En 2001, l'ONU reçoit le prix Nobel de la paix. Alors que la fin de la Guerre froide avait pu laisser croire à une atténuation des conflits et
un progrès de la paix, la fin de la décennie et les premières années du XXIe siècle apportent un cruel démenti à cette espérance. Pour autant, bien que l’ONU ne soit pas parvenue à empêcher tous les conflits, sa mission passe par plusieurs voies importantes pour le maintien de la paix.
Le traumatisme de la Première Guerre Mondiale a conduit à concevoir une première institution internationale ayant pour objectif de garantir la paix mondiale : la Société des Nations. Alors que le XIXe siècle avait cru pouvoir mettre en œuvre la paix en se fondant sur le principe d’équilibre des puissances la sécurité collective vise à créer un « déséquilibre des forces », en isolant l’État agresseur du reste de la communauté internationale.
Au sens strict, la sécurité collective repose donc sur le principe suivant : le recours à la guerre par un membre de l’organisation internationale (ici la SDN, plus tard l’ONU) est interprété comme un acte de guerre contre tous les autres membres de l’organisation, qui rompent alors immédiatement leurs relations avec l’État agresseur et peuvent constituer des forces armées pour faire respecter les engagements à la paix.
La SDN a connu quelques succès mais les échecs s'accumulent au cours des années 1930, notamment sous la pression expansionniste des régimes fasciste et nazi.
Créée par la charte de San Francisco, signée en juin 1945, l’Organisation des Nations Unies reprend à son compte la mission de faire la paix par la sécurité collective. Mais l'échec de la SDN nécessite de repenser l'organisation de la sécurité collective.
Cela se traduit par deux modifications :
- d’une part, la règle de l’unanimité de la prise de décision au Conseil est assouplie.
- d’autre part, les dispositions des articles 41 à 43, ainsi que l’article 47 qui prévoit un Comité d’État-major, tendent à renforcer les moyens dont dispose l’organisation pour réprimer une agression.
Une autre particularité de l'ONU tient au développement de multiples agences ou institutions spécialisées. Néanmoins la guerre froide va empêcher le fonctionnement de l'ONU.
De 1945 à 1991, l’ONU est entravée dans sa mission de maintien de la paix : en effet, chacune des deux superpuissances qui s’affrontent dans le cadre de la Guerre froide dispose du droit de véto, ce qui paralyse la prise de décision au Conseil de sécurité.
L'ONU parvient à organiser 24 opérations sur la courte période entre 1990 et 1996. Sous les deux mandats de Kofi Annan, cette dynamique se poursuit : 20 opérations de maintien de la paix sont mises en place entre 1997 et 2006
Le Timor est une île de l'archipel Indonésien. L'île est passé sous contrôle portugais et hollandais à l'époque moderne. Alors que l'Indonésie proclame son indépendance en 1945, le Timor oriental ne devient indépendant du Portugal qu’en 1974. L’Indonésie annexe alors le reste de l’île : s’ensuit une longue période d’occupation et de violence. En 1999, le pouvoir indonésien accepte d’organiser un référendum (le 30 aout 1999), qui marque une victoire éclatante des partisans de l’indépendance. Ce résultat entraîne un regain de violence de la part de l’armée indonésienne. L’intervention d’une mission de l’ONU va permettre de pacifier la région et aboutit à la reconnaissance de l’indépendance du Timor oriental en 2002.
À partir de 1991, l'ONU trouve donc un nouveau souffle. Pourtant, une décennie plus tard, la guerre d’Irak se révèle le principal exemple d’échec de la sécurité collective. En 2003, les États-Unis veulent attaquer le régime irakien, au prétexte qu’il menace la sécurité mondiale. Comme ils ne parviennent pas à obtenir une résolution du Conseil de Sécurité en faveur d’une intervention militaire, les États-Unis décident malgré tout d’envahir l’Irak.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale les conflits ne disparaissent pas mais changent de nature : les conflits entre États, sur lesquels est fondée la notion de sécurité collective, sont de plus en plus rares et à l’inverse, les guerres civiles ou asymétriques se multiplient. Cette configuration aboutit à une certaine impuissance de l'ONU.
En 2001, la Commission sur l’Intervention et la Souveraineté des États propose d’introduire un nouveau concept dans le droit international : la « responsabilité de protéger ». Alors que dans l’ordre westphalien les États sont caractérisés par leur indépendance et leur souveraineté, il s’agit là d’une innovation majeure qui postule que la communauté internationale peut, dans certains cas, intervenir pour protéger une population civile contre un État qui met en danger ou ne parvient pas à assurer la sécurité de sa propre population. La responsabilité de protéger est d’abord celle de chaque État envers sa population, mais s’il est défaillant, la communauté internationale doit pouvoir s’y substituer : c’est ce qu’on appelle une responsabilité subsidiaire qui peut s’exercer au nom du droit d’ingérence. Cette proposition est adoptée en 2005.
Cette notion a été mise en application pour la première fois en 2011, en Libye.
Une résolution du Conseil de Sécurité est adoptée le 26 février 2011 : elle rappelle au régime libyen qu'il a la responsabilité de protéger son peuple et exige donc l'arrêt immédiat de la violence. Le 17 mars 2011, une nouvelle résolution est adoptée : elle qualifie les actions du régime contre la population libyenne de crimes contre l'humanité, et autorise les États membres à prendre "toutes les mesures nécessaires". dans ce cadre, une opération militaire sous commandement de l'OTAN se met en place et se termine en octobre 2011 après la mort du dictateur Mouhammad Kadhafi.
La création de l'ONU en 1945 s'est fait dans un contexte difficile et en ne modifiant qu'à la marge les institutions et principes de la SDN. Dès lors, la réforme de l'ONU à été une grande question. Le 8 septembre 2001, l'Assemblée générale des Nations-Unies adopte la Déclaration du Millénaire qui ambitionne de relancer la gouvernance mondiale. Deux ans plus tard, Kofi Annan lance un projet de réforme de l'ONU.
L'échec a pu s'expliquer d'abord par le discrédit de la bureaucratie onusienne mais également par l'hostilité des États-Unis.
Depuis l’échec de Kofi Annan, d’autres projets de réforme ont été mis en route. Antonio Guterres, élu Secrétaire général en 2016, a lancé une réforme de l’ONU qui vise notamment à améliorer la coordination des différentes agences spécialisées pouvant intervenir sur des terrains similaires.
Dans un rapport publié en 2000, intitulé "Nous les peuples : le rôle des Nations-Unies au XXIe siècle", Kofi Annan encourage les États à se mobiliser en faveur d’un plan d’action pour lutter contre la pauvreté, développer l’accès à l’éducation. Cette impulsion est concrétisée par la mise en place des Objectifs du Millénaire pour le Développement : il s’agit d’un plan approuvé par tous les pays du monde et par les grandes institutions mondiales de développement. Même si tous les objectifs ne sont pas atteints, ni dans toutes les régions du monde, le programme des OMD est considéré comme positif.