La psychologie sociale étudie comment les autres nous influencent. Deux phénomènes importants sont la facilitation sociale et la paresse sociale, qui montrent comment notre performance change quand d'autres personnes sont là.
Facilitation sociale
Quand la présence d'autres personnes améliore notre performance, surtout pour des tâches simples ou que l'on maîtrise bien.
Paresse sociale
Quand on fournit moins d'effort en travaillant en groupe que si on était seul.
Performance individuelle
Le niveau de réussite d'une personne dans une tâche.
Coaction
Réaliser une tâche en même temps que d'autres, mais chacun de son côté.
Spectateur
Une personne qui regarde sans participer à la tâche.
L'observation de Norman Triplett (1898) : La performance boostée !
En 1898, Norman Triplett a remarqué que les cyclistes pédalaient plus vite quand ils étaient en groupe que quand ils étaient seuls. Il a mené une expérience où des enfants enroulaient un moulinet de canne à pêche. Il a constaté que la présence d'autres enfants pouvait améliorer leur vitesse. C'est ce qu'on appelle la facilitation sociale : la présence d'autrui peut nous rendre plus performants sur des tâches simples.
Cependant, Triplett a aussi vu que parfois, la présence d'autrui n'avait aucun effet, ou même un effet négatif. Cela montrait déjà que la situation était plus complexe qu'il n'y paraissait.
L'observation de Max Ringelmann (1882-1887) : Moins d'efforts en groupe ?
Entre 1882 et 1887, Max Ringelmann a étudié des personnes qui tiraient sur une corde. Il a découvert que plus il y avait de personnes dans le groupe, moins chaque personne fournissait d'effort individuel. Par exemple, si 8 personnes tiraient ensemble, l'effort total n'était pas 8 fois l'effort d'une personne seule. C'est la paresse sociale : en groupe, on a tendance à se relâcher un peu.
Dans ce cas, la présence d'autrui a un effet inhibiteur sur la performance individuelle, car l'effort de chacun est moins visible.
Des effets parfois contradictoires : Pourquoi ?
Les recherches après Triplett et Ringelmann ont montré que les effets de la présence d'autrui ne sont pas toujours les mêmes. Par exemple :
En 1910, Burnham a observé que les élèves faisaient mieux les calculs en classe qu'à la maison, mais qu'ils étaient moins créatifs pour rédiger une dissertation en groupe.
En 1920, Allport a montré que la présence d'autres personnes augmentait la quantité de travail (plus de mots écrits), mais diminuait la qualité (mots moins bons).
En 1933, Pessin a constaté qu'apprendre une liste de mots était plus lent en présence d'un spectateur, à cause du stress ou de la distraction.
Le psychologue Robert Zajonc a proposé en 1965 une explication : la présence d'autrui augmente notre niveau de stress. Si la tâche est simple et que nous la maîtrisons bien, ce stress nous aide à être plus rapides et efficaces (facilitation). Mais si la tâche est nouvelle, difficile ou demande de l'apprentissage, ce stress peut nous perturber et diminuer notre performance (inhibition).
A retenir :
- Norman Triplett a découvert la facilitation sociale : la présence d'autrui peut améliorer nos performances sur des tâches simples.
- Max Ringelmann a mis en évidence la paresse sociale : en groupe, l'effort individuel peut diminuer.
- Les effets de la présence d'autrui sont complexes et dépendent de la nature de la tâche (simple ou complexe) et du contexte (coaction, spectateur, travail de groupe).
- Pour les tâches simples et maîtrisées, la présence d'autrui tend à faciliter la performance.
- Pour les tâches complexes ou nécessitant un apprentissage, la présence d'autrui peut inhiber la performance ou l'effort.
