Le froid exerce une influence complexe sur les végétaux, agissant à la fois comme un signal indispensable pour le cycle de vie et comme un stress physiologique affectant la croissance.
Voici les points clés pour comprendre ces effets d'après vos sources :
1. Perception du froid
La plante perçoit la température principalement de trois manières :
- La fluidité des membranes : Elle diminue avec le froid, ce qui agit comme un véritable senseur mécanique pour la cellule.
- La vitesse des réactions métaboliques : Le froid ralentit globalement l'activité enzymatique.
- La stabilité des molécules : Certains processus, comme la réversion de la forme active du phytochrome (Pfr) vers la forme inactive (Pr), sont sensibles à la température.
2. Signaux de développement : Vernalisation vs Stratification
Il est crucial de distinguer ces deux processus qui nécessitent une exposition prolongée au froid (généralement entre 0 et 5 °C) pour lever des blocages physiologiques :
- La Vernalisation (Compétence à fleurir) : C'est le besoin de froid pour permettre ou accélérer la floraison ultérieure.
- Cibles : Essentielle pour les plantes bisannuelles (betterave, carotte) et les annuelles d'hiver (céréales).
- Mécanisme : Elle agit par une répression épigénétique du gène FLC (un inhibiteur de floraison). Le froid "éteint" ce gène, ce qui permet à la plante de fleurir au retour du printemps.
- Lieu de perception : Les tissus mitotiquement actifs, comme le méristème apical de tige (SAM).
- La Stratification (Levée de dormance des graines) : C'est un traitement par le froid humide appliqué aux semences pour permettre leur germination.
- Mécanisme hormonal : Le froid fait basculer la balance en diminuant le taux d'acide abscissique (ABA, hormone de dormance) et en favorisant les gibbérellines (GA), qui activent les enzymes nécessaires à la reprise de l'activité de l'embryon.
- Le Débourrement : De manière similaire, le froid hivernal est requis pour lever la dormance des bourgeons des espèces pérennes, permettant leur réveil au printemps.
3. Impacts sur la croissance et le métabolisme
La température détermine la vitesse de développement de la plante :
- Zéro de végétation (Tbase) : C'est la température minimale en dessous de laquelle la croissance s'arrête. Elle varie selon les espèces : 0 °C pour le pois, 4 °C pour le blé, et jusqu'à 14 °C pour le sorgho.
- Temps thermique : Le développement est mesuré en degrés-jours (DJ), une accumulation de chaleur au-dessus du zéro de végétation qui dicte la progression vers les différents stades (ex: récolte du maïs).
4. Stress du froid et mécanismes de protection
Si le froid est trop intense ou survient au mauvais moment, il devient une contrainte :
- Stress oxydatif : Comme le froid ralentit le métabolisme enzymatique plus vite que la capture de lumière, l'énergie lumineuse excédentaire provoque la formation d'espèces réactives de l'oxygène (ROS), toxiques pour la cellule.
- Changements pigmentaires : La plante peut réagir par une chlorose (dégradation de la chlorophylle) ou par un rougissement, produisant des anthocyanes protecteurs.
- Résistance par déshydratation : Les tissus qui survivent au gel (graines orthodoxes, bourgeons) sont souvent déshydratés sous l'influence de l'ABA. Ils synthétisent des protéines LEA (déhydrines) qui agissent comme des chaperonnes pour stabiliser les structures cellulaires.
