LE CHÔMAGE STRUCTUREL
Le chômage structurel est indépendant de la conjoncture économique — il persiste même en période de croissance. Il a deux grandes sources.
A. Les problèmes d'appariement
Le marché du travail ne fonctionne pas comme un marché parfait où offre et demande se rencontrent instantanément. Il existe des frictions, c'est-à-dire des délais et des coûts de rencontre entre un employeur et un candidat. Trois types de problèmes d'appariement existent.
- Les frictions : le temps nécessaire pour qu'une offre d'emploi et un demandeur d'emploi se trouvent, même quand le poste et le profil correspondent
- L'inadéquation de qualification : les compétences des chômeurs ne correspondent pas aux postes vacants — les secteurs en croissance cherchent des profils que les secteurs en déclin ne peuvent pas fournir
- L'inadéquation géographique : les emplois disponibles ne sont pas là où se trouvent les chômeurs, et la faible mobilité résidentielle empêche l'ajustement
La courbe de Beveridge illustre ce phénomène : elle représente la relation entre le taux de chômage et le taux de postes vacants. Normalement, quand le chômage est élevé, les postes vacants sont rares. Un déplacement vers la droite de la courbe signale une dégradation de l'appariement — il y a simultanément beaucoup de chômeurs et beaucoup de postes non pourvus.
B. Les asymétries d'information et le salaire d'efficience
Sur le marché du travail, l'employeur ne connaît pas la productivité réelle du candidat avant de l'embaucher. Cette asymétrie d'information crée deux problèmes : la sélection adverse (on risque d'embaucher les moins productifs) et l'aléa moral (le salarié peut "tirer au flanc" une fois embauché).
Pour y remédier, les employeurs peuvent verser un salaire d'efficience, c'est-à-dire un salaire supérieur au salaire d'équilibre du marché. Ce salaire plus élevé incite les salariés à faire des efforts (ils ne veulent pas perdre ce bon salaire), attire les candidats les plus productifs, et réduit le turn-over. Conséquence : le salaire ne baisse pas pour équilibrer le marché, et un chômage involontaire persiste même à l'équilibre.
