La Première Guerre mondiale a profondément marqué les mémoires en France. Le Soldat inconnu, inhumé sous l'Arc de Triomphe en 1920, devient un symbole de mémoire nationale. Au même moment, chaque commune érige ses monuments aux morts, reflet d'une mémoire fragmentée et locale. La création du jour férié du 11-Novembre en 1922 et l'inauguration de l'ossuaire de Douaumont en 1932 renforcent cette mémoire collective du conflit. En 1984, l'image de la poignée de main entre Kohl et Mitterrand à Verdun signe une réconciliation mémorielle franco-allemande. Le centenaire de 2014 met en avant la dimension européenne et l'inclusivité des mémoires coloniales, soulignant la diplomatie mémorielle.
Définition
Chronologie des Mémoires de 14-18
Diversité et Évolution des Mémoires
La Première Guerre mondiale a généré plusieurs types de mémoires : la mémoire combattante, de groupes comme l'UNC ou la FNACA, la mémoire nationale avec ses commémorations officielles, et des mémoires régionales et coloniales, chacune portant des récits spécifiques. Les lieux de mémoire, tels que Verdun ou les cimetières militaires, jouent un rôle crucial en fixant physiquement ces souvenirs. Les travaux de Pierre Nora montrent que ces lieux œuvrent contre l'oubli par l'archive et la commémoration.
Évolution de la Mémoire de Vichy
La mémoire de l'époque de Vichy en France illustre comment la perception historique change avec le temps. Initialement dominée par le mythe résistancialiste, cette mémoire a évolué à travers divers jalons : le film 'Le Chagrin et la Pitié' en 1971, les procès Barbie et Touvier des années 1980 et 90, et le discours de Chirac en 1995 reconnaissant la responsabilité française dans les déportations. Ces événements montrent le passage du déni à l'acceptation de la responsabilité et des crimes de Vichy.
Les Mémoires Coloniales et de l'Esclavage
Les mémoires coloniales et de l'esclavage sont des champs de tensions et de reconnaissance tardive. L'abolition de l'esclavage en 1848 a longtemps été absente des commémorations officielles. La guerre d'Algérie, reconnue officiellement en 1999, marque une autre mémoire divisée. La loi Taubira de 2001, qualifiant l'esclavage de crime contre l'humanité, illustre cette inclusion mémorielle difficile. Le débat sur les statuts et les symboles commemoratifs, amplifié par les mouvements sociaux actuels, montre la complexité de ces mémoires.»
A retenir :
- La mémoire et l'histoire permettent d'interpréter des événements passés, mais ont des approches différentes : l'une est émotionnelle, l'autre scientifique.
- La Première Guerre mondiale a donné lieu à des mémoires locales, nationales et européennes.
- L'évolution de la mémoire de Vichy en France témoigne d'une reconnaissance progressive des responsabilités.
- Les mémoires coloniales et de l'esclavage en France se sont cristallisées avec difficulté, face à des besoins de reconnaissance et de réparation mémorielle.
- Les procès mémoriels jouent un rôle clé à la fois pour la justice et la construction des vérités historiques collectives.
- Le discours mémoriel est souvent un outil de revendication identitaire et politique.
