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Histoire 1

chapitre 1

La formation du régime fédéral canadien (1840-1896)


A retenir :

Dates importante

  • 1840 ( L'Acte d'Union )
  • 1848 ( Gouvernement responsable )
  • 1854-1866 ( Traité de réciprocité )
  • 1867 (AANB - Actes de l'Amérique du Nord britannique)
  • 1869 ( Premier Soulèvement des Métis)
  • 1876 ( Lois sur les Indiens)
  • 1879 ( La politique nationale)
  • 1885 ( Deuxième Soulèvement des Métis)
  • 1896 ( Élection de Wilfrid Laurier )

1840: ACTE D'UNION

C'est quoi ?
  • C'est la fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada
  • La création d'une seule Chambre d'assemblée
  • Composée de 42 députés du Bas-Canada et 42 députés du Haut-Canada .
  • Cela devient La Province Du Canada.

CONFLIT : Beaucoup de Canadiens Français du Bas-Canada sont mécontents parce qu'ils ont le même nombre de députés que le Haut alors qu'ils sont plus nombreux.

CAUSE : Rébellion des Patriotes ( Rapport Durham )

BUT : Assimiler les Canadiens Français ( LANGUE , CULTURE )

La langue officielle de la Province du Canada devient l'anglais. Les documents écrits, les textes de lois ou les rapports du Parlement doivent être écrits en anglais. Les Canadiens français conservent les lois civiles françaises au Bas-Canada, mais le droit criminel britannique reste appliqué dans la Province.

UNE RÉACTION DES CANADIENS-FRANÇAIS SUR L'ASSIMILATION : Ils développent le nationalisme de survivance .

Une vague de nouvelles idées arrive au début des années 1840 au Royaume-Uni. Le Parlement britannique adopte plusieurs réformes économiques. Le libéralisme économique et le libre-échange prendront place comme modèle économique en remplaçant ainsi le protectionnisme.

Définition

Libre-échange
Politique économique d'un État selon laquelle les échanges commerciaux sont libres, soumis à la concurrence et sans tarifs douaniers.

visuel

L'Église catholique et son rôle

Le rôle de l'église catholique est s'occuper de l'éducation .

2 IDÉOLOGIE QUI S'OPPOSENT

L’ultramontanisme
est un courant de pensée catholique qui affirme la suprématie absolue du pape et de l’Église sur les affaires religieuses et civiles.
L’anticléricalisme
est une attitude ou un système de pensée qui s’oppose à l’ingérence du clergé dans les affaires publiques et défend la séparation du religieux et du profane.

Deux groupes politiques se forment après la mise en place de l'Acte d'Union : les conservateurs (Tories) et les réformistes. Les conservateurs ne désirent aucun changement politique et ils défendent les valeurs de la bourgeoisie d'affaires. Les réformistes, de leur côté, exigent des changements.

L'alliance des réformistes

A retenir :

  • Les députés réformistes du Haut-Canada, dirigés par Robert Baldwin
  • Les députés réformistes du Bas-Canada, dirigés par Louis-Hippolyte La Fontaine

L'alliance de Baldwin et de La Fontaine est élue en majorité à la Chambre d'assemblée en 1841.

1848:L'obtention du gouvernement responsable

En 1848, cette alliance réussit à obtenir le gouvernement responsable, ce qui permettra à la Province du Canada de devenir beaucoup plus autonome avec le temps, puisque le Conseil exécutif est dorénavant élu par les membres de la Chambre d'assemblée.

La structure parlementaire avec un gouvernement responsable après 1848

Le développement des régions

Le commerce du bois est toujours en développement au cours des années 1840 et les marchands du Royaume-Uni sont les principaux investisseurs. De la coupe forestière à la transformation du bois dans les moulins à scie, l'industrie du bois a besoin de beaucoup de main-d’œuvre. De plus, on retrouve des milliers de scieries au Bas-Canada et au Haut-Canada à cette époque, ce qui permet à plusieurs travailleurs agricoles de travailler dans cette industrie en hiver, saison au cours de laquelle le climat rend le travail des terres impossible.

L'essor de l'industrie forestière entraine la transformation du territoire du Bas-Canada. Les régions traversées par de grandes rivières sont l'Outaouais, le Saguenay et la Mauricie qui vont se développer .SOM.Plusieurs scieries vont ouvrir dans ces régions. Afin de transporter le bois facilement, ces scieries s'installent près des cours d'eau, comme c'est le cas de la rivière Saint-Maurice en Mauricie.

1854-1866 ( Traité de réciprocité )

En 1854, le Royaume-Uni signe un accord de libre-échange avec les États-Unis . Cet accord , appelé (traité de réciprocité), permet d'échanger certaines matières premières sans avoir à payer de droits de douane .

La première phase d'industrialisation au Canada-Uni (1850-1896)

De nouvelles machines sont développée comme la machine à vapeur, qui utilise le charbon comme source d'énergie, la production est largement mécanisée .

La première phase d’industrialisation apporte de grands changements dans la fabrication des biens. Avant cette période, l’artisan était un ouvrier spécialisé dans son domaine qui fabriquait ses produits à la main avec ses outils.

Avec l’industrialisation, les biens sont produits beaucoup plus rapidement. La fabrication des biens se fait en plusieurs étapes et chaque ouvrier s’occupe d’une étape. C’est ce qu'on appelle une chaine de production
Tous les principaux secteurs de production forment le mot TABACC : Textile, Alimentation, Bois, Acier, Chaussures de Cuir.


Les conditions de travail des ouvriers

La première phase d’industrialisation crée une classe ouvrière composée d’hommes, de femmes et d’enfants pauvres travaillant dans des usines dirigées par des bourgeois anglophones. Les conditions de travail sont difficiles : salaires très bas, longues heures de travail et présence d’enfants dès 12 ans. Les usines sont dangereuses et insalubres, et les accidents sont fréquents sans compensation.

Les syndicats et les grèves

Pour améliorer leur situation, les ouvriers forment des syndicats et utilisent la grève pour revendiquer de meilleurs droits. Avec le temps, le gouvernement adopte des lois pour encadrer le travail, comme l’âge minimum pour les enfants et la réduction des heures de travail.

L’urbanisation et l’exode rural

L’augmentation de la population provoque l’exode rural, poussant les gens vers les villes où se trouvent les emplois industriels. Ce mouvement entraîne une forte urbanisation et la création de quartiers ouvriers près des usines.

Les conditions de vie en ville

Les quartiers ouvriers sont insalubres, pollués et surpeuplés. Il y a peu d’hygiène, ce qui provoque des maladies et des épidémies. Le gouvernement adopte ensuite des lois pour améliorer la santé publique, mais les conditions restent difficiles. Les bourgeois, eux, vivent dans des quartiers plus propres et mieux équipés.

Le ​Grand Tronc vers 1870

Vers 1870, le chemin de fer du Grand Tronc représentait le réseau ferroviaire le plus vaste du monde, reliant Montréal à Toronto et connectant les Grands Lacs aux Maritimes, contribuant ainsi fortement à l’industrialisation et au commerce du Canada-Uni.

 L'Acte de l'Amérique du Nord britannique 1867

L'instabilité ministérielle



n 1851, Louis-Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin se retirent de la scène politique, mettant fin à onze ans de gouvernement réformiste. Cette situation crée une instabilité ministérielle qui rend la gestion des affaires de la colonie de plus en plus difficile. Différents débats comme le déménagement du Parlement de Montréal à Toronto ou à Québec et le nombre de députés à élire au Bas-Canada et au Haut-Canada.

Cette situation mène les différents chefs politiques à former la Grande Coalition de 1864 pour tenter de trouver une solution à la crise politique. Organisée par des personnalités politiques telles que John A. Macdonald, Étienne-Paschal Taché, George-Étienne Cartier et George Brown, cette entente rassemble des politiciens aux idées différentes, mais liés par le souhait de former une nouvelle union entre le Haut-Canada, le Bas-Canada et les autres colonies britanniques.

A retenir :

L’instabilité politique

Entre 1854 et 1864, dix gouvernements différents se succèdent. Cela fait en sorte que le système politique est grandement fragilisé. C’est cette instabilité qui mène les différents chefs de partis politiques à former la Grande Coalition pour trouver une solution à la situation.

GRANDE COALITION 1864

Les premières négociations débutent en juin 1864 au Canada-Uni. George Brown, le chef du parti des Clear Grits, propose de s’associer avec John A. Macdonald, chef du Parti libéral-conservateur du Haut-Canada et George-Étienne Cartier du Parti bleu du Bas-Canada. Cette association, nommée la Grande Coalition, permet la formation d’un gouvernement qui obtient une majorité de députés au Canada-Uni.

Les membres de la Grande Coalition lancent l’idée de former une union politique et économique avec les autres colonies d’Amérique du Nord. Cette union au sein d’une fédération permettrait non seulement de former un important ensemble économique, mais aussi une meilleure défense face aux États-Unis.

La Conférence de Charlottetown

TYPE D'UNION POSSIBLE

  • Législative
  • Fédérale

La Conférence de Québec

 L’objectif est de continuer les discussions entamées à Charlottetown concernant le projet de fédération.

Au terme de ces échanges, les délégués acceptent le projet d’une union fédérale et rédigent un texte intitulé « Résolutions de Québec » ou « 72 résolutions ». Il s'agit d'un document résumant les points importants discutés lors de la conférence et officialisant l’entente entre les colonies concernant le projet de fédération. De plus, les délégués décident d’utiliser la représentation proportionnelle pour déterminer le nombre d'élus par province siégeant à la Chambre d’assemblée. Ils s’entendent aussi sur la construction d’un chemin de fer qui relierait l’ensemble des provinces de la fédération.

La Conférence de Londres

La dernière étape avant de mettre l’union en marche est de présenter le projet à Londres afin d’obtenir l’approbation de la métropole.

Les délégués de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse se réunissent alors à Londres afin d’entamer les négociations. Les délégués formulent le projet de loi en se basant en grande partie sur les 72 résolutions rédigées lors de la Conférence de Québec.

La Conférence de Londres débute le 4 décembre 1866 et dure jusqu’au 29 mars 1867. C’est à cette date que la Constitution canadienne, intitulée l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, est adoptée par le Parlement britannique et que le projet de loi est accepté par la reine Victoria. 

A retenir :

L’organisation politique


La structure politique

Dorénavant, le Dominion du Canada est géré par un gouverneur général (qui représente le Parlement britannique) et un gouvernement fédéral. Chaque province (les anciennes colonies) a également un premier ministre provincial.

VISUEL

Le droit de désaveu

Malgré le fait que chaque palier de gouvernement ait ses propres compétences, le gouvernement fédéral possède le droit de désaveu sur les lois provinciales.

Définition

Le droit de désaveu
Le droit de désaveu est un pouvoir appartenant au gouvernement fédéral. Cela signifie que le fédéral peut annuler ou modifier n’importe quelle loi proposée par les provinces.

Le territoire


Lors de la création de la fédération canadienne, il existe quatre provinces, soit le Québec, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. Au fil des années, d’autres provinces et territoires s’ajoutent à la fédération.

CARTE

Les affaires indiennes

Les politiques d’assimilation et la Loi sur les Indiens


La commission Bagot recommande différentes actions dans le but d’assimiler les peuples autochtones. La Loi sur les Indiens de 1876 s’inspire fortement de ce rapport en forçant la sédentarisation des Premières Nations et en essayant de leur imposer la culture européenne. Cette loi est accompagnée de la signature de traités numérotés pour céder des terres au gouvernement.

Le gouvernement veut que les communautés autochtones abandonnent leur culture pour devenir anglophones et protestantes ou francophones et catholiques, selon la province dans laquelle elles se trouvent. Le gouvernement met alors en place divers moyens pour y arriver. Par exemple, les enfants autochtones sont envoyés dans des pensionnats dans le but de les assimiler à la société canadienne. 

A retenir :

À la fin du 19e siècle, le nouveau Dominion du Canada cherche à explorer l’ouest pour ensuite le coloniser. Après avoir acheté la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest à la Compagnie de la Baie d'Hudson, le gouvernement canadien peut alors administrer ces terres, mais devient également responsable des peuples qui s'y trouvent, dont les Autochtones.

La Politique nationalede John A. Macdonald qui prévoyait la colonisation de l’Ouest canadien inspire grandement Wilfrid Laurier. En 1872, son gouvernement adopte la Loi sur les Terres du Dominion, celle-ci rendant disponibles des terres prêtes à être cultivées aux futurs immigrants.

Les soulèvements des Métis


Le premier soulèvement des Métis

En 1869, le gouvernement du Canada lance la colonisation en envoyant des arpenteurs évaluer le terrain autour de la rivière Rouge, dans le sud du Manitoba actuel, dans l'objectif d'y créer des terres pour les nouveaux immigrants. La colonisation de l'Ouest canadien ne se fait pas sans conflits.

En effet, les Métis, un peuple habitant ces terres convoitées, voient d’un mauvais œil l’arrivée de colons blancs et ils craignent de perdre leur culture et leurs droits territoriaux. Ainsi, les arpenteurs canadiens reçoivent un accueil peu favorable de la part des Métis alors que ces derniers prennent les armes afin de bloquer leur progression : c’est le premier soulèvement des Métis, celui de la rivière Rouge.

À la suite de négociations entre les Métis et le gouvernement, une nouvelle province voit le jour : le Manitoba. Les Canadiens anglais et les Métis y cohabitent. Cependant, la population canadienne qui s’accroît à un rythme effréné dépasse en nombre la population des Métis. Plus importants dans le système politique de la province, les Canadiens anglais votent progressivement des lois qui restreignent les droits des Métis.



Le second soulèvement des Métis

Puisqu’ils ne se sentent plus respectés et accommodés au Manitoba, plusieurs Métis quittent la province. Ils migrent alors vers le nord-ouest, dans la région de Batoche. Toutefois, les Canadiens continuent leur expansion territoriale vers l’ouest et rejoignent peu à peu le nouveau territoire occupé par les Métis. Ces derniers décident alors de se faire entendre et contestent la présence des colons sur leur territoire. Louis Riel revient d'exil pour défendre les intérêts des Métis. Encore moins accueillants que la première fois, les Métis reprennent les armes en 1885. Ce soulèvement porte le nom de « rébellion du Nord-Ouest ».

La Politique nationale

A retenir :

La Politique nationale est une stratégie économique mise en place au Canada à la fin du 19e siècle, principalement sous le gouvernement de John A. Macdonald.


La Politique nationale de Macdonald se base sur trois éléments : 


  • l'augmentation des tarifs douaniers,
  • la création d'un chemin de fer,
  • l'arrivée d'immigrants.

La crise économique de 1873


Une crise économique mondiale éclate en 1873 et le Canada n'est pas épargné. Malgré la fin du Traité de réciprocité avec les États-Unis en 1866, ces derniers continuent de vendre leurs produits au Canada. Comme leurs prix sont très bas, les entreprises canadiennes ne sont pas en mesure de rivaliser avec eux.

De plus, en raison de la crise, la chute du prix des matières premières qu'on observe à travers le monde affecte le Canada. Les secteurs du blé et du bois, qui sont très importants pour l'économie canadienne, sont durement touchés. La classe bourgeoise manque de capitaux et ne peut donc pas lancer de nouveaux projets. Les salaires diminuent et plusieurs personnes perdent leur emploi.

A retenir :

La politique tarifaire de 1879


Forcé de démissionner après un scandale en 1873, John A. Macdonald cherche à regagner son poste de premier ministre alors que la crise économique fait rage. Lors des élections de 1878, il propose une politique tarifaire qui, selon lui, permettra à l'économie canadienne de se redresser face à la crise.

Pour ce faire, il souhaite aider les industries canadiennes en constituant un marché intérieur, créant ainsi des débouchés pour leurs produits. Sa stratégie, inspirée du protectionnisme, lui permet de gagner son élection. L'année suivante, il met en place la Politique nationale.

POLITIQUE NATIONALE

L’augmentation des tarifs douaniers décourage les consommateurs canadiens et les pousse à acheter des produits fabriqués au pays, ce qui favorise la création d’industries et d’emplois.

L’argent des frais de douane permet la construction du chemin de fer, qui facilite les échanges commerciaux et l’accès à de nouvelles terres dans l’Ouest.

La Politique nationale incite plusieurs Européens à s’installer au Canada dès 1880, entraînant la création de nouveaux villages.

Grâce à l’immigration et à la colonisation de l’Ouest, le nombre de consommateurs augmente et aide les industries. Cependant, l’arrivée de nouveaux colons cause des tensions avec les Métis.

Ensemble, les éléments de la Politique nationale stimulent le marché intérieur canadien et l’économie du pays.

A retenir :

Le chemin de fer transcontinental de 1881


L'idée du chemin de fer mise de l'avant par la Politique nationale reprend un projet déjà lancé quelques années plus tôt. En effet, la province de la Colombie-Britannique exigeait la construction d'un chemin de fer transcontinental pour se joindre à la fédération. C'est pourquoi, dès 1871, la construction est entamée afin de répondre à cette demande. Le contrat est confié par le gouvernement à la compagnie du Canadien Pacifique.

Le scandale du Pacifique

Le scandale du Pacifique éclate en 1873. On découvre que John A. Macdonald a reçu une importante somme d’argent du propriétaire de la compagnie du Canadien Pacifique en échange du contrat de construction du chemin de fer. À cause du scandale, Macdonald est forcé de démissionner.

La construction du chemin de fer est arrêtée temporairement en 1874 à cause de la crise économique, puis reprend en 1881 grâce à la Politique nationale.

Environ 15 000 immigrants chinois sont recrutés pour travailler sur le chantier. Plus de 600 meurent pendant la construction, malgré leurs faibles salaires.

Les travaux se terminent en 1885. Le chemin de fer relie alors Montréal à Vancouver. Le réseau ferroviaire se développe rapidement, passant d’environ 3 600 kilomètres en 1867 à plus de 28 000 kilomètres au début des années 1900.

Les conséquences de la Politique Nationale

La Politique nationale entraîne une forte croissance économique au Canada en favorisant les industries grâce aux tarifs douaniers et en augmentant la production locale. Elle permet aussi la construction du chemin de fer Canadien Pacifique, ce qui développe les échanges entre les provinces et facilite la colonisation de l’Ouest. Cette expansion s’accompagne d’une hausse de l’immigration et du nombre de consommateurs, mais elle provoque aussi des tensions avec les Métis. Globalement, elle transforme profondément le pays en stimulant son développement économique et territorial.

Les migrations

A retenir :

​L’exode rural


Lors de la première phase d’industrialisation, plusieurs industries se développent près des villes. Ces industries ont besoin d’un grand nombre d’employés, qui n’ont pas nécessairement besoin d’être très qualifiés. Au même moment, les bonnes terres agricoles se font de plus en plus rares et plusieurs Canadiens français vivant à la campagne se retrouvent sans emploi.

Une certaine partie de la population quitte la campagne pour les villes afin d’avoir une meilleure source de revenus. Le nombre d’habitants à la ville augmente considérablement, ce qui crée le phénomène d’urbanisation. En effet, plusieurs villes se développent au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Bien que le nombre d’habitants en ville augmente, la majorité de la population vit toujours à la campagne.​

A retenir :

L’émigration vers les États-Unis


Plusieurs villes américaines près de la frontière canadienne se développent très rapidement au cours des années 1840. Les usines et les emplois s’y multiplient et les salaires y sont plus avantageux que ceux offerts au Québec. Ce faisant, beaucoup de Canadiens français se dirigent vers les États-Unis pour y trouver de l’emploi et une meilleure vie. De 1850 à 1900, environ 400 000 personnes émigrent vers la Nouvelle-Angleterre. Cette migration est si importante qu’elle est surnommée « la grande hémorragie ».

La majorité des immigrants s’installent dans le Haut-Canada puisqu’ils parlent anglais et qu’ils sont protestants. Environ 50 000 d’entre eux s’installent à Québec et à Montréal ainsi que dans les Cantons-de-l’Est.

Ceux qui s’installent au Bas-Canada sont surtout des Irlandais qui sont catholiques, tout comme les Canadiens français. Ces Irlandais sont très pauvres et ils n’ont pas de formation. Ceux qui s’installent en ville se trouvent principalement du travail dans les usines. Sinon, ils travaillent dans l’industrie forestière et occupent des emplois sur les chantiers de construction maritimes et pour la mise en place de canaux de navigation.

Au total, il y a environ 1 à 1,5 million d’immigrants qui s’installent dans le Dominion du Canada au cours de la deuxième partie du 19e siècle. Malgré cette immigration importante, la population du Bas-Canada diminue en raison de l’émigration vers les États-Unis.

 Le rôle des femmes

Les statuts politique et juridique


Sous l’Acte constitutionnel de 1791, il est mentionné que toutes les « personnes propriétaires » peuvent être des électeurs. Certaines femmes qui sont propriétaires ont ainsi le droit de vote, même si la majorité d’entre elles ne s’intéressent pas vraiment à la politique.

Constatant qu’elles ont l’opportunité de voter, des politiciens appuyés par le clergé décident de corriger cette situation. C’est en 1849 que le parlement modifie la loi en remplaçant « personne propriétaire » par « hommes propriétaire », retirant ainsi le droit de vote aux quelques femmes auparavant éligibles.

Sur le plan juridique, les femmes sont considérées comme des enfants aux yeux de la loi. Ainsi, leurs droits sont limités.

La place des femmes dans la société


N’ayant pas accès aux études supérieures, leurs possibilités d’emplois sont limitées. Les rares jeunes filles instruites ne peuvent pas accéder à des emplois de haut niveau et leurs choix se limitent souvent à des postes de secrétaire ou d’assistante.

Pour celles qui n’ont pas l’opportunité d’être instruites, plusieurs se tournent vers le travail d’ouvrière, même si cela est souvent mal vu dans la société et que les conditions de travail y sont mauvaises. Le salaire qui est gagné par la femme est plus bas que celui gagné par un homme pour un emploi équivalent. De plus, c’est le mari qui a le droit de gérer le salaire gagné par sa femme. Si elles décident de travailler, les femmes doivent également entretenir la maison et éduquer les enfants.

A retenir :

Ces femmes bourgeoises fondent des organismes cherchant à appuyer, entre autres, les droits et l’éducation des femmes. Par exemple, les YWCA (Young Women's Christian Association) sont des centres qui permettent aux femmes d’avoir accès à des bibliothèques publiques et à des cours du soir afin de s’instruire davantage. Un premier centre voit le jour en 1870 au Nouveau-Brunswick et un autre ouvre ses portes en 1874 à Montréal. De son côté, la MLCW (Montreal Local Council of Women) est créée en 1893 et a pour objectif de défendre les droits des travailleuses. D’autres organismes apparaissent également peu à peu


Histoire 1

chapitre 1

La formation du régime fédéral canadien (1840-1896)


A retenir :

Dates importante

  • 1840 ( L'Acte d'Union )
  • 1848 ( Gouvernement responsable )
  • 1854-1866 ( Traité de réciprocité )
  • 1867 (AANB - Actes de l'Amérique du Nord britannique)
  • 1869 ( Premier Soulèvement des Métis)
  • 1876 ( Lois sur les Indiens)
  • 1879 ( La politique nationale)
  • 1885 ( Deuxième Soulèvement des Métis)
  • 1896 ( Élection de Wilfrid Laurier )

1840: ACTE D'UNION

C'est quoi ?
  • C'est la fusion du Haut-Canada et du Bas-Canada
  • La création d'une seule Chambre d'assemblée
  • Composée de 42 députés du Bas-Canada et 42 députés du Haut-Canada .
  • Cela devient La Province Du Canada.

CONFLIT : Beaucoup de Canadiens Français du Bas-Canada sont mécontents parce qu'ils ont le même nombre de députés que le Haut alors qu'ils sont plus nombreux.

CAUSE : Rébellion des Patriotes ( Rapport Durham )

BUT : Assimiler les Canadiens Français ( LANGUE , CULTURE )

La langue officielle de la Province du Canada devient l'anglais. Les documents écrits, les textes de lois ou les rapports du Parlement doivent être écrits en anglais. Les Canadiens français conservent les lois civiles françaises au Bas-Canada, mais le droit criminel britannique reste appliqué dans la Province.

UNE RÉACTION DES CANADIENS-FRANÇAIS SUR L'ASSIMILATION : Ils développent le nationalisme de survivance .

Une vague de nouvelles idées arrive au début des années 1840 au Royaume-Uni. Le Parlement britannique adopte plusieurs réformes économiques. Le libéralisme économique et le libre-échange prendront place comme modèle économique en remplaçant ainsi le protectionnisme.

Définition

Libre-échange
Politique économique d'un État selon laquelle les échanges commerciaux sont libres, soumis à la concurrence et sans tarifs douaniers.

visuel

L'Église catholique et son rôle

Le rôle de l'église catholique est s'occuper de l'éducation .

2 IDÉOLOGIE QUI S'OPPOSENT

L’ultramontanisme
est un courant de pensée catholique qui affirme la suprématie absolue du pape et de l’Église sur les affaires religieuses et civiles.
L’anticléricalisme
est une attitude ou un système de pensée qui s’oppose à l’ingérence du clergé dans les affaires publiques et défend la séparation du religieux et du profane.

Deux groupes politiques se forment après la mise en place de l'Acte d'Union : les conservateurs (Tories) et les réformistes. Les conservateurs ne désirent aucun changement politique et ils défendent les valeurs de la bourgeoisie d'affaires. Les réformistes, de leur côté, exigent des changements.

L'alliance des réformistes

A retenir :

  • Les députés réformistes du Haut-Canada, dirigés par Robert Baldwin
  • Les députés réformistes du Bas-Canada, dirigés par Louis-Hippolyte La Fontaine

L'alliance de Baldwin et de La Fontaine est élue en majorité à la Chambre d'assemblée en 1841.

1848:L'obtention du gouvernement responsable

En 1848, cette alliance réussit à obtenir le gouvernement responsable, ce qui permettra à la Province du Canada de devenir beaucoup plus autonome avec le temps, puisque le Conseil exécutif est dorénavant élu par les membres de la Chambre d'assemblée.

La structure parlementaire avec un gouvernement responsable après 1848

Le développement des régions

Le commerce du bois est toujours en développement au cours des années 1840 et les marchands du Royaume-Uni sont les principaux investisseurs. De la coupe forestière à la transformation du bois dans les moulins à scie, l'industrie du bois a besoin de beaucoup de main-d’œuvre. De plus, on retrouve des milliers de scieries au Bas-Canada et au Haut-Canada à cette époque, ce qui permet à plusieurs travailleurs agricoles de travailler dans cette industrie en hiver, saison au cours de laquelle le climat rend le travail des terres impossible.

L'essor de l'industrie forestière entraine la transformation du territoire du Bas-Canada. Les régions traversées par de grandes rivières sont l'Outaouais, le Saguenay et la Mauricie qui vont se développer .SOM.Plusieurs scieries vont ouvrir dans ces régions. Afin de transporter le bois facilement, ces scieries s'installent près des cours d'eau, comme c'est le cas de la rivière Saint-Maurice en Mauricie.

1854-1866 ( Traité de réciprocité )

En 1854, le Royaume-Uni signe un accord de libre-échange avec les États-Unis . Cet accord , appelé (traité de réciprocité), permet d'échanger certaines matières premières sans avoir à payer de droits de douane .

La première phase d'industrialisation au Canada-Uni (1850-1896)

De nouvelles machines sont développée comme la machine à vapeur, qui utilise le charbon comme source d'énergie, la production est largement mécanisée .

La première phase d’industrialisation apporte de grands changements dans la fabrication des biens. Avant cette période, l’artisan était un ouvrier spécialisé dans son domaine qui fabriquait ses produits à la main avec ses outils.

Avec l’industrialisation, les biens sont produits beaucoup plus rapidement. La fabrication des biens se fait en plusieurs étapes et chaque ouvrier s’occupe d’une étape. C’est ce qu'on appelle une chaine de production
Tous les principaux secteurs de production forment le mot TABACC : Textile, Alimentation, Bois, Acier, Chaussures de Cuir.


Les conditions de travail des ouvriers

La première phase d’industrialisation crée une classe ouvrière composée d’hommes, de femmes et d’enfants pauvres travaillant dans des usines dirigées par des bourgeois anglophones. Les conditions de travail sont difficiles : salaires très bas, longues heures de travail et présence d’enfants dès 12 ans. Les usines sont dangereuses et insalubres, et les accidents sont fréquents sans compensation.

Les syndicats et les grèves

Pour améliorer leur situation, les ouvriers forment des syndicats et utilisent la grève pour revendiquer de meilleurs droits. Avec le temps, le gouvernement adopte des lois pour encadrer le travail, comme l’âge minimum pour les enfants et la réduction des heures de travail.

L’urbanisation et l’exode rural

L’augmentation de la population provoque l’exode rural, poussant les gens vers les villes où se trouvent les emplois industriels. Ce mouvement entraîne une forte urbanisation et la création de quartiers ouvriers près des usines.

Les conditions de vie en ville

Les quartiers ouvriers sont insalubres, pollués et surpeuplés. Il y a peu d’hygiène, ce qui provoque des maladies et des épidémies. Le gouvernement adopte ensuite des lois pour améliorer la santé publique, mais les conditions restent difficiles. Les bourgeois, eux, vivent dans des quartiers plus propres et mieux équipés.

Le ​Grand Tronc vers 1870

Vers 1870, le chemin de fer du Grand Tronc représentait le réseau ferroviaire le plus vaste du monde, reliant Montréal à Toronto et connectant les Grands Lacs aux Maritimes, contribuant ainsi fortement à l’industrialisation et au commerce du Canada-Uni.

 L'Acte de l'Amérique du Nord britannique 1867

L'instabilité ministérielle



n 1851, Louis-Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin se retirent de la scène politique, mettant fin à onze ans de gouvernement réformiste. Cette situation crée une instabilité ministérielle qui rend la gestion des affaires de la colonie de plus en plus difficile. Différents débats comme le déménagement du Parlement de Montréal à Toronto ou à Québec et le nombre de députés à élire au Bas-Canada et au Haut-Canada.

Cette situation mène les différents chefs politiques à former la Grande Coalition de 1864 pour tenter de trouver une solution à la crise politique. Organisée par des personnalités politiques telles que John A. Macdonald, Étienne-Paschal Taché, George-Étienne Cartier et George Brown, cette entente rassemble des politiciens aux idées différentes, mais liés par le souhait de former une nouvelle union entre le Haut-Canada, le Bas-Canada et les autres colonies britanniques.

A retenir :

L’instabilité politique

Entre 1854 et 1864, dix gouvernements différents se succèdent. Cela fait en sorte que le système politique est grandement fragilisé. C’est cette instabilité qui mène les différents chefs de partis politiques à former la Grande Coalition pour trouver une solution à la situation.

GRANDE COALITION 1864

Les premières négociations débutent en juin 1864 au Canada-Uni. George Brown, le chef du parti des Clear Grits, propose de s’associer avec John A. Macdonald, chef du Parti libéral-conservateur du Haut-Canada et George-Étienne Cartier du Parti bleu du Bas-Canada. Cette association, nommée la Grande Coalition, permet la formation d’un gouvernement qui obtient une majorité de députés au Canada-Uni.

Les membres de la Grande Coalition lancent l’idée de former une union politique et économique avec les autres colonies d’Amérique du Nord. Cette union au sein d’une fédération permettrait non seulement de former un important ensemble économique, mais aussi une meilleure défense face aux États-Unis.

La Conférence de Charlottetown

TYPE D'UNION POSSIBLE

  • Législative
  • Fédérale

La Conférence de Québec

 L’objectif est de continuer les discussions entamées à Charlottetown concernant le projet de fédération.

Au terme de ces échanges, les délégués acceptent le projet d’une union fédérale et rédigent un texte intitulé « Résolutions de Québec » ou « 72 résolutions ». Il s'agit d'un document résumant les points importants discutés lors de la conférence et officialisant l’entente entre les colonies concernant le projet de fédération. De plus, les délégués décident d’utiliser la représentation proportionnelle pour déterminer le nombre d'élus par province siégeant à la Chambre d’assemblée. Ils s’entendent aussi sur la construction d’un chemin de fer qui relierait l’ensemble des provinces de la fédération.

La Conférence de Londres

La dernière étape avant de mettre l’union en marche est de présenter le projet à Londres afin d’obtenir l’approbation de la métropole.

Les délégués de la Province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse se réunissent alors à Londres afin d’entamer les négociations. Les délégués formulent le projet de loi en se basant en grande partie sur les 72 résolutions rédigées lors de la Conférence de Québec.

La Conférence de Londres débute le 4 décembre 1866 et dure jusqu’au 29 mars 1867. C’est à cette date que la Constitution canadienne, intitulée l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, est adoptée par le Parlement britannique et que le projet de loi est accepté par la reine Victoria. 

A retenir :

L’organisation politique


La structure politique

Dorénavant, le Dominion du Canada est géré par un gouverneur général (qui représente le Parlement britannique) et un gouvernement fédéral. Chaque province (les anciennes colonies) a également un premier ministre provincial.

VISUEL

Le droit de désaveu

Malgré le fait que chaque palier de gouvernement ait ses propres compétences, le gouvernement fédéral possède le droit de désaveu sur les lois provinciales.

Définition

Le droit de désaveu
Le droit de désaveu est un pouvoir appartenant au gouvernement fédéral. Cela signifie que le fédéral peut annuler ou modifier n’importe quelle loi proposée par les provinces.

Le territoire


Lors de la création de la fédération canadienne, il existe quatre provinces, soit le Québec, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. Au fil des années, d’autres provinces et territoires s’ajoutent à la fédération.

CARTE

Les affaires indiennes

Les politiques d’assimilation et la Loi sur les Indiens


La commission Bagot recommande différentes actions dans le but d’assimiler les peuples autochtones. La Loi sur les Indiens de 1876 s’inspire fortement de ce rapport en forçant la sédentarisation des Premières Nations et en essayant de leur imposer la culture européenne. Cette loi est accompagnée de la signature de traités numérotés pour céder des terres au gouvernement.

Le gouvernement veut que les communautés autochtones abandonnent leur culture pour devenir anglophones et protestantes ou francophones et catholiques, selon la province dans laquelle elles se trouvent. Le gouvernement met alors en place divers moyens pour y arriver. Par exemple, les enfants autochtones sont envoyés dans des pensionnats dans le but de les assimiler à la société canadienne. 

A retenir :

À la fin du 19e siècle, le nouveau Dominion du Canada cherche à explorer l’ouest pour ensuite le coloniser. Après avoir acheté la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest à la Compagnie de la Baie d'Hudson, le gouvernement canadien peut alors administrer ces terres, mais devient également responsable des peuples qui s'y trouvent, dont les Autochtones.

La Politique nationalede John A. Macdonald qui prévoyait la colonisation de l’Ouest canadien inspire grandement Wilfrid Laurier. En 1872, son gouvernement adopte la Loi sur les Terres du Dominion, celle-ci rendant disponibles des terres prêtes à être cultivées aux futurs immigrants.

Les soulèvements des Métis


Le premier soulèvement des Métis

En 1869, le gouvernement du Canada lance la colonisation en envoyant des arpenteurs évaluer le terrain autour de la rivière Rouge, dans le sud du Manitoba actuel, dans l'objectif d'y créer des terres pour les nouveaux immigrants. La colonisation de l'Ouest canadien ne se fait pas sans conflits.

En effet, les Métis, un peuple habitant ces terres convoitées, voient d’un mauvais œil l’arrivée de colons blancs et ils craignent de perdre leur culture et leurs droits territoriaux. Ainsi, les arpenteurs canadiens reçoivent un accueil peu favorable de la part des Métis alors que ces derniers prennent les armes afin de bloquer leur progression : c’est le premier soulèvement des Métis, celui de la rivière Rouge.

À la suite de négociations entre les Métis et le gouvernement, une nouvelle province voit le jour : le Manitoba. Les Canadiens anglais et les Métis y cohabitent. Cependant, la population canadienne qui s’accroît à un rythme effréné dépasse en nombre la population des Métis. Plus importants dans le système politique de la province, les Canadiens anglais votent progressivement des lois qui restreignent les droits des Métis.



Le second soulèvement des Métis

Puisqu’ils ne se sentent plus respectés et accommodés au Manitoba, plusieurs Métis quittent la province. Ils migrent alors vers le nord-ouest, dans la région de Batoche. Toutefois, les Canadiens continuent leur expansion territoriale vers l’ouest et rejoignent peu à peu le nouveau territoire occupé par les Métis. Ces derniers décident alors de se faire entendre et contestent la présence des colons sur leur territoire. Louis Riel revient d'exil pour défendre les intérêts des Métis. Encore moins accueillants que la première fois, les Métis reprennent les armes en 1885. Ce soulèvement porte le nom de « rébellion du Nord-Ouest ».

La Politique nationale

A retenir :

La Politique nationale est une stratégie économique mise en place au Canada à la fin du 19e siècle, principalement sous le gouvernement de John A. Macdonald.


La Politique nationale de Macdonald se base sur trois éléments : 


  • l'augmentation des tarifs douaniers,
  • la création d'un chemin de fer,
  • l'arrivée d'immigrants.

La crise économique de 1873


Une crise économique mondiale éclate en 1873 et le Canada n'est pas épargné. Malgré la fin du Traité de réciprocité avec les États-Unis en 1866, ces derniers continuent de vendre leurs produits au Canada. Comme leurs prix sont très bas, les entreprises canadiennes ne sont pas en mesure de rivaliser avec eux.

De plus, en raison de la crise, la chute du prix des matières premières qu'on observe à travers le monde affecte le Canada. Les secteurs du blé et du bois, qui sont très importants pour l'économie canadienne, sont durement touchés. La classe bourgeoise manque de capitaux et ne peut donc pas lancer de nouveaux projets. Les salaires diminuent et plusieurs personnes perdent leur emploi.

A retenir :

La politique tarifaire de 1879


Forcé de démissionner après un scandale en 1873, John A. Macdonald cherche à regagner son poste de premier ministre alors que la crise économique fait rage. Lors des élections de 1878, il propose une politique tarifaire qui, selon lui, permettra à l'économie canadienne de se redresser face à la crise.

Pour ce faire, il souhaite aider les industries canadiennes en constituant un marché intérieur, créant ainsi des débouchés pour leurs produits. Sa stratégie, inspirée du protectionnisme, lui permet de gagner son élection. L'année suivante, il met en place la Politique nationale.

POLITIQUE NATIONALE

L’augmentation des tarifs douaniers décourage les consommateurs canadiens et les pousse à acheter des produits fabriqués au pays, ce qui favorise la création d’industries et d’emplois.

L’argent des frais de douane permet la construction du chemin de fer, qui facilite les échanges commerciaux et l’accès à de nouvelles terres dans l’Ouest.

La Politique nationale incite plusieurs Européens à s’installer au Canada dès 1880, entraînant la création de nouveaux villages.

Grâce à l’immigration et à la colonisation de l’Ouest, le nombre de consommateurs augmente et aide les industries. Cependant, l’arrivée de nouveaux colons cause des tensions avec les Métis.

Ensemble, les éléments de la Politique nationale stimulent le marché intérieur canadien et l’économie du pays.

A retenir :

Le chemin de fer transcontinental de 1881


L'idée du chemin de fer mise de l'avant par la Politique nationale reprend un projet déjà lancé quelques années plus tôt. En effet, la province de la Colombie-Britannique exigeait la construction d'un chemin de fer transcontinental pour se joindre à la fédération. C'est pourquoi, dès 1871, la construction est entamée afin de répondre à cette demande. Le contrat est confié par le gouvernement à la compagnie du Canadien Pacifique.

Le scandale du Pacifique

Le scandale du Pacifique éclate en 1873. On découvre que John A. Macdonald a reçu une importante somme d’argent du propriétaire de la compagnie du Canadien Pacifique en échange du contrat de construction du chemin de fer. À cause du scandale, Macdonald est forcé de démissionner.

La construction du chemin de fer est arrêtée temporairement en 1874 à cause de la crise économique, puis reprend en 1881 grâce à la Politique nationale.

Environ 15 000 immigrants chinois sont recrutés pour travailler sur le chantier. Plus de 600 meurent pendant la construction, malgré leurs faibles salaires.

Les travaux se terminent en 1885. Le chemin de fer relie alors Montréal à Vancouver. Le réseau ferroviaire se développe rapidement, passant d’environ 3 600 kilomètres en 1867 à plus de 28 000 kilomètres au début des années 1900.

Les conséquences de la Politique Nationale

La Politique nationale entraîne une forte croissance économique au Canada en favorisant les industries grâce aux tarifs douaniers et en augmentant la production locale. Elle permet aussi la construction du chemin de fer Canadien Pacifique, ce qui développe les échanges entre les provinces et facilite la colonisation de l’Ouest. Cette expansion s’accompagne d’une hausse de l’immigration et du nombre de consommateurs, mais elle provoque aussi des tensions avec les Métis. Globalement, elle transforme profondément le pays en stimulant son développement économique et territorial.

Les migrations

A retenir :

​L’exode rural


Lors de la première phase d’industrialisation, plusieurs industries se développent près des villes. Ces industries ont besoin d’un grand nombre d’employés, qui n’ont pas nécessairement besoin d’être très qualifiés. Au même moment, les bonnes terres agricoles se font de plus en plus rares et plusieurs Canadiens français vivant à la campagne se retrouvent sans emploi.

Une certaine partie de la population quitte la campagne pour les villes afin d’avoir une meilleure source de revenus. Le nombre d’habitants à la ville augmente considérablement, ce qui crée le phénomène d’urbanisation. En effet, plusieurs villes se développent au cours de la seconde moitié du 19e siècle. Bien que le nombre d’habitants en ville augmente, la majorité de la population vit toujours à la campagne.​

A retenir :

L’émigration vers les États-Unis


Plusieurs villes américaines près de la frontière canadienne se développent très rapidement au cours des années 1840. Les usines et les emplois s’y multiplient et les salaires y sont plus avantageux que ceux offerts au Québec. Ce faisant, beaucoup de Canadiens français se dirigent vers les États-Unis pour y trouver de l’emploi et une meilleure vie. De 1850 à 1900, environ 400 000 personnes émigrent vers la Nouvelle-Angleterre. Cette migration est si importante qu’elle est surnommée « la grande hémorragie ».

La majorité des immigrants s’installent dans le Haut-Canada puisqu’ils parlent anglais et qu’ils sont protestants. Environ 50 000 d’entre eux s’installent à Québec et à Montréal ainsi que dans les Cantons-de-l’Est.

Ceux qui s’installent au Bas-Canada sont surtout des Irlandais qui sont catholiques, tout comme les Canadiens français. Ces Irlandais sont très pauvres et ils n’ont pas de formation. Ceux qui s’installent en ville se trouvent principalement du travail dans les usines. Sinon, ils travaillent dans l’industrie forestière et occupent des emplois sur les chantiers de construction maritimes et pour la mise en place de canaux de navigation.

Au total, il y a environ 1 à 1,5 million d’immigrants qui s’installent dans le Dominion du Canada au cours de la deuxième partie du 19e siècle. Malgré cette immigration importante, la population du Bas-Canada diminue en raison de l’émigration vers les États-Unis.

 Le rôle des femmes

Les statuts politique et juridique


Sous l’Acte constitutionnel de 1791, il est mentionné que toutes les « personnes propriétaires » peuvent être des électeurs. Certaines femmes qui sont propriétaires ont ainsi le droit de vote, même si la majorité d’entre elles ne s’intéressent pas vraiment à la politique.

Constatant qu’elles ont l’opportunité de voter, des politiciens appuyés par le clergé décident de corriger cette situation. C’est en 1849 que le parlement modifie la loi en remplaçant « personne propriétaire » par « hommes propriétaire », retirant ainsi le droit de vote aux quelques femmes auparavant éligibles.

Sur le plan juridique, les femmes sont considérées comme des enfants aux yeux de la loi. Ainsi, leurs droits sont limités.

La place des femmes dans la société


N’ayant pas accès aux études supérieures, leurs possibilités d’emplois sont limitées. Les rares jeunes filles instruites ne peuvent pas accéder à des emplois de haut niveau et leurs choix se limitent souvent à des postes de secrétaire ou d’assistante.

Pour celles qui n’ont pas l’opportunité d’être instruites, plusieurs se tournent vers le travail d’ouvrière, même si cela est souvent mal vu dans la société et que les conditions de travail y sont mauvaises. Le salaire qui est gagné par la femme est plus bas que celui gagné par un homme pour un emploi équivalent. De plus, c’est le mari qui a le droit de gérer le salaire gagné par sa femme. Si elles décident de travailler, les femmes doivent également entretenir la maison et éduquer les enfants.

A retenir :

Ces femmes bourgeoises fondent des organismes cherchant à appuyer, entre autres, les droits et l’éducation des femmes. Par exemple, les YWCA (Young Women's Christian Association) sont des centres qui permettent aux femmes d’avoir accès à des bibliothèques publiques et à des cours du soir afin de s’instruire davantage. Un premier centre voit le jour en 1870 au Nouveau-Brunswick et un autre ouvre ses portes en 1874 à Montréal. De son côté, la MLCW (Montreal Local Council of Women) est créée en 1893 et a pour objectif de défendre les droits des travailleuses. D’autres organismes apparaissent également peu à peu