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Post-Bac
2

RSE

1. La Théorie des Parties Prenantes (Stakeholders)

A. Définition et Évolution


  • Cadre : Une entreprise n’évolue pas seule ; elle interagit avec un environnement économique, physique et politique (lois, taxes, normes RSE).
  • Définition historique (1963) : Personne ou groupe « sans le soutien desquels l’entreprise cesserait d’exister ». L'approche était alors très centrée sur l'entreprise (vision égocentrée).
  • Les 6 PP historiques : Actionnaires, employés, consommateurs, fournisseurs, banques, société.
  • Le tournant des années 1980 : Perte d'influence des États au profit d'un cadre mondialisé. 4 raisons :
  1. Essor des organisations internationales.
  2. Développement des organisations intergouvernementales (OMC, FMI).
  3. Montée en puissance des ONG.
  4. Pouvoir grandissant des multinationales face à des frontières politiques limitées.
  • Définition moderne de Freeman (1984) : « Tout individu ou groupe d’individus pouvant affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de l’organisation. »
  • Exclusion : Ceux qui n'ont aucune relation ou aucune capacité d’impact (direct ou indirect).
  • Nuance : Un stakeholder peut être affecté sans pour autant avoir le pouvoir d'affecter l'entreprise (et inversement).
  • Définition ISO 26000 : Individus ou groupes ayant un intérêt dans les décisions ou activités d’une entreprise.

B. Typologie des Parties Prenantes


  • Internes : Stagiaires/alternants, ouvriers, cadres, managers, syndicats/représentants du personnel, conseil d'administration, actionnaires.
  • Externes : Clients, fournisseurs/prestataires, institutions publiques (régions, ministères), investisseurs, agences de notation, société civile, ONG/associations, médias, fédérations professionnelles, académiques/scientifiques, partenaires/pairs, l'environnement, et les générations futures.



PARTIES PRENANTES

C. Application à la RSE : La Matrice de Matérialité


  • La notion de PP naît d'une exigence éthique de la société civile (éthique des affaires, financière, environnementale et sociale).
  • Matrice de matérialité (Cartographie des PP) : Outil graphique qui représente le paysage des PP à un instant T pour engager le dialogue.
  • Définition (GRI) : Identification des enjeux de développement durable "matériels" (qui impactent directement ou indirectement la capacité de l'entreprise à créer, préserver ou éroder de la valeur).
  • Structure (2 axes / 4 quadrants) :
  • Axe X : Niveau de pouvoir/influence de la PP sur le projet.
  • Axe Y : Niveau d'intérêt de la PP pour le projet.


2. Maîtrise de la Chaîne de Valeur et Critères RSE

A. Les enjeux de la Supply Chain


Les grandes entreprises doivent connaître parfaitement leur chaîne d’approvisionnement pour des raisons de coûts, de process, mais surtout pour des contraintes européennes et éthiques :

  • Bannissement du travail forcé.
  • Interdiction des produits issus de terres déboisées (café, cacao, bœuf).
  • Législation sur le devoir de vigilance des multinationales (stopper les violations des droits humains et dommages environnementaux).

B. Le Concept de Chaîne de Valeur (Michael Porter - Années 80)


  • Définition : Méthode d'analyse des activités de l'entreprise pour identifier et renforcer son avantage concurrentiel. Elle transforme des inputs (intrants) en outputs (produits finis) achetés par le client.
  • Création de valeur : Elle a lieu lorsque la valeur des biens/services produits est supérieure au coût des intrants utilisés.

C. Structure de la Chaîne de Valeur de Porter


  1. Activités Principales (Création et distribution physique) :
  • Logistique interne : Fournisseurs, commandes, stockage, manutention.
  • Production : Fabrication, assemblage, contrôle qualité.
  • Logistique externe : Distribution, livraison, transport, exécution des commandes.
  • Commercialisation (Marketing/Vente) : Publicité, études de marché, force de vente.
  • Services : SAV, installation, maintenance, formation.
  1. Activités de Soutien (Permettent aux activités principales d'exister) :
  • Approvisionnements : Achats de matières premières, fournitures, moyens de production.
  • R&D : Systèmes d'information, gestion des connaissances, innovation.
  • GRH : Recrutement, rémunération, formation, gestion de carrière.
  • Infrastructure de la firme : Direction, comptabilité, juridique.

D. Intégration de la RSE à chaque étape de la Chaîne de Valeur


  • Logistique : Emballages écoresponsables, réduction de l'impact des transports.
  • Production : Réduction des GES, économies d'eau/énergie, gestion des déchets, sécurité/éthique au travail.
  • Commercialisation : Marketing déontologique, prix accessibles, respect du RGPD et de la vie privée.
  • Achats : Commerce équitable, valorisation des producteurs locaux.
  • Développement technologique : Éco-conception, recyclage, technologies zéro déchet.
  • Gouvernance : Engagement de la direction, politique RH transparente, modèle d'affaires responsable.
Pourquoi l'analyser en RSE ? Permet d'identifier précisément les points d'action pour réduire l'empreinte carbone, optimiser les coûts et inclure l'ensemble des PP (y compris les travailleurs extérieurs).



3. Démarche RSE et Management des Ressources Humaines (RH)

A. Le rôle transversal du Responsable RSE


Le responsable RSE (interne ou externe) incarne le changement. C'est la fonction la plus transversale de l'entreprise.

  • Ses défis : Rendre la RSE lisible, obtenir le soutien de la direction, définir et mesurer des indicateurs d'impact, convaincre les équipes opérationnelles, créer une culture d'engagement, et obtenir des budgets.
  • Ses missions (5 piliers) :
  1. Définir la stratégie : Priorisation, cartographie des risques, conviction de la direction.
  2. Accompagner le déploiement opérationnel : Achats responsables, recrutement inclusif.
  3. Animer en interne : Sensibilisation, formations, ancrage dans la culture d'entreprise.
  4. Assurer le reporting : Définir les KPI (indicateurs clés), publier le rapport RSE.
  5. Animer en externe & Valoriser : Soutenir la transition des fournisseurs, communiquer les engagements aux actionnaires et au public.

B. Le Reporting ESG (Directive Européenne CSRD)


La dimension sociale (RH) est au cœur des évaluations ESG exigées par la réglementation européenne :

  • E (Environnement) : GES, pollution de l'eau, gestion des déchets, impact climatique.
  • S (Social) : Facteur humain interne/externe. Bien-être, santé et sécurité des salariés, satisfaction client, impact sur les communautés locales.
  • G (Gouvernance) : Mode de direction, transparence, lutte contre la corruption, équité hommes-femmes.

C. Focus RH : La QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail)


  • Anciennement QVT, devenue QVCT en 2020. Elle concilie le bien-être des collaborateurs et la performance économique.
  • Champs d'action : Organisation des services, pertinence des missions, droit d'expression des salariés, confort des postes de travail, avantages externes.
  • Pourquoi mettre en place la QVCT ? (Objectifs clés pour l'examen) :
  • Améliorer le climat social et le dialogue.
  • Renforcer l'engagement et la motivation (productivité).
  • Réduire l'absentéisme, le stress et le turnover (rotation du personnel).
  • Prévenir les RPS (Risques Psychosociaux) et les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques).
  • Favoriser l'innovation et attirer/fidéliser les talents (Marque Employeur).
  • Booster la compétitivité et l'image de l'entreprise.


Post-Bac
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RSE

1. La Théorie des Parties Prenantes (Stakeholders)

A. Définition et Évolution


  • Cadre : Une entreprise n’évolue pas seule ; elle interagit avec un environnement économique, physique et politique (lois, taxes, normes RSE).
  • Définition historique (1963) : Personne ou groupe « sans le soutien desquels l’entreprise cesserait d’exister ». L'approche était alors très centrée sur l'entreprise (vision égocentrée).
  • Les 6 PP historiques : Actionnaires, employés, consommateurs, fournisseurs, banques, société.
  • Le tournant des années 1980 : Perte d'influence des États au profit d'un cadre mondialisé. 4 raisons :
  1. Essor des organisations internationales.
  2. Développement des organisations intergouvernementales (OMC, FMI).
  3. Montée en puissance des ONG.
  4. Pouvoir grandissant des multinationales face à des frontières politiques limitées.
  • Définition moderne de Freeman (1984) : « Tout individu ou groupe d’individus pouvant affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs de l’organisation. »
  • Exclusion : Ceux qui n'ont aucune relation ou aucune capacité d’impact (direct ou indirect).
  • Nuance : Un stakeholder peut être affecté sans pour autant avoir le pouvoir d'affecter l'entreprise (et inversement).
  • Définition ISO 26000 : Individus ou groupes ayant un intérêt dans les décisions ou activités d’une entreprise.

B. Typologie des Parties Prenantes


  • Internes : Stagiaires/alternants, ouvriers, cadres, managers, syndicats/représentants du personnel, conseil d'administration, actionnaires.
  • Externes : Clients, fournisseurs/prestataires, institutions publiques (régions, ministères), investisseurs, agences de notation, société civile, ONG/associations, médias, fédérations professionnelles, académiques/scientifiques, partenaires/pairs, l'environnement, et les générations futures.



PARTIES PRENANTES

C. Application à la RSE : La Matrice de Matérialité


  • La notion de PP naît d'une exigence éthique de la société civile (éthique des affaires, financière, environnementale et sociale).
  • Matrice de matérialité (Cartographie des PP) : Outil graphique qui représente le paysage des PP à un instant T pour engager le dialogue.
  • Définition (GRI) : Identification des enjeux de développement durable "matériels" (qui impactent directement ou indirectement la capacité de l'entreprise à créer, préserver ou éroder de la valeur).
  • Structure (2 axes / 4 quadrants) :
  • Axe X : Niveau de pouvoir/influence de la PP sur le projet.
  • Axe Y : Niveau d'intérêt de la PP pour le projet.


2. Maîtrise de la Chaîne de Valeur et Critères RSE

A. Les enjeux de la Supply Chain


Les grandes entreprises doivent connaître parfaitement leur chaîne d’approvisionnement pour des raisons de coûts, de process, mais surtout pour des contraintes européennes et éthiques :

  • Bannissement du travail forcé.
  • Interdiction des produits issus de terres déboisées (café, cacao, bœuf).
  • Législation sur le devoir de vigilance des multinationales (stopper les violations des droits humains et dommages environnementaux).

B. Le Concept de Chaîne de Valeur (Michael Porter - Années 80)


  • Définition : Méthode d'analyse des activités de l'entreprise pour identifier et renforcer son avantage concurrentiel. Elle transforme des inputs (intrants) en outputs (produits finis) achetés par le client.
  • Création de valeur : Elle a lieu lorsque la valeur des biens/services produits est supérieure au coût des intrants utilisés.

C. Structure de la Chaîne de Valeur de Porter


  1. Activités Principales (Création et distribution physique) :
  • Logistique interne : Fournisseurs, commandes, stockage, manutention.
  • Production : Fabrication, assemblage, contrôle qualité.
  • Logistique externe : Distribution, livraison, transport, exécution des commandes.
  • Commercialisation (Marketing/Vente) : Publicité, études de marché, force de vente.
  • Services : SAV, installation, maintenance, formation.
  1. Activités de Soutien (Permettent aux activités principales d'exister) :
  • Approvisionnements : Achats de matières premières, fournitures, moyens de production.
  • R&D : Systèmes d'information, gestion des connaissances, innovation.
  • GRH : Recrutement, rémunération, formation, gestion de carrière.
  • Infrastructure de la firme : Direction, comptabilité, juridique.

D. Intégration de la RSE à chaque étape de la Chaîne de Valeur


  • Logistique : Emballages écoresponsables, réduction de l'impact des transports.
  • Production : Réduction des GES, économies d'eau/énergie, gestion des déchets, sécurité/éthique au travail.
  • Commercialisation : Marketing déontologique, prix accessibles, respect du RGPD et de la vie privée.
  • Achats : Commerce équitable, valorisation des producteurs locaux.
  • Développement technologique : Éco-conception, recyclage, technologies zéro déchet.
  • Gouvernance : Engagement de la direction, politique RH transparente, modèle d'affaires responsable.
Pourquoi l'analyser en RSE ? Permet d'identifier précisément les points d'action pour réduire l'empreinte carbone, optimiser les coûts et inclure l'ensemble des PP (y compris les travailleurs extérieurs).



3. Démarche RSE et Management des Ressources Humaines (RH)

A. Le rôle transversal du Responsable RSE


Le responsable RSE (interne ou externe) incarne le changement. C'est la fonction la plus transversale de l'entreprise.

  • Ses défis : Rendre la RSE lisible, obtenir le soutien de la direction, définir et mesurer des indicateurs d'impact, convaincre les équipes opérationnelles, créer une culture d'engagement, et obtenir des budgets.
  • Ses missions (5 piliers) :
  1. Définir la stratégie : Priorisation, cartographie des risques, conviction de la direction.
  2. Accompagner le déploiement opérationnel : Achats responsables, recrutement inclusif.
  3. Animer en interne : Sensibilisation, formations, ancrage dans la culture d'entreprise.
  4. Assurer le reporting : Définir les KPI (indicateurs clés), publier le rapport RSE.
  5. Animer en externe & Valoriser : Soutenir la transition des fournisseurs, communiquer les engagements aux actionnaires et au public.

B. Le Reporting ESG (Directive Européenne CSRD)


La dimension sociale (RH) est au cœur des évaluations ESG exigées par la réglementation européenne :

  • E (Environnement) : GES, pollution de l'eau, gestion des déchets, impact climatique.
  • S (Social) : Facteur humain interne/externe. Bien-être, santé et sécurité des salariés, satisfaction client, impact sur les communautés locales.
  • G (Gouvernance) : Mode de direction, transparence, lutte contre la corruption, équité hommes-femmes.

C. Focus RH : La QVCT (Qualité de Vie et des Conditions de Travail)


  • Anciennement QVT, devenue QVCT en 2020. Elle concilie le bien-être des collaborateurs et la performance économique.
  • Champs d'action : Organisation des services, pertinence des missions, droit d'expression des salariés, confort des postes de travail, avantages externes.
  • Pourquoi mettre en place la QVCT ? (Objectifs clés pour l'examen) :
  • Améliorer le climat social et le dialogue.
  • Renforcer l'engagement et la motivation (productivité).
  • Réduire l'absentéisme, le stress et le turnover (rotation du personnel).
  • Prévenir les RPS (Risques Psychosociaux) et les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques).
  • Favoriser l'innovation et attirer/fidéliser les talents (Marque Employeur).
  • Booster la compétitivité et l'image de l'entreprise.