La pièce pourrait être perçue comme un monologue intérieur ou H1 et H2 se confondent. Leurs rôles sont interchangeables: accusé et accusateur.
Ils pourrait s'agir d'un seul personnages confronté a ses propres contradictions.
Dans cette pièce... à la limite ça aurait pu être la même personne (...) Nous avons tous des tendances contradictoires qui luttent entres elles. --> Entretien 1986
INFOS
Sarraute est tiraillée entre deux pays et deux parents russes d'origines juive. Elle est délaissée par sa mère et confrontée à une profonde angoisse. Son identité juive la poussera à se cacher des autorités allemandes. Dans ses sous-conversations, les personnages essayent de dissimuler une part d'eux mêmes.
Sarraute a toujours manifesté de l'intérêt pour moralité et les mécanismes du langage.
- Auteur polyglotte --> elle a fait des allers-retours entre la France, la Russie, l'Allemagne et l'Angleterre. Elle a découvert les grands auteur dans leurs langue d'origine.
- Ses études d'avocates ont renforcé son attrait pour le débat structuré et argumenté de la disputatio
- C'est une auteur qui privilégie l'auditif plutôt que le visuel
Quand j'écrit j'écoute plus que je ne vois. Il faut que j'entende chaque mot (...) essayer d'imaginer une partition --> Entretien 1981.
- Sarraute est une écrivaine venu au théâtre tardivement. Au départ, elle écrit des pièces pour la radio dont Pour un oui ou pour un non. MAIS elle perçoit vit elle potentiel du genre dramatique et comment il peut compléter sa pratique de l'écriture romanesque dans la mise en valeurs des Tropismes. Elle montre comment le récit permet d'extérioriser à travers le dialogue incarné par des acteurs, ce qui est intériorisé. Les tropismes sont plus authentique transcriptibles dans la mise en scène et la mise en voix que propose le genre théâtral. Les tropismes déclenchent l'action dramatique.
Sarraute a bouleversé les codes dramaturgiques au profit des jeux du langage.
MAIS elle respecte quand même en quelque sorte les unité de temps, de lieu et d'action.
Le langage n'est pas vu comme absurde même si il se montre impuissant dans la communicabilité entre deux êtres. Grâce a l'étude des tropismes on s'aperçoit des sens cachés.
Les personnages sarrautien n'ont pas de nom mais le dramaturge ne le déshumanise pas.
Sarraute a écrit une pièce sur le silence aussi --> Le silence.
Même si Sarraute est une autrice indépendante qui ne se prêtent pas au modes de son époques. Elle est rattaché au mouvement du Nouveau Roman --> elle cherche à s'éloigner de l'esthétique du roman des siècles précédents.
Elle renonce a une structure linéaire et au rôle traditionnel de l'intrigue.
Elle s'écarte aussi du rôle traditionnel des personnages qui ne sont pas nommé et peuvent être interchangeables.
Chez Sarraute le conflit trouve rarement des issue. La parole est insuffisante et inadéquate et contribue plutôt à envenimer la situation. Le discours révèle des tropismes mais ne les résout pas.
H1 croyait pouvoir rapidement mettre fin à la dispute en dialoguant avec H2 mais ce dernier sait d'avance que c'était perdue.
Sarraute s'inspire du grand auteur russe Dostoïevski--> montre les forces contradictoires qui écartèlent l'individu et le font apparaître tantôt comme l'homme du oui et tantôt comme l'homme du non.
H1 et H2 reflète une dichotomie classique "entre l'homme public et la personne privée, celui qui vit dans le siècle et celui qui vit dehors, celui qui accepte la société et celui qui la refuse au profit d'une vie intérieure riche, d'une existence d'artiste pauvre et méconnu"
Chacun cherche en quelque sorte à s'approprier le monde de l'autre.
H1 --> partager la sensibilité artistique de H2
H2 --> aimerait trouver les mots justes, ceux qui structurent la pensée.
Sarraute désigne ses personnages par de lettres et des numéros. Elle rejettent les codes vestimentaires --> l'anonymisation des personnages qui peut être relié a la persécution des juifs pendant l'occupation. Mais aussi de revenir sur le caractère universelle des comportements humains afin que le spectateur puisse se reconnaître.
Les personnages sont des hommes car elles les estime "plus neutre"
L'écriture de Sarraute peut être perçus comme un laboratoire expérimental du langage --> les personnages se réduisent à des panneaux par lesquels transitent les mots révélateurs des tropismes. Ils sont crée par convention théâtral et non pour eux même car les considérations de genre et de classe social ne sont pas la préoccupation de l'auteur.
Sarraute ne prend parti pour aucun personnage la raison de la dispute n'a aucune importance ce qui compte c'est le langage et ses limites, ses dysfonctionnements dans les mécanismes du comportement humain.
Elle ne fait jamais référence a l'actualité dans ses oeuvres.
Elle se démarque de auteurs du Nouveau Roman en évitant de définir l'homme en fonction de son milieu social.