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HISTOIRE 2

CHAPITRE 2

Les nationalismes et l'autonomie du Canada (1896-1945)


A retenir :

1896 : Wilfrid Laurier

1899-1902 : Guerre des Boers

Début des années 1900 : Deuxième phase d'industrialisation

Début des années 1900 : Féminisme et luttes des femmes

1914-1918 : Première Guerre mondiale

1918 : Vote fédéral des femmes

1920-1929 : Années folles

1929-1939 : Grande Dépression

1931 : Statut de Westminster

1939-1945 : Deuxième Guerre mondiale

1940 : Vote provincial des femmes au Québec

Le statut du Canada dans l'Empire britannique

Le Canada est divisé par deux types de nationalismes : l’impérialisme et le nationalisme canadien-français. Ces deux visions sont farouchement opposées sur le rôle que doit jouer la colonie au sein de l’Empire britannique.


L'impérialisme britannique


Comme le Canada a largement été colonisé par des immigrants venus des îles britanniques, plusieurs impérialistes canadiens-anglais y habitent. Ces derniers ont un fort sentiment d'appartenance envers le Royaume-Uni.


Soulignant les avantages économiques et militaires de l'adhésion à l'empire, les impérialistes soutiennent un Canada britannique. En effet, selon eux, l'économie canadienne dépend de sa relation avec le Royaume-Uni et avec les autres colonies de l'empire. Les impérialistes sont également en accord avec la participation du Canada dans les guerres menées par la métropole britannique contre d'autres territoires.

Le nationalisme canadien-français


L'idéologie de l'impérialisme n'est toutefois pas partagée par tous les Canadiens. D’ailleurs, le lien avec le Royaume-Uni est un point de discorde majeur au pays. Pour leur part, les nationalistes canadiens-français, la plupart vivant au Québec, ne s'identifient pas comme étant des sujets britanniques.

Effectivement, ayant pour leur part des ancêtres français, les Canadiens français sont méfiants envers les autorités anglaises qui ont essayé à plusieurs reprises de les assimiler. Au contraire des impérialistes, ils revendiquent un détachement marqué du Canada face au Royaume-Uni. Si le Canada se dissocie de l'empire, il n'aura alors plus à participer aux batailles de la métropole et il sera plus autonome.

Définition

L'impérialisme
L'impérialisme est une idéologie selon laquelle une colonie fait partie intégrante d'un empire. Les partisans de cette idéologie ont un fort sentiment d'appartenance envers la métropole. Ils appuient également la domination militaire, économique, politique ou culturelle qu'exerce la métropole sur sa colonie.
Le nationalisme canadien-français
Le nationalisme canadien-français est un type de nationalisme centré sur l'identité des Canadiens francophones. Il ne correspond pas uniquement au Québec, mais bien à tous les francophones sur le territoire canadien.

A retenir :

Henri Bourassa

​Le nationalisme canadien-français est défendu par certaines figures politiques telles que le journaliste et politicien Henri Bourassa

A retenir :

Wilfrid Laurier

​Prônant un nationalisme canadien-français, Wilfrid Laurier propose des compromis pour apaiser les tensions entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français.

Le soutien militaire canadien


Cette dualité identitaire est mise à rude épreuve en 1899 alors que le Royaume-Uni s’apprête à initier une guerre en Afrique du Sud : la guerre des Boers.

Pour s’assurer de la victoire, la Couronne britannique demande à ses colonies et à ses dominions, dont l’Australie et le Canada, de l’appuyer dans la guerre. Cette demande divise grandement la population canadienne. D'un côté, les impérialistes considèrent qu'il est le devoir du Canada de soutenir la métropole. De l'autre côté, les nationalistes canadiens-français jugent que ce conflit ne les concerne pas.

Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, cherche à trouver un juste compromis entre les deux groupes nationalistes qui déchirent sa population. Ainsi, il propose un volontariat dans lequel les Canadiens pourront décider par eux-mêmes s’ils participent ou non à la guerre des Boers. Un millier de volontaires sont alors enrôlés pour joindre les troupes britanniques en Afrique du Sud.

La guerre des Boers ( 1899-1902)

La métropole veut agrandir son empire en territoire africain et désire annexer les territoires des Boers, qui sont des descendants de colons principalement hollandais en Afrique du Sud. Après un premier conflit, la région devient plus convoitée que jamais en raison de ses nombreux gisements d'or découverts sur le territoire. C'est pourquoi les hostilités reprennent en 1899.

Trois ans plus tard, le Royaume-Uni réussit à annexer les riches provinces à son empire avec l’aide de ses dominions.

Le clérico-nationalisme

A retenir :

Lionel Groulx

​Prêtre, professeur, historien et écrivain, Lionel Groulx est le plus grand représentant du clérico-nationalisme.

Définition

Le clérico-nationalisme
Le clérico-nationalisme est une idée selon laquelle l’Église catholique défend la culture canadienne-française au Canada. Cette forme de nationalisme met de l'avant la culture francophone, la religion catholique et le retour aux valeurs traditionnelles.

La politique intérieure canadienne

L'ère libérale​


Au début du 20e siècle, le Canada s’inscrit fortement dans le mouvement mondial qu’est le libéralisme, ce qui attire plusieurs investisseurs.

Également défendue par certains politiciens, cette idéologie marque le gouvernement fédéral de Wilfrid Laurier, qui respecte l’autonomie des provinces.

Définition

Le libéralisme
Le libéralisme prône l’importance des libertés individuelles, politiques et économiques. Il est fortement encouragé par les riches industriels puisque l'État intervient peu dans les différents aspects de la société. Ce faisant, moins de lois sont mises en place pour restreindre leurs activités.

Les pouvoirs fiscaux


Ayant très peu de revenus, les gouvernements provinciaux demandent davantage d’argent du gouvernement fédéral. Cette situation s'explique notamment par leurs faibles pouvoirs fiscaux, c'est-à-dire leur capacité à prélever des taxes et des impôts. Ce besoin d'argent est dû aux nombreux travaux publics désirés par les provinces afin de se moderniser en pleine ère industrielle.

Puisque Wilfrid Laurier prône l’autonomie des provinces, il accepte de verser de plus grosses sommes aux provinces afin que celles-ci puissent financer elles-mêmes leurs travaux publics.

En 1905, les deux nouvelles provinces (l'Alberta et la Saskatchewan) rejoignent l’AANB. La création de ces provinces est une conséquence de l’afflux d’immigrants venant s’installer dans les vastes terres de l’Ouest. Cette immigration s’inscrit dans la Politique nationale de John A. Macdonald. Cette politique estpoursuivie par Wilfrid Laurier.

La gouverne des Premières Nations et des Inuits


Le gouvernement fédéral continue sa politique d’assimilation des Autochtones au début du 20e siècle. Les enfants des Premières Nations sont alors envoyés dans des pensionnats. L’objectif est que les Autochtones abandonnent complètement leur culture pour s’intégrer pleinement dans la culture canadienne. Les conditions de vie dans ces pensionnats sont très difficiles puisque les Autochtones côtoient la violence et le mépris quotidiennement.

Installées plus au nord du territoire canadien, les communautés inuites entrent plus tardivement en contact avec la société canadienne. En 1939, la Cour suprême du Canada décrète que les Inuits sont considérés comme des « Indiens » au sens de la Constitution, ce qui signifie qu’ils relèvent de la responsabilité du gouvernement fédéral. Cependant, contrairement aux Premières Nations, les Inuits n'ont jamais été soumis à la Loi sur les Indiens. Ils ont néanmoins été soumis à des politiques d'assimilation et de tutelle du gouvernement fédéral.

La deuxième phase d'industrialisation-1900


La deuxième phase d’industrialisation débute vers 1890 et s’accélère au début du 20e siècle. Elle se distingue par l’utilisation de nouvelles ressources, de l’électricité et par l’apparition de nouvelles industries.

Principales industries :

  • Industrie forestière : développement des pâtes et papiers grâce à la forte demande de journaux. Le Québec devient un important producteur et exportateur de papier.
  • Industrie minière : exploitation de l’or, du fer, du cuivre, de l’argent et de l’amiante, surtout en Abitibi et dans les Cantons-de-l’Est.
  • Hydroélectricité : construction de nombreux barrages pour fournir de l’électricité aux villes et aux industries. Cela attire notamment les alumineries et les usines de pâtes et papiers.
  • Industries métallurgiques et chimiques : production d’aluminium, de plastique et de produits chimiques.
  • Industrie manufacturière : fabrication de biens de consommation comme les radios, les ampoules et les moteurs.
  • Agriculture : modernisation grâce à la mécanisation, aux nouvelles techniques et au développement des laiteries et fromageries.

Première Guerre mondiale (1914-1918) :

  • Les industries produisent des armes, des uniformes et du matériel militaire.
  • Les femmes remplacent de nombreux hommes partis au front dans les usines.
  • La demande agricole augmente pour nourrir les soldats.

Conséquences :

  • Création de nombreux emplois.
  • Développement de plusieurs régions du Québec.
  • Déplacement de certaines communautés autochtones à cause des inondations causées par les barrages hydroélectriques. 

 Les milieux urbains

Au début du 20e siècle, alors que la deuxième phase d'industrialisation bat son plein, le Québec continue de s'urbaniser. De plus en plus d'habitants s'ajoutent dans les quartiers ouvriers déjà surpeuplés. Ces quartiers sont caractérisés par des conditions de vie très difficiles et la santé publique y est très fragile. Avec la prospérité économique des Années folles, les villes du Québec tentent de régler les problèmes amenés par l'urbanisation en investissant dans les services puisqu'elles en ont maintenant les moyens.

La santé publique

La population étant majoritairement urbaine au Québec, les quartiers ouvriers sont insalubres et très condensés. Cette réalité favorise l’émergence et la propagation d’épidémies. Ainsi, plusieurs problèmes de santé existent dans la population ouvrière, ce qui provoque un haut taux de mortalité.

Devant la sévérité de la situation, le gouvernement met en place des campagnes d’informations sur l’hygiène, sur le dépistage de divers problèmes de santé et sur la vaccination. Cette initiative met l'accent sur l’importance que la population et les villes doivent accorder à l'hygiène.

L'arrivée de certaines technologies permet également de lutter contre les problèmes de santé publique. Par exemple, la pasteurisation permet de traiter le lait, limitant ainsi la propagation de bactéries. Ces mesures portent rapidement leurs fruits alors que les épidémies deviendront moins courantes dans les villes québécoises.

Pour contrer la mortalité infantile, dont le taux est très élevé, plusieurs mesures sont prises afin de protéger les nouveau-nés. Notamment, le gouvernement introduit dans les villes des cliniques de soins médicaux pour enfants appelées « gouttes de lait ». En plus d’offrir beaucoup d’informations sur l’hygiène à la population, ces cliniques distribuent du lait pasteurisé de qualité aux familles québécoises.

Les infrastructures


Plusieurs infrastructures sont également construites dans les villes pour améliorer les conditions de vie des citadins. Par exemple, on instaure des systèmes de chloration et de filtration de l'eau.

Aussi, plusieurs gratte-ciels commencent à émerger dans les villes alors que plusieurs entreprises cherchent à installer leurs bureaux. De grands boulevards sont également construits pour faciliter la circulation automobile qui est de plus en plus populaire.

Les services


Toujours dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des citoyens, des villes investissent afin d’offrir davantage de services à leur population. Ainsi, des systèmes de tramway sont installés pour faciliter le transport dans les municipalités. Ce projet concorde avec l’avènement d’une technologie importante : l’électricité. Pratique et accessible, l'électricité devient rapidement populaire au Québec. On s'en sert entre autres pour éclairer les rues des grandes villes de la province.

Les luttes des femmes-1900

Résumé du féminisme au début du 20e siècle

Au début du 20e siècle, le mouvement féministe prend de l’ampleur au Québec. Les femmes réclament plus de droits, notamment l’accès à l’éducation, de meilleures conditions de travail, l’égalité devant la loi et le droit de vote.

  • Éducation : Les filles ont peu accès aux études supérieures. Dès 1910, certaines universités acceptent toutefois des femmes, qui commencent à étudier en droit et en médecine.
  • Travail : Les femmes travaillent souvent dans les usines, mais elles reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes pour un travail semblable.
  • Reconnaissance juridique : Les femmes sont considérées comme des mineures sous l’autorité de leur père ou de leur mari. Elles ont peu de droits légaux.
  • Droit de vote : Les Canadiennes obtiennent le droit de vote aux élections fédérales en 1918, mais les Québécoises doivent attendre jusqu’en 1940 pour voter aux élections provinciales.

Des militantes comme Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Idola Saint-Jean mènent la lutte pour le suffrage féminin. Malgré l’opposition de l’Église et de groupes conservateurs, les femmes obtiennent finalement le droit de vote provincial en 1940.

 Les flux migratoires

La politique d’immigration de Wilfrid Laurier suit la même logique que la Politique nationale mise en place par John A. Macdonald. Ainsi, le gouvernement fédéral de Laurier cherche à attirer les immigrants européens pour que ceux-ci choisissent l’Ouest canadien comme lieu d’établissement. En conséquence, plusieurs campagnes publicitaires sont mises en place dans des pays étrangers pour vendre l’option canadienne aux habitants souhaitant émigrer.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

À la fin du 19e siècle, les rivalités entre les puissances européennes entraînent la formation de deux alliances : la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie). La guerre éclate en 1914 après l'assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajevo.

Comme le Canada est alors lié au Royaume-Uni, il participe au conflit. Le premier ministre Robert Borden envoie des soldats et du matériel en Europe. Les Canadiens combattent notamment lors de la bataille de Bataille de la crête de Vimy, une importante victoire canadienne.

Au Canada, le gouvernement adopte la Loi des mesures de guerre, augmente les impôts et lance des campagnes de recrutement. Devant le manque de volontaires, la conscription (service militaire obligatoire) est instaurée en 1918, ce qui provoque une crise importante entre Canadiens français et Canadiens anglais.

Les femmes contribuent à l'effort de guerre comme infirmières militaires et travaillent dans les usines pour remplacer les hommes partis au front.

La guerre prend fin le 11 novembre 1918 et est officiellement conclue par le Traité de Versailles en 1919. Plus de 60 000 soldats canadiens y perdent la vie. Après la guerre, le Canada obtient un siège distinct au sein de la Société des Nations, ce qui démontre une plus grande autonomie par rapport au Royaume-Uni.

À retenir

  • 1914 : début de la Première Guerre mondiale.
  • 1917 : victoire canadienne à Vimy et crise de la conscription.
  • 1918 : fin des combats.
  • 1919 : Traité de Versailles et création de la Société des Nations.


Les Années folles (1920-1929)

La période des Années folles est caractérisée par une grande prospérité économique. La culture de masse se développe grâce à cette prospérité alors que la population a plus de moyens pour consommer les productions culturelles. Ainsi, les cabarets, les théâtres, les cinémas et les amphithéâtres connaissent une hausse de visiteurs.

La culture de masse est également favorisée par le développement de nombreuses nouvelles technologies comme la radio et la télévision, ce qui améliore l’accessibilité aux contenus culturels.

La Grande Dépression (1929-1939)

Le statut de Westminster


Le conflit entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français concernant la participation canadienne aux guerres britanniques restera un épineux problème pendant plusieurs années au Canada. Ce débat refait également surface lors de la Première Guerre mondiale, puisque le Canada est toujours une colonie lors de ce conflit.

C'est en 1931, avec l'adoption du statut de Westminster, que le Royaume-Uni reconnait le Canada comme étant un pays indépendant à part entière. Ce faisant, l'ancienne colonie est affranchie de toute obligation envers la Couronne britannique. Cela veut dire qu'il a à la fois le contrôle sur sa politique interne et externe. Dorénavant, le Canada n'est plus tenu d'appuyer la métropole dans toutes ses batailles.

Le krach boursier du 24 octobre 1929, appelé le « Jeudi noir », marque le début de la Grande Dépression, une crise économique mondiale. Après la Première Guerre mondiale, durant les Années folles, les gens consomment davantage et investissent massivement en bourse pour s’enrichir. Beaucoup achètent des actions sans bien comprendre leur fonctionnement et réinvestissent continuellement leurs profits. Cette forte demande fait grimper le prix des actions bien au-delà de leur valeur réelle, créant une situation instable qui mène finalement à l’effondrement de la bourse en 1929.

Les usines fabriquent trop de produits. Quand les gens se rendent compte que les entreprises gagnent moins d'argent que prévu, ils vendent leurs actions. Comme tout le monde vend en même temps, le prix des actions chute rapidement.

De leur côté, les industries sont en état de surproduction pour essayer de répondre à la demande des consommateurs pendant les Années folles. Lorsque les gens qui possèdent des actions réalisent que les différentes compagnies ne font pas autant de profits qu’ils le croyaient, ils vendent leurs actions tous en même temps. La valeur des actions à la bourse dégringole rapidement puisque tous veulent vendre leurs actions sans avoir d’acheteurs potentiels.

Surproduction → entrepôts pleins → impossibilité de vendre → congédiements → perte de salaire → baisse du pouvoir d’achat → baisse des ventes → fermetures d’entreprises → nouveaux congédiements → retour à la surproduction (cycle qui se répète)

Le cycle de la crise économique fait en sorte que les chômeurs sont de plus en plus nombreux et les possibilités d’emplois sont réduites.​

Schéma présentant le cercle vicieux de la surproduction, de la fermeture d’usine, de la baisse de l’emploi et de la baisse de la demande.

La Grande Dépression touche fortement le Canada et le Québec, car leur économie dépend beaucoup des échanges avec les États-Unis. La baisse de la demande américaine fait chuter les industries canadiennes. Au Québec, le chômage augmente fortement et les revenus diminuent de façon importante. La crise est longue et difficile à améliorer.

L’État joue un rôle plus actif pour limiter les effets de la crise économique et sociale.

Pendant la Grande Dépression, les gouvernements canadien et québécois interviennent directement pour aider la population et stabiliser l’économie. Ils investissent des fonds importants et centralisent la gestion économique, notamment avec la création de la Banque du Canada en 1935.

Face au chômage et aux tensions sociales, plusieurs mesures sont mises en place : soupes populaires, travaux publics (comme la construction de routes et les camps de travail), secours directs et aide aux agriculteurs. Ces actions visent à soutenir les chômeurs et à relancer l’économie.

Le gouvernement encourage aussi la colonisation de régions éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent pour relocaliser des familles et réduire la pauvreté. Soutenues par des plans provinciaux et par l’Église, ces initiatives favorisent l’occupation du territoire et le retour à des valeurs traditionnelles.

Les secours directs

Les secours directs sont les ancêtres du programme d’assurance-emploi actuel. Il s’agit d’une aide financière accordée aux familles pauvres afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins de base. Elle est souvent donnée sous forme de coupons que les gens peuvent échanger contre des biens de première nécessité comme de la nourriture ou du bois pour se chauffer.

L’aide aux agriculteurs

L’agriculture commerciale est fortement touchée par la crise économique à cause de l’arrêt des exportations. Afin d’améliorer la situation, le gouvernement du Québec met en place l’Office du crédit agricole. Cela permet d’accorder des fonds aux agriculteurs en difficulté financière et ainsi leur permettre de produire davantage pour tenter de relancer l’économie.


La fin de la crise économique

Malgré toutes les mesures mises en place par les différents paliers de gouvernement, les besoins demeurent criants au sein de la population. La crise dure 10 ans et se termine avec le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, celle-ci fera en sorte de créer de nouveaux emplois pour l’armée et pour le secteur de la production d’objets militaires. Néanmoins, pour plusieurs personnes, la crise économique provoque une remise en question du capitalisme.

Définition

L’interventionnisme
L’interventionnisme est une politique selon laquelle l’État doit intervenir dans les affaires économiques du pays.
Le capitalisme
Le capitalisme est un régime économique et social qui s'appuie sur la propriété privée des moyens de production. Une grande importance est accordée à la recherche de profit ainsi qu'à ceux et celles qui détiennent le capital (l'argent). Le capitalisme encourage aussi l'initiative des individus de même que la concurrence entre les entreprises.

A retenir :

Le keynésianisme


Devant l'ampleur de la crise, l’économiste britannique John Maynard Keynes propose un nouveau système économique appelé le keynésianisme. Celui-ci est basé sur le capitalisme, mais accorde un rôle plus important à l’État. Ce système économique donne naissance à un courant de pensée : l’interventionnisme.


imageJohn Maynard Keynes

La Seconde Guerre mondiale

La Deuxième Guerre mondiale est l’un des conflits les plus importants du 20e siècle. Pendant cette guerre, le Canada s’est mobilisé pour participer à l’effort de guerre. Cette implication a transformé la société canadienne, que ce soit par l’envoi de soldats, le nouveau rôle des femmes ou les tensions politiques liées à la conscription.

mondiale.

A retenir :

Maurice Duplessis, pendant la Seconde Guerre mondiale, adopte une position surtout centrée sur les intérêts du Québec.

Il soutient l’effort de guerre de façon limitée, mais il est surtout connu pour son opposition à l’ingérence du gouvernement fédéral dans les affaires provinciales, notamment en matière de conscription.

Il défend l’idée que le Québec doit garder son autonomie politique et il s’appuie sur des valeurs traditionnelles comme la religion et l’ordre social.

POUR LE CANADA

Le contexte mondial est tendu dans les années 1930 (crise économique, montée du nazisme).

Le Canada entre en guerre en 1939 de façon volontaire et non obligatoire, après avoir soutenu le Royaume-Uni.

Le gouvernement adopte la Loi sur les mesures de guerre, qui permet :

  • le contrôle de l’économie (prix, salaires, production),
  • la censure des médias,
  • la propagande,
  • des restrictions à l’immigration et l’internement de certains groupes.

La question de la conscription crée de fortes tensions :

  • promesse de ne pas l’imposer au début,
  • opposition forte au Québec,
  • plébiscite en 1942 (Québec majoritairement contre),
  • conscription finalement appliquée en 1944.

L’économie canadienne devient une économie de guerre :

  • forte production d’armes et de matériel militaire,
  • augmentation des exportations,
  • hausse de la dette,
  • impôts et vente de bons de la victoire.

Les femmes jouent un rôle important :

  • travail dans les usines,
  • service militaire dans certains corps,
  • rationnement et effort à la maison.

Après la guerre, en 1945, les soldats reviennent :

  • plus d’un million de Canadiens ont servi,
  • plusieurs blessés et morts,



HISTOIRE 2

CHAPITRE 2

Les nationalismes et l'autonomie du Canada (1896-1945)


A retenir :

1896 : Wilfrid Laurier

1899-1902 : Guerre des Boers

Début des années 1900 : Deuxième phase d'industrialisation

Début des années 1900 : Féminisme et luttes des femmes

1914-1918 : Première Guerre mondiale

1918 : Vote fédéral des femmes

1920-1929 : Années folles

1929-1939 : Grande Dépression

1931 : Statut de Westminster

1939-1945 : Deuxième Guerre mondiale

1940 : Vote provincial des femmes au Québec

Le statut du Canada dans l'Empire britannique

Le Canada est divisé par deux types de nationalismes : l’impérialisme et le nationalisme canadien-français. Ces deux visions sont farouchement opposées sur le rôle que doit jouer la colonie au sein de l’Empire britannique.


L'impérialisme britannique


Comme le Canada a largement été colonisé par des immigrants venus des îles britanniques, plusieurs impérialistes canadiens-anglais y habitent. Ces derniers ont un fort sentiment d'appartenance envers le Royaume-Uni.


Soulignant les avantages économiques et militaires de l'adhésion à l'empire, les impérialistes soutiennent un Canada britannique. En effet, selon eux, l'économie canadienne dépend de sa relation avec le Royaume-Uni et avec les autres colonies de l'empire. Les impérialistes sont également en accord avec la participation du Canada dans les guerres menées par la métropole britannique contre d'autres territoires.

Le nationalisme canadien-français


L'idéologie de l'impérialisme n'est toutefois pas partagée par tous les Canadiens. D’ailleurs, le lien avec le Royaume-Uni est un point de discorde majeur au pays. Pour leur part, les nationalistes canadiens-français, la plupart vivant au Québec, ne s'identifient pas comme étant des sujets britanniques.

Effectivement, ayant pour leur part des ancêtres français, les Canadiens français sont méfiants envers les autorités anglaises qui ont essayé à plusieurs reprises de les assimiler. Au contraire des impérialistes, ils revendiquent un détachement marqué du Canada face au Royaume-Uni. Si le Canada se dissocie de l'empire, il n'aura alors plus à participer aux batailles de la métropole et il sera plus autonome.

Définition

L'impérialisme
L'impérialisme est une idéologie selon laquelle une colonie fait partie intégrante d'un empire. Les partisans de cette idéologie ont un fort sentiment d'appartenance envers la métropole. Ils appuient également la domination militaire, économique, politique ou culturelle qu'exerce la métropole sur sa colonie.
Le nationalisme canadien-français
Le nationalisme canadien-français est un type de nationalisme centré sur l'identité des Canadiens francophones. Il ne correspond pas uniquement au Québec, mais bien à tous les francophones sur le territoire canadien.

A retenir :

Henri Bourassa

​Le nationalisme canadien-français est défendu par certaines figures politiques telles que le journaliste et politicien Henri Bourassa

A retenir :

Wilfrid Laurier

​Prônant un nationalisme canadien-français, Wilfrid Laurier propose des compromis pour apaiser les tensions entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français.

Le soutien militaire canadien


Cette dualité identitaire est mise à rude épreuve en 1899 alors que le Royaume-Uni s’apprête à initier une guerre en Afrique du Sud : la guerre des Boers.

Pour s’assurer de la victoire, la Couronne britannique demande à ses colonies et à ses dominions, dont l’Australie et le Canada, de l’appuyer dans la guerre. Cette demande divise grandement la population canadienne. D'un côté, les impérialistes considèrent qu'il est le devoir du Canada de soutenir la métropole. De l'autre côté, les nationalistes canadiens-français jugent que ce conflit ne les concerne pas.

Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, cherche à trouver un juste compromis entre les deux groupes nationalistes qui déchirent sa population. Ainsi, il propose un volontariat dans lequel les Canadiens pourront décider par eux-mêmes s’ils participent ou non à la guerre des Boers. Un millier de volontaires sont alors enrôlés pour joindre les troupes britanniques en Afrique du Sud.

La guerre des Boers ( 1899-1902)

La métropole veut agrandir son empire en territoire africain et désire annexer les territoires des Boers, qui sont des descendants de colons principalement hollandais en Afrique du Sud. Après un premier conflit, la région devient plus convoitée que jamais en raison de ses nombreux gisements d'or découverts sur le territoire. C'est pourquoi les hostilités reprennent en 1899.

Trois ans plus tard, le Royaume-Uni réussit à annexer les riches provinces à son empire avec l’aide de ses dominions.

Le clérico-nationalisme

A retenir :

Lionel Groulx

​Prêtre, professeur, historien et écrivain, Lionel Groulx est le plus grand représentant du clérico-nationalisme.

Définition

Le clérico-nationalisme
Le clérico-nationalisme est une idée selon laquelle l’Église catholique défend la culture canadienne-française au Canada. Cette forme de nationalisme met de l'avant la culture francophone, la religion catholique et le retour aux valeurs traditionnelles.

La politique intérieure canadienne

L'ère libérale​


Au début du 20e siècle, le Canada s’inscrit fortement dans le mouvement mondial qu’est le libéralisme, ce qui attire plusieurs investisseurs.

Également défendue par certains politiciens, cette idéologie marque le gouvernement fédéral de Wilfrid Laurier, qui respecte l’autonomie des provinces.

Définition

Le libéralisme
Le libéralisme prône l’importance des libertés individuelles, politiques et économiques. Il est fortement encouragé par les riches industriels puisque l'État intervient peu dans les différents aspects de la société. Ce faisant, moins de lois sont mises en place pour restreindre leurs activités.

Les pouvoirs fiscaux


Ayant très peu de revenus, les gouvernements provinciaux demandent davantage d’argent du gouvernement fédéral. Cette situation s'explique notamment par leurs faibles pouvoirs fiscaux, c'est-à-dire leur capacité à prélever des taxes et des impôts. Ce besoin d'argent est dû aux nombreux travaux publics désirés par les provinces afin de se moderniser en pleine ère industrielle.

Puisque Wilfrid Laurier prône l’autonomie des provinces, il accepte de verser de plus grosses sommes aux provinces afin que celles-ci puissent financer elles-mêmes leurs travaux publics.

En 1905, les deux nouvelles provinces (l'Alberta et la Saskatchewan) rejoignent l’AANB. La création de ces provinces est une conséquence de l’afflux d’immigrants venant s’installer dans les vastes terres de l’Ouest. Cette immigration s’inscrit dans la Politique nationale de John A. Macdonald. Cette politique estpoursuivie par Wilfrid Laurier.

La gouverne des Premières Nations et des Inuits


Le gouvernement fédéral continue sa politique d’assimilation des Autochtones au début du 20e siècle. Les enfants des Premières Nations sont alors envoyés dans des pensionnats. L’objectif est que les Autochtones abandonnent complètement leur culture pour s’intégrer pleinement dans la culture canadienne. Les conditions de vie dans ces pensionnats sont très difficiles puisque les Autochtones côtoient la violence et le mépris quotidiennement.

Installées plus au nord du territoire canadien, les communautés inuites entrent plus tardivement en contact avec la société canadienne. En 1939, la Cour suprême du Canada décrète que les Inuits sont considérés comme des « Indiens » au sens de la Constitution, ce qui signifie qu’ils relèvent de la responsabilité du gouvernement fédéral. Cependant, contrairement aux Premières Nations, les Inuits n'ont jamais été soumis à la Loi sur les Indiens. Ils ont néanmoins été soumis à des politiques d'assimilation et de tutelle du gouvernement fédéral.

La deuxième phase d'industrialisation-1900


La deuxième phase d’industrialisation débute vers 1890 et s’accélère au début du 20e siècle. Elle se distingue par l’utilisation de nouvelles ressources, de l’électricité et par l’apparition de nouvelles industries.

Principales industries :

  • Industrie forestière : développement des pâtes et papiers grâce à la forte demande de journaux. Le Québec devient un important producteur et exportateur de papier.
  • Industrie minière : exploitation de l’or, du fer, du cuivre, de l’argent et de l’amiante, surtout en Abitibi et dans les Cantons-de-l’Est.
  • Hydroélectricité : construction de nombreux barrages pour fournir de l’électricité aux villes et aux industries. Cela attire notamment les alumineries et les usines de pâtes et papiers.
  • Industries métallurgiques et chimiques : production d’aluminium, de plastique et de produits chimiques.
  • Industrie manufacturière : fabrication de biens de consommation comme les radios, les ampoules et les moteurs.
  • Agriculture : modernisation grâce à la mécanisation, aux nouvelles techniques et au développement des laiteries et fromageries.

Première Guerre mondiale (1914-1918) :

  • Les industries produisent des armes, des uniformes et du matériel militaire.
  • Les femmes remplacent de nombreux hommes partis au front dans les usines.
  • La demande agricole augmente pour nourrir les soldats.

Conséquences :

  • Création de nombreux emplois.
  • Développement de plusieurs régions du Québec.
  • Déplacement de certaines communautés autochtones à cause des inondations causées par les barrages hydroélectriques. 

 Les milieux urbains

Au début du 20e siècle, alors que la deuxième phase d'industrialisation bat son plein, le Québec continue de s'urbaniser. De plus en plus d'habitants s'ajoutent dans les quartiers ouvriers déjà surpeuplés. Ces quartiers sont caractérisés par des conditions de vie très difficiles et la santé publique y est très fragile. Avec la prospérité économique des Années folles, les villes du Québec tentent de régler les problèmes amenés par l'urbanisation en investissant dans les services puisqu'elles en ont maintenant les moyens.

La santé publique

La population étant majoritairement urbaine au Québec, les quartiers ouvriers sont insalubres et très condensés. Cette réalité favorise l’émergence et la propagation d’épidémies. Ainsi, plusieurs problèmes de santé existent dans la population ouvrière, ce qui provoque un haut taux de mortalité.

Devant la sévérité de la situation, le gouvernement met en place des campagnes d’informations sur l’hygiène, sur le dépistage de divers problèmes de santé et sur la vaccination. Cette initiative met l'accent sur l’importance que la population et les villes doivent accorder à l'hygiène.

L'arrivée de certaines technologies permet également de lutter contre les problèmes de santé publique. Par exemple, la pasteurisation permet de traiter le lait, limitant ainsi la propagation de bactéries. Ces mesures portent rapidement leurs fruits alors que les épidémies deviendront moins courantes dans les villes québécoises.

Pour contrer la mortalité infantile, dont le taux est très élevé, plusieurs mesures sont prises afin de protéger les nouveau-nés. Notamment, le gouvernement introduit dans les villes des cliniques de soins médicaux pour enfants appelées « gouttes de lait ». En plus d’offrir beaucoup d’informations sur l’hygiène à la population, ces cliniques distribuent du lait pasteurisé de qualité aux familles québécoises.

Les infrastructures


Plusieurs infrastructures sont également construites dans les villes pour améliorer les conditions de vie des citadins. Par exemple, on instaure des systèmes de chloration et de filtration de l'eau.

Aussi, plusieurs gratte-ciels commencent à émerger dans les villes alors que plusieurs entreprises cherchent à installer leurs bureaux. De grands boulevards sont également construits pour faciliter la circulation automobile qui est de plus en plus populaire.

Les services


Toujours dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des citoyens, des villes investissent afin d’offrir davantage de services à leur population. Ainsi, des systèmes de tramway sont installés pour faciliter le transport dans les municipalités. Ce projet concorde avec l’avènement d’une technologie importante : l’électricité. Pratique et accessible, l'électricité devient rapidement populaire au Québec. On s'en sert entre autres pour éclairer les rues des grandes villes de la province.

Les luttes des femmes-1900

Résumé du féminisme au début du 20e siècle

Au début du 20e siècle, le mouvement féministe prend de l’ampleur au Québec. Les femmes réclament plus de droits, notamment l’accès à l’éducation, de meilleures conditions de travail, l’égalité devant la loi et le droit de vote.

  • Éducation : Les filles ont peu accès aux études supérieures. Dès 1910, certaines universités acceptent toutefois des femmes, qui commencent à étudier en droit et en médecine.
  • Travail : Les femmes travaillent souvent dans les usines, mais elles reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes pour un travail semblable.
  • Reconnaissance juridique : Les femmes sont considérées comme des mineures sous l’autorité de leur père ou de leur mari. Elles ont peu de droits légaux.
  • Droit de vote : Les Canadiennes obtiennent le droit de vote aux élections fédérales en 1918, mais les Québécoises doivent attendre jusqu’en 1940 pour voter aux élections provinciales.

Des militantes comme Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Idola Saint-Jean mènent la lutte pour le suffrage féminin. Malgré l’opposition de l’Église et de groupes conservateurs, les femmes obtiennent finalement le droit de vote provincial en 1940.

 Les flux migratoires

La politique d’immigration de Wilfrid Laurier suit la même logique que la Politique nationale mise en place par John A. Macdonald. Ainsi, le gouvernement fédéral de Laurier cherche à attirer les immigrants européens pour que ceux-ci choisissent l’Ouest canadien comme lieu d’établissement. En conséquence, plusieurs campagnes publicitaires sont mises en place dans des pays étrangers pour vendre l’option canadienne aux habitants souhaitant émigrer.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

À la fin du 19e siècle, les rivalités entre les puissances européennes entraînent la formation de deux alliances : la Triple-Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie). La guerre éclate en 1914 après l'assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajevo.

Comme le Canada est alors lié au Royaume-Uni, il participe au conflit. Le premier ministre Robert Borden envoie des soldats et du matériel en Europe. Les Canadiens combattent notamment lors de la bataille de Bataille de la crête de Vimy, une importante victoire canadienne.

Au Canada, le gouvernement adopte la Loi des mesures de guerre, augmente les impôts et lance des campagnes de recrutement. Devant le manque de volontaires, la conscription (service militaire obligatoire) est instaurée en 1918, ce qui provoque une crise importante entre Canadiens français et Canadiens anglais.

Les femmes contribuent à l'effort de guerre comme infirmières militaires et travaillent dans les usines pour remplacer les hommes partis au front.

La guerre prend fin le 11 novembre 1918 et est officiellement conclue par le Traité de Versailles en 1919. Plus de 60 000 soldats canadiens y perdent la vie. Après la guerre, le Canada obtient un siège distinct au sein de la Société des Nations, ce qui démontre une plus grande autonomie par rapport au Royaume-Uni.

À retenir

  • 1914 : début de la Première Guerre mondiale.
  • 1917 : victoire canadienne à Vimy et crise de la conscription.
  • 1918 : fin des combats.
  • 1919 : Traité de Versailles et création de la Société des Nations.


Les Années folles (1920-1929)

La période des Années folles est caractérisée par une grande prospérité économique. La culture de masse se développe grâce à cette prospérité alors que la population a plus de moyens pour consommer les productions culturelles. Ainsi, les cabarets, les théâtres, les cinémas et les amphithéâtres connaissent une hausse de visiteurs.

La culture de masse est également favorisée par le développement de nombreuses nouvelles technologies comme la radio et la télévision, ce qui améliore l’accessibilité aux contenus culturels.

La Grande Dépression (1929-1939)

Le statut de Westminster


Le conflit entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français concernant la participation canadienne aux guerres britanniques restera un épineux problème pendant plusieurs années au Canada. Ce débat refait également surface lors de la Première Guerre mondiale, puisque le Canada est toujours une colonie lors de ce conflit.

C'est en 1931, avec l'adoption du statut de Westminster, que le Royaume-Uni reconnait le Canada comme étant un pays indépendant à part entière. Ce faisant, l'ancienne colonie est affranchie de toute obligation envers la Couronne britannique. Cela veut dire qu'il a à la fois le contrôle sur sa politique interne et externe. Dorénavant, le Canada n'est plus tenu d'appuyer la métropole dans toutes ses batailles.

Le krach boursier du 24 octobre 1929, appelé le « Jeudi noir », marque le début de la Grande Dépression, une crise économique mondiale. Après la Première Guerre mondiale, durant les Années folles, les gens consomment davantage et investissent massivement en bourse pour s’enrichir. Beaucoup achètent des actions sans bien comprendre leur fonctionnement et réinvestissent continuellement leurs profits. Cette forte demande fait grimper le prix des actions bien au-delà de leur valeur réelle, créant une situation instable qui mène finalement à l’effondrement de la bourse en 1929.

Les usines fabriquent trop de produits. Quand les gens se rendent compte que les entreprises gagnent moins d'argent que prévu, ils vendent leurs actions. Comme tout le monde vend en même temps, le prix des actions chute rapidement.

De leur côté, les industries sont en état de surproduction pour essayer de répondre à la demande des consommateurs pendant les Années folles. Lorsque les gens qui possèdent des actions réalisent que les différentes compagnies ne font pas autant de profits qu’ils le croyaient, ils vendent leurs actions tous en même temps. La valeur des actions à la bourse dégringole rapidement puisque tous veulent vendre leurs actions sans avoir d’acheteurs potentiels.

Surproduction → entrepôts pleins → impossibilité de vendre → congédiements → perte de salaire → baisse du pouvoir d’achat → baisse des ventes → fermetures d’entreprises → nouveaux congédiements → retour à la surproduction (cycle qui se répète)

Le cycle de la crise économique fait en sorte que les chômeurs sont de plus en plus nombreux et les possibilités d’emplois sont réduites.​

Schéma présentant le cercle vicieux de la surproduction, de la fermeture d’usine, de la baisse de l’emploi et de la baisse de la demande.

La Grande Dépression touche fortement le Canada et le Québec, car leur économie dépend beaucoup des échanges avec les États-Unis. La baisse de la demande américaine fait chuter les industries canadiennes. Au Québec, le chômage augmente fortement et les revenus diminuent de façon importante. La crise est longue et difficile à améliorer.

L’État joue un rôle plus actif pour limiter les effets de la crise économique et sociale.

Pendant la Grande Dépression, les gouvernements canadien et québécois interviennent directement pour aider la population et stabiliser l’économie. Ils investissent des fonds importants et centralisent la gestion économique, notamment avec la création de la Banque du Canada en 1935.

Face au chômage et aux tensions sociales, plusieurs mesures sont mises en place : soupes populaires, travaux publics (comme la construction de routes et les camps de travail), secours directs et aide aux agriculteurs. Ces actions visent à soutenir les chômeurs et à relancer l’économie.

Le gouvernement encourage aussi la colonisation de régions éloignées comme l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent pour relocaliser des familles et réduire la pauvreté. Soutenues par des plans provinciaux et par l’Église, ces initiatives favorisent l’occupation du territoire et le retour à des valeurs traditionnelles.

Les secours directs

Les secours directs sont les ancêtres du programme d’assurance-emploi actuel. Il s’agit d’une aide financière accordée aux familles pauvres afin qu’elles puissent subvenir à leurs besoins de base. Elle est souvent donnée sous forme de coupons que les gens peuvent échanger contre des biens de première nécessité comme de la nourriture ou du bois pour se chauffer.

L’aide aux agriculteurs

L’agriculture commerciale est fortement touchée par la crise économique à cause de l’arrêt des exportations. Afin d’améliorer la situation, le gouvernement du Québec met en place l’Office du crédit agricole. Cela permet d’accorder des fonds aux agriculteurs en difficulté financière et ainsi leur permettre de produire davantage pour tenter de relancer l’économie.


La fin de la crise économique

Malgré toutes les mesures mises en place par les différents paliers de gouvernement, les besoins demeurent criants au sein de la population. La crise dure 10 ans et se termine avec le début de la Seconde Guerre mondiale. En effet, celle-ci fera en sorte de créer de nouveaux emplois pour l’armée et pour le secteur de la production d’objets militaires. Néanmoins, pour plusieurs personnes, la crise économique provoque une remise en question du capitalisme.

Définition

L’interventionnisme
L’interventionnisme est une politique selon laquelle l’État doit intervenir dans les affaires économiques du pays.
Le capitalisme
Le capitalisme est un régime économique et social qui s'appuie sur la propriété privée des moyens de production. Une grande importance est accordée à la recherche de profit ainsi qu'à ceux et celles qui détiennent le capital (l'argent). Le capitalisme encourage aussi l'initiative des individus de même que la concurrence entre les entreprises.

A retenir :

Le keynésianisme


Devant l'ampleur de la crise, l’économiste britannique John Maynard Keynes propose un nouveau système économique appelé le keynésianisme. Celui-ci est basé sur le capitalisme, mais accorde un rôle plus important à l’État. Ce système économique donne naissance à un courant de pensée : l’interventionnisme.


imageJohn Maynard Keynes

La Seconde Guerre mondiale

La Deuxième Guerre mondiale est l’un des conflits les plus importants du 20e siècle. Pendant cette guerre, le Canada s’est mobilisé pour participer à l’effort de guerre. Cette implication a transformé la société canadienne, que ce soit par l’envoi de soldats, le nouveau rôle des femmes ou les tensions politiques liées à la conscription.

mondiale.

A retenir :

Maurice Duplessis, pendant la Seconde Guerre mondiale, adopte une position surtout centrée sur les intérêts du Québec.

Il soutient l’effort de guerre de façon limitée, mais il est surtout connu pour son opposition à l’ingérence du gouvernement fédéral dans les affaires provinciales, notamment en matière de conscription.

Il défend l’idée que le Québec doit garder son autonomie politique et il s’appuie sur des valeurs traditionnelles comme la religion et l’ordre social.

POUR LE CANADA

Le contexte mondial est tendu dans les années 1930 (crise économique, montée du nazisme).

Le Canada entre en guerre en 1939 de façon volontaire et non obligatoire, après avoir soutenu le Royaume-Uni.

Le gouvernement adopte la Loi sur les mesures de guerre, qui permet :

  • le contrôle de l’économie (prix, salaires, production),
  • la censure des médias,
  • la propagande,
  • des restrictions à l’immigration et l’internement de certains groupes.

La question de la conscription crée de fortes tensions :

  • promesse de ne pas l’imposer au début,
  • opposition forte au Québec,
  • plébiscite en 1942 (Québec majoritairement contre),
  • conscription finalement appliquée en 1944.

L’économie canadienne devient une économie de guerre :

  • forte production d’armes et de matériel militaire,
  • augmentation des exportations,
  • hausse de la dette,
  • impôts et vente de bons de la victoire.

Les femmes jouent un rôle important :

  • travail dans les usines,
  • service militaire dans certains corps,
  • rationnement et effort à la maison.

Après la guerre, en 1945, les soldats reviennent :

  • plus d’un million de Canadiens ont servi,
  • plusieurs blessés et morts,