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HISTOIRE 3

Chapitre 3

La modernisation du Québec et la Révolution tranquille (1945-1980)


​La période entre 1945 et 1980 est une période où d'importantes transformations se produisent, tant pour le Québec que pour le Canada. Après la Deuxième Guerre mondiale et le début de la guerre froide, le monde et les liens entre les pays sont entièrement modifiés.

Au Québec, cette période est surtout divisée en trois grandes périodes : le gouvernement de Maurice Duplessis, la Révolution tranquille avec Jean Lesage et les années 1970 avec Robert Bourassa et René Lévesque.

D'une période à l'autre, d'importants changements de mentalité se produisent à travers lesquels tous les aspects de la société subissent de profondes transformations. Les mouvements féministes, nationalistes, syndicaux et autochtones deviennent graduellement de plus en plus présents. Chacun de ceux-ci parvient à se faire davantage entendre par les gouvernements et obtient certaines ententes.

A retenir :

📅 Ligne du temps (Canada / Québec)


  • 1944–1959 : Temps de Duplessis (période de conservatisme au Québec)
  • 1945 : Fin de la Deuxième Guerre mondiale
  • 1945–1960 : Baby-boom (forte augmentation des naissances)
  • 1960–1966 : Révolution tranquille (modernisation du Québec)
  • 1967 : Exposition universelle de Montréal (Expo 67)
  • 1970 : Crise d’Octobre (FLQ et mesures de guerre)
  • 1972 : Front commun (grève importante des travailleurs)
  • 1973 : Crise du pétrole (hausse mondiale du prix du pétrole)
  • 1976 : Élection de René Lévesque + Jeux olympiques de Montréal
  • 1980 : Premier référendum sur la souveraineté du Québec

Les rapports de force en Occident

La décolonisation et la guerre froide( 1945 -1991 )


Après la Deuxième Guerre mondiale, on assiste à une importante vague de décolonisation, surtout en Afrique et en Asie. Ce phénomène s’explique par trois causes principales : la baisse de pouvoir des puissances européennes, la montée du nationalisme et les politiques mises en place par l’Organisation des Nations unies (ONU).

Définition

La décolonisation
La décolonisation, c’est quand un pays colonisé devient indépendant et n’est plus contrôlé par un autre pays.

Cette période marque également le développement de tensions entre deux grandes puissances : le bloc de l’Ouest mené par les États-Unis et le bloc de l’Est dirigé par l’URSS. Afin de se faire le plus d’alliés possible, chaque bloc offrira des moyens financiers ou militaires pour que les colonies puissent se libérer de leur métropole.

C’est alors le début d’un long conflit qu’on appelle la guerre froide. Ce conflit débute en 1945 et ne se terminera qu’en 1991 après la dissolution de l’URSS. La guerre froide est marquée par le choc entre les idées capitalistes (bloc de l'Ouest) et communistes (bloc de l'Est). Le Canada, étant principalement un pays capitaliste prônant la démocratie et ayant de forts liens avec les États-Unis, se joint à ces derniers dans le conflit.

A retenir :

On appelle cet épisode la « guerre froide » puisqu’il n’y a pas d’attaques directes entre les blocs, mais plutôt des batailles dans d’autres pays tels que le Vietnam et la Corée. Le Canada participe de différentes manières à ces conflits. Par exemple, en 1950, environ 26 000 Canadiens contribuent à la défense de la Corée du Sud sous la direction de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Période duplessite

Sous le gouvernement Duplessis, l’économie québécoise est en croissance. En plus de la création de nouveaux axes de transport pour le commerce, les fermes sont modernisées et les régions sont de plus en plus développées, notamment grâce à l’électrification. Le gouvernement de Maurice Duplessis soutient le libéralisme économique

Définition

Le libéralisme économique
Le libéralisme économique est une mentalité selon laquelle les interventions gouvernementales doivent être limitées. Ceux qui y adhèrent considèrent que les compagnies doivent avoir beaucoup de marge de manœuvre. Pour ce faire, le gouvernement doit adopter le moins de règles et de lois possible afin de laisser plus de liberté aux entreprises.

A retenir :

On surnomme la période pendant laquelle il a été premier ministre la « grande noirceur ». Il est surtout connu pour sa lutte anticommuniste, pour son retour aux traditions et pour sa proximité avec l'église.

La politique de Duplessis est teintée de plusieurs idéologies. Profondément conservateur, il s’oppose souvent aux changements (comme les revendications des syndicats), même s’il permet au Québec, par exemple, de se moderniser en introduisant l’électricité dans les milieux ruraux. Ultramontain, il accorde une grande place à la religion dans la gestion des écoles et des hôpitaux. Autonomiste, il contribue à mettre en valeur la langue française, les traditions et le caractère distinctif du Québec dans le Canada. Il critique aussi les interventions sociales de l’État fédéral au Québec.

 Vers la fin de sa carrière, les Québécois commencent à s’affirmer et réclament une plus grande autonomie économique et culturelle, et ce, malgré les réticences de Duplessis. À sa mort, le Québec émerge de la grande noirceur pour se plonger dans une ère de renouveau, c’est la Révolution tranquille qui commence.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada échange de plus en plus avec les États-Unis plutôt qu’avec le Royaume-Uni. Les économies des deux pays deviennent très liées : c’est la continentalisation de l’économie.

Les États-Unis achètent beaucoup de ressources canadiennes et plusieurs entreprises américaines s’installent au Canada pour produire. Cela crée des emplois, mais rend aussi le Canada plus dépendant de l’économie américaine.

Au Québec, l’après-guerre apporte une forte croissance économique, la modernisation des régions, l’électrification des campagnes et le développement des infrastructures comme les routes et l’hydroélectricité.

L'agglomération urbaine

Les combats de la Deuxième Guerre mondiale se sont surtout déroulés en Europe. Pour cette raison, plusieurs pays situés sur ce continent doivent se reconstruire. Ils ont besoin de ressources humaines et matérielles afin de créer de nouvelles infrastructures et de réparer celles qui ont été endommagées. Le Canada contribuera à la reconstruction de l’Europe à sa manière. Celui-ci fournira des ressources aux pays touchés, ce qui créera de nombreux emplois à travers le pays. Ce contexte sera grandement avantageux pour l’économie canadienne.


Le bébé-boum

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada connaît une forte hausse des naissances appelée le bébé-boum (1945 à fin des années 1950).

Cette augmentation s’explique par le retour des soldats, les mariages plus précoces, les unions retardées pendant la guerre et la baisse de la mortalité infantile.

Pendant cette période, environ 1,5 million de bébés naissent au Canada. Ce phénomène touche aussi les États-Unis et l’Europe.

Le taux de natalité de la population autochtone

La hausse de la natalité est également perceptible chez les peuples autochtones. Entre 1960 et 1980, la population de ce groupe a plus que doublé, passant de 21 000 à environ 50 000 personnes. En plus des facteurs mentionnés ci-dessus, la sédentarisation de certains peuples contribue à l’augmentation des naissances. 

Le néonationalisme

​Entre 1960 et 1970, la Révolution tranquille qu’entreprend le Québec s’inscrit dans le processus d'une nouvelle définition identitaire. Dès lors, le terme « Canadien-français » qui servait autrefois à représenter les francophones du Québec laissera sa place à une nouvelle appellation : « Québécois ». Ce nouveau (néo) nationalisme québécois se distingue du nationalisme canadien-français qui était davantage tourné vers de vieilles valeurs comme l’Église et le mode de vie rural. En pleine Révolution tranquille, le Québec s’affiche maintenant en tant que nation moderne, urbaine et industrialisée.



Définition

Le néonationalisme
Le néonationalisme, au Québec, se base sur la modernité et rejette le nationalisme traditionnel

A retenir :

Le mouvement indépendantiste


Le néonationalisme se solidifiant au Québec, plusieurs figures politiques nationales commencent à tenir un discours indépendantiste, c'est-à-dire qu'elles expriment leur désir de s'écarter de la fédération canadienne en faisant du Québec un pays indépendant du Canada. Cette idée gagnera en popularité auprès des Québécois. D'ailleurs, le projet deviendra la principale revendication d'un nouveau parti politique : le Parti québécois.


La fondation du Parti québécois


Ce nouveau projet, celui d’un Québec indépendant, se concrétise en 1968 alors que le Parti québécois est créé. Initié par l’ancien député libéral René Lévesque, ce nouveau groupe politique a pour principal objectif de faire du Québec un pays souverain. René Lévesque et le Parti québécois réussissent à rassembler énormément de jeunes Québécois autour de ce projet. Le jeune parti politique mettra huit ans avant de remporter les élections provinciales et d'ainsi former, pour la première fois, un gouvernement.



La Révolution tranquille : renouveau de la culture québécoise


Révolution tranquille

La Révolution tranquille (années 1960) est une période où le gouvernement du Québec intervient beaucoup dans l’économie et la société. L’État devient un État-providence, c’est-à-dire qu’il aide la population et réduit les inégalités.

Le gouvernement de Jean Lesage modernise le Québec : il crée des emplois, améliore l’éducation et la santé, et donne plus de droits aux travailleurs (ex. syndicalisation, grèves). Il met aussi en place des programmes comme le Régime de rentes du Québec et l’aide sociale.

L’État devient un acteur majeur de l’économie et nationalise l’hydroélectricité, ce qui transforme profondément la société québécoise..

Définition

Un État-providence
Un État-providence désigne un État qui intervient activement dans les domaines économique et social afin de favoriser le développement de la société et de redistribuer équitablement la richesse collective.

L’exposition universelle de 1967 à Montréal


L’Expo 67 était une grande Exposition universelle qui a eu lieu à Montréal en 1967. Sous le thème « Terre des Hommes », elle a attiré des millions de visiteurs du monde entier et a présenté les avancées de nombreux pays. Cet évènement a été très important pour le Québec et sa culture : il a montré au monde entier le dynamisme et la modernité de Montréal et de la société québécoise. L’Expo 67 a permis au Québec de s’ouvrir sur la scène internationale et d’affirmer fièrement son identité propre et sa capacité d’organiser de grands évènements. 

Pendant la Révolution tranquille, certains groupes nationalistes veulent l’indépendance du Québec, ce qui crée des tensions politiques au Canada.

Le Front de libération du Québec (FLQ) est un groupe radical qui dénonce la domination anglophone et souhaite l’indépendance du Québec. Dans les années 1960, il pose des bombes et commet des actes violents contre des institutions et des symboles britanniques.

En 1970, la crise s’intensifie : le FLQ enlève un diplomate britannique et exige des conditions pour sa libération. Cet événement mène à la crise d’Octobre, une période de grande tension politique et sociale au Québec.

La crise d’Octobre commence en octobre 1970 lorsque le FLQ enlève le ministre Pierre Laporte. Peu après, le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau applique la Loi sur les mesures de guerre, ce qui permet des arrestations massives et l’intervention de l’armée au Québec.

Pendant cette crise, environ 500 personnes sont arrêtées sans mandat. Le 17 octobre 1970, Pierre Laporte est retrouvé mort.

La crise prend fin progressivement avec la libération d’un autre otage, James Cross, et l’arrestation des membres du FLQ. Après ces événements, le FLQ perd son soutien et disparaît graduellement.

Dans les années 1970, en raison du contexte économique difficile, le nombre de mouvements de grève augmente. Les trois grandes centrales syndicales (CSN, FTQ et CEQ), concernées par les salaires et les conditions de travail, décident de s'allier pour former un front commun. En 1972, plus de 200 000 travailleurs du secteur public optent pour une grève illimitée. Dix jours après le déclenchement de la grève, le gouvernement Bourassa adopte une loi spéciale qui oblige les employés de l'État à retourner au travail. Dès lors, les chefs des trois grandes centrales syndicales encouragent les grévistes à défier la loi, ce qui entraine leur arrestation. À la fin mai, les négociations reprennent et plusieurs demandes des syndiqués sont accordées par le gouvernement.


Le front commun en 1972Le front commun (CEQ, CSN et FTQ)

source


En dépit des nombreuses difficultés de son premier mandat, Bourassa est réélu en 1973. En 1976, René Lévesque, chef du Parti québécois, lui succède. Souvent critiqué comme premier ministre, Bourassa réussit tout de même à surmonter plusieurs crises et une récession économique. En plus de mettre sur pied des projets d'envergure, il entreprend l'instauration d'une série de mesures sociales dont la Loi sur l'assurance maladie, des lois liées à l'exercice de la justice et la Charte des droits et libertés de la personne. Les Québécois se souviennent de lui comme un personnage important de leur paysage politique qui a lutté pour faire du Québec une société distincte au sein du Canada

Relations autochtones et crise pétrolière (1973)


Le gouvernement de Robert Bourassa lance en 1970 le projet hydroélectrique de la Baie-James afin de stimuler l’économie et créer des emplois. Cependant, les Cris et les Inuits s’y opposent, affirmant leurs droits sur le territoire. Le conflit est porté devant les tribunaux et mène à la suspension des travaux. En 1975, une entente est finalement conclue avec la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qui reconnaît certains droits territoriaux. Les Naskapis signent aussi une entente similaire par la suite.

En parallèle, la crise pétrolière de 1973, déclenchée par la guerre du Kippour, provoque une forte hausse du prix du pétrole. Cela entraîne une augmentation du coût de la vie et du chômage au Canada. Le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau intervient en contrôlant certains prix et en créant Petro-Canada, tandis que le gouvernement du Québec poursuit de grands projets pour soutenir l’économie.

1976 : le gouvernement Lévesque



Le 15 novembre 1976, René Lévesque et le Parti québécois remportent les élections provinciales. Il s’agit du premier parti indépendantiste à prendre le pouvoir au Québec. Cela cause certaines réactions tant positives que négatives dans la province. Certains, comme les syndicats et les indépendantistes voient cette victoire du bon œil pour l'indépendance du Québec. D'autres, comme plusieurs groupes anglophones et fonctionnaires fédéraux, s'opposent à l'éventuel projet de séparation du reste du Canada.

Dès le départ, l'un des objectifs de René Lévesque est d'éviter une rupture dans la population québécoise. Dans les premières années de son mandat, le référendum pour la souveraineté est donc mis de côté et le gouvernement se concentre sur d'autres dossiers.

La réforme des institutions


Le Parti québécois est un parti priorisant les mesures sociales. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement de René Lévesque crée de nouveaux ministères et de nouvelles institutions afin de réformer différents éléments dans la province et de répondre aux demandes de la population.

La Loi 101

La Loi 101, aussi connue sous le nom de Charte de la langue française, est adoptée par le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque en août 1977. L’objectif de la loi 101 est d’assurer la protection de la langue française

L'immigration

Après l'arrivée de différents modes de contraception au Québec et des changements dans les mentalités, la natalité de la province diminue grandement. Afin de s'assurer d'avoir une population en constante augmentation, l'immigration devient de plus en plus nécessaire.

Auparavant, le Canada avait des réglementations très serrées en ce qui a trait à la sélection de candidats pour l'immigration. Ainsi, les Européens étaient largement priorisés par rapport aux autres candidats. En 1976, le gouvernement fédéral de Pierre-Elliot Trudeau assouplit les critères pour les nouveaux arrivants, ouvrant les portes aux immigrants issus de d’autres pays. Ainsi, les résidents de plusieurs pays tels qu'Haïti et le Vietnam (anciennes colonies françaises) peuvent maintenant venir s'installer au Canada. La diversité culturelle présente sur le territoire augmente.

provenance des immigrants


Le Québec étant la porte d'entrée du Canada, plusieurs immigrants s'installent dans la province. Ainsi, même si l'immigration européenne demeure importante, le Québec reçoit de plus en plus d'immigrants et de réfugiés provenant d'autres régions du monde. Dans une volonté de promouvoir l'utilisation de la langue française, le gouvernement du Québec désire privilégier l'immigration francophone sur son territoire. Ainsi, en 1978, une entente est conclue avec le gouvernement fédéral pour permettre au Québec de sélectionner ses immigrants. Celle-ci permet au gouvernement de la province de fixer lui-même le nombre d'immigrants qu'il désire accueillir et de choisir ses critères de sélection.

Les normes du travail

René Lévesque travaille également étroitement avec les syndicats présents au Québec. Les normes du travail sont un des principaux éléments touchés par le gouvernement.

Au Québec, à cette époque, les conditions de travail sont très différentes d'un emploi à l'autre. En 1979, le gouvernement regroupe ces conditions sous la Loi sur les normes du travail. Cette loi met en place différentes mesures afin d'améliorer la vie de tous les travailleurs québécois.

Du référendum de 1980


À partir du début des années 1980, la question du statut politique du Québec devient un enjeu majeur. L’élection du Parti québécois en 1976, dirigé par René Lévesque, renforce l’idée de souveraineté du Québec.

Les échecs des négociations constitutionnelles alimentent le sentiment que les droits du Québec ne sont pas pleinement respectés dans la fédération canadienne. Cela contribue à renforcer le nationalisme québécois et à faire progresser les idées souverainistes.

Ainsi, les années 1980 et 1990 sont marquées par des débats importants sur l’avenir politique du Québec et son statut au sein du Canada.

Le référendum sur la souveraineté-association (1980)


En 1980, quatre ans après son élection, René Lévesque déclenche un référendum sur la souveraineté-association. L’objectif est l'obtention de l'indépendance du Québec sur le plan politique, mais d’être tout de même lié au Canada sur le plan économique. L’attachement économique implique de conserver le dollar canadien, de partager la Banque du Canada et de protéger les échanges commerciaux avec le Canada. 

Définition

Un référendum
Un référendum est un vote qui permet aux citoyens d’exprimer leur opinion sur une mesure proposée par le gouvernement.

A retenir :

Ce projet soumis aux Québécois mène à plusieurs débats publics où deux camps s’affrontent dans une campagne référendaire relevée : le OUI (en faveur de la souveraineté-association) et le NON (en défaveur de la souveraineté-association). Voulant que le Québec demeure une province canadienne, Pierre Elliot Trudeau, alors premier ministre du Canada, fait campagne pour le camp du NON en proposant notamment un fédéralisme renouvelé qui respecterait davantage les revendications du Québec au sein de la fédération canadienne. Résultat : le camp du NON l'emporte avec 59,56 % des voix.

A retenir :

En 1982, le premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau rapatrie la Constitution du Canada afin qu’elle ne dépende plus du Royaume-Uni. Il souhaite aussi permettre au Canada de la modifier lui-même. Cependant, plusieurs provinces s’opposent au projet, dont le Québec, qui refuse de signer la nouvelle Constitution. Cet épisode crée de fortes tensions entre le Québec et le reste du Canada.

En 1984, Brian Mulroney tente de rétablir le dialogue. L’Accord du lac Meech (1987) vise à reconnaître le Québec comme une société distincte, mais il échoue à cause du refus de certaines provinces.

Le Québec contemporain (1980 à aujourd'hui)


chapitre 4

A retenir :

  • 1980 : Référendum sur la souveraineté (NON)
  • 1982 : Rapatriement de la Constitution sans le Québec
  • 1987 : Accord du lac Meech (échec)
  • 1990 : Crise d’Oka + Commission Bélanger-Campeau
  • 1991 : Rapport Allaire
  • 1992 : Accord de Charlottetown (rejeté par référendum)
  • 1994 : Entrée en vigueur de l’ALÉNA
  • 1995 : Deuxième référendum sur la souveraineté (très serré, NON)
  • 2001 : Attentats du 11 septembre 


1982 – Rapatriement de la Constitution

Pierre Elliott Trudeau rapatrie la Constitution sans l’accord du Québec. Le Québec refuse de signer.

1987 – Accord du lac Meech

Tentative de réconciliation constitutionnelle. Le Québec devait être reconnu comme société distincte, mais l’accord échoue.

1990 – Crise d’Oka + Commission Bélanger-Campeau

Crise entre les Mohawks et le gouvernement à Oka à cause d’un terrain de golf. En parallèle, une commission est créée pour réfléchir à l’avenir politique du Québec.

1991 – Rapport Allaire

Propose plus d’autonomie pour le Québec et envisage un référendum si les changements ne sont pas acceptés.

1992 – Accord de Charlottetown

Nouvelle réforme constitutionnelle proposée. Elle est rejetée par référendum.

1994 – ALÉNA

Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour faciliter le commerce.

1995 – Référendum sur la souveraineté

Deuxième vote sur l’indépendance du Québec. Le NON gagne de très peu.

2001 – Attentats du 11 septembre

Attaques terroristes aux États-Unis. Elles ont un impact mondial et renforcent la sécurité internationale.

Néolibéralisme
Le néolibéralisme est une doctrine économique et politique apparue au milieu du 20e siècle, qui vise à réduire le rôle de l’État dans l’économie et à donner une place plus importante au marché libre.

Les droits des Autochtones

Des tensions sont présentes entre le gouvernement et des Autochtones ( crise d'oka) . Le gouvernement s'engage à des réconciliation et donne plus d'autonomie aux Autochtones

A retenir :

Après le baby-boom, le taux de natalité diminue fortement au Québec. Cette baisse entraîne une diminution de la population active et une possible pénurie de main-d’œuvre. Pour compenser ce manque, le Québec se tourne progressivement vers l’immigration afin de soutenir son économie et maintenir sa croissance démographique.


HISTOIRE 3

Chapitre 3

La modernisation du Québec et la Révolution tranquille (1945-1980)


​La période entre 1945 et 1980 est une période où d'importantes transformations se produisent, tant pour le Québec que pour le Canada. Après la Deuxième Guerre mondiale et le début de la guerre froide, le monde et les liens entre les pays sont entièrement modifiés.

Au Québec, cette période est surtout divisée en trois grandes périodes : le gouvernement de Maurice Duplessis, la Révolution tranquille avec Jean Lesage et les années 1970 avec Robert Bourassa et René Lévesque.

D'une période à l'autre, d'importants changements de mentalité se produisent à travers lesquels tous les aspects de la société subissent de profondes transformations. Les mouvements féministes, nationalistes, syndicaux et autochtones deviennent graduellement de plus en plus présents. Chacun de ceux-ci parvient à se faire davantage entendre par les gouvernements et obtient certaines ententes.

A retenir :

📅 Ligne du temps (Canada / Québec)


  • 1944–1959 : Temps de Duplessis (période de conservatisme au Québec)
  • 1945 : Fin de la Deuxième Guerre mondiale
  • 1945–1960 : Baby-boom (forte augmentation des naissances)
  • 1960–1966 : Révolution tranquille (modernisation du Québec)
  • 1967 : Exposition universelle de Montréal (Expo 67)
  • 1970 : Crise d’Octobre (FLQ et mesures de guerre)
  • 1972 : Front commun (grève importante des travailleurs)
  • 1973 : Crise du pétrole (hausse mondiale du prix du pétrole)
  • 1976 : Élection de René Lévesque + Jeux olympiques de Montréal
  • 1980 : Premier référendum sur la souveraineté du Québec

Les rapports de force en Occident

La décolonisation et la guerre froide( 1945 -1991 )


Après la Deuxième Guerre mondiale, on assiste à une importante vague de décolonisation, surtout en Afrique et en Asie. Ce phénomène s’explique par trois causes principales : la baisse de pouvoir des puissances européennes, la montée du nationalisme et les politiques mises en place par l’Organisation des Nations unies (ONU).

Définition

La décolonisation
La décolonisation, c’est quand un pays colonisé devient indépendant et n’est plus contrôlé par un autre pays.

Cette période marque également le développement de tensions entre deux grandes puissances : le bloc de l’Ouest mené par les États-Unis et le bloc de l’Est dirigé par l’URSS. Afin de se faire le plus d’alliés possible, chaque bloc offrira des moyens financiers ou militaires pour que les colonies puissent se libérer de leur métropole.

C’est alors le début d’un long conflit qu’on appelle la guerre froide. Ce conflit débute en 1945 et ne se terminera qu’en 1991 après la dissolution de l’URSS. La guerre froide est marquée par le choc entre les idées capitalistes (bloc de l'Ouest) et communistes (bloc de l'Est). Le Canada, étant principalement un pays capitaliste prônant la démocratie et ayant de forts liens avec les États-Unis, se joint à ces derniers dans le conflit.

A retenir :

On appelle cet épisode la « guerre froide » puisqu’il n’y a pas d’attaques directes entre les blocs, mais plutôt des batailles dans d’autres pays tels que le Vietnam et la Corée. Le Canada participe de différentes manières à ces conflits. Par exemple, en 1950, environ 26 000 Canadiens contribuent à la défense de la Corée du Sud sous la direction de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Période duplessite

Sous le gouvernement Duplessis, l’économie québécoise est en croissance. En plus de la création de nouveaux axes de transport pour le commerce, les fermes sont modernisées et les régions sont de plus en plus développées, notamment grâce à l’électrification. Le gouvernement de Maurice Duplessis soutient le libéralisme économique

Définition

Le libéralisme économique
Le libéralisme économique est une mentalité selon laquelle les interventions gouvernementales doivent être limitées. Ceux qui y adhèrent considèrent que les compagnies doivent avoir beaucoup de marge de manœuvre. Pour ce faire, le gouvernement doit adopter le moins de règles et de lois possible afin de laisser plus de liberté aux entreprises.

A retenir :

On surnomme la période pendant laquelle il a été premier ministre la « grande noirceur ». Il est surtout connu pour sa lutte anticommuniste, pour son retour aux traditions et pour sa proximité avec l'église.

La politique de Duplessis est teintée de plusieurs idéologies. Profondément conservateur, il s’oppose souvent aux changements (comme les revendications des syndicats), même s’il permet au Québec, par exemple, de se moderniser en introduisant l’électricité dans les milieux ruraux. Ultramontain, il accorde une grande place à la religion dans la gestion des écoles et des hôpitaux. Autonomiste, il contribue à mettre en valeur la langue française, les traditions et le caractère distinctif du Québec dans le Canada. Il critique aussi les interventions sociales de l’État fédéral au Québec.

 Vers la fin de sa carrière, les Québécois commencent à s’affirmer et réclament une plus grande autonomie économique et culturelle, et ce, malgré les réticences de Duplessis. À sa mort, le Québec émerge de la grande noirceur pour se plonger dans une ère de renouveau, c’est la Révolution tranquille qui commence.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada échange de plus en plus avec les États-Unis plutôt qu’avec le Royaume-Uni. Les économies des deux pays deviennent très liées : c’est la continentalisation de l’économie.

Les États-Unis achètent beaucoup de ressources canadiennes et plusieurs entreprises américaines s’installent au Canada pour produire. Cela crée des emplois, mais rend aussi le Canada plus dépendant de l’économie américaine.

Au Québec, l’après-guerre apporte une forte croissance économique, la modernisation des régions, l’électrification des campagnes et le développement des infrastructures comme les routes et l’hydroélectricité.

L'agglomération urbaine

Les combats de la Deuxième Guerre mondiale se sont surtout déroulés en Europe. Pour cette raison, plusieurs pays situés sur ce continent doivent se reconstruire. Ils ont besoin de ressources humaines et matérielles afin de créer de nouvelles infrastructures et de réparer celles qui ont été endommagées. Le Canada contribuera à la reconstruction de l’Europe à sa manière. Celui-ci fournira des ressources aux pays touchés, ce qui créera de nombreux emplois à travers le pays. Ce contexte sera grandement avantageux pour l’économie canadienne.


Le bébé-boum

Après la Deuxième Guerre mondiale, le Canada connaît une forte hausse des naissances appelée le bébé-boum (1945 à fin des années 1950).

Cette augmentation s’explique par le retour des soldats, les mariages plus précoces, les unions retardées pendant la guerre et la baisse de la mortalité infantile.

Pendant cette période, environ 1,5 million de bébés naissent au Canada. Ce phénomène touche aussi les États-Unis et l’Europe.

Le taux de natalité de la population autochtone

La hausse de la natalité est également perceptible chez les peuples autochtones. Entre 1960 et 1980, la population de ce groupe a plus que doublé, passant de 21 000 à environ 50 000 personnes. En plus des facteurs mentionnés ci-dessus, la sédentarisation de certains peuples contribue à l’augmentation des naissances. 

Le néonationalisme

​Entre 1960 et 1970, la Révolution tranquille qu’entreprend le Québec s’inscrit dans le processus d'une nouvelle définition identitaire. Dès lors, le terme « Canadien-français » qui servait autrefois à représenter les francophones du Québec laissera sa place à une nouvelle appellation : « Québécois ». Ce nouveau (néo) nationalisme québécois se distingue du nationalisme canadien-français qui était davantage tourné vers de vieilles valeurs comme l’Église et le mode de vie rural. En pleine Révolution tranquille, le Québec s’affiche maintenant en tant que nation moderne, urbaine et industrialisée.



Définition

Le néonationalisme
Le néonationalisme, au Québec, se base sur la modernité et rejette le nationalisme traditionnel

A retenir :

Le mouvement indépendantiste


Le néonationalisme se solidifiant au Québec, plusieurs figures politiques nationales commencent à tenir un discours indépendantiste, c'est-à-dire qu'elles expriment leur désir de s'écarter de la fédération canadienne en faisant du Québec un pays indépendant du Canada. Cette idée gagnera en popularité auprès des Québécois. D'ailleurs, le projet deviendra la principale revendication d'un nouveau parti politique : le Parti québécois.


La fondation du Parti québécois


Ce nouveau projet, celui d’un Québec indépendant, se concrétise en 1968 alors que le Parti québécois est créé. Initié par l’ancien député libéral René Lévesque, ce nouveau groupe politique a pour principal objectif de faire du Québec un pays souverain. René Lévesque et le Parti québécois réussissent à rassembler énormément de jeunes Québécois autour de ce projet. Le jeune parti politique mettra huit ans avant de remporter les élections provinciales et d'ainsi former, pour la première fois, un gouvernement.



La Révolution tranquille : renouveau de la culture québécoise


Révolution tranquille

La Révolution tranquille (années 1960) est une période où le gouvernement du Québec intervient beaucoup dans l’économie et la société. L’État devient un État-providence, c’est-à-dire qu’il aide la population et réduit les inégalités.

Le gouvernement de Jean Lesage modernise le Québec : il crée des emplois, améliore l’éducation et la santé, et donne plus de droits aux travailleurs (ex. syndicalisation, grèves). Il met aussi en place des programmes comme le Régime de rentes du Québec et l’aide sociale.

L’État devient un acteur majeur de l’économie et nationalise l’hydroélectricité, ce qui transforme profondément la société québécoise..

Définition

Un État-providence
Un État-providence désigne un État qui intervient activement dans les domaines économique et social afin de favoriser le développement de la société et de redistribuer équitablement la richesse collective.

L’exposition universelle de 1967 à Montréal


L’Expo 67 était une grande Exposition universelle qui a eu lieu à Montréal en 1967. Sous le thème « Terre des Hommes », elle a attiré des millions de visiteurs du monde entier et a présenté les avancées de nombreux pays. Cet évènement a été très important pour le Québec et sa culture : il a montré au monde entier le dynamisme et la modernité de Montréal et de la société québécoise. L’Expo 67 a permis au Québec de s’ouvrir sur la scène internationale et d’affirmer fièrement son identité propre et sa capacité d’organiser de grands évènements. 

Pendant la Révolution tranquille, certains groupes nationalistes veulent l’indépendance du Québec, ce qui crée des tensions politiques au Canada.

Le Front de libération du Québec (FLQ) est un groupe radical qui dénonce la domination anglophone et souhaite l’indépendance du Québec. Dans les années 1960, il pose des bombes et commet des actes violents contre des institutions et des symboles britanniques.

En 1970, la crise s’intensifie : le FLQ enlève un diplomate britannique et exige des conditions pour sa libération. Cet événement mène à la crise d’Octobre, une période de grande tension politique et sociale au Québec.

La crise d’Octobre commence en octobre 1970 lorsque le FLQ enlève le ministre Pierre Laporte. Peu après, le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau applique la Loi sur les mesures de guerre, ce qui permet des arrestations massives et l’intervention de l’armée au Québec.

Pendant cette crise, environ 500 personnes sont arrêtées sans mandat. Le 17 octobre 1970, Pierre Laporte est retrouvé mort.

La crise prend fin progressivement avec la libération d’un autre otage, James Cross, et l’arrestation des membres du FLQ. Après ces événements, le FLQ perd son soutien et disparaît graduellement.

Dans les années 1970, en raison du contexte économique difficile, le nombre de mouvements de grève augmente. Les trois grandes centrales syndicales (CSN, FTQ et CEQ), concernées par les salaires et les conditions de travail, décident de s'allier pour former un front commun. En 1972, plus de 200 000 travailleurs du secteur public optent pour une grève illimitée. Dix jours après le déclenchement de la grève, le gouvernement Bourassa adopte une loi spéciale qui oblige les employés de l'État à retourner au travail. Dès lors, les chefs des trois grandes centrales syndicales encouragent les grévistes à défier la loi, ce qui entraine leur arrestation. À la fin mai, les négociations reprennent et plusieurs demandes des syndiqués sont accordées par le gouvernement.


Le front commun en 1972Le front commun (CEQ, CSN et FTQ)

source


En dépit des nombreuses difficultés de son premier mandat, Bourassa est réélu en 1973. En 1976, René Lévesque, chef du Parti québécois, lui succède. Souvent critiqué comme premier ministre, Bourassa réussit tout de même à surmonter plusieurs crises et une récession économique. En plus de mettre sur pied des projets d'envergure, il entreprend l'instauration d'une série de mesures sociales dont la Loi sur l'assurance maladie, des lois liées à l'exercice de la justice et la Charte des droits et libertés de la personne. Les Québécois se souviennent de lui comme un personnage important de leur paysage politique qui a lutté pour faire du Québec une société distincte au sein du Canada

Relations autochtones et crise pétrolière (1973)


Le gouvernement de Robert Bourassa lance en 1970 le projet hydroélectrique de la Baie-James afin de stimuler l’économie et créer des emplois. Cependant, les Cris et les Inuits s’y opposent, affirmant leurs droits sur le territoire. Le conflit est porté devant les tribunaux et mène à la suspension des travaux. En 1975, une entente est finalement conclue avec la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qui reconnaît certains droits territoriaux. Les Naskapis signent aussi une entente similaire par la suite.

En parallèle, la crise pétrolière de 1973, déclenchée par la guerre du Kippour, provoque une forte hausse du prix du pétrole. Cela entraîne une augmentation du coût de la vie et du chômage au Canada. Le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau intervient en contrôlant certains prix et en créant Petro-Canada, tandis que le gouvernement du Québec poursuit de grands projets pour soutenir l’économie.

1976 : le gouvernement Lévesque



Le 15 novembre 1976, René Lévesque et le Parti québécois remportent les élections provinciales. Il s’agit du premier parti indépendantiste à prendre le pouvoir au Québec. Cela cause certaines réactions tant positives que négatives dans la province. Certains, comme les syndicats et les indépendantistes voient cette victoire du bon œil pour l'indépendance du Québec. D'autres, comme plusieurs groupes anglophones et fonctionnaires fédéraux, s'opposent à l'éventuel projet de séparation du reste du Canada.

Dès le départ, l'un des objectifs de René Lévesque est d'éviter une rupture dans la population québécoise. Dans les premières années de son mandat, le référendum pour la souveraineté est donc mis de côté et le gouvernement se concentre sur d'autres dossiers.

La réforme des institutions


Le Parti québécois est un parti priorisant les mesures sociales. Dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement de René Lévesque crée de nouveaux ministères et de nouvelles institutions afin de réformer différents éléments dans la province et de répondre aux demandes de la population.

La Loi 101

La Loi 101, aussi connue sous le nom de Charte de la langue française, est adoptée par le gouvernement du Parti québécois de René Lévesque en août 1977. L’objectif de la loi 101 est d’assurer la protection de la langue française

L'immigration

Après l'arrivée de différents modes de contraception au Québec et des changements dans les mentalités, la natalité de la province diminue grandement. Afin de s'assurer d'avoir une population en constante augmentation, l'immigration devient de plus en plus nécessaire.

Auparavant, le Canada avait des réglementations très serrées en ce qui a trait à la sélection de candidats pour l'immigration. Ainsi, les Européens étaient largement priorisés par rapport aux autres candidats. En 1976, le gouvernement fédéral de Pierre-Elliot Trudeau assouplit les critères pour les nouveaux arrivants, ouvrant les portes aux immigrants issus de d’autres pays. Ainsi, les résidents de plusieurs pays tels qu'Haïti et le Vietnam (anciennes colonies françaises) peuvent maintenant venir s'installer au Canada. La diversité culturelle présente sur le territoire augmente.

provenance des immigrants


Le Québec étant la porte d'entrée du Canada, plusieurs immigrants s'installent dans la province. Ainsi, même si l'immigration européenne demeure importante, le Québec reçoit de plus en plus d'immigrants et de réfugiés provenant d'autres régions du monde. Dans une volonté de promouvoir l'utilisation de la langue française, le gouvernement du Québec désire privilégier l'immigration francophone sur son territoire. Ainsi, en 1978, une entente est conclue avec le gouvernement fédéral pour permettre au Québec de sélectionner ses immigrants. Celle-ci permet au gouvernement de la province de fixer lui-même le nombre d'immigrants qu'il désire accueillir et de choisir ses critères de sélection.

Les normes du travail

René Lévesque travaille également étroitement avec les syndicats présents au Québec. Les normes du travail sont un des principaux éléments touchés par le gouvernement.

Au Québec, à cette époque, les conditions de travail sont très différentes d'un emploi à l'autre. En 1979, le gouvernement regroupe ces conditions sous la Loi sur les normes du travail. Cette loi met en place différentes mesures afin d'améliorer la vie de tous les travailleurs québécois.

Du référendum de 1980


À partir du début des années 1980, la question du statut politique du Québec devient un enjeu majeur. L’élection du Parti québécois en 1976, dirigé par René Lévesque, renforce l’idée de souveraineté du Québec.

Les échecs des négociations constitutionnelles alimentent le sentiment que les droits du Québec ne sont pas pleinement respectés dans la fédération canadienne. Cela contribue à renforcer le nationalisme québécois et à faire progresser les idées souverainistes.

Ainsi, les années 1980 et 1990 sont marquées par des débats importants sur l’avenir politique du Québec et son statut au sein du Canada.

Le référendum sur la souveraineté-association (1980)


En 1980, quatre ans après son élection, René Lévesque déclenche un référendum sur la souveraineté-association. L’objectif est l'obtention de l'indépendance du Québec sur le plan politique, mais d’être tout de même lié au Canada sur le plan économique. L’attachement économique implique de conserver le dollar canadien, de partager la Banque du Canada et de protéger les échanges commerciaux avec le Canada. 

Définition

Un référendum
Un référendum est un vote qui permet aux citoyens d’exprimer leur opinion sur une mesure proposée par le gouvernement.

A retenir :

Ce projet soumis aux Québécois mène à plusieurs débats publics où deux camps s’affrontent dans une campagne référendaire relevée : le OUI (en faveur de la souveraineté-association) et le NON (en défaveur de la souveraineté-association). Voulant que le Québec demeure une province canadienne, Pierre Elliot Trudeau, alors premier ministre du Canada, fait campagne pour le camp du NON en proposant notamment un fédéralisme renouvelé qui respecterait davantage les revendications du Québec au sein de la fédération canadienne. Résultat : le camp du NON l'emporte avec 59,56 % des voix.

A retenir :

En 1982, le premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau rapatrie la Constitution du Canada afin qu’elle ne dépende plus du Royaume-Uni. Il souhaite aussi permettre au Canada de la modifier lui-même. Cependant, plusieurs provinces s’opposent au projet, dont le Québec, qui refuse de signer la nouvelle Constitution. Cet épisode crée de fortes tensions entre le Québec et le reste du Canada.

En 1984, Brian Mulroney tente de rétablir le dialogue. L’Accord du lac Meech (1987) vise à reconnaître le Québec comme une société distincte, mais il échoue à cause du refus de certaines provinces.

Le Québec contemporain (1980 à aujourd'hui)


chapitre 4

A retenir :

  • 1980 : Référendum sur la souveraineté (NON)
  • 1982 : Rapatriement de la Constitution sans le Québec
  • 1987 : Accord du lac Meech (échec)
  • 1990 : Crise d’Oka + Commission Bélanger-Campeau
  • 1991 : Rapport Allaire
  • 1992 : Accord de Charlottetown (rejeté par référendum)
  • 1994 : Entrée en vigueur de l’ALÉNA
  • 1995 : Deuxième référendum sur la souveraineté (très serré, NON)
  • 2001 : Attentats du 11 septembre 


1982 – Rapatriement de la Constitution

Pierre Elliott Trudeau rapatrie la Constitution sans l’accord du Québec. Le Québec refuse de signer.

1987 – Accord du lac Meech

Tentative de réconciliation constitutionnelle. Le Québec devait être reconnu comme société distincte, mais l’accord échoue.

1990 – Crise d’Oka + Commission Bélanger-Campeau

Crise entre les Mohawks et le gouvernement à Oka à cause d’un terrain de golf. En parallèle, une commission est créée pour réfléchir à l’avenir politique du Québec.

1991 – Rapport Allaire

Propose plus d’autonomie pour le Québec et envisage un référendum si les changements ne sont pas acceptés.

1992 – Accord de Charlottetown

Nouvelle réforme constitutionnelle proposée. Elle est rejetée par référendum.

1994 – ALÉNA

Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour faciliter le commerce.

1995 – Référendum sur la souveraineté

Deuxième vote sur l’indépendance du Québec. Le NON gagne de très peu.

2001 – Attentats du 11 septembre

Attaques terroristes aux États-Unis. Elles ont un impact mondial et renforcent la sécurité internationale.

Néolibéralisme
Le néolibéralisme est une doctrine économique et politique apparue au milieu du 20e siècle, qui vise à réduire le rôle de l’État dans l’économie et à donner une place plus importante au marché libre.

Les droits des Autochtones

Des tensions sont présentes entre le gouvernement et des Autochtones ( crise d'oka) . Le gouvernement s'engage à des réconciliation et donne plus d'autonomie aux Autochtones

A retenir :

Après le baby-boom, le taux de natalité diminue fortement au Québec. Cette baisse entraîne une diminution de la population active et une possible pénurie de main-d’œuvre. Pour compenser ce manque, le Québec se tourne progressivement vers l’immigration afin de soutenir son économie et maintenir sa croissance démographique.