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Le chômage

Définition

Chômage
ensemble des personnes sans emploi à la recherche d'un emploi et qui sont disponibles pour l'occuper (partie de la population active).
Sous-emploi
ensemble des personnes qui ont un emploi mais à temps partiel et qui aimeraient travailler plus, ou personnes qui ont involontairement moins de travail
Halo du chômage
ensemble des personnes sans emploi et non comptabilisées comme chômeuses qui sont découragées mais disponibles qui ne cherchent pas activement
Taux d'emploi
il mesure la part des personnes en emploi dans la population en âge de travailler (15-64 ans).
Taux de chômage
part des chômeurs dans la population active

LE CHÔMAGE STRUCTUREL


Le chômage structurel est indépendant de la conjoncture économique — il persiste même en période de croissance. Il a deux grandes sources.

A. Les problèmes d'appariement

Le marché du travail ne fonctionne pas comme un marché parfait où offre et demande se rencontrent instantanément. Il existe des frictions, c'est-à-dire des délais et des coûts de rencontre entre un employeur et un candidat. Trois types de problèmes d'appariement existent.

  • Les frictions : le temps nécessaire pour qu'une offre d'emploi et un demandeur d'emploi se trouvent, même quand le poste et le profil correspondent
  • L'inadéquation de qualification : les compétences des chômeurs ne correspondent pas aux postes vacants — les secteurs en croissance cherchent des profils que les secteurs en déclin ne peuvent pas fournir
  • L'inadéquation géographique : les emplois disponibles ne sont pas là où se trouvent les chômeurs, et la faible mobilité résidentielle empêche l'ajustement

La courbe de Beveridge illustre ce phénomène : elle représente la relation entre le taux de chômage et le taux de postes vacants. Normalement, quand le chômage est élevé, les postes vacants sont rares. Un déplacement vers la droite de la courbe signale une dégradation de l'appariement — il y a simultanément beaucoup de chômeurs et beaucoup de postes non pourvus.

B. Les asymétries d'information et le salaire d'efficience

Sur le marché du travail, l'employeur ne connaît pas la productivité réelle du candidat avant de l'embaucher. Cette asymétrie d'information crée deux problèmes : la sélection adverse (on risque d'embaucher les moins productifs) et l'aléa moral (le salarié peut "tirer au flanc" une fois embauché).

Pour y remédier, les employeurs peuvent verser un salaire d'efficience, c'est-à-dire un salaire supérieur au salaire d'équilibre du marché. Ce salaire plus élevé incite les salariés à faire des efforts (ils ne veulent pas perdre ce bon salaire), attire les candidats les plus productifs, et réduit le turn-over. Conséquence : le salaire ne baisse pas pour équilibrer le marché, et un chômage involontaire persiste même à l'équilibre.


LE RÔLE DES INSTITUTIONS SUR LE CHÔMAGE STRUCTUREL


Les institutions du marché du travail ont des effets ambivalents — elles protègent les travailleurs mais peuvent aussi rigidifier le marché et entretenir le chômage.

Le salaire minimum (SMIC)

Selon l'analyse néoclassique, un salaire minimum fixé au-dessus du salaire d'équilibre crée un excès d'offre de travail (les entreprises demandent moins de travail qu'il n'en est offert) → chômage. Mais ce raisonnement suppose un marché parfaitement concurrentiel. Si l'employeur est en situation de monopsone (seul acheteur de travail sur un bassin d'emploi), un salaire minimum peut au contraire augmenter l'emploi. Le débat empirique reste ouvert.

La protection de l'emploi

Des règles strictes de protection de l'emploi réduisent les licenciements mais aussi les embauches — les entreprises hésitent à recruter si elles ne peuvent pas ajuster facilement leurs effectifs en cas de retournement de conjoncture. Elles peuvent ainsi segmenter le marché entre insiders (CDI protégés) et outsiders (précaires ou chômeurs) qui ne bénéficient pas de ces protections.

L'indemnisation du chômage

Elle protège les chômeurs et leur permet de chercher un emploi correspondant à leurs qualifications plutôt que d'accepter n'importe quel poste. Mais elle peut aussi allonger la durée du chômage en réduisant l'urgence de retrouver un emploi (effet sur le salaire de réservation — le salaire minimum en dessous duquel un chômeur refuse un emploi). C'est le débat entre protection et incitation.

A retenir :

Le chômage structurel c'est le chômage qui persiste même quand l'économie va bien — ce n'est pas un manque de demande, c'est un problème de fonctionnement du marché du travail lui-même : mauvais appariement, qualifications inadaptées, salaires rigides.

LE CHÔMAGE CONJONCTUREL

C'est le chômage qui résulte d'un ralentissement de l'activité économique. Quand la croissance baisse, les entreprises produisent moins, ont besoin de moins de main-d'œuvre et licencient ou gèlent les embauches. Il disparaît naturellement quand la conjoncture repart — c'est ce qui le distingue fondamentalement du chômage structurel.


La demande globale se contracte (récession, choc externe, crise financière)

→ les entreprises voient leurs débouchés se réduire et ajustent leur production à la baisse

→ elles réduisent d'abord les heures supplémentaires et l'intérim (premiers ajustements)

→ puis elles ont recours au chômage partiel pour éviter les licenciements immédiats (labour hoarding — elles gardent leurs salariés formés plutôt que de les perdre)

→ si la récession dure, elles licencient → le taux de chômage monte

→ quand la croissance repart, elles réembauchent → le chômage recule

Définition

Rigidités du marché du travail
contraintes qui s'imposent aux entreprises et qui empêchent l'ajustement du facteur travail (par les prix ou par la quantité)

LES POLITIQUES POUR LUTTER CONTRE LE CHÔMAGE

Politiques macroéconomiques de soutien à la demande globale

Inspirées de Keynes. Quand la demande globale est insuffisante (consommation + investissement + dépenses publiques + exportations), les entreprises produisent moins et licencient. L'État peut relancer la demande par deux canaux.

  • Politique budgétaire expansionniste : hausse des dépenses publiques (investissements, aides sociales) ou baisse des impôts → augmentation du revenu disponible → hausse de la consommation → hausse de la production → hausse de l'emploi. C'est le mécanisme du multiplicateur keynésien.
  • Politique monétaire accommodante : la banque centrale baisse ses taux directeurs → le crédit devient moins cher → les entreprises investissent davantage → hausse de la production et de l'emploi.

Limite : en économie ouverte, une partie de la demande relancée se "fuit" vers les importations. Et en période de taux d'intérêt nuls (trappe à liquidités), la politique monétaire perd son efficacité.

Politiques d'allégement du coût du travail

Reposent sur l'idée néoclassique que le coût du travail est trop élevé en France (salaires + cotisations sociales), ce qui décourage les embauches, notamment pour les travailleurs peu qualifiés dont la productivité est proche du SMIC.

  • Allégements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires (dispositif Fillon depuis 2003, renforcé par le CICE)
  • Mécanisme : coût du travail baisse → les entreprises embauchent davantage de travailleurs peu qualifiés → réduction du chômage de masse

Limite : l'effet emploi est réel mais modeste et coûteux pour les finances publiques. Et l'allégement sur les bas salaires peut créer une "trappe à bas salaires" — les entreprises n'ont plus intérêt à augmenter les salaires pour conserver les allégements.

Politiques de formation

Visent à réduire le chômage structurel dû aux inadéquations de qualification. Si les chômeurs ne correspondent pas aux postes vacants, les former aux compétences demandées permet d'améliorer l'appariement.

  • Formation initiale, professionnelle continue, apprentissage, reconversion

Limite : la formation prend du temps et son efficacité dépend de la qualité du ciblage — former aux mauvaises compétences aggrave le problème.

Politiques de flexibilisation du marché du travail

Visent à réduire les rigidités qui empêchent le marché du travail de s'ajuster. L'idée est qu'un marché plus flexible permet aux entreprises d'embaucher plus facilement, sachant qu'elles pourront aussi licencier si nécessaire.

  • Flexibilité quantitative externe : faciliter les licenciements (assouplissement du droit du travail), développer les CDD et l'intérim
  • Flexibilité quantitative interne : permettre aux entreprises de faire varier le temps de travail (chômage partiel, annualisation du temps de travail)

Limite : la flexibilité sans sécurité précarise les travailleurs et peut décourager l'investissement dans la formation (pourquoi former un salarié qu'on peut licencier facilement ?).

La flexisécurité

Le modèle danois de flexicurité cherche à combiner flexibilité du marché du travail et sécurité des travailleurs. Il repose sur trois piliers complémentaires — le "triangle d'or" :

  • Flexibilité : licenciement facile et peu coûteux pour les entreprises
  • Sécurité : indemnisation généreuse du chômage (jusqu'à 90 % du salaire au Danemark)
  • Activation : obligation de formation et de recherche active d'emploi pour bénéficier des indemnités

Résultat : un marché du travail très fluide (beaucoup d'entrées et de sorties) mais dans lequel les travailleurs ne craignent pas le licenciement car ils sont bien protégés et rapidement replacés. Le taux de chômage danois est structurellement inférieur au taux français.

Limite du transfert : le modèle danois s'appuie sur une forte confiance institutionnelle, des syndicats puissants et une culture du compromis qui ne se décrète pas. Sa transposition directe en France se heurte à des obstacles culturels et institutionnels profonds.


Le chômage

Définition

Chômage
ensemble des personnes sans emploi à la recherche d'un emploi et qui sont disponibles pour l'occuper (partie de la population active).
Sous-emploi
ensemble des personnes qui ont un emploi mais à temps partiel et qui aimeraient travailler plus, ou personnes qui ont involontairement moins de travail
Halo du chômage
ensemble des personnes sans emploi et non comptabilisées comme chômeuses qui sont découragées mais disponibles qui ne cherchent pas activement
Taux d'emploi
il mesure la part des personnes en emploi dans la population en âge de travailler (15-64 ans).
Taux de chômage
part des chômeurs dans la population active

LE CHÔMAGE STRUCTUREL


Le chômage structurel est indépendant de la conjoncture économique — il persiste même en période de croissance. Il a deux grandes sources.

A. Les problèmes d'appariement

Le marché du travail ne fonctionne pas comme un marché parfait où offre et demande se rencontrent instantanément. Il existe des frictions, c'est-à-dire des délais et des coûts de rencontre entre un employeur et un candidat. Trois types de problèmes d'appariement existent.

  • Les frictions : le temps nécessaire pour qu'une offre d'emploi et un demandeur d'emploi se trouvent, même quand le poste et le profil correspondent
  • L'inadéquation de qualification : les compétences des chômeurs ne correspondent pas aux postes vacants — les secteurs en croissance cherchent des profils que les secteurs en déclin ne peuvent pas fournir
  • L'inadéquation géographique : les emplois disponibles ne sont pas là où se trouvent les chômeurs, et la faible mobilité résidentielle empêche l'ajustement

La courbe de Beveridge illustre ce phénomène : elle représente la relation entre le taux de chômage et le taux de postes vacants. Normalement, quand le chômage est élevé, les postes vacants sont rares. Un déplacement vers la droite de la courbe signale une dégradation de l'appariement — il y a simultanément beaucoup de chômeurs et beaucoup de postes non pourvus.

B. Les asymétries d'information et le salaire d'efficience

Sur le marché du travail, l'employeur ne connaît pas la productivité réelle du candidat avant de l'embaucher. Cette asymétrie d'information crée deux problèmes : la sélection adverse (on risque d'embaucher les moins productifs) et l'aléa moral (le salarié peut "tirer au flanc" une fois embauché).

Pour y remédier, les employeurs peuvent verser un salaire d'efficience, c'est-à-dire un salaire supérieur au salaire d'équilibre du marché. Ce salaire plus élevé incite les salariés à faire des efforts (ils ne veulent pas perdre ce bon salaire), attire les candidats les plus productifs, et réduit le turn-over. Conséquence : le salaire ne baisse pas pour équilibrer le marché, et un chômage involontaire persiste même à l'équilibre.


LE RÔLE DES INSTITUTIONS SUR LE CHÔMAGE STRUCTUREL


Les institutions du marché du travail ont des effets ambivalents — elles protègent les travailleurs mais peuvent aussi rigidifier le marché et entretenir le chômage.

Le salaire minimum (SMIC)

Selon l'analyse néoclassique, un salaire minimum fixé au-dessus du salaire d'équilibre crée un excès d'offre de travail (les entreprises demandent moins de travail qu'il n'en est offert) → chômage. Mais ce raisonnement suppose un marché parfaitement concurrentiel. Si l'employeur est en situation de monopsone (seul acheteur de travail sur un bassin d'emploi), un salaire minimum peut au contraire augmenter l'emploi. Le débat empirique reste ouvert.

La protection de l'emploi

Des règles strictes de protection de l'emploi réduisent les licenciements mais aussi les embauches — les entreprises hésitent à recruter si elles ne peuvent pas ajuster facilement leurs effectifs en cas de retournement de conjoncture. Elles peuvent ainsi segmenter le marché entre insiders (CDI protégés) et outsiders (précaires ou chômeurs) qui ne bénéficient pas de ces protections.

L'indemnisation du chômage

Elle protège les chômeurs et leur permet de chercher un emploi correspondant à leurs qualifications plutôt que d'accepter n'importe quel poste. Mais elle peut aussi allonger la durée du chômage en réduisant l'urgence de retrouver un emploi (effet sur le salaire de réservation — le salaire minimum en dessous duquel un chômeur refuse un emploi). C'est le débat entre protection et incitation.

A retenir :

Le chômage structurel c'est le chômage qui persiste même quand l'économie va bien — ce n'est pas un manque de demande, c'est un problème de fonctionnement du marché du travail lui-même : mauvais appariement, qualifications inadaptées, salaires rigides.

LE CHÔMAGE CONJONCTUREL

C'est le chômage qui résulte d'un ralentissement de l'activité économique. Quand la croissance baisse, les entreprises produisent moins, ont besoin de moins de main-d'œuvre et licencient ou gèlent les embauches. Il disparaît naturellement quand la conjoncture repart — c'est ce qui le distingue fondamentalement du chômage structurel.


La demande globale se contracte (récession, choc externe, crise financière)

→ les entreprises voient leurs débouchés se réduire et ajustent leur production à la baisse

→ elles réduisent d'abord les heures supplémentaires et l'intérim (premiers ajustements)

→ puis elles ont recours au chômage partiel pour éviter les licenciements immédiats (labour hoarding — elles gardent leurs salariés formés plutôt que de les perdre)

→ si la récession dure, elles licencient → le taux de chômage monte

→ quand la croissance repart, elles réembauchent → le chômage recule

Définition

Rigidités du marché du travail
contraintes qui s'imposent aux entreprises et qui empêchent l'ajustement du facteur travail (par les prix ou par la quantité)

LES POLITIQUES POUR LUTTER CONTRE LE CHÔMAGE

Politiques macroéconomiques de soutien à la demande globale

Inspirées de Keynes. Quand la demande globale est insuffisante (consommation + investissement + dépenses publiques + exportations), les entreprises produisent moins et licencient. L'État peut relancer la demande par deux canaux.

  • Politique budgétaire expansionniste : hausse des dépenses publiques (investissements, aides sociales) ou baisse des impôts → augmentation du revenu disponible → hausse de la consommation → hausse de la production → hausse de l'emploi. C'est le mécanisme du multiplicateur keynésien.
  • Politique monétaire accommodante : la banque centrale baisse ses taux directeurs → le crédit devient moins cher → les entreprises investissent davantage → hausse de la production et de l'emploi.

Limite : en économie ouverte, une partie de la demande relancée se "fuit" vers les importations. Et en période de taux d'intérêt nuls (trappe à liquidités), la politique monétaire perd son efficacité.

Politiques d'allégement du coût du travail

Reposent sur l'idée néoclassique que le coût du travail est trop élevé en France (salaires + cotisations sociales), ce qui décourage les embauches, notamment pour les travailleurs peu qualifiés dont la productivité est proche du SMIC.

  • Allégements de cotisations sociales patronales sur les bas salaires (dispositif Fillon depuis 2003, renforcé par le CICE)
  • Mécanisme : coût du travail baisse → les entreprises embauchent davantage de travailleurs peu qualifiés → réduction du chômage de masse

Limite : l'effet emploi est réel mais modeste et coûteux pour les finances publiques. Et l'allégement sur les bas salaires peut créer une "trappe à bas salaires" — les entreprises n'ont plus intérêt à augmenter les salaires pour conserver les allégements.

Politiques de formation

Visent à réduire le chômage structurel dû aux inadéquations de qualification. Si les chômeurs ne correspondent pas aux postes vacants, les former aux compétences demandées permet d'améliorer l'appariement.

  • Formation initiale, professionnelle continue, apprentissage, reconversion

Limite : la formation prend du temps et son efficacité dépend de la qualité du ciblage — former aux mauvaises compétences aggrave le problème.

Politiques de flexibilisation du marché du travail

Visent à réduire les rigidités qui empêchent le marché du travail de s'ajuster. L'idée est qu'un marché plus flexible permet aux entreprises d'embaucher plus facilement, sachant qu'elles pourront aussi licencier si nécessaire.

  • Flexibilité quantitative externe : faciliter les licenciements (assouplissement du droit du travail), développer les CDD et l'intérim
  • Flexibilité quantitative interne : permettre aux entreprises de faire varier le temps de travail (chômage partiel, annualisation du temps de travail)

Limite : la flexibilité sans sécurité précarise les travailleurs et peut décourager l'investissement dans la formation (pourquoi former un salarié qu'on peut licencier facilement ?).

La flexisécurité

Le modèle danois de flexicurité cherche à combiner flexibilité du marché du travail et sécurité des travailleurs. Il repose sur trois piliers complémentaires — le "triangle d'or" :

  • Flexibilité : licenciement facile et peu coûteux pour les entreprises
  • Sécurité : indemnisation généreuse du chômage (jusqu'à 90 % du salaire au Danemark)
  • Activation : obligation de formation et de recherche active d'emploi pour bénéficier des indemnités

Résultat : un marché du travail très fluide (beaucoup d'entrées et de sorties) mais dans lequel les travailleurs ne craignent pas le licenciement car ils sont bien protégés et rapidement replacés. Le taux de chômage danois est structurellement inférieur au taux français.

Limite du transfert : le modèle danois s'appuie sur une forte confiance institutionnelle, des syndicats puissants et une culture du compromis qui ne se décrète pas. Sa transposition directe en France se heurte à des obstacles culturels et institutionnels profonds.

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