Partielo | Créer ta fiche de révision en ligne rapidement

299-Tumeurs intracrâniennes

Connaître les principaux types et localisations des tumeurs intracrâniennes OIC-299-01-A


·    Tumeur primitive : issue d’un tissu intracrânien

·    Tumeur secondaire = métastase : issue de la dissémination intracrânienne d’une tumeur prenant son origine dans un autre organe/système


·    Tumeur intra parenchymateuse : développée à l’intérieur de l’encéphale lui-même

·    Tumeur extra parenchymateuse : développée à partir des annexes de l’encéphale, i.e. méninges et nerfs crâniens

 

·    Tumeur bénigne : généralement bien circonscrite, d’évolution lente et de bon pronostic (e.g. méningiome)

·    Tumeur maligne = cancer : rapidement évolutive et de plus mauvais pronostic (e.g. glioblastome)


Topographie :

  • Supra tentorielle = « au-dessus de la tente du cervelet » (environ 80% des cas chez l’adulte)
  • Infra tentorielle = « en-dessous de la tente du cervelet » (environ 20% des cas chez l’adulte)
  • La répartition des différents types histologiques n’est pas homogène au sein de ces deux groupes +++

Variétés histologiques les plus fréquentes, par ordre décroissant :

  • Métastases
  • Gliomes (8 nouveaux cas /100 000 habitants / an)
  • Méningiomes (5 nouveaux cas / 100 000 habitants / an)
  • Adénomes hypophysaires (5 nouveaux cas / 100 000 habitants / an)


Connaître la définition des tumeurs primitives intracrâniennes : système nerveux central et annexes OIC-299-02-A


·    Tumeur primitive de l’encéphale = intra axiale, développée à l’intérieur de l’encéphale lui-même (i.e. cerveau, tronc, cervelet), par ex. glioblastome

·    Tumeur primitive des annexes = extra axiale, développée à partir des méninges et nerfs crâniens, par ex. méningiome et schwannome/neurinome du nerf vestibulaire 


Connaître les principaux types histologiques des tumeurs cérébrales OIC-299-03-B


Méningiome :

·    Souvent bénin, grade 1 OMS

·    Développement à partir des cellules arachnoïdiennes

·    Sex ratio : prédominance féminine

·    Pic d’incidence : entre 50 et 70 ans

·    Genèse favorisée par la prise de certains progestatifs (acétate de cyprotérone)

·    Possibilité de localisations multiples (méningiomatose), en association avec d’autres variétés histologiques de tumeurs du système nerveux (e.g. schwannomes) dans le cadre de la neurofibromatose de type 2 (phacomatose)

·    Sémiologie IRM : tumeur extra parenchymateuse ; bien circonscrite ; base d’implantation durale ; épaississement dural au contact = signe de la « queue de comète » ; rehaussement homogène après injection de contraste (gadolinium)

·    Traitement essentiellement chirurgical dans les formes symptomatiques ou montrant une évolutivité radiologique

Les Méningiomes - Neurochirurgie Pitié Salpêtrière AP-HP


Adénome hypophysaire :

·    Sécrétant (prolactinome, adénome à GH, LH, FSH, ACTH ou TSH) ou non-sécrétant

·    Modes de révélation clinique :

o Syndrome endocrinien : hypersécretion d’un secteur hormonal ; insuffisance d’un ou plusieurs secteur(s) hormonal(aux), anté et/ou post hypophysaire(s)

o Syndrome de masse, e.g. avec compression du chiasma optique (hémianopsie bitemporale)

o Apoplexie hypophysaire (plus rare)

·    Traitement chirurgical en première intention, sauf pour le prolactinome = agonistes dopaminergiques. Correction des déficits endocriniens +++

Adénome hypophysaire | Neurochirurgie Inselspital Bern


Gliome de bas grade et de haut grade (glioblastome) de malignité :

·    Développement à partir des cellules de la glie :

o Astrocyte → astrocytome

o Oligodendrocyte → oligodendrogliome

·    4 grades selon la classification de l’OMS :

o Grade 1 = bénin

o Grade 2 = bas grade de malignité (progression inéluctable vers grade 3 et 4)

o Grade 3 et 4 = haut grade de malignité

·    → 2 sous-types de glioblastome :

o Primaire (de novo)

o Secondaire = transformation d’un gliome de bas grade de malignité au cours de son évolution ; sujets plus jeunes

·    Pour le glioblastome (grade 4), les facteurs améliorant le pronostic sont :

o Âge < 70 ans

o Etat général et neurologique préservé (index de Karnofsky > 70%)

o Qualité de la résection chirurgicale

Biologie moléculaire : mutation d’IDH (= glioblastome secondaire) ; méthylation du promoteur du gène de la MGMT, prédit la sensibilité à la chimiothérapie


🧠 LES GLIOMES DE BAS GRADE

🔹 Gliome de Grade 1 (Astrocytome pilocytique)

  • Pic d’incidence : < 20 ans (population pédiatrique/jeune).
  • Topographie préférentielle : Infra-tentorielle (fosse postérieure).
  • Sémiologie IRM : Aspect mixte (composante kystique associée à un nodule solide) avec un net rehaussement après injection de contraste.
  • Traitement : Chirurgie d’exérèse seule.
  • Pronostic : Excellent. Guérison complète si la résection est totale.

🔹 Gliome de Grade 2 (Astrocytome diffuse / Oligodendrogliome)

  • Pic d’incidence : 20 à 40 ans (adulte jeune).
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Hypersignal en T2 / FLAIR, hyposignal en T1, et absence caractéristique de prise de contraste.
  • Traitement : Chirurgie de première intention (résection maximaliste et oncologiquement sûre), parfois complétée par de la radiothérapie et/ou chimiothérapie selon les facteurs de risque.
  • Pronostic : Évolution lente mais défavorable à long terme : progression inéluctable vers l’anaplasie (transformation en grades 3 et 4).

Astrocytome et oligodendrogliome | Neurochirurgie Inselspital


⚠️ LES GLIOMES DE HAUT GRADE

🔸 Gliome de Grade 3 (Gliome anaplasique)

  • Pic d’incidence : 30 à 50 ans.
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Hypersignal T2, hyposignal T1, avec apparition d'une prise de contraste (signe d'anaplasie).
  • Traitement : Approche multimodale : Chirurgie (résection maximaliste si possible) systématiquement suivie d'une radio-chimiothérapie.
  • Pronostic : Sombre. Progression inéluctable vers le glioblastome (grade 4).

🔸 Gliome de Grade 4 (Glioblastome)

  • Pic d’incidence : 60 à 70 ans (sujet âgé).
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Lésion infiltrante et destructive montrant de la nécrose centrale et une prise de contraste périphérique hétérogène en anneau.
  • Traitement : Chirurgie d'exérèse maximale + Radio-chimiothérapie concomitante puis adjuvante (Protocole de Stupp).
  • Pronostic : Très péjoratif. Extension locale et régionale ultra-rapide. Survie globale médiane d'environ 15 mois.

Glioblastome | Neurochirurgie Inselspital Bern


Métastase :

·    Origines principales = cancers à fort tropisme neurologique : broncho-pulmonaire, mammaire et mélanome

·    IRM : tumeur(s) unique ou multiples ; localisation cortico-sous-corticale ; rehaussement hétérogène après injection de contraste, avec aspect en cocarde (nécrose centrale et prise de contraste périphérique) ; œdème péri-tumoral +++ ; révélation hémorragique des métastases de mélanome et de cancer du rein

·    Traitement :

o Dépend du nombre, de la localisation et du volume de la (ou des) métastase(s), de l’existence de déficits neurologiques

o Arsenal = chirurgie d’exérèse ; radiothérapie focale (conformationnelle ou stéréotaxique) ou pan-encéphalique ; traitements systémiques (chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées)

10 Item 299 : Tumeurs intracrâniennes de l'adulte - Campus de Neurochirurgie


Connaître l'épidémiologie des différents types tumeurs primitives intracrâniennes OIC-299-04-B


Les tumeurs primitives intracrâniennes les plus fréquentes ont été décrites dans la section précédente. D’autres sous-types histologiques plus rares existent :


·    Neurinome ou schwannome :

o Développement à partir des cellules de Schwann des nerfs crâniens/périphériques (à l’exception du nerf olfactif et du nerf optique, qui sont des prolongements du système nerveux central)

o Bénin dans l’immense majorité des cas

o Sporadique ou dans le cadre de la neurofibromatose de type 2 (phacomatose)

o Localisation préférentielle = nerf vestibulaire +++

o IRM : tumeur rehaussée de manière homogène, naissant à partir du conduit auditif interne (pour le schwannome vestibulaire)

Schwannome vestibulaire, neurinome acoustique | Inselspital Bern


·    Épendymome :

o Développement à partir des épendymocytes des ventricules

o Localisation intra ventriculaire, souvent supra tentorielle chez l’adulte (contrairement à l’enfant)

o Survient surtout chez l’enfant, parfois chez l’adulte jeune

o IRM : morphologie poly lobulée ; rehaussement intense après injection de contraste

o Bénin (grade 1 ou 2 OMS) ; plus rarement malin (grade 3 OMS)

Épendymome


·    Médulloblastome :

o Tumeur embryonnaire maligne (grade 4 OMS)

o Localisation infra tentorielle = vermis du cervelet +++

o Survient surtout chez l’enfant, parfois chez l’adulte jeune

o IRM : rehaussement hétérogène après injection de contraste

o Possible dissémination métastatique dans le LCS → IRM panmédullaire injectée systématique +++

Médulloblastome


·    Hémangioblastome :

o Tumeur vasculaire bénigne

o Sporadique ou dans le cadre de la maladie de Von Hippel–Lindau (phacomatose)

o Localisation préférentielle dans le cervelet +++, ou la moelle épinière

o IRM : aspect mixte, i.e. kystique / solide, comportant un nodule mural fortement rehaussé après injection de contraste

o Biologie : rarement (mais c’est très évocateur du diagnostic), présence d’une polyglobulie secondaire (sécrétion de facteur érythropoïétique par la tumeur)


·    Lymphome cérébral primitif :

Lymphome de type B, diffus, à grandes cellules

o Primitif = en dehors de toute autre localisation systémique 

o Rare

o > 60 ans

o Terrain : survenue favorisée par une immunodépression e.g. VIH, greffe d’organe

o IRM : tumeur volontiers pluri focale ; localisation péri ventriculaire ; aspect « floconneux », rehaussé de manière homogène après injection de contraste

Lymphome cérébral primitif


Connaître les principaux tableaux cliniques devant faire évoquer une tumeur intracrânienne OIC-299-05-A


1 / Syndrome d’hypertension intracrânienne (HTIC) :

·    Conséquence de l’augmentation d’un ou plusieurs volume(s) dans une enceinte close inextensible, i.e. le crâne : tumeur +/- œdème vasogénique péri-tumoral +/- hydrocéphalie (obstacle à la libre circulation du LCS) +/- saignement intra-tumoral

·    Symptômes :

Céphalées :

- Sans valeur localisatrice

- Inhabituelles

- Aggravation progressive

- Mal calmées par les antalgiques usuels

- Recrudescence en fin de nuit ou matinale, et au cours des efforts à glotte fermée

- Soulagées par les vomissements

Nausées et vomissements « en jets »

Parésie du nerf abducens (VI) :

- Sans valeur localisatrice +++

- Strabisme convergent

-  Diplopie horizontale

- (VI = nerf long et fin, particulièrement susceptible à l’augmentation de la pression intracrânienne)

Baisse d’acuité visuelle :

- Souffrance du nerf optique sous l’effet de l’HTIC

- Peut évoluer vers la cécité

- Fond d’œil (FO) = œdème papillaire bilatéral de stase

·    Complications évolutives :

Ralentissement psychique, troubles de la vigilance

- de la somnolence au coma (score de Glasgow +++)

Engagement cérébral conduisant au décès


2/ Déficits neurologiques focaux :

o Fonction de la localisation, e.g. :

- Lobe occipital = hémianopsie latérale homonyme

- Lobe frontal = hémiparésie controlatérale

- Lobe temporal de l’hémisphère dominant pour le langage = aphasie

o Installation progressive, avec aggravation « en tâche d’huile »

o Plus fréquents dans les tumeurs d’évolution rapide


3 / Épilepsie :

o Crises focales / partielles dont la sémiologie à une valeur localisatrice +++, ou d’emblée généralisées

o Plus fréquente en cas de tumeur à contact cortical et évolution lente (gliome de bas grade de malignité, méningiome)


4/ Troubles endocriniens :

o En cas de tumeur de la région sellaire, e.g. adénome hypophysaire ou crâniopharyngiome

o Hypersécrétion, e.g. syndrome de Cushing, acromégalie, hyper prolactinémie avec aménorrhée/galactorrhée

o  Insuffisance anté et/ou post hypophysaire : un ou plusieurs secteur(s) hormonal(aux), e.g. hypothyroïdie, diabète insipide


Connaître la stratégie d'exploration en imagerie devant une tumeur intracrânienne de l'adulte OIC-299-06-B


En urgence : scanner cérébral sans et avec injection +++

·    Facilité d’accès

·    Permet le diagnostic positif et différentiel (e.g. hématome intra cérébral)


Diagnostic étiologique et planification du traitement : IRM +++

·    Caractéristiques de la tumeur : nombre ; volume ; morphologie circonscrite ou diffuse ; localisation intra ou extra parenchymateuse ; topographie (supra ou infra tentorielle, ventricules, cervelet, tronc etc.) ; nature de la prise de contraste (absente, intense, homogène, hétérogène)

·    Conséquences de la tumeur : effet de masse, œdème, hydrocéphalie, engagement

·    Possibilité d’acquisition d’images multimodales, apportant des informations supplémentaires non-morphologiques :

o Séquence de diffusion : abcès = hypersignal diffusion avec restriction du coefficient apparent de diffusion ; tumeur = hyposignal diffusion sans restriction du coefficient apparent de diffusion (le pus étant épais, les molécules d’eau sont peu mobiles et ne diffusent pas)

o Séquence de perfusion : hyperperfusion dans les tumeurs malignes

o Spectroscopie : métabolites évocateurs d’abcès, ou de tumeur maligne

o Fonctionnelle : localisation des cortex fonctionnellement éloquents (langage, motricité), à titre de cartographie préopératoire

·    En fonction de cette sémiologie IRM, une hypothèse étiologique peut souvent être formulée, mais aucune caractéristique n’est absolument pathognomonique et seul l’examen anatomopathologique permet in fine un diagnostic histologique de « certitude »


Décrire la recherche systématique de cancer primitif à effectuer devant une métastase cérébrale OIC-299-07-A


Bilan d’extension : rechercher le cancer primitif (et d’autres métastases systémiques extra-encéphaliques)

·    Clinique :

o Examen cutané (mélanome)

o Auscultation pulmonaire

o Palpation mammaire, adénopathies

·    Imagerie :

Scanner thoraco-abdomino-pelvien, avec injection de produit de contraste

o +/- TEP scanner au fluorodéoxyglucose (18F)

o Mammographie chez la femme


Savoir évoquer une hypertension intracrânienne (HTIC) et une épilepsie chez un patient porteur d'une tumeur intra-cérébrale OIC-299-08-A


HTIC :

·    En cas de tumeur volumineuse, œdème majeur, hydrocéphalie obstructive, et/ou saignement intra-tumoral

·    Dépister une éventuelle complication ophtalmologique de l’HTIC (atteinte du II, VI)

·    Surveiller l’apparition d’une somnolence, de troubles de la vigilance (score de Glasgow +++) pouvant aller jusqu’au coma et décès par engagement cérébral


Épilepsie avec état de mal :

·    Crise prolongée ou crises répétées sans retour inter ictal à la conscience

·    Risque de collapsus cardio-tensionnel, hypoxie, rhabdomyolyse, défaillance multi-viscérale, ischémie cérébrale, décès


Connaître les principes de la prise en charge de l'HTIC et de l'épilepsie chez un patient porteur d'une tumeur intra-cérébrale OIC-299-09-B


HTIC = urgence thérapeutique +++

·    Traitement fonction du mécanisme

·    Œdème vasogénique péri-tumoral :

o → corticoïdes (méthylprednisolone, déxaméthasone)

o → diurétiques (mannitol)

o Action rapide mais limitée dans le temps

·    Tumeur volumineuse ou hémorragique : → chirurgie de résection

·    Hydrocéphalie obstructive : → ventriculocisternostomie endoscopique / dérivation interne ou externe de LCS


Épilepsie :

·    Pas de traitement préventif en l’absence de crise préalable

·    Privilégier les molécules de nouvelle génération, efficaces contre les crises focales / partielles et non-inductrices enzymatiques (lévétiracétam, lacosamide).


299-Tumeurs intracrâniennes

Connaître les principaux types et localisations des tumeurs intracrâniennes OIC-299-01-A


·    Tumeur primitive : issue d’un tissu intracrânien

·    Tumeur secondaire = métastase : issue de la dissémination intracrânienne d’une tumeur prenant son origine dans un autre organe/système


·    Tumeur intra parenchymateuse : développée à l’intérieur de l’encéphale lui-même

·    Tumeur extra parenchymateuse : développée à partir des annexes de l’encéphale, i.e. méninges et nerfs crâniens

 

·    Tumeur bénigne : généralement bien circonscrite, d’évolution lente et de bon pronostic (e.g. méningiome)

·    Tumeur maligne = cancer : rapidement évolutive et de plus mauvais pronostic (e.g. glioblastome)


Topographie :

  • Supra tentorielle = « au-dessus de la tente du cervelet » (environ 80% des cas chez l’adulte)
  • Infra tentorielle = « en-dessous de la tente du cervelet » (environ 20% des cas chez l’adulte)
  • La répartition des différents types histologiques n’est pas homogène au sein de ces deux groupes +++

Variétés histologiques les plus fréquentes, par ordre décroissant :

  • Métastases
  • Gliomes (8 nouveaux cas /100 000 habitants / an)
  • Méningiomes (5 nouveaux cas / 100 000 habitants / an)
  • Adénomes hypophysaires (5 nouveaux cas / 100 000 habitants / an)


Connaître la définition des tumeurs primitives intracrâniennes : système nerveux central et annexes OIC-299-02-A


·    Tumeur primitive de l’encéphale = intra axiale, développée à l’intérieur de l’encéphale lui-même (i.e. cerveau, tronc, cervelet), par ex. glioblastome

·    Tumeur primitive des annexes = extra axiale, développée à partir des méninges et nerfs crâniens, par ex. méningiome et schwannome/neurinome du nerf vestibulaire 


Connaître les principaux types histologiques des tumeurs cérébrales OIC-299-03-B


Méningiome :

·    Souvent bénin, grade 1 OMS

·    Développement à partir des cellules arachnoïdiennes

·    Sex ratio : prédominance féminine

·    Pic d’incidence : entre 50 et 70 ans

·    Genèse favorisée par la prise de certains progestatifs (acétate de cyprotérone)

·    Possibilité de localisations multiples (méningiomatose), en association avec d’autres variétés histologiques de tumeurs du système nerveux (e.g. schwannomes) dans le cadre de la neurofibromatose de type 2 (phacomatose)

·    Sémiologie IRM : tumeur extra parenchymateuse ; bien circonscrite ; base d’implantation durale ; épaississement dural au contact = signe de la « queue de comète » ; rehaussement homogène après injection de contraste (gadolinium)

·    Traitement essentiellement chirurgical dans les formes symptomatiques ou montrant une évolutivité radiologique

Les Méningiomes - Neurochirurgie Pitié Salpêtrière AP-HP


Adénome hypophysaire :

·    Sécrétant (prolactinome, adénome à GH, LH, FSH, ACTH ou TSH) ou non-sécrétant

·    Modes de révélation clinique :

o Syndrome endocrinien : hypersécretion d’un secteur hormonal ; insuffisance d’un ou plusieurs secteur(s) hormonal(aux), anté et/ou post hypophysaire(s)

o Syndrome de masse, e.g. avec compression du chiasma optique (hémianopsie bitemporale)

o Apoplexie hypophysaire (plus rare)

·    Traitement chirurgical en première intention, sauf pour le prolactinome = agonistes dopaminergiques. Correction des déficits endocriniens +++

Adénome hypophysaire | Neurochirurgie Inselspital Bern


Gliome de bas grade et de haut grade (glioblastome) de malignité :

·    Développement à partir des cellules de la glie :

o Astrocyte → astrocytome

o Oligodendrocyte → oligodendrogliome

·    4 grades selon la classification de l’OMS :

o Grade 1 = bénin

o Grade 2 = bas grade de malignité (progression inéluctable vers grade 3 et 4)

o Grade 3 et 4 = haut grade de malignité

·    → 2 sous-types de glioblastome :

o Primaire (de novo)

o Secondaire = transformation d’un gliome de bas grade de malignité au cours de son évolution ; sujets plus jeunes

·    Pour le glioblastome (grade 4), les facteurs améliorant le pronostic sont :

o Âge < 70 ans

o Etat général et neurologique préservé (index de Karnofsky > 70%)

o Qualité de la résection chirurgicale

Biologie moléculaire : mutation d’IDH (= glioblastome secondaire) ; méthylation du promoteur du gène de la MGMT, prédit la sensibilité à la chimiothérapie


🧠 LES GLIOMES DE BAS GRADE

🔹 Gliome de Grade 1 (Astrocytome pilocytique)

  • Pic d’incidence : < 20 ans (population pédiatrique/jeune).
  • Topographie préférentielle : Infra-tentorielle (fosse postérieure).
  • Sémiologie IRM : Aspect mixte (composante kystique associée à un nodule solide) avec un net rehaussement après injection de contraste.
  • Traitement : Chirurgie d’exérèse seule.
  • Pronostic : Excellent. Guérison complète si la résection est totale.

🔹 Gliome de Grade 2 (Astrocytome diffuse / Oligodendrogliome)

  • Pic d’incidence : 20 à 40 ans (adulte jeune).
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Hypersignal en T2 / FLAIR, hyposignal en T1, et absence caractéristique de prise de contraste.
  • Traitement : Chirurgie de première intention (résection maximaliste et oncologiquement sûre), parfois complétée par de la radiothérapie et/ou chimiothérapie selon les facteurs de risque.
  • Pronostic : Évolution lente mais défavorable à long terme : progression inéluctable vers l’anaplasie (transformation en grades 3 et 4).

Astrocytome et oligodendrogliome | Neurochirurgie Inselspital


⚠️ LES GLIOMES DE HAUT GRADE

🔸 Gliome de Grade 3 (Gliome anaplasique)

  • Pic d’incidence : 30 à 50 ans.
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Hypersignal T2, hyposignal T1, avec apparition d'une prise de contraste (signe d'anaplasie).
  • Traitement : Approche multimodale : Chirurgie (résection maximaliste si possible) systématiquement suivie d'une radio-chimiothérapie.
  • Pronostic : Sombre. Progression inéluctable vers le glioblastome (grade 4).

🔸 Gliome de Grade 4 (Glioblastome)

  • Pic d’incidence : 60 à 70 ans (sujet âgé).
  • Topographie préférentielle : Supra-tentorielle.
  • Sémiologie IRM : Lésion infiltrante et destructive montrant de la nécrose centrale et une prise de contraste périphérique hétérogène en anneau.
  • Traitement : Chirurgie d'exérèse maximale + Radio-chimiothérapie concomitante puis adjuvante (Protocole de Stupp).
  • Pronostic : Très péjoratif. Extension locale et régionale ultra-rapide. Survie globale médiane d'environ 15 mois.

Glioblastome | Neurochirurgie Inselspital Bern


Métastase :

·    Origines principales = cancers à fort tropisme neurologique : broncho-pulmonaire, mammaire et mélanome

·    IRM : tumeur(s) unique ou multiples ; localisation cortico-sous-corticale ; rehaussement hétérogène après injection de contraste, avec aspect en cocarde (nécrose centrale et prise de contraste périphérique) ; œdème péri-tumoral +++ ; révélation hémorragique des métastases de mélanome et de cancer du rein

·    Traitement :

o Dépend du nombre, de la localisation et du volume de la (ou des) métastase(s), de l’existence de déficits neurologiques

o Arsenal = chirurgie d’exérèse ; radiothérapie focale (conformationnelle ou stéréotaxique) ou pan-encéphalique ; traitements systémiques (chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées)

10 Item 299 : Tumeurs intracrâniennes de l'adulte - Campus de Neurochirurgie


Connaître l'épidémiologie des différents types tumeurs primitives intracrâniennes OIC-299-04-B


Les tumeurs primitives intracrâniennes les plus fréquentes ont été décrites dans la section précédente. D’autres sous-types histologiques plus rares existent :


·    Neurinome ou schwannome :

o Développement à partir des cellules de Schwann des nerfs crâniens/périphériques (à l’exception du nerf olfactif et du nerf optique, qui sont des prolongements du système nerveux central)

o Bénin dans l’immense majorité des cas

o Sporadique ou dans le cadre de la neurofibromatose de type 2 (phacomatose)

o Localisation préférentielle = nerf vestibulaire +++

o IRM : tumeur rehaussée de manière homogène, naissant à partir du conduit auditif interne (pour le schwannome vestibulaire)

Schwannome vestibulaire, neurinome acoustique | Inselspital Bern


·    Épendymome :

o Développement à partir des épendymocytes des ventricules

o Localisation intra ventriculaire, souvent supra tentorielle chez l’adulte (contrairement à l’enfant)

o Survient surtout chez l’enfant, parfois chez l’adulte jeune

o IRM : morphologie poly lobulée ; rehaussement intense après injection de contraste

o Bénin (grade 1 ou 2 OMS) ; plus rarement malin (grade 3 OMS)

Épendymome


·    Médulloblastome :

o Tumeur embryonnaire maligne (grade 4 OMS)

o Localisation infra tentorielle = vermis du cervelet +++

o Survient surtout chez l’enfant, parfois chez l’adulte jeune

o IRM : rehaussement hétérogène après injection de contraste

o Possible dissémination métastatique dans le LCS → IRM panmédullaire injectée systématique +++

Médulloblastome


·    Hémangioblastome :

o Tumeur vasculaire bénigne

o Sporadique ou dans le cadre de la maladie de Von Hippel–Lindau (phacomatose)

o Localisation préférentielle dans le cervelet +++, ou la moelle épinière

o IRM : aspect mixte, i.e. kystique / solide, comportant un nodule mural fortement rehaussé après injection de contraste

o Biologie : rarement (mais c’est très évocateur du diagnostic), présence d’une polyglobulie secondaire (sécrétion de facteur érythropoïétique par la tumeur)


·    Lymphome cérébral primitif :

Lymphome de type B, diffus, à grandes cellules

o Primitif = en dehors de toute autre localisation systémique 

o Rare

o > 60 ans

o Terrain : survenue favorisée par une immunodépression e.g. VIH, greffe d’organe

o IRM : tumeur volontiers pluri focale ; localisation péri ventriculaire ; aspect « floconneux », rehaussé de manière homogène après injection de contraste

Lymphome cérébral primitif


Connaître les principaux tableaux cliniques devant faire évoquer une tumeur intracrânienne OIC-299-05-A


1 / Syndrome d’hypertension intracrânienne (HTIC) :

·    Conséquence de l’augmentation d’un ou plusieurs volume(s) dans une enceinte close inextensible, i.e. le crâne : tumeur +/- œdème vasogénique péri-tumoral +/- hydrocéphalie (obstacle à la libre circulation du LCS) +/- saignement intra-tumoral

·    Symptômes :

Céphalées :

- Sans valeur localisatrice

- Inhabituelles

- Aggravation progressive

- Mal calmées par les antalgiques usuels

- Recrudescence en fin de nuit ou matinale, et au cours des efforts à glotte fermée

- Soulagées par les vomissements

Nausées et vomissements « en jets »

Parésie du nerf abducens (VI) :

- Sans valeur localisatrice +++

- Strabisme convergent

-  Diplopie horizontale

- (VI = nerf long et fin, particulièrement susceptible à l’augmentation de la pression intracrânienne)

Baisse d’acuité visuelle :

- Souffrance du nerf optique sous l’effet de l’HTIC

- Peut évoluer vers la cécité

- Fond d’œil (FO) = œdème papillaire bilatéral de stase

·    Complications évolutives :

Ralentissement psychique, troubles de la vigilance

- de la somnolence au coma (score de Glasgow +++)

Engagement cérébral conduisant au décès


2/ Déficits neurologiques focaux :

o Fonction de la localisation, e.g. :

- Lobe occipital = hémianopsie latérale homonyme

- Lobe frontal = hémiparésie controlatérale

- Lobe temporal de l’hémisphère dominant pour le langage = aphasie

o Installation progressive, avec aggravation « en tâche d’huile »

o Plus fréquents dans les tumeurs d’évolution rapide


3 / Épilepsie :

o Crises focales / partielles dont la sémiologie à une valeur localisatrice +++, ou d’emblée généralisées

o Plus fréquente en cas de tumeur à contact cortical et évolution lente (gliome de bas grade de malignité, méningiome)


4/ Troubles endocriniens :

o En cas de tumeur de la région sellaire, e.g. adénome hypophysaire ou crâniopharyngiome

o Hypersécrétion, e.g. syndrome de Cushing, acromégalie, hyper prolactinémie avec aménorrhée/galactorrhée

o  Insuffisance anté et/ou post hypophysaire : un ou plusieurs secteur(s) hormonal(aux), e.g. hypothyroïdie, diabète insipide


Connaître la stratégie d'exploration en imagerie devant une tumeur intracrânienne de l'adulte OIC-299-06-B


En urgence : scanner cérébral sans et avec injection +++

·    Facilité d’accès

·    Permet le diagnostic positif et différentiel (e.g. hématome intra cérébral)


Diagnostic étiologique et planification du traitement : IRM +++

·    Caractéristiques de la tumeur : nombre ; volume ; morphologie circonscrite ou diffuse ; localisation intra ou extra parenchymateuse ; topographie (supra ou infra tentorielle, ventricules, cervelet, tronc etc.) ; nature de la prise de contraste (absente, intense, homogène, hétérogène)

·    Conséquences de la tumeur : effet de masse, œdème, hydrocéphalie, engagement

·    Possibilité d’acquisition d’images multimodales, apportant des informations supplémentaires non-morphologiques :

o Séquence de diffusion : abcès = hypersignal diffusion avec restriction du coefficient apparent de diffusion ; tumeur = hyposignal diffusion sans restriction du coefficient apparent de diffusion (le pus étant épais, les molécules d’eau sont peu mobiles et ne diffusent pas)

o Séquence de perfusion : hyperperfusion dans les tumeurs malignes

o Spectroscopie : métabolites évocateurs d’abcès, ou de tumeur maligne

o Fonctionnelle : localisation des cortex fonctionnellement éloquents (langage, motricité), à titre de cartographie préopératoire

·    En fonction de cette sémiologie IRM, une hypothèse étiologique peut souvent être formulée, mais aucune caractéristique n’est absolument pathognomonique et seul l’examen anatomopathologique permet in fine un diagnostic histologique de « certitude »


Décrire la recherche systématique de cancer primitif à effectuer devant une métastase cérébrale OIC-299-07-A


Bilan d’extension : rechercher le cancer primitif (et d’autres métastases systémiques extra-encéphaliques)

·    Clinique :

o Examen cutané (mélanome)

o Auscultation pulmonaire

o Palpation mammaire, adénopathies

·    Imagerie :

Scanner thoraco-abdomino-pelvien, avec injection de produit de contraste

o +/- TEP scanner au fluorodéoxyglucose (18F)

o Mammographie chez la femme


Savoir évoquer une hypertension intracrânienne (HTIC) et une épilepsie chez un patient porteur d'une tumeur intra-cérébrale OIC-299-08-A


HTIC :

·    En cas de tumeur volumineuse, œdème majeur, hydrocéphalie obstructive, et/ou saignement intra-tumoral

·    Dépister une éventuelle complication ophtalmologique de l’HTIC (atteinte du II, VI)

·    Surveiller l’apparition d’une somnolence, de troubles de la vigilance (score de Glasgow +++) pouvant aller jusqu’au coma et décès par engagement cérébral


Épilepsie avec état de mal :

·    Crise prolongée ou crises répétées sans retour inter ictal à la conscience

·    Risque de collapsus cardio-tensionnel, hypoxie, rhabdomyolyse, défaillance multi-viscérale, ischémie cérébrale, décès


Connaître les principes de la prise en charge de l'HTIC et de l'épilepsie chez un patient porteur d'une tumeur intra-cérébrale OIC-299-09-B


HTIC = urgence thérapeutique +++

·    Traitement fonction du mécanisme

·    Œdème vasogénique péri-tumoral :

o → corticoïdes (méthylprednisolone, déxaméthasone)

o → diurétiques (mannitol)

o Action rapide mais limitée dans le temps

·    Tumeur volumineuse ou hémorragique : → chirurgie de résection

·    Hydrocéphalie obstructive : → ventriculocisternostomie endoscopique / dérivation interne ou externe de LCS


Épilepsie :

·    Pas de traitement préventif en l’absence de crise préalable

·    Privilégier les molécules de nouvelle génération, efficaces contre les crises focales / partielles et non-inductrices enzymatiques (lévétiracétam, lacosamide).

Actions

Actions