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L'ART

DÉFINITION
Activité humaine de création d'oeuvres porteuses d'émotions esthétiques ayant une permanance dans le temps. Du grec "technè" et du latin "ars" = savoir-faire = technique.

I. LA CRÉATION ARTISTIQUE

A. L'ART COMME SAVOIR-FAIRE.

Faire qqch avec "art", c'est savoir le faire avec habileté et efficacité. En ce sens, la notion d'"art" recouvre les domaines d'activités ou de production sous la forme de savoir-faire. C'est ce qu'on peut apprécier tant chez un artiste que chez un artisan. On les reconnait avec l'habileté qu'ils ont de se servir de leurs outils/instruments. Ici, l'art c'est alors accomplir les prouesses techniques en donnant l'impression de facilité. C'est pour cela que le poète HORACE disait que "l'art, c'est de cacher l'art".


B. LES BEAUX-ARTS "arts du génie".

Il faut différencier le domaine "artisanal"/"technique" du domaine "artistique". La notion de "Beaux-Arts" apparu au XVIIIè s. se définit comme le domaine de l'art comme celui de la production de beauté et d'oeuvres faites pour la seule contemplation. Ce qui donne à la beauté artistique son caractère propre c'est qu'elle ne se limite pas à des règles précises, elle se détermine dans le cours meme de la réalisation de l'oeuvre. Ici, l'art est le domaine de la création.


C. LIMITE DE LA NOTION DE "GÉNIE".

Un artiste serait un "génie" car il a un don inné. Leurs créations artistiques ne résulteraient pas d'un travail mais d'une magie. HEGEL rappelle que la dimension naturelle du génie doit etre complétée par un apprentissage technique pour permettre à l'artiste de traduire ses idées dans "la matière".

II. LE JUGEMENT ESTHÉTIQUE

A. RELATIVITÉ APPARANTE DU JUGEMENT DE GOUT.

Apprécier une oeuvre c'est juger de sa beauté. Or, celle-ci n'est pas une qualité "objective" propre à l'objet lui-meme. C'est un sentiment qui traduit le plaisir qu'un objet produit sur notre sensibilité et qui diffère selon le gout de chacun. Alors, il ne sert à rien de disputer/discuter de la beauté. Comme le dit HUME "tout individu devrait etre d'accord avec son propre sentiment sans prétendre régler ceux des autres".


B. LE VÉRITABLE JUGEMENT DE GOUT EST UNIVERSEL.

Cepandant, comme le rappelle KANT, nous disons "C'est beau" comme s'il s'agissait d'une objectivité de l'oeuvre et comme si nous attendions d'autrui qu'il partage le meme sentiment que nous. KANT montre que le jugement de gout (bien qu'il repose sur un sentiment), à la particularité d'etre universalisable. Dire "C'est beau" c'est admettre que tout le monde à la capacité d'éprouver le meme plaisir devant une meme oeuvre.

"Est beau ce qui plait universellement sans concepts" EMMANUEL KANT, Critique de la faculté de juger, 1790.

III. L'ART ET LA VÉRITÉ

A. L'ART NOUS ÉLOIGNE DE LA VÉRITÉ.

On admire souvent les artistes pour leur capacité à donner l'illusion la plus réussie de la réalité. C'est pourtant cette démarche d'imitation qui rend l'art critiquable aux yeux de PLATON. L'oeuvre d'art n'est qu'une copie des idées du monde intelligible. Les artistes auraient alors un effet néfaste en attirant l'admiration des hommes sur des oeuvres qui les détournent de la connaissance de la réalité.


Chaussures (1888) de Vincent Van Gogh.

B. L'ART COMME LIEU DE VÉRITÉ.

Cepandant, comme le remarque HEGEL l'artiste devrait ressentir de la frustration s'il se bornait à copier la nature. Ce qui fait la valeur d'une oeuvre, c'est de parvenir à saisir et à fixer qqch de vrai, de juste et d'universel par un travail d'idéalisation à partir de la réalité immédiate. L'oeuvre d'art doit donner à voir la réalité après son passage par l'esprit. L'artiste serait un génie en ce sens aussi par sa capacité à extraire du réel ses aspects inessentiels. Pour HEGEL, l'art est un moyen pour l'esprit de prendre comscience de lui-meme par l'intermédiaire de l'oeuvre produite.


C. LE PARADOXE DE L'ARTISTE "DISTRAIT".

Alors, d'où vient cette faculté des artistes à percevoir la réalité de facon plus juste que nous ? De plus, les artistes sont souvent percus comme des etres "détachés"/"distraits" de la réalité. Pour BERGSON c'est cette "distraction" qui leur permet d'etre sensibles à des aspects de la réalité qui nous échappent. L'artiste aurait une perception plus riche de la réalité sous l'effet d'une sorte d'anomalie, par celle-ci l'art nous permettrait d'élargir et d'enrichir notre rapport à la réalité.

"L'art ne reproduit pas le visbile ; il rend visible l'invisible" PAUL KLEE, Credo du créateur, 1920.

IV. MODERNITÉ DE L'ART

A. DES OEUVRES QUI DÉRANGENT.

L'art moderne et l'art contemporain nous mettent en présence d'oeuvres déconcertantes souvent en rupture avec le public. L'oeuvre Fontaine de MARCEL DUCHAMP présente un objet aussi trivial qu'un urinoir. Ces oeuvres modernes marquent une rupture par rapport à l'art lui-meme en semblent privilégier la laideur, parfois la vulgarité, voir le "manque de gout".


B. L'ART SE PRENANT LUI-MEME COMME OBJET.

La qst n'est plus de savoir si une oeuvre est réussie ou meme si c'est une oeuvre d'art : il s'agit de comprendre que dans l'art moderne, l'art se prend lui-meme comme objet de réfléxion et s'interroge sur les critères de la beauté, sur la qst de savoir si c'est la beauté qui fonde l'art ou bien si l'art peut viser autre chose que la beauté.


L'ART

DÉFINITION
Activité humaine de création d'oeuvres porteuses d'émotions esthétiques ayant une permanance dans le temps. Du grec "technè" et du latin "ars" = savoir-faire = technique.

I. LA CRÉATION ARTISTIQUE

A. L'ART COMME SAVOIR-FAIRE.

Faire qqch avec "art", c'est savoir le faire avec habileté et efficacité. En ce sens, la notion d'"art" recouvre les domaines d'activités ou de production sous la forme de savoir-faire. C'est ce qu'on peut apprécier tant chez un artiste que chez un artisan. On les reconnait avec l'habileté qu'ils ont de se servir de leurs outils/instruments. Ici, l'art c'est alors accomplir les prouesses techniques en donnant l'impression de facilité. C'est pour cela que le poète HORACE disait que "l'art, c'est de cacher l'art".


B. LES BEAUX-ARTS "arts du génie".

Il faut différencier le domaine "artisanal"/"technique" du domaine "artistique". La notion de "Beaux-Arts" apparu au XVIIIè s. se définit comme le domaine de l'art comme celui de la production de beauté et d'oeuvres faites pour la seule contemplation. Ce qui donne à la beauté artistique son caractère propre c'est qu'elle ne se limite pas à des règles précises, elle se détermine dans le cours meme de la réalisation de l'oeuvre. Ici, l'art est le domaine de la création.


C. LIMITE DE LA NOTION DE "GÉNIE".

Un artiste serait un "génie" car il a un don inné. Leurs créations artistiques ne résulteraient pas d'un travail mais d'une magie. HEGEL rappelle que la dimension naturelle du génie doit etre complétée par un apprentissage technique pour permettre à l'artiste de traduire ses idées dans "la matière".

II. LE JUGEMENT ESTHÉTIQUE

A. RELATIVITÉ APPARANTE DU JUGEMENT DE GOUT.

Apprécier une oeuvre c'est juger de sa beauté. Or, celle-ci n'est pas une qualité "objective" propre à l'objet lui-meme. C'est un sentiment qui traduit le plaisir qu'un objet produit sur notre sensibilité et qui diffère selon le gout de chacun. Alors, il ne sert à rien de disputer/discuter de la beauté. Comme le dit HUME "tout individu devrait etre d'accord avec son propre sentiment sans prétendre régler ceux des autres".


B. LE VÉRITABLE JUGEMENT DE GOUT EST UNIVERSEL.

Cepandant, comme le rappelle KANT, nous disons "C'est beau" comme s'il s'agissait d'une objectivité de l'oeuvre et comme si nous attendions d'autrui qu'il partage le meme sentiment que nous. KANT montre que le jugement de gout (bien qu'il repose sur un sentiment), à la particularité d'etre universalisable. Dire "C'est beau" c'est admettre que tout le monde à la capacité d'éprouver le meme plaisir devant une meme oeuvre.

"Est beau ce qui plait universellement sans concepts" EMMANUEL KANT, Critique de la faculté de juger, 1790.

III. L'ART ET LA VÉRITÉ

A. L'ART NOUS ÉLOIGNE DE LA VÉRITÉ.

On admire souvent les artistes pour leur capacité à donner l'illusion la plus réussie de la réalité. C'est pourtant cette démarche d'imitation qui rend l'art critiquable aux yeux de PLATON. L'oeuvre d'art n'est qu'une copie des idées du monde intelligible. Les artistes auraient alors un effet néfaste en attirant l'admiration des hommes sur des oeuvres qui les détournent de la connaissance de la réalité.


Chaussures (1888) de Vincent Van Gogh.

B. L'ART COMME LIEU DE VÉRITÉ.

Cepandant, comme le remarque HEGEL l'artiste devrait ressentir de la frustration s'il se bornait à copier la nature. Ce qui fait la valeur d'une oeuvre, c'est de parvenir à saisir et à fixer qqch de vrai, de juste et d'universel par un travail d'idéalisation à partir de la réalité immédiate. L'oeuvre d'art doit donner à voir la réalité après son passage par l'esprit. L'artiste serait un génie en ce sens aussi par sa capacité à extraire du réel ses aspects inessentiels. Pour HEGEL, l'art est un moyen pour l'esprit de prendre comscience de lui-meme par l'intermédiaire de l'oeuvre produite.


C. LE PARADOXE DE L'ARTISTE "DISTRAIT".

Alors, d'où vient cette faculté des artistes à percevoir la réalité de facon plus juste que nous ? De plus, les artistes sont souvent percus comme des etres "détachés"/"distraits" de la réalité. Pour BERGSON c'est cette "distraction" qui leur permet d'etre sensibles à des aspects de la réalité qui nous échappent. L'artiste aurait une perception plus riche de la réalité sous l'effet d'une sorte d'anomalie, par celle-ci l'art nous permettrait d'élargir et d'enrichir notre rapport à la réalité.

"L'art ne reproduit pas le visbile ; il rend visible l'invisible" PAUL KLEE, Credo du créateur, 1920.

IV. MODERNITÉ DE L'ART

A. DES OEUVRES QUI DÉRANGENT.

L'art moderne et l'art contemporain nous mettent en présence d'oeuvres déconcertantes souvent en rupture avec le public. L'oeuvre Fontaine de MARCEL DUCHAMP présente un objet aussi trivial qu'un urinoir. Ces oeuvres modernes marquent une rupture par rapport à l'art lui-meme en semblent privilégier la laideur, parfois la vulgarité, voir le "manque de gout".


B. L'ART SE PRENANT LUI-MEME COMME OBJET.

La qst n'est plus de savoir si une oeuvre est réussie ou meme si c'est une oeuvre d'art : il s'agit de comprendre que dans l'art moderne, l'art se prend lui-meme comme objet de réfléxion et s'interroge sur les critères de la beauté, sur la qst de savoir si c'est la beauté qui fonde l'art ou bien si l'art peut viser autre chose que la beauté.