La nature juridique du contrat de promotion immobilière
Le CPI est un mandat d’intérêt commun
Le promoteur agit :
- pour le compte du maître d’ouvrage,
- mais avec une autonomie importante.
Particularité majeure
Par dérogation à l’article 2004 Cciv :
- le mandat est irrévocable,
- sauf :
- faute du promoteur,
- force majeure.
Cela se justifie par :
- l’importance financière de l’opération,
- la stabilité nécessaire au chantier.
Le promoteur peut exécuter lui-même certains travaux
Le promoteur :
- peut seulement coordonner,
- OU
- réaliser lui-même une partie des travaux.
Les obligations du promoteur immobilier
L’obligation de bonne fin
Obligation essentielle
- Le promoteur est tenu :
- d’assurer l’achèvement de l’opération,
- dans les conditions prévues.
C’est une obligation de résultat.
Conséquence
- Le promoteur :
- garantit les entreprises,
- répond des défaillances des constructeurs.
Il est garant :- des obligations des personnes avec lesquelles il a contracté.
L’obligation de respecter le prix convenu
Le promoteur doit respecter :
- le prix global du programme.
Important :
- Le prix du programme n’inclut pas sa rémunération.
Particularité
- Le prix garanti est :
- un prix global,
- et non poste par poste.
Des compensations entre postes restent possibles.
La garantie des vices de construction
Le promoteur :
- est assimilé à un constructeur,
- donc soumis aux garanties légales :
- décennale,
- biennale,
- parfait achèvement.
La responsabilité personnelle du promoteur
En tant que mandataire :
- il doit rendre compte de sa gestion,
- justifier les dépenses engagées.
Sa responsabilité personnelle suppose :
Les pouvoirs du promoteur
Le contrat donne pouvoir au promoteur :
- de conclure les marchés,
- de recevoir les travaux,
- de liquider les marchés,
- d’accomplir les actes nécessaires à l’opération.
Il exerce :
- une maîtrise d’ouvrage déléguée.
Particularité importante
Contrairement au secteur protégé du CMI :
- le promoteur n’a pas à révéler le prix des marchés conclus avec les entreprises.
Les obligations du maître d’ouvrage
L’obligation de non-immixtion
Le maître d’ouvrage :
- ne doit pas intervenir dans les missions du promoteur.
L’obligation de payer le prix
Le maître d’ouvrage :
- doit payer selon les modalités prévues au contrat.
La cession du contrat de promotion immobilière
Le CPI peut être cédé.
Principe
Si le maître d’ouvrage cède ses droits avant achèvement :
- le cessionnaire est substitué automatiquement.
Sans accord du promoteur.
Particularité
Le cédant :
- reste garant des obligations du maître d’ouvrage.
Le secteur protégé : immeubles d’habitation ou mixtes
Domaine
Règles spéciales applicables :
- aux immeubles d’habitation,
- ou mixtes (habitation + professionnel).
Pas applicable :
- aux immeubles purement commerciaux.
Exclusions du régime spécial
Le régime spécial ne s’applique pas :
- si le promoteur agit comme vendeur, architecte, entrepreneur.
Dans ces cas
- autres régimes spéciaux applicables :
- VEFA,
- contrat d’entreprise,
- etc.
Autres exclusions
Pas de régime impératif :
- pour certains professionnels,
- certaines sociétés,
- certaines SEM,
- certaines opérations de construction-vente.
Le contenu obligatoire du contrat
Le contrat doit comporter :
- 1. Informations sur le terrain
- situation,
- contenance.
- 2. Informations sur l’immeuble
- caractéristiques techniques,
- descriptif des travaux.
- 3. Informations financières
- prix,
- révision du prix,
- modalités de paiement,
- financement.
- 4. Délais
- délai d’exécution.
- 5. Garanties
- garantie de bonne exécution.
- 6. Annexes techniques
- plans,
- réseaux,
- équipements.
Le prix et la rémunération du promoteur
Le prix du programme
Le contrat doit prévoir :
Poste pour imprévus
Possible :
- mais utilisation soumise à l’accord du maître d’ouvrage.
Les sommes inutilisées doivent être restituées.
Révision du prix
Possible selon :
- clauses d’actualisation,
- modalités prévues au contrat.
Paiement du prix
Paiement progressif selon l’avancement des travaux.
- Plafonds légaux :
- 15 % à l’achèvement des fondations,
- 70 % à la mise hors d’eau.
La rémunération du promoteur
Distincte du prix des travaux.
- Échelonnement légal
- 10 % à la signature si études préalables distinctes,
- sinon 25 %,
- 50 % mise hors d’eau,
- 70 % équipements,
- 90 % livraison.
Solde retenu possible en cas de réserves.
L’interdiction des versements anticipés
Avant signature :
- aucun versement,
- aucun dépôt,
- aucun effet de commerce.
Sanction pénale.
Très forte logique protectrice du maître d’ouvrage.
La garantie d’exécution
Objet
Le promoteur doit garantir :
- les dépassements nécessaires à l’achèvement.
Forme de la garantie
Garantie donnée par :
- banque,
- établissement financier,
- société de caution mutuelle.
Deux techniques
- 1. Cautionnement
- 2. Ouverture de crédit
Le maître d’ouvrage peut agir directement.
Fin de la garantie
Elle cesse :
- à l’achèvement de la mission,
- lorsque l’immeuble est utilisable conformément à sa destination.
Les clauses résolutoires
Les clauses résolutoires contre le maître d’ouvrage :
- nécessitent une mise en demeure,
- puis un délai d’un mois.
Le maître d’ouvrage peut :
- demander des délais de paiement au juge.
Responsabilité du promoteur
Responsabilité comme constructeur
Le promoteur est soumis :
- à la garantie décennale,
- à la garantie biennale.
Sa responsabilité n’est pas subsidiaire.
Le maître d’ouvrage peut agir directement contre lui.
Responsabilité comme mandataire
Le promoteur répond :
- des fautes de gestion,
- des fautes dans l’exécution de sa mission.