La comptabilité traditionnelle, qui mesure l'argent et les biens d'une entreprise, n'est plus suffisante pour comprendre tous les défis de notre époque. Elle a du mal à prendre en compte la rareté des ressources naturelles et les dangers liés au climat, comme les risques climatiques et la notion de double matérialité.
Développement durable
Un développement qui répond aux besoins du présent sans empêcher les générations futures de répondre aux leurs. Il cherche un équilibre entre l'économie, la société et l'environnement.
Limites planétaires
Neuf seuils à ne pas dépasser pour que la Terre reste un endroit sûr pour l'humanité (par exemple, le climat, la biodiversité, l'eau douce).
Risques climatiques
Dangers liés au changement climatique pour les entreprises et la société, comme les inondations (risques physiques), les changements de lois (risques de transition) ou les poursuites en justice (risques de responsabilité).
Double matérialité
Une façon de regarder les impacts qui considère deux choses : comment les enjeux environnementaux et sociaux affectent l'entreprise, ET comment l'entreprise affecte l'environnement et la société.
Capital naturel
Ensemble des ressources et services fournis par la nature (eau, air pur, forêts, sols fertiles) dont dépend l'économie et la vie humaine.
Historiquement, la comptabilité a évolué pour suivre les besoins de l'économie, comme le commerce ou l'industrie. Elle a appris à mesurer les biens (actifs) et les dettes (passifs) d'une entreprise. Cependant, elle se concentre surtout sur ce qui a un prix en argent.
Le problème est que des éléments très importants, comme l'eau, l'air pur ou la santé des employés (le capital humain), ne sont pas bien mesurés par cette comptabilité. Ils sont souvent considérés comme des coûts ou ne sont pas du tout visibles dans les bilans. Cela donne l'impression que ces ressources sont illimitées ou sans valeur.
Différentes visions de l'économie et de la comptabilité
Face à la raréfaction des ressources et aux problèmes environnementaux, de nouvelles idées sont apparues. Le rapport Brundtland a introduit le 'développement durable' en 1987, cherchant un équilibre entre l'économie, le social et l'environnement. Mais ce modèle peut parfois permettre de faire des choix qui ne respectent pas assez l'environnement.
Plus tard, le concept des 'limites planétaires' a montré qu'il y a des seuils à ne pas dépasser pour la survie de l'humanité. L'économie du Donut de Kate Raworth propose de vivre dans un espace sûr et juste, entre un 'plancher social' (les besoins de base de tous) et un 'plafond écologique' (les limites de la planète).
Les entreprises doivent aussi faire face aux 'risques climatiques'. Il y a les risques physiques (comme les catastrophes naturelles), les risques de transition (quand les lois changent ou que de nouvelles technologies apparaissent) et les risques de responsabilité (quand des gens demandent réparation pour des dommages climatiques).
Pour mieux comprendre ces enjeux, on utilise la 'double matérialité'. Cela veut dire qu'on regarde deux choses : comment le climat ou les problèmes sociaux affectent l'entreprise (par exemple, une usine inondée), et comment l'entreprise affecte le climat ou la société (par exemple, la pollution qu'elle émet).
Pour que la comptabilité prenne mieux en compte ces nouveaux défis, des organisations travaillent sur de nouvelles règles. L'ISSB (International Sustainability Standards Board) et l'EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) créent des normes pour aider les entreprises à publier des informations sur leur impact environnemental et social. La GRI (Global Reporting Initiative) propose aussi des lignes directrices pour le reporting de durabilité.
Ces nouvelles normes visent à rendre visibles les impacts et les dépendances des entreprises vis-à-vis du capital naturel et humain, qui étaient auparavant 'invisibles' dans les comptes traditionnels. Elles permettent de mieux évaluer les vrais risques et opportunités pour les entreprises et la planète.
A retenir :
- La comptabilité traditionnelle ne mesure pas bien les ressources naturelles et humaines, ce qui masque leur rareté et leur valeur.
- Le développement durable cherche un équilibre, mais l'économie du Donut propose un cadre plus strict avec un plancher social et un plafond écologique.
- Les entreprises sont exposées à des risques climatiques variés : physiques, de transition et de responsabilité.
- La double matérialité permet d'analyser les impacts dans les deux sens : de l'environnement vers l'entreprise et de l'entreprise vers l'environnement.
- Des organismes comme l'ISSB, l'EFRAG et la GRI travaillent à créer de nouvelles normes pour intégrer ces enjeux dans la comptabilité et rendre les impacts plus visibles.
