Le statut de Westminster
Le conflit entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français concernant la participation canadienne aux guerres britanniques restera un épineux problème pendant plusieurs années au Canada. Ce débat refait également surface lors de la Première Guerre mondiale, puisque le Canada est toujours une colonie lors de ce conflit.
C'est en 1931, avec l'adoption du statut de Westminster, que le Royaume-Uni reconnait le Canada comme étant un pays indépendant à part entière. Ce faisant, l'ancienne colonie est affranchie de toute obligation envers la Couronne britannique. Cela veut dire qu'il a à la fois le contrôle sur sa politique interne et externe. Dorénavant, le Canada n'est plus tenu d'appuyer la métropole dans toutes ses batailles.
Le krach boursier du 24 octobre 1929, appelé le « Jeudi noir », marque le début de la Grande Dépression, une crise économique mondiale. Après la Première Guerre mondiale, durant les Années folles, les gens consomment davantage et investissent massivement en bourse pour s’enrichir. Beaucoup achètent des actions sans bien comprendre leur fonctionnement et réinvestissent continuellement leurs profits. Cette forte demande fait grimper le prix des actions bien au-delà de leur valeur réelle, créant une situation instable qui mène finalement à l’effondrement de la bourse en 1929.
Les usines fabriquent trop de produits. Quand les gens se rendent compte que les entreprises gagnent moins d'argent que prévu, ils vendent leurs actions. Comme tout le monde vend en même temps, le prix des actions chute rapidement.
De leur côté, les industries sont en état de surproduction pour essayer de répondre à la demande des consommateurs pendant les Années folles. Lorsque les gens qui possèdent des actions réalisent que les différentes compagnies ne font pas autant de profits qu’ils le croyaient, ils vendent leurs actions tous en même temps. La valeur des actions à la bourse dégringole rapidement puisque tous veulent vendre leurs actions sans avoir d’acheteurs potentiels.
Surproduction → entrepôts pleins → impossibilité de vendre → congédiements → perte de salaire → baisse du pouvoir d’achat → baisse des ventes → fermetures d’entreprises → nouveaux congédiements → retour à la surproduction (cycle qui se répète)
Le cycle de la crise économique fait en sorte que les chômeurs sont de plus en plus nombreux et les possibilités d’emplois sont réduites.

La Grande Dépression touche fortement le Canada et le Québec, car leur économie dépend beaucoup des échanges avec les États-Unis. La baisse de la demande américaine fait chuter les industries canadiennes. Au Québec, le chômage augmente fortement et les revenus diminuent de façon importante. La crise est longue et difficile à améliorer.
L’État joue un rôle plus actif pour limiter les effets de la crise économique et sociale.
Pendant la Grande Dépression, les gouvernements canadien et québécois interviennent directement pour aider la population et stabiliser l’économie. Ils investissent des fonds importants et centralisent la gestion économique, notamment avec la création de la Banque du Canada en 1935.
Face au chômage et aux tensions sociales, plusieurs mesures sont mises en place : soupes populaires, travaux publics (comme la construction de routes et les camps de travail), secours directs et aide aux agriculteurs. Ces actions visent à soutenir les chômeurs et à relancer l’économie.
Le gouvernement encourage aussi la colonisation de régions éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent pour relocaliser des familles et réduire la pauvreté. Soutenues par des plans provinciaux et par l’Église, ces initiatives favorisent l’occupation du territoire et le retour à des valeurs traditionnelles.
Les secours directs
Les secours directs sont les ancêtres du programme d’assurance-emploi actuel. Il s’agit d’une aide financière accordée aux familles pauvres afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins de base. Elle est souvent donnée sous forme de coupons que les gens peuvent échanger contre des biens de première nécessité comme de la nourriture ou du bois pour se chauffer.
L’aide aux agriculteurs
L’agriculture commerciale est fortement touchée par la crise économique à cause de l’arrêt des exportations. Afin d’améliorer la situation, le gouvernement du Québec met en place l’Office du crédit agricole. Cela permet d’accorder des fonds aux agriculteurs en difficulté financière et ainsi leur permettre de produire davantage pour tenter de relancer l’économie.
La fin de la crise économique
Malgré toutes les mesures mises en place par les différents paliers de gouvernement, les besoins demeurent criants au sein de la population. La crise dure 10 ans et se termine avec le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, celle-ci fera en sorte de créer de nouveaux emplois pour l’armée et pour le secteur de la production d’objets militaires. Néanmoins, pour plusieurs personnes, la crise économique provoque une remise en question du capitalisme.