaire d'Azincourt et du traité de Troie en 1420) puis reviens au XVe sous Charles VIII et au début du XVIe (intérêt de la part des rois tel que François Ier, Henri II...) avec Rabelais, Rodin, Guillaume Budé et les poètes de la pléiade : Joachim Du Bellay, Etienn Dolet... Malgré sa disparition dans le monde après le XVIe siècle, en France, l'humanisme est toujours présent et se développe , (Michel de Montaigne est le dernier grand humaniste), il s'éteins à causes des guerres de religion.
- l'Espagne, étant en contact régulier avec l'Italie grâce aux terres de Charles Quint là-bas, a un fort développement de l'humanisme au XVe siècle (les liens sont forts, donc Madrid est un foyer de l'humanisme)
- En Allemagne, l'humanisme va arriver grâce au traité de Constance et de Bâle puis va se répandre très vite grâce aux écoles urbaines.
- En Angleterre, par la guerre de Bosworth, l'humanisme arrive timidement. La noblesse française se différencie de la noblesse anglaise qui disparaît et prends un tout autre chemin.
querelles religieuses et fin de l'humanisme
- les réformes protestantes ne sont pas nés de l'humanisme (qui est présent dans le milieux catholique et protestant), certains sont même en désaccord. Pétrarque écrit l'Epistolae familiares.
- La diffusion de l'humanisme est accrue par les collège urbain où les élève, pour faire partie de l'élite et avoir un poste important reçoivent un enseignement calqué sur l'humanisme (il est nécessaire de bien s'exprimer et de connaitre le latin et le grec). Cela a pour conséquence une recherche d'un langue épurée (en France : l'Académie française), le développement des collège jésuite dont le programme doit répondre à la pédagogie des humanistes (ces programmes inspirent encore aujourd'hui);
- Le parfait Courtisan de Baltazar Castiglione (1528) eût un grand succès et montre des valeurs des humanistes déjà présente à cette époque, ainsi qu'un idéal de gentilhomme et un modèle d'éducation. Donc l'humanisme est intégré par les hommes de la Renaissance. L'humanisme en Europe, début XVIe, est porteur de nouvelles valeurs qui caractérise l'"homo novus" qu'est l'humaniste dont le centre d'intérêt est l'homme (le fait de savoir bien se comporter en société, de bien danser, avoir de l'esprit...)
