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LES PRINCIPAUX CONTRATS CONCLUS EN VUE DE LA CONSTRUCTION D'UN IMMEUBLE

Les principaux contrats spéciaux de la construction 

Le contrat de construction de maison individuelle 

A retenir :

Origine

  • Loi du 16 juillet 1971, modifiée en 1972 puis profondément réformée par la loi du 19 décembre 1990.
  • Objectif : protéger le particulier qui fait construire sa maison (« phénomène pavillonnaire »).


Le CMI est un contrat ultra-protecteur du maître d’ouvrage :

  • protection contre les surcoûts,
  • protection contre la défaillance du constructeur,
  • encadrement très strict du prix,
  • nombreuses mentions obligatoires,
  • garanties légales impératives.

👉 C’est un ordre public de protection.

Le domaine du contrat de construction de maison individuelle


Le champ d’application

1. Conditions du CMI avec fourniture de plan

  • Le CMI s’applique lorsque :
  • une personne se charge de construire,
  • un immeuble à usage d’habitation ou mixte,
  • ne comportant pas plus de 2 logements pour le même maître d’ouvrage,
  • à partir d’un plan fourni directement ou indirectement par le constructeur.
  • Le constructeur est réputé constructeur.
  • ➡️ donc soumis à la responsabilité décennale.


2. Extension du champ d’application

  • Le texte vise aussi :
  • le plan fourni après démarchage/publicité,
  • les entrepreneurs réalisant seulement une partie des travaux MAIS ayant fourni le plan.

⚠️ Le législateur veut éviter les fraudes consistant à contourner le CMI.


3. Exclusions

  • Ne constitue PAS un CMI :
  • rénovation,
  • réhabilitation,
  • travaux sur existant.


4. Maisons préfabriquées

  • Le régime du CMI s’applique aussi :
  • aux maisons préfabriquées,
  • avec adaptation des mentions obligatoires.


5. CMI sans fourniture de plan

  • Il concerne :
  • les travaux de gros œuvre,
  • sur maison d’habitation ou mixte,
  • ≤ 2 logements,
  • sans fourniture du plan par le constructeur.

➡️ Protection moins forte que le CMI avec plan.


Distinction avec les contrats voisins

1. Distinction avec le contrat de promotion immobilière (CPI)

  • Critère :
  • Le promoteur agit comme mandataire du maître d’ouvrage.
  • ➡️ Dans le CMI :
  • le constructeur n’est pas mandataire,
  • il construit pour un prix forfaitaire.


2. Distinction avec les marchés par lots séparés

  • Pas de CMI si :
  • plusieurs entrepreneurs interviennent séparément,
  • aucun ne fournit le plan,
  • aucun ne réalise l’ensemble du gros œuvre.
  • ⚠️ MAIS :
  • si un entrepreneur fournit le plan → CMI obligatoire.


3. Distinction avec la maîtrise d’œuvre

  • Le maître d’œuvre (architecte) échappe au CMI :
  • s’il ne participe pas à la construction.
  • ⚠️ En pratique
  • beaucoup de fraudes → requalification possible en CMI selon :
  • l’étendue de la mission,
  • le contrôle réel exercé.


4. Distinction avec la VEFA

  • Critère essentiel : la propriété du terrain
  • CMI :
  • le maître d’ouvrage possède déjà le terrain.
  • VEFA :
  • le vendeur procure le terrain ET construit.
  • ⚠️ Risque pratique
  • éviter qu’un contrat soit :
  • ni VEFA,
  • ni CMI.


La formation du CMI


Le formalisme

1. Contrat obligatoirement écrit

  • Sous seing privé le plus souvent.
  • Pas besoin d’acte authentique.
  • ⚠️ Forte présence de clauses abusives en pratique.


2. Mentions obligatoires principales

  • Informations sur le terrain
  • désignation précise,
  • titre de propriété,
  • droits permettant de construire.
  • Informations sur la construction
  • conformité aux règles de construction,
  • caractéristiques techniques,
  • coût détaillé.
  • Garanties
  • garantie de livraison,
  • garantie de remboursement,
  • assurance DO.
  • Délais
  • ouverture du chantier,
  • délai d’exécution,
  • pénalités de retard.
  • Autres mentions
  • permis de construire,
  • étude géotechnique si zone à risque,
  • coût des travaux réservés.


3. Documents annexes obligatoires

  • notice descriptive,
  • plans,
  • notice d’information.


Les conditions suspensives

Liste quasi limitative.


Principales conditions :

  • obtention du permis de construire,
  • obtention des prêts,
  • obtention de l’assurance dommage-ouvrage,
  • obtention de la garantie de livraison,
  • acquisition du terrain.


Les clauses abusives

Clauses réputées abusives :

  • mandat imposé au constructeur pour rechercher le prêt,
  • exigence de plusieurs refus de prêt,
  • permis modifié considéré comme accepté,
  • causes vagues de retard,
  • remise des clés subordonnée au paiement intégral,
  • interdiction de visiter le chantier,
  • consignation imposée auprès d’un organisme choisi par le constructeur.

👉 Logique : protéger le maître d’ouvrage consommateur.


Le prix et les modalités de paiement


Le caractère forfaitaire du prix

Principe

  • Le CMI est un marché à forfait.


Conséquences :

  • prix définitif,
  • protection contre les surcoûts.


📌 Cass. 3e civ., 24 juin 2021

➡️ Un contrat qui ne présente pas les caractéristiques du forfait n’est pas un CMI.


1. Travaux indispensables

  • Le prix doit comprendre :
  • tous les travaux nécessaires à l’utilisation de la maison,
  • y compris raccordements,
  • même s’ils ne sont pas réalisés par le constructeur.
  • Sanction
  • Si oubli :
  • ➡️ le constructeur paie.


2. Travaux réservés

  • Le constructeur doit :
  • chiffrer précisément les travaux réservés.
  • Le maître d’ouvrage peut exiger :
  • dans les 4 mois,
  • que le constructeur les réalise au prix indiqué.
  • ⚠️ Si mauvaise estimation :
  • ➡️ le constructeur supporte le dépassement.


Révision du prix

Possible MAIS très encadrée :

  • uniquement selon un indice,
  • modalités strictes prévues par le texte.

⚠️ Protection contre les hausses arbitraires.


Dépôt de garantie

Maximum :

  • 3 % du prix.


Sommes :

  • consignées,
  • insaisissables.


Restitution si :

  • conditions suspensives non réalisées,
  • rétractation.


Paiements échelonnés

Paiement selon l’avancement des travaux :

  • 15 % ouverture chantier,
  • 25 % fondations,
  • 45 % murs,
  • 75 % cloisons,
  • etc.

⚠️ Tout paiement anticipé est interdit.


Rôle du prêteur

Le banquier doit vérifier :

  • plans annexés,
  • existence de la garantie de livraison.

⚠️ Sinon responsabilité engagée.


La garantie de livraison


Domaine

Garantie obligatoire :

  • souscrite auprès d’un établissement financier ou assureur.


Elle couvre :

  • le CMI avec plan,
  • le CMI sans plan.


Nature

  • Garantie autonome et d’ordre public.
  • Elle survit même :
  • à la disparition du contrat.


Fin de la garantie

Elle cesse :

  • après réception,
  • et après expiration du délai de dénonciation des vices apparents.


Contenu de la garantie

Le garant prend en charge :

  • 1. Dépassements du prix convenu
  • Si nécessaires à l’achèvement.
  • 2. Paiements anticipés irréguliers
  • 3. Pénalités de retard
  • Quand retard > 30 jours.
  • Montant minimal :
  • 1/3000e du prix par jour.


Mise en œuvre

En cas de défaillance :

  • mise en demeure du constructeur,
  • puis désignation d’une entreprise de remplacement.

⚠️ Si hors d’eau atteint :

  • le garant peut demander au maître d’ouvrage de conclure lui-même les marchés.


Responsabilité du garant

Le garant engage sa responsabilité :

  • s’il refuse à tort d’intervenir,
  • s’il choisit mal l’entreprise repreneuse.


MAIS :

  • il n’est pas constructeur,
  • donc pas soumis à la décennale.


Nullité du CMI


Nature

Nullité relative :

  • invoquée uniquement par le maître d’ouvrage.
  • ➡️ Ordre public de protection.


Confirmation tacite

Possible si :

  • le maître d’ouvrage connaissait l’irrégularité,
  • et exécute volontairement le contrat.


Effets

En théorie

  • restitution du prix,
  • démolition de la maison.


Évolution jurisprudentielle

  • Aujourd’hui :
  • contrôle de proportionnalité.
  • Le juge vérifie si :
  • la démolition est proportionnée.

👉 Influence du droit commun depuis 2016.


LES PRINCIPAUX CONTRATS CONCLUS EN VUE DE LA CONSTRUCTION D'UN IMMEUBLE

Les principaux contrats spéciaux de la construction 

Le contrat de construction de maison individuelle 

A retenir :

Origine

  • Loi du 16 juillet 1971, modifiée en 1972 puis profondément réformée par la loi du 19 décembre 1990.
  • Objectif : protéger le particulier qui fait construire sa maison (« phénomène pavillonnaire »).


Le CMI est un contrat ultra-protecteur du maître d’ouvrage :

  • protection contre les surcoûts,
  • protection contre la défaillance du constructeur,
  • encadrement très strict du prix,
  • nombreuses mentions obligatoires,
  • garanties légales impératives.

👉 C’est un ordre public de protection.

Le domaine du contrat de construction de maison individuelle


Le champ d’application

1. Conditions du CMI avec fourniture de plan

  • Le CMI s’applique lorsque :
  • une personne se charge de construire,
  • un immeuble à usage d’habitation ou mixte,
  • ne comportant pas plus de 2 logements pour le même maître d’ouvrage,
  • à partir d’un plan fourni directement ou indirectement par le constructeur.
  • Le constructeur est réputé constructeur.
  • ➡️ donc soumis à la responsabilité décennale.


2. Extension du champ d’application

  • Le texte vise aussi :
  • le plan fourni après démarchage/publicité,
  • les entrepreneurs réalisant seulement une partie des travaux MAIS ayant fourni le plan.

⚠️ Le législateur veut éviter les fraudes consistant à contourner le CMI.


3. Exclusions

  • Ne constitue PAS un CMI :
  • rénovation,
  • réhabilitation,
  • travaux sur existant.


4. Maisons préfabriquées

  • Le régime du CMI s’applique aussi :
  • aux maisons préfabriquées,
  • avec adaptation des mentions obligatoires.


5. CMI sans fourniture de plan

  • Il concerne :
  • les travaux de gros œuvre,
  • sur maison d’habitation ou mixte,
  • ≤ 2 logements,
  • sans fourniture du plan par le constructeur.

➡️ Protection moins forte que le CMI avec plan.


Distinction avec les contrats voisins

1. Distinction avec le contrat de promotion immobilière (CPI)

  • Critère :
  • Le promoteur agit comme mandataire du maître d’ouvrage.
  • ➡️ Dans le CMI :
  • le constructeur n’est pas mandataire,
  • il construit pour un prix forfaitaire.


2. Distinction avec les marchés par lots séparés

  • Pas de CMI si :
  • plusieurs entrepreneurs interviennent séparément,
  • aucun ne fournit le plan,
  • aucun ne réalise l’ensemble du gros œuvre.
  • ⚠️ MAIS :
  • si un entrepreneur fournit le plan → CMI obligatoire.


3. Distinction avec la maîtrise d’œuvre

  • Le maître d’œuvre (architecte) échappe au CMI :
  • s’il ne participe pas à la construction.
  • ⚠️ En pratique
  • beaucoup de fraudes → requalification possible en CMI selon :
  • l’étendue de la mission,
  • le contrôle réel exercé.


4. Distinction avec la VEFA

  • Critère essentiel : la propriété du terrain
  • CMI :
  • le maître d’ouvrage possède déjà le terrain.
  • VEFA :
  • le vendeur procure le terrain ET construit.
  • ⚠️ Risque pratique
  • éviter qu’un contrat soit :
  • ni VEFA,
  • ni CMI.


La formation du CMI


Le formalisme

1. Contrat obligatoirement écrit

  • Sous seing privé le plus souvent.
  • Pas besoin d’acte authentique.
  • ⚠️ Forte présence de clauses abusives en pratique.


2. Mentions obligatoires principales

  • Informations sur le terrain
  • désignation précise,
  • titre de propriété,
  • droits permettant de construire.
  • Informations sur la construction
  • conformité aux règles de construction,
  • caractéristiques techniques,
  • coût détaillé.
  • Garanties
  • garantie de livraison,
  • garantie de remboursement,
  • assurance DO.
  • Délais
  • ouverture du chantier,
  • délai d’exécution,
  • pénalités de retard.
  • Autres mentions
  • permis de construire,
  • étude géotechnique si zone à risque,
  • coût des travaux réservés.


3. Documents annexes obligatoires

  • notice descriptive,
  • plans,
  • notice d’information.


Les conditions suspensives

Liste quasi limitative.


Principales conditions :

  • obtention du permis de construire,
  • obtention des prêts,
  • obtention de l’assurance dommage-ouvrage,
  • obtention de la garantie de livraison,
  • acquisition du terrain.


Les clauses abusives

Clauses réputées abusives :

  • mandat imposé au constructeur pour rechercher le prêt,
  • exigence de plusieurs refus de prêt,
  • permis modifié considéré comme accepté,
  • causes vagues de retard,
  • remise des clés subordonnée au paiement intégral,
  • interdiction de visiter le chantier,
  • consignation imposée auprès d’un organisme choisi par le constructeur.

👉 Logique : protéger le maître d’ouvrage consommateur.


Le prix et les modalités de paiement


Le caractère forfaitaire du prix

Principe

  • Le CMI est un marché à forfait.


Conséquences :

  • prix définitif,
  • protection contre les surcoûts.


📌 Cass. 3e civ., 24 juin 2021

➡️ Un contrat qui ne présente pas les caractéristiques du forfait n’est pas un CMI.


1. Travaux indispensables

  • Le prix doit comprendre :
  • tous les travaux nécessaires à l’utilisation de la maison,
  • y compris raccordements,
  • même s’ils ne sont pas réalisés par le constructeur.
  • Sanction
  • Si oubli :
  • ➡️ le constructeur paie.


2. Travaux réservés

  • Le constructeur doit :
  • chiffrer précisément les travaux réservés.
  • Le maître d’ouvrage peut exiger :
  • dans les 4 mois,
  • que le constructeur les réalise au prix indiqué.
  • ⚠️ Si mauvaise estimation :
  • ➡️ le constructeur supporte le dépassement.


Révision du prix

Possible MAIS très encadrée :

  • uniquement selon un indice,
  • modalités strictes prévues par le texte.

⚠️ Protection contre les hausses arbitraires.


Dépôt de garantie

Maximum :

  • 3 % du prix.


Sommes :

  • consignées,
  • insaisissables.


Restitution si :

  • conditions suspensives non réalisées,
  • rétractation.


Paiements échelonnés

Paiement selon l’avancement des travaux :

  • 15 % ouverture chantier,
  • 25 % fondations,
  • 45 % murs,
  • 75 % cloisons,
  • etc.

⚠️ Tout paiement anticipé est interdit.


Rôle du prêteur

Le banquier doit vérifier :

  • plans annexés,
  • existence de la garantie de livraison.

⚠️ Sinon responsabilité engagée.


La garantie de livraison


Domaine

Garantie obligatoire :

  • souscrite auprès d’un établissement financier ou assureur.


Elle couvre :

  • le CMI avec plan,
  • le CMI sans plan.


Nature

  • Garantie autonome et d’ordre public.
  • Elle survit même :
  • à la disparition du contrat.


Fin de la garantie

Elle cesse :

  • après réception,
  • et après expiration du délai de dénonciation des vices apparents.


Contenu de la garantie

Le garant prend en charge :

  • 1. Dépassements du prix convenu
  • Si nécessaires à l’achèvement.
  • 2. Paiements anticipés irréguliers
  • 3. Pénalités de retard
  • Quand retard > 30 jours.
  • Montant minimal :
  • 1/3000e du prix par jour.


Mise en œuvre

En cas de défaillance :

  • mise en demeure du constructeur,
  • puis désignation d’une entreprise de remplacement.

⚠️ Si hors d’eau atteint :

  • le garant peut demander au maître d’ouvrage de conclure lui-même les marchés.


Responsabilité du garant

Le garant engage sa responsabilité :

  • s’il refuse à tort d’intervenir,
  • s’il choisit mal l’entreprise repreneuse.


MAIS :

  • il n’est pas constructeur,
  • donc pas soumis à la décennale.


Nullité du CMI


Nature

Nullité relative :

  • invoquée uniquement par le maître d’ouvrage.
  • ➡️ Ordre public de protection.


Confirmation tacite

Possible si :

  • le maître d’ouvrage connaissait l’irrégularité,
  • et exécute volontairement le contrat.


Effets

En théorie

  • restitution du prix,
  • démolition de la maison.


Évolution jurisprudentielle

  • Aujourd’hui :
  • contrôle de proportionnalité.
  • Le juge vérifie si :
  • la démolition est proportionnée.

👉 Influence du droit commun depuis 2016.

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