I/ LES ENJEUX GÉOPILITIQUES DE LA CONQUETE SPATIALE A - La course à l’espace dans les années 1950-1960 : un enjeu de la guerre froide JALON 1 N°1 - (DOSSIER HACHETTE pp. 36-37 + doc. 1 p. 32) « Quels ont été les acteurs, les enjeux et les étapes de la course à l’espace dans les années 1950 et 1960 ? » NASA GUERRE FROIDE* B - De nouveaux acteurs étatiques depuis les années 1970 : les puissances établies face aux puissances émergentes JALON 1 N°2 - (DOCS. pp. 34-35 + p. 38 du MANUEL HACHETTE) « Quelles puissances s’affirment dans l’espace depuis les années 1970 ? Pourquoi, et comment ? » SPACE POWER C - L’espace aujourd’hui : un terrain de conquête privé ? JALON 1 N°3 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Pourquoi des entreprises privées se lancent-elles dans la conquête spatiale depuis le début du XXIème siècle ? » NEW SPACE II/ AFFIRMER SA PUISSANCE À PARTIR DES MERS ET DES OCÉANS A - Les forces de projection maritime : une hiérarchie des puissances JALON 2 N°4 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Quels sont les principaux acteurs et les principes de la projection de forces depuis les mers et les océans ? (NE DÉBORDEZ PAS SUR LE DOSSIER n° 5) » PROJECTION SEA POWER THALASSOKRATOR B - Les océans et la dissuasion nucléaire JALON 2 N°5 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Pourquoi les océans sont-ils des espaces stratégiques de la dissuasion nucléaire ? » SNLE DISSUASION NUCLEAIRE C - L’Arctique et la Méditerranée : des espaces maritimes stratégiques marqués par les rivalités N°6 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « En quoi l’Arctique et la Méditerranée orientale sont ils des espaces maritimes hautement stratégiques ? Quelles rivalités s’y inscrivent ? » Z.E.E. EMBARGO (H3 - INTRO) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. ACCROCHE - En avril 2023, l’entreprise américaine SpaceX fait décoller son lanceur super lourd ‘Starship’, dont un prototype a explosé en vol. 100% réutilisable, il est désormais prévu pour servir d’atterrisseur lunaire pour la mission Artémis de la NASA, dont le lancement est programmé pour avril 2026 (présence humaine au pôle sud de la Lune). Cet essai et cet échec ont été très largement couverts par la presse internationale. ➔ Cet exemple révèle : - la persistance d’une compétition pour la maitrise de l’espace (existe aussi pour les océans) - la variété des acteurs impliqués dans cette compétition : États (dont pays émergents), entreprises privées, etc. - la fascination qu’exerce sur le grand public la maitrise de ces « dernières frontières » que sont l’espace et les océans : la vidéo du lancement cumule 12 millions de vues. DÉFINITION DU SUJET [COURS MAGISTRAL] - Dès les années 1950, la conquête spatiale et la maîtrise des océans sont le théâtre d’une rivalité géopolitique et économique entre les États-Unis et l'URSS, principales PUISSANCES du moment. Dans un contexte de guerre froide, les deux Grands militarisent les océans, et se lancent dans une « course à l'espace » pour affirmer leur prééminence technologique et symbolique, par la maitrise de territoires situés au-delà des espaces maritimes et terrestres traditionnelles. De nos jours, le déploiement de bases navales militaires sur tous les océans et l'utilisation de la marine comme force de surveillance et de dissuasion, ont fait des océans des lieux majeurs des rivalités géopolitiques. Les rivalités géopolitiques dans l’espace perdurent, opposant principalement la Chine et les États-Unis. Dans ce domaine, comme dans la conquête des profondeurs océaniques, de nouveaux acteurs s’imposent, entreprises privées comme États émergents. Pour le géographe Gérard Dorel, une PUISSANCE est « un État qui se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s'assurer d'une influence durable sur toute la planète en termes économiques, militaires (hard power), culturels et diplomatiques (soft power) ». PROBLÉMATIQUE - Pourquoi l’espace et les océans sont-ils des théâtres majeurs de la rivalité entre puissances ? L’introduction DU THEME comporte de nombreux éléments qui devront être utilisés dans le cadre d’une dissertation sur ce sujet ! Vous devez être capables de les intégrer. A LIRE : le COURS DU MANUEL HACHETTE, qui adopte un plan différent : cela vous permettra de comprendre comme les éléments de ce cours peuvent s’articuler. I/ LES ENJEUX GÉOPOLITIQUES DE LA CONQUETE SPATIALE LES ORIGINES - De l'Antiquité au XIXe siècle, l'espace est un rêve hors de portée. Faute de moyens techniques, la connaissance de l'espace se réduit à son observation. Les voyages spatiaux n'existent que dans les légendes et sous la plume de romanciers (Alexandre Dumas, Jules Verne, etc.). Il faut attendre 1926 pour que le physicien américain Robert Goddard fasse décoller la première fusée. Thème 1 - Axe 1 3/7 https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE - L’Allemagne nazie met au point la première fusée moderne durant la Seconde Guerre mondiale. Initié en 1937, son programme de développement d’un missile à longue portée capable de frapper les alliés (Royaume-Uni particulièrement) depuis le sol allemand aboutit, en 1942, au premier tir d'une fusée V2. Ces fusées sont produites à plusieurs milliers d'exemplaires sont produits et frappent, dès septembre 1944, des villes anglaises, françaises et belges. VERS LA GUERRE FROIDE - La guerre terminée, les Alliés s’approprient la technologie développée par les Allemands. Américains et Soviétiques, essentiellement, se lancent dans une course pour récupérer les plans, le matériel et surtout les ingénieurs du programme V2 (promesses d’immunité, ponts d’or, etc.). Les Grands souhaitent d’abord les utiliser pour développer leurs propres missiles destinés à emporter des charges nucléaires. C’est ainsi que le principal concepteur du V2, Wernher von Braun, s'installe aux États-Unis en 1945. A - La course à l’espace dans les années 1950-1960 : un enjeu de la guerre froide JALON 1 DOSSIER EN LIGNE SUR LE SITE DE L’ENSEIGNANT (cf. MANUEL) : N°1 - (DOSSIER HACHETTE pp. 36-37 + doc. 1 p. 32) « Quels ont été les acteurs, les enjeux et les étapes de la course à l’espace dans les années 1950 et 1960 ? » NASA GUERRE FROIDE* => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE BILAN - Pendant la Guerre froide l’espace est au cœur d’enjeux militaires (mise au point de missiles de portée intercontinentale, pour entretenir la dissuasion nucléaire, surveillance de l’ennemi…) mais aussi civils (mise au point de lanceurs destinés à envoyer des satellites et des hommes dans l'espace). L’espace est aussi le théâtre privilégié de la bataille d’image entre les deux Grands, chacun cherchant à prouver la supériorité de son modèle idéologique en allant plus vite et plus loin que l'autre dans l'exploration spatiale (d’où une importante promotion médiatique de leurs exploits). ➔ S’AVANCER SI POSSIBLE (LECTURE DE LA SYNTHESE LES RIVALITES ACTUELLES) Thème 1 - Axe 1 4/7 (H4) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. B - De nouveaux acteurs étatiques depuis les années 1970 : les puissances établies face aux puissances émergentes JALON 1 N°2 - (DOCS. pp. 34-35 + p. 38 du MANUEL HACHETTE) « Quelles puissances s’affirment dans l’espace depuis les années 1970 ? Pourquoi, et comment ? » SPACE POWER => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE C - L’espace aujourd’hui : un terrain de conquête privé ? JALON 1 N°3 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Pourquoi des entreprises privées se lancent-elles dans la conquête spatiale depuis le début du XXIème siècle ? » NEW SPACE => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE BILAN - Le space power est un moyen d'affirmer la puissance d'un État (SPACE POWER : capacité d'un État à se projeter dans l'espace pour satisfaire ses besoins en termes d'applications civiles et/ou militaires). Enjeu d'image et générateur de puissance politique, économique ou culturelle, l'espace fait figure d’atout tactique pour les Etats-Unis depuis la guerre du Golfe de 1990-1991 (satellites de télécommunication, de géolocalisation et d'observation). L'espace est un théâtre d'opérations qui doit être contrôlé au même titre que les océans. La hausse des budgets de nombreux États (Chine, Inde) montre combien la maîtrise de l'espace renforce le prestige d'un pays. A noter qu’en 1967 a été signé le Traité de l’espace, qui prévoit la non militarisation de la Lune et des corps célestes ainsi que l'interdiction de la mise sur orbite d'armes nucléaires. Les ambitions récentes des Etats-Unis (voir plus haut) paraissent remettre en cause les clauses de ce traité fondateur. II/ AFFIRMER SA PUISSANCE À PARTIR DES MERS ET DES OCÉANS Thème 1 - Axe 1 5/7 https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. UNE IMPORTANCE STRATEGIQUE HISTORIQUE - Dès l’antiquité, la maitrise des mers et des océans a été un facteur et une marque de puissance : Carthage, Rome, Venise au Moyen-âge, puissances ibériques à l’époque moderne, Royaume-Uni au XIXème siècle (première puissance maritime globale de l'histoire, dominant tous les océans)… les principaux empires maritimes ont presque toujours coïncidé avec les principales puissances du monde connu. De nombreux conflits se sont d’ailleurs joués sur la maitrise des mers, comme la Seconde Guerre mondiale : convois de l'Atlantique, débarquements en Afrique du Nord, en Normandie et en Provence, combats de la guerre du Pacifique (guerre d'escadre). La guerre froide s'est jouée, quant à elle, sous les mers : dissuasion nucléaire (USS Nautilus, 1er sous-marin nucléaire en 1958) et renseignement (opérations d'écoutes de câbles de communications…). ENJEUX GEOPOLITIQUES CONTEMPORAINS - La mondialisation a renforcé l’importance stratégique des mers et des océans. Les économies en sont de plus en plus dépendantes : environ 80 % des flux intercontinentaux de marchandises sont transportés par mer et plus de 95 % des flux d'information mondiaux (internet, téléphonie, etc.) sont transmis par câbles sous-marins. On parle de MARITIMISATION (augmentation et la concentration des échanges par voie maritime). De plus, les ressources océaniques et leur exploitation suscitent une féroce compétition internationale. Ces enjeux génèrent des tensions pour la fixation des frontières maritimes (ex : dans le golfe du Venezuela, riche en hydrocarbures, la Colombie revendique l'archipel de Los Monjes). A - Les forces de projection maritime : une hiérarchie des puissances JALON 2 N°4 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Quels sont les principaux acteurs et les principes de la projection de forces depuis les mers et les océans ? » PROJECTION SEA POWER THALASSOKRATOR => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE BILAN - L’appropriation des espaces maritimes accompagne l’affirmation de la souveraineté des États. Théorisée à la fin du XIXe siècle, la doctrine du Sea Power se renforce aujourd'hui : la puissance d'un État proviendrait de sa capacité à maîtriser l'espace maritime mondial grâce à sa marine pour y projeter sa souveraineté et y contrôler ses intérêts stratégiques (Royaume-Uni au XIXe siècle, États-Unis au XXe siècle). THALASSOKRATOR (« maître de la mer ») : expression employée par l'historien Pierre Royer pour qualifier la capacité des États- Unis à entretenir une maîtrise permanente de tous les océans. SEA POWER (« pouvoir maritime ») : expression américaine désignant la capacité des États-Unis à contrôler les mers par la puissance navale, le commerce océanique et l'industrie maritime. Par extension, elle est parfois utilisée pour d'autres États. Thème 1 - Axe 1 6/7 (H5) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. B - Les océans et la dissuasion nucléaire JALON 2 N°5 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « Pourquoi les océans sont-ils des espaces stratégiques de la dissuasion nucléaire ? » SNLE DISSUASION NUCLEAIRE => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE C - L’Arctique et la Méditerranée : des espaces maritimes stratégiques marqués par les rivalités N°6 - (DOSSIER IMPRIMÉ + EN LIGNE) « En quoi l’Arctique et la Méditerranée orientale sont-ils des espaces maritimes hautement stratégiques ? Quelles rivalités s’y inscrivent ? » Z.E.E. EMBARGO => Lecture de la synthèse des élèves, commentaires de l’enseignant / CORRECTION SUR LA GRILLE CONCLUSION Depuis les années 1950 et le début de la guerre froide, l'espace et les océans ont acquis une dimension géopolitique majeure. D’abord, le Traité de l'espace de 1967 est aujourd’hui remis en cause par une volonté d'appropriation de l'espace de plus en plus forte de la part d’États, puissances établies ou émergentes, mais aussi d’acteurs privés. Le nombre de satellites en orbite croit à un rythme effréné et les rivalités entre les principales puissances spatiales (États-Unis et Chine en tête), autour de l’exploration de la Lune et de Mars en particulier, soulèvent la question de la possible territorialisation de l'espace. Enfin, la militarisation des océans traduit la volonté des grandes puissances de se les approprier, tant les enjeux océaniques sont devenus majeurs (exploitation des ressources, contrôle des passages stratégiques, opérations militaires en direction des espaces terrestres, etc.). Si ces « nouvelles frontières » génèrent des tensions de plus en plus marquées, l’affirmation en termes de droit international du caractère « collectif » des abysses et de l’espace pourrait, si elle était unanimement acceptée, produire une coopération diplomatique et technologique inédite. (H6 BATTEMENT) ➔ Utiliser si besoin pour prolonger la correction des mini-dissertations (lecture de documents des dossiers). ➔ Etudier une caricature de presse : HACHETTE p. 85 (SUJET : L’arrivée de nouveaux acteurs dans la conquête spatiale - En analysant ce document, vous montrerez comment le journal New York Times présente l’arrivée de nouveaux acteurs dans l’espace. Confrontez ce document au doc. 3 p. 38 pour comprendre la réaction indienne à la publication de ce dessin de presse).
pour développer la recherche : la station spatiale internationale. - Rivalités et coopérations dans le partage, l'exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans : de la création des zones économiques exclusives (Convention de Montego Bay) à la gestion commune de la biodiversité (conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, BBNJ : Biological diversity beyond national juridiction). (H1) ACCROCHE - En 2022, le télescope spatial James-Webb, lancé fin 2021, livre des images inédites des premières galaxies de l’univers. Ses instruments, centrés sur l'infrarouge, sont le fruit d’une coopération internationale entre la NASA, l’ESA et l’ASC. ➔ RAPIDE - En quoi cet exemple témoigne-t-il des enjeux géopolitiques de la conquête spatiale ? La conquête spatiale revêt des enjeux de puissance : les Etats qui effectuent les percées les plus remarquables renforcent leur aura à l’international, comme ici les Etats-Unis dont la NASA est l’Agence spatiale. Mais cette conquête est si onéreuse et difficile qu’elle nécessite des coopérations. Ainsi plusieurs instruments du robot ont été mis au point par des équipes scientifiques européennes. DEFINITION DU SUJET - Les ressources océaniques et spatiales échappant en partie au droit international, de nombreux acteurs (publics comme privés) cherchent à se les approprier, tandis que d’autres agissent pour leur préservation. Ces rivalités géopolitiques génèrent le besoin d’en limiter les dérives : c’est pourquoi les Etats coopèrent et s’accordent sur des règles communes (territorialisation des espaces océaniques, stations spatiales communes, etc.), devenant à la fois les moteurs et les arbitres de la ruée vers ces nouveaux espaces de conquête. ➔ COMPLETER - lire le manuel pp. 64-66 : donne une autre perspective au cours PROBLEMATIQUE - Comment la GOUVERNANCE internationale de l’espace et des océans peut-elle réguler les rivalités liées à la conquête de ces nouvelles frontières ? Thème 1 - Axe 2 1/8 https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. I/ ESPACE ET COOPERATION SCIENTIFIQUE INTERNATIONALE A - Pendant la Guerre froide : encadrer la conquête spatiale ETUDE CRITIQUE n°1 ➔ DOCUMENTS DU DOSSIER EN LIGNE : Les premières tentatives de coordination et de régulation de la conquête spatiale pendant la guerre froide TRAITÉ DE L’ESPACE TRAITÉ DE LA LUNE E.S.A. PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) BONUS TEMPS : ANALYSE DE DOCUMENTS (DIAPORAMA) Thème 1 - Axe 2 2/8 (H2) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. B - L’ISS : symbole de la coopération scientifique internationale ✓ 1 - L’ISS, reflet du multilatéralisme Les premiers projets de stations spatiales remontent aux années 1970. Les Américains lancent la station Skylab, qui se désintègre en 1979. Confrontés à des difficultés techniques et financières, les États-Unis renoncent à construire seuls une nouvelle station spatiale. Les Soviétiques sont alors les seuls à continuer à envoyer des hommes dans l’espace. Leur station spatiale Mir, lancée en 1986, devient l’unique possibilité de réaliser des séjours dans l'espace. Jusqu’à la fin des années 1990, elle accueille des astronautes français, allemands, britanniques et autrichiens. La fin de la guerre froide change la donne. A la fin des années 1980, les Etats-Unis avaient proposé à leurs alliés (Europe, Canada, Japon) de coopérer à l'élaboration d'une station spatiale internationale (ISS). Chaque participant au projet se voit confier la conception et la réalisation d'une partie de la future station. En 1993, la Russie renonce à construire Mir 2 et rejoint le projet américain. Le lancement inaugural, en 1998, met en orbite un module russe (Zarya) auquel s'arriment ensuite progressivement les autres modules de la station. L’ISS est pleinement opérationnelle en 2010. La construction et l’entretien de la station spatiale internationale (ISS) associent 16 pays et 5 agences spatiales : la Nasa (États-Unis), l'ESA (Europe), Roscosmos (Russie), ASC (Canada) et JAXA (Japon). ETUDE CRITIQUE n°2 ➔ JALON 1 DOCUMENTS 1, 2 et 3 pp. 52-53 MANUEL HACHETTE : Le fonctionnement de la station spatiale internationale (ISS) : entre coopération scientifique et reflet des équilibres mondiaux (depuis 2000) I.S.S. AGENCE SPATIALE Ne débordez pas sur le sujet n°3, et ne développez pas les origines de l’ISS, qui seront abordées en classe. PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) SYNTHESE BONUS - L’ISS en bref : https://www.youtube.com/watch?v=0MrLh3klnis PODCAST - « Station spatiale internationale : un labo là-haut », La méthode scientifique, France culture, 2017 (57’) Thème 1 - Axe 2 3/8 (H3) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. ✓ 2 - Les limites de la coopération scientifique spatiale ETUDE CRITIQUE n°3 ➔ JALON 1 DOCUMENTS 5 p. 55 + 2 p. 57 (avec consultation du dossier pp. 55-57) : L’ISS, théâtre des rivalités de puissance (Ne débordez pas sur le sujet n°2 !) PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) LA PRIVATISATION, MENACE A LA COOPERATION ? En 2015, les États-Unis ont adopté le Space Act, un texte de loi soutenant le développement du New Space. Ce texte autorise les entreprises privées américaines à exploiter les ressources extra-terrestres (sans empêcher les Etats de faire de même) : plus précisément, elle leur confère le droit d'extraire et de vendre les ressources naturelles des astres. Les États- Unis incitent ainsi les entreprises à investir dans le domaine spatial, source de profits potentiels (exploitation des ressources, mais aussi sponsoring, séjours touristiques dans l’espace). L’objectif est que ces acteurs privés se substituent aux États pour financer de l'exploration spatiale. En effet, les États-Unis ont fait part de leur volonté de cesser de financer l’ISS à partir de 2025, dans une logique de privatisation progressive de la station spatiale internationale, afin que les coûts d'exploitation ne pèsent plus sur les contribuables mais sur des investisseurs privés. Une telle démarche fragiliserait à terme la coopération inter-étatique. LACUNES OU REUSSITES DE LA GOUVERNANCE SPATIALE ? Face à la multiplication des débris spatiaux, que la coopération ne parvient pas à endiguer, la sécurité des satellites stratégiques n'est pas garantie. D’autant que la question de la militarisation de l’espace fragilise la coopération internationale : la Chine et la Russie veulent y interdire les armes, contre l'avis des États-Unis. L'Europe, de son côté, défend en vain l’idée d’un code de conduite obligeant les puissances spatiales à s'informer mutuellement de leurs projets respectifs. Autre frein à la coopération : dans l'espace, les États souhaitent garder le contrôle de données sensibles. Ainsi, même au sein de l'ESA, les projets de surveillance de l'espace (des satellites et des débris spatiaux, etc.) sont gelés, car plusieurs États membres de l’Agence craignent qu’ils ne nécessitent de dévoiler à d’autres pays des informations stratégiques sur leurs propres satellites de défense. Toutefois, le changement climatique peut être un moteur suffisant pour relancer la coopération spatiale. La première coopération franco-chinoise a permis le lancement de CFOSat, en 2018, un satellite de mesure des vagues et des vents, pour mieux comprendre les équilibres entre l'atmosphère et l'océan, qui jouent un rôle majeur dans le système climatique global. APPROFONDISSEMENT BONUS : « Conquête spatiale : Thomas Pesquet, un français en apesanteur », France 24, 2016 (12’) Thème 1 - Axe 2 4/8 (H4) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. II/ LA GESTION INTERNATIONALE DES MERS ET DES OCEANS A - Le partage des océans et de leurs ressources : une coopération rendue nécessaire par des rivalités croissantes A l’époque moderne, la « liberté des mers » est le principe juridique fondamental de la gestion des espaces maritimes par les puissances européennes, suite aux recommandations formulées en 1609 par le juriste néerlandais Grotius, dans son traité Mare liberum. Mais à partir du XIXème siècle, le développement de la pêche au large puis l'exploitation des hydrocarbures offshore posent la question de l'appropriation de la haute mer par les Etats. En 1924, la Société des Nations (SDN) tente de codifier le droit de la mer : les désaccords entre Etats sur la définition de la largeur de la mer territoriale provoquent l’échec de cette première tentative. C’est près la Seconde guerre mondiale que la TERRITORIALISATION des espaces maritimes s’accélère. En 1945, le Président Truman proclame la souveraineté exclusive des États-Unis sur l’ensemble des ressources sous-marines au large de leurs côtes. En 1952, le Chili, l’Equateur et le Pérou, dans la « Déclaration de Santiago », proclament leur souveraineté respective sur un espace maritime de 200 miles au large de leurs côtes. C’est la première fois que cette distance est définie juridiquement. Devant ces initiatives isolées, la coopération internationale sur le droit de la mer s’engage à la fin des années 1950, sous l’impulsion de l’ONU, pour tenter d’établir un droit maritime égalitaire. En 1958, la conférence de Genève sur le droit de la mer permet, pour la première fois, une codification juridique internationale. Quatre conventions sont adoptées : sur la mer territoriale (sous la l’entière souveraineté d'un État), le plateau continental (le texte définit les droits d’exploitation de ses ressources par les États), la haute mer, mais aussi la pêche. Dans les années qui suivent, des pays en voie de développement remettent en cause certaines des règles fixées à Genève. Une nouvelle conférence sur le droit de la mer est convoquée par l’ONU et aboutit, en 1982, à la signature à Montego Bay (en Jamaïque) de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM). ETUDE CRITIQUE n°4 ➔ JALON 2 DOCUMENTS DU DOSSIER EN LIGNE : Les règles du partage international des océans, de la conférence de Montego Bay à nos jours MER TERRITORIALE Z.E.E. T.I.D.M. HAUTE-MER PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) VIDEO RESSOURCE - « Comprendre la géopolitique des océans en moins de 10 minutes », Le monde en cartes, 2018 Thème 1 - Axe 2 5/8 (H5) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. B - Les rivalités dans le partage des ressources LES CAUSES DES RIVALITES - Les espaces maritimes abritent de nombreuses ressources naturelles : gaz, pétrole, RESSOURCES HALIEUTIQUES, etc. Cf. intro du Thème + carte 1 p. 58. RESSOURCES EN HYDROCARBURES - Les tensions sont vives en mer de Chine. Ainsi, la RPC revendique des îlots appartenant, selon le droit international, au Japon (Senkaku/ Diaoyu) ou au Vietnam (îles Spratleys). La maitrise de ces îlots contestés permettrait à la Chine de demander l’extension de sa ZEE à des espaces maritimes particulièrement riches en hydrocarbures offshore (bien que la Convention de Montego Bay précise que seuls les espaces de prêtant à une habitation humaine ou à une activité économique propre peuvent avoir une ZEE, ce qui n’est pas le cas de ces îlots). AUTRES SOURCES DE CONFLITS - Les tensions s’exacerbent aussi à propos de l'appropriation les ressources halieutiques. Par exemple, dans les années 2000, l'Union européenne et la Norvège se sont affrontées à propos du partage du stock de harengs de l'Atlantique Nord lorsque ces poissons, sous l’effet du réchauffement des océans, ont massivement migré vers les eaux des îles Féroé (Danemark). La présence de terres rares offshore, ressources fortement convoitées puisqu’indispensables au développement de nouvelles technologies, constituent un autre potentiel de conflits. L’enclavement maritime aussi : la Bolivie a ainsi longtemps exigé que le Chili lui accorde un accès à l’Océan Pacifique. BILAN - On estime les litiges frontaliers sur les océans à environ 70/80. Ils concernent essentiellement les limites des ZEE, et sont pour la plupart jugés par le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), créé en 1996 (siégeant à Hambourg en Allemagne). Lorsque le TDIM ne parvient pas à résoudre le conflit, la Cour internationale de Justice de La Haye, constitue le dernier recours. Ainsi en 2018, la CIJ a estimé que le Chili n’avait aucune obligation d’accorder un accès maritime à la Bolivie. Les litiges sont d’autant plus nombreux que dans les océans, la défense des intérêts particuliers des puissances est vue comme prioritaire à l'intérêt général. Au final, les seules coopérations vraiment abouties concernent la défense des intérêts vitaux des grandes puissances : c’est ainsi le cas dans la lutte commune contre la piraterie, souvent très efficace (en Asie du Sud-Est, elle a baissé de 57 % depuis 2014 grâce à l'action commune des Etats riverains de la mer de Chine). ETUDE CRITIQUE n°5 ➔ JALON 2 DOCUMENTS DU DOSSIER EN LIGNE : L’exploitation des riches ressources maritimes de l’Océan Indien, source des rivalités frontalières entre la Somalie et le Kenya RESSOURCES HALIEUTIQUES Ne débordez pas sur l’exposé n° 1 (ne définissez pas la Z.E.E., etc.) PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) APPROFONDISSEMENT BONUS : « Le Kenya et la Somalie se disputent de vastes réserves de pétrole et de gaz », CGTN Français, 3’ Thème 1 - Axe 2 6/8 (H6) https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. C - Coopérer pour préserver la mer et les océans Le changement climatique mondial, ainsi que l’activité humaine en général (pêche commerciale, pollution plastique, exploitation minière des fonds marins…), génèrent un besoin de coopération internationale dans la gestion des mers et des océans, par la menace qu’ils font peser sur la biodiversité marine notamment : - GESTION DES RESSOURCES : La surexploitation des ressources maritimes a conduit, en 1995, à l’adoption d’une convention de promotion d'une pêche responsable (instauration de quotas de pèche par espèces, mise en place des contrôles coordonnés, etc.). Dans le même temps, l'exploitation des minerais sous-marins présents dans les eaux internationales est encadrée depuis 1994 par l'Autorité internationale des fonds marins. La haute-mer n’est donc pas une zone de non-droit. - AIRES PROTEGEES : La coopération internationale passe aussi par la délimitation d'aires marines protégées, où se mettent en place de véritables gouvernances régionales des océans. Ainsi le Conseil de l'Arctique, créé en 1996, est un forum intergouvernemental regroupant huit États (Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Suède, Russie). Il met en œuvre l'observation de la faune, de la flore, des conséquences du changement climatique, mais aussi la lutte contre la pollution. Ce Conseil n’empêche pas les tensions entre les pays membres : il a suspendu ses activités en 2022 en réaction à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ce qui fragilise la gouvernance polaire. - CADRE JURIDIQUE MONDIAL : À l'échelle mondiale, depuis 2018, la session annuelle de la BBNJ (Biological diversity beyond national juridiction = biodiversité marine en haute mer), premier instrument juridique de la CNUDM, vise à créer un cadre juridiquement contraignant, et international, sur la conservation et la mise en œuvre d’une exploitation durable de la biodiversité marine, dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Le droit de la mer est donc toujours en construction. D’autant plus difficilement que mais les modalités de sa mise en œuvre divisent pays développés et pays en développement. ➔ La collaboration internationale dans le domaine de la protection de l'environnement maritime reste limitée, malgré les initiatives multiples de l’ONU. L'émergence d'une réelle gouvernance mondiale des océans demeure hypothétique : cf. CARTE 3 p. 59 HACHETTE. ETUDE CRITIQUE n°6 ➔ JALON 2 DOCUMENTS 1 p. 62 et 5 p. 63 : Outils, acteurs et limites de la gestion commune de la biodiversité marine à l’échelle régionale et locale CONVENTION OSPAR PRESENTATION ORALE PAR LE GROUPE D’ELEVES (sur la base d’une étude critique de documents) + REPRISE PAR L’ENSEIGNANT (documents du sujet) Thème 1 - Axe 2 7/8 https://yann-bouvier.jimdofree.com / HGGSP Term. CONCLUSION SCHEMA NATHAN p. 7
